CHEVAUX DE TROT ET CHEVAUX DE GALOP
être changé en A' et donner néanmoins un rejeton exactement semblable à ceux qu'il aurait donnés s'il n'avait pas été changé. La nécessité qui veut que le changement dans le rejeton s'effectue, toutes choses égales d'ailleurs, dans le même sens que celui du parent, nous apparaît comme impliquée dans le fait que le changement apporté dans le système du parent constitue un changement vers un nouvel état d'équilibre, changement tendant à mettre l'activité de tous les organes, y compris ceux de la reproduction, en harmonie avec ces activités nouvelles.
Ou bien encore, pour ramener la question à sa forme définitive et la plus simple, nous dirons que comme, d'une part, les unités physiologiques se disposent, en vertu de leurs polarités spéciales, pour former un organisme d'une structure spéciale, d'autre part, aussi, si la structure de cet organisme est modifiée parla fonction modifiée, elle imprimera une modification correspondante à la structure et aux polarités de ses unités. Les unités et l'agrégat doivent agir et réagir l'un sur l'autre. Les forces exercées par chaque unité sur l'agrégat et par l'agrégat sur chaque unité, doivent toujours tendre vers un état d'équilibre. Si rien ne s'y oppose, les unités modèleront l'agrégat sous une forme en équilibre avec leurs polarités préexistantes. Au contraire, si des actions incidentes font prendre à l'agrégat une forme nouvelle, ses forces doivent tendre à remodeler les unités d'une façon harmonique à cette nouvelle forme. Mais dire que les unités physiologiques sont, à quelque degré que ce soit, transformées de telle sorte qu'elles aient leurs forces polaires en équilibre avec celles de l'agrégat modifié, c'est dire que ces unités, lorsqu'elles se seront séparées sous forme de centres de reproduction, tendront à s'édifier en un agrégat modifié dans la même direction.
La substance qui, dans la théorie de la biogenèse est le substratum des caractères ou propriétés de l'espèce, et constitue la masse héréditaire que contient toute cellule d'un organisme pluricellulaire, jouit des propriétés que IL Spencer attribue à ses unités physiologiques hypothétiques.
Chevaux de trot et chevaux de galop. — La question si souvent débattue entre les partisans du cheval galopeur et ceux du cheval trotteur se renouvelle d'une manière continue. Un petit opuscule: Chevaux de trot et chevaux de galojj, par M. Cormier, vétérinaire militaire, a remis cette année sur le tapis, de la Société centrale de médecine vétérinaire, cette intéressante discussion.
Le sous-titre de cette brochure : Banqueroute du trotteur indique l'idée directrice de l'auteur, qui essaie de prouver que l'excès du sang trotteur a pour effet de donner des chevaux qui, comme chevaux d'armes, se montrent inférieurs à ceux qui ont dans leur ascendance une proportion plus forte de sang anglais. Cette opinion s'appuie sur des comparaisons faites, depuis plusieurs années, entre les produits en provenance des dépôts de remonte de Normandie et ceux de la Vendée et du Poitou.
En protestant contre la mise en vedette du sous-titre, de cette soi-disant banqueroute du trotteur, voici comment s'est exprimé M. Gallier: « Dire que le trotteur est incapable de faire un cheval galopeur, c'est s'inscrire en faux contre la réalité des faits; c'est dénier les résultats de la pratique journalière, et il suffit de consulter le palmarès des récents concours pour constater que les primes ont été remportées par des trotteurs ou lils de trotteurs, que nous avons vus, d'ailleurs, briller au concours' central.
« Soutenir que le trotteur n'est pas apte à galoper, c'est rééditer les théories qui ont été réfutées si brillamment par M. Barrier et par M. Le Hello. La vérité, c'est que le trotteur a toujours dans ses lignes paternelle et maternelle un ou plusieurs courants de sang, et c'est à eux qu'il doit L'influx nerveux, l'énergie, la vigueur, qui lui permettent de subir les fatigues de l'entraînement et des courses.
« M. Cormier s'adresse au petit éleveur et l'engage à donner le pur sang à ses juments. Ce serait pour lui une opération funeste dont il ne récolterait que des mécomptes et très probablement la ruine, ses produits n'étant la plupart du temps que des claquettes que refuseraient les Remontes, malgré leur meilleure volonté et dont ne voudrait pas le commerce.
« L'opération qui consiste à créer une race n'est pas une opération pharmaceutique. Il ne suftit pas de mettre dans un mortier une dose déterminée de pur sang, une autre dose déterminée de cheval commun pour obtenir, après un mélange intime, un cheval de demi-sang ayant les qualités des deux produits. C'est une entreprise de longue haleine et il faut se féliciter des résultats obtenus depuis près de 50 ans par les haras, qui nous ont dotés de cette race incomparable qui s'appelle la race anglo-normande. Qu'on sélectionne les trotteurs, qu'on choisisse, comme reproducteurs ceux ayant une excellente conformation, mais qu'on ne dise pas qu'ils ne peuvent galoper et jette, sans raison, un discrédit sur un