‹ Le demi-sangChapitre 45 sur 101 · CHEVAUX DE TROT ET CHEVAUX DE GALOP · texte numérisé non relu

CHEVAUX DE TROT ET CHEVAUX DE GALOP

élevage qui fournit plus des trois quarts des chevaux destinés à l'armée. »

« 11 ne s'agit pas, a répondu M. Dechambre, de remplacer complètement et immédiatement le trotteur parle cheval de pur sang; mais de faire remarquer que les chevaux spécialisés pour les courses au trot sont des chevaux laissant à désirer comme chevaux de selle. L'objet du travail de M. Cormier n'est pas de faire le procès du trotteur, ajouLe le professeur de Grignon ; il vise à démontrer que les produits des étalons trotteurs n'ont pas toutes les qualités recherchées dans le cheval de selle et le cheval d'armes. »

Cette dernière idée exprimée par M. Dechambre, est reprise par M. Barrier qui y voit une petite part de vérité et une grosse part d'erreur. « Certes, si du jour au lendemain vous voulez faire d'un trotteur un galopeur, la chose ne sera pas possible, parce que ces deux types sont dressés et équilibrés d'une façon tout à fait différente. Mais si vous prenez le soin de dresser, d'éduquer, d'entraîner ce trotteur au galop, il modifiera son équilibre et se servira de son mécanisme aussi bien que le meilleur galopeur de carrière. Cela n'est pas douteux. Les concours et les épreuves le montrent tous les jours. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut que le trotteur soit conformé en cheval de selle. »

Je sais qu'il n'en est pas toujours ainsi, ce qui explique et justifie les critiques que bien des cavaliers lui adressent. La faute n'en est pas au genre d'entraînement qu'il a subi; elle réside dans la défectuosité du modèle. Par contre, le galopeur est obligé de le posséder, ce modèle ; mais souvent il ofl're les imperfections mécaniques du cheval qui a trop de sang : légèreté, faiblesse de la membrure, impressionnabilité excessive, par exemple. Le manque de puissance et de résistance qui en résulte explique et justifie aussi les reproches que bien des officiers lui adressent comme cheval de service.

Tout cela montre qu'il y a des trotteurs et des galopeurs bien conformés pour la selle, et aussi qu'il y en a, dans les deux types, de mauvais. Ma conclusion est donc tout à fait éclectique : il faut chercher les qualités de sang, de conformation, de vitesse et d'entraînement qui conviennent au service de la selle, sans trop se préoccuper de savoir si le sujet qui les présente est de pur sang ou plus ou moins près du sang. C'est là, je crois, qu'est la sagesse. Aller plus loin, c'est faire de la réclame, non toujours désintéres><<%

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en faveur de l'une ou de l'autre chapelle, ce qui échappe, il me semble, à notre compétence.

M. Lavalard que nous avons vu intervenir aux Congrès hippiques de ces deux dernières années, dans ces questions, s'exprime en ces termes : « La question du cheval galopeur et du cheval trotteur surgit d'une manière presque constante.

« Les premiers, que défend M. Cormier dans sa brochure, et les seconds, que soutient M. Gallier, ne tiennent compte que d'une sorte de spécialisation des allures, comme l'a fait remarquer M. Barrier. Tous deux, il est vrai, reconnaissent la supériorité du pur sang, qu'il soit galopeur ou trotteur, et pour arriver à s'entendre et à savoir quels sont les chevaux qui seront choisis de préférence comme reproducteurs, ils ne nient pas que c'est toujours le pur sang qui fournira les meilleurs étalons pour la création d'un bon cheval de selle. •>

Qu'est-ce qu'un cheval de pur sang, légalement parlant? C'est un cheval dont on a pu suivre la filiation et qui est issu de père et de mère inscrits au Stud-Book à l'aide de certiticats qui justifient cette immatriculation, et on donne le nom de cheval de demisang au cheval qui n'est pas de pur sang, c'est-à-dire qui ne se trouve pas inscrit au Siud-Book français ou anglais.

Dans ces derniers temps, lors des courses de steeple-chases, et surtout par suite du développement des courses au trot, on fut amené à déterminer ce que c'était qu'un cheval de demi-sang; et pour ce faire on décida que pour qu'un cheval soit qualifié demi-sang , il faut non seulement qu'il ne soit pus de pur sang, mais encore qu'il puisse prouver que l'un de ses auteurs, mâle ou femelle, est bien demi-sang.

Nous avons exposé les raisons qui faisaient regretter que les Stud-Books de demi-sang n'aient pas continué à être tenus avec soin. Et si peut-être on a pu reprocher quelque chose aux étalons trotteurs, cela tient plutôt à ce qu'ils ne sont pas toujours, comme les chevaux galopeurs, aussi rapprochés du sang, que leur filiation a été moins suivie.

Il est certain que les chevaux de demi-sang, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas de pur sang, et c'est le cas des trotteurs, s'éloignent ou se rapprochent du type primitif dans une proportion évidemment inégale, suivant le plus ou moins de sang de leurs auteurs.

Les Américains ont su perfectionner leurs chevaux trotteurs jusqu'à arriver à leur donner une très grande vitesse, et le Stud-

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Book spécial des trotteurs américains a toujours été tenu avec le plus grand soin.

Et c'est au moment où la plus grande attention doit être apportée pour créer le cheval utile à chaque emploi et à chaque service, en présence de la concurrence, résultant de la traction mécanique, qu'on mélange les reproducteurs de toutes les races.

Si l'Administration des haras ne donne pas toujours à chaque localité les étalons qui peuvent lui convenir, les éleveurs sont encore bien plus coupables de ne pas veiller à l'appareillement de leurs juments avec des reproducteurs bien choisis et aptes à créer des chevaux utilisables et pouvant donner le plus grand rendement, comme moteurs quel que soit le service auquel on les destine.

Nous sommes donc d'avis que la production chevaline doit revenir à de plus saines pratiques, éviter les mélanges de races quelquefois très différentes entre elles ; que les Stud-Books pourront la guider et lui permettre de reproduire pour chaque race les qualités si précieuses du cheval de pur sang, qui les doit aux soins qu'on prend pour choisir de bons reproducteurs, c'est-à-dire de s'inspirer de l'hérédité, du modèle et des performances. J'estime que les résultats seront meilleurs, si on s'arrête à une sélection guidée par ces trois derniers termes, plutôt qu'à des croisements qui semblent doséscomme pour une mixture. A ce sujet, l'observation de M. Gallier est parfaitement juste.

« Je dois aussi faire remarquer, poursuit M. Lavalard, que l'administration des haras, tout en portant ses efforts sur le cheval de selle, ne peut négliger, d'après les règles de sa constitution, toute la production chevaline française en général, car il ne faut pas perdre de vue, qu'en le faisant, elle concourra d'une manière certaine à la multiplication des chevaux de guerre.

« Je tiens aussi à affirmer à nouveau que l'automobilisme ne fera pas disparaître les chevaux de luxe, mais qu'il amènera une meilleure production de ces chevaux. »

Enfin, M. Jacoulet termine celte discusssion en disant :

« Sans doute, il est de bons chevaux de selle issus du trotting, mais ce n'est pas seulement parce que trotteurs, c'est — comme l'a dit M. Barrier — parce que, ayant débuté dans le trotting, ils sont trempés et conformés en chevaux de selle.

« Le dressage de la première à la deuxième adaptation ne peut être fructueux qu'à celte condition, qui assure le modèle et une

certaine aptitude innée sans lesquels la selle se place mal, le cheval s'équilibre difficilement, manque d'aisance, de souplesse, de légèreté, de sûreté de pied, se blesse, etc.

« Les performances du trotting constituent donc un critérium insuffisant de sélectionnement pour les chevaux de selle, et la Normandie doit modifier peu à peu l'orientation de ses moyens de production, qui sont puissants et dignes d'encouragements.

« A ce dernier point de vue, je regrette l'expression mise en vedette par M. Cormier; sa thèse, juste au seul regard zootechnique, ne pouvait rien y gagner.

« La Normandie est un puissant pays de production chevaline qui nous a donné un bon type de demi-sang. Elle pouvait et peut encore nous le donner meilleur, c'est-à-dire mieux adapté à nos besoins; qu'elle le veuille. Mais, d'autre part, la Normandie ne saurait avoir la prélenlion d'être le dépôt général des reproducteurs de notre élevage national.

« Si M. Lavalard peut si légitimement regretter le remplacement de nos anciens, beaux et bons types de chevaux de transports rapides par des sortes de demi-sang décousus, ratés, cYst précisément parce que partout les haras ont répandu le demi-sang normand comme le palladium de notre production chevaline, au détriment de la sélection. »

Le demi-sang, cheval de courses plates de l'avenir. — « L'équidé, le type le plus parfait de la locomotion rapide sur la terre ferme, s'est lentement constitué depuis le tertiaire, par une série de modifications : l'évolution du type se continue de nos jours sur les sujets sélectionnés pour les courses de vitesse et entraînés méthodiquement, les métacarpes et les tarses présentant une série de modifications.

« Les deux métacarpiens rudimenlaires qui accompagnent le métacarpien principal se confondent avec ce dernier, par ossification du ligament intermétacarpien : il paraît, d'après Joly, que cette ossification jadis spéciale aux vieux chevaux, se fait maintenant d'une façon précoce sur des chevaux de 7, 6, 5, 4, 3 et même 2 ans.

« En 1700, les premiers anatomistes vétérinaires décrivaient sept os au tarse, cette règle est devenue l'exception et il n'y a plus que 2 0/0 des chevaux qui ont 7 os tarsiens. Elle est particulièrement fréquente chez les sujets issus de pur sang anglais. Il est possible

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que l'évolution qui se continue de nos jours ait pour effet final de retirer la prééminence au cheval qui court le mieux pour laisser sa place à un type moins étroitement spécialisé. »

Tel est le résumé d'une intéressante communication qui, sous le titre de Solipédisation des Équidés dans les temps actuels, a posé le problème de l'avenir de la race pure et de la possibilité de son remplacement par un animal moins spécialisé.

La légèreté, l'agilité, la vitesse colossale qui caractérisent le cheval de pur sang ne sont devenues possibles qu'au prix de modifications successives, non pas seulement dans le squelette du cheval, mais en vertu des lois de corrélation et de balancement dans beaucoup d'autres parties. N'envisageons toutefois, pour simplifier le problème, que les modifications du squelette, telles sont très sensibles. On sait que, sous l'influence de la vitesse toujours plus grande, exigée du cheval à un âge toujours plus précoce, le squelette se « solipédise » de plus en plus, surtout au niveau du canon et du tarse, et que la constitution se modifie profondément chez l'animal de course lui-même et chez ses descendants. La modification est due à ce que les hippiàtres appellent l'ostéite de fatigue : une inflammation du tissu osseux, due à la suractivité, et dont un des effets consiste en la raréfaction de ce tissu. Sous l'influence de l'ostéite de fatigue, l'os devient plus creux, plus vide; il renferme moins de tissu osseux. Pourtant il perd de sa solidité, il devient plus fragile naturellement. Et alors qu'arrive-t-il? L'exemple & Holocauste est là pour le montrer : d' Holocauste, sur qui tant d'espérances étaient fondées, et qui s'abat sur le champ de courses, le paturon brisé, de telle sorte que, sur le terrain où la pauvre bète semblait devoir triompher quelques minutes plus tard, il a fallu l'abattre. Chez ce cheval admirablement taillé pour la course, l'ostéite de fatigue avait à tel point raréfié le tissu osseux des jambes qu'il se brisa pour ainsi dire tout seul.

Il est de toute évidence que les meilleurs chevaux de l'époque actuelle sont tous des animaux aux membres bien conformés, qui supposent une structure sinon plus solide, du moins mieux adaptée aux courses de vitesse, tels : Flying For, et ses illustres fils; puis Prestige, Maintenons Moulins-la-Marche.

Il y a dans ce fait des indications précieuses à retenir : 1° pour les éleveurs qui devront choisir des animaux possédant un bon développement des membres; 2° pour les entraîneurs qui devront veiller à la conservation de l'intégrité des membres en apportant tous

leurs soins à la ferrure, aux massages des membres, etc... ; 3° pour les sociétés de courses qui se verront dans l'obligation d'augmenter les distances des épreuves pour obtenir une diminution delà vitesse, cause unique de la spécialisation extrême de notre pur sang; 4° pour ceux qui ont la charge de l'amélioration de nos races, la création de courses au galop, pour demi-sang, ce cheval devant, dans une époque plus ou moins éloignée, remplacer le cheval de courses plates actuel.

Donc la race pure porte dans son squelette les preuves d'un antagonisme très évident entre la conservation au corps d'une bonne conformation et l'acquisition, jusqu'à présent continue, d'une raréfaction du tissu osseux. Qu'adviendra-t-il de cet antagonisme? La transformation s'arrétera-t-elle au maximum actuel, ou bien des phénomènes nouveaux viendront-ils bouleverser le développement du pur sang et le soumettre à d'autres lois? Personne ne le sait. Mais nous pouvons affirmer que, dans la voie suivie jusqu'à ce jour, le cheval de course sera obligé soit de s'arrêter, soit de choir.

Aussi peu modeste que le titre même de ce paragraphe paraîtrait quiconque aurait la prétention de posséder des aujourd'hui les secrets de l'évolution future du thoroughbrcd et de prédire ses transformations à venir. Ni les documents rudimentaires de la science, ni l'imagination de ceux qui cherchent à tort dans le simple raisonnement la solution des problèmes de la nature ne nous ont encore dévoilé, ni même fait entrevoir quel sort est réservé à la race pure dans la suite des temps.

Depuis l'époque où l'hipparion a eu pour successeur l'être nouveau qui s'appelle le cheval de course, des milliers d'années se sont écoulées si nous en croyons les savants qui ont étudié les origines de l'espèce chevaline. Il est le roi de cette espèce ; sa suprématie est indiscutable, tout au moins, en ce qui a traita la vitesse. Avant le jour lointain où, par dégénérescence terminale ou par une autre tin, sa race pourrait disparaître, un laps de temps très long s'écoulera sans doute. A cette race vieillie une race neuve succédera-telle? Des bouleversements dans nos mœurs viendront-ils favoriser ou troubler la marche normale de la sélection? Tout cela est possible, mais non moins douteux. Les essais de prévision que permettraient les données actuelles de la science, de plausibles aujourd'hui peuvent devenir erronés dès demain par l'intervention d'influences imprévues. Les successions des races, même dans le passé, sont

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des problèmes fort complexes ; sur ces sujets, les esprits prudents n'hésitent pas à mettre de grandes réserves dans leurs opinions. Les transformations de l'avenir sont encore plus obscures.

Dans le « devenir » de chaque race existent des inconnues insoupçonnées. Virtuelles aujourd'hui, elles se manifesteront peut-être bientôt, et peut-être ne se réaliseront jamais. Vite ou lentement, tout se transforme sur notre globe. Les débris d'espèces disparues dont le sol est si riche, les animaux divers dont le globe est actuellement peuplé, le cheval lui-môme, avec ses modifications suivant les races et son élévation progressive dans le temps, élévation nettement entrevue par la comparaison des ossements fossiles et des squelettes modernes, prouvent ces modifications perpétuelles.

Il est, croyons-nous, fort inutile de décrire ici les procédés d'examens et de mensurations successivement inventés par les savants et les chercheurs, il est môme superflu de relater leurs résultats précis. Ces études de technique nécessitent un apprentissage tout particulier; elles sont ardues et hérissées de chiffres. De plus, elles sont faites tout au long dans des ouvrages spéciaux, français ou étrangers, où elles sont à leurs places respectives. Mais l'anatomie et la pathologie sont comme les autres sciences, derrière des descriptions techniques et des comparaisons arides, elles cachent souvent des déductions pratiques accessibles à tous les esprits. Exposer ces déductions, voilà présentement notre but.

L'atrophie des extrémités du squelette, est une cause de dangers d'ordre mécanique pour le cheval. Très réels, ils ont des manifestations, nombreuses. La plus curieuse est l'ostéite de fatigue qui, se transmettant par voie de génération, peut, en s'accumulant, enlever à la race sa suprématie sur les races ou variétés qui dérivent d'elle à un degré quelconque.

Pour comprendre ce phénomène que les anatomistes nous démontreront plus exactement un jour, il faut accepter la théorie transformiste et la supposer démontrée. Le transformisme est une théorie et non pas un dogme; il peut être utile quoique faux; on peut l'accepter en totalité, on peut le nier en partie, on peut surtout le révoquer en doute quand il s'éloigne des faits constatés pour se perdre dans les hauteurs de la métaphysique. L'origine des espèces est inconnue à la science, mais leurs transformations, dans de courtes limites, se font sous nos yeux, quotidiennement. Ce transformisme-là, pour être plus lent, est aussi indéniable que celui de

nos civilisations. Comme toute hypothèse, le transformisme doit être et rester, jusqu'à plus ample informé, un guide dans les études d'anatomie comparée. La vérité obligea lui reconnaître la plus belle des qualités d'une théorie : une extraordinaire fécondité.

On peut presque affirmer aujourd'hui que les métacarpes et les tarses chez le cheval de course semblent avoir atteint, ou peu s'en faut, le plus petit volume compatible avec une bonne conformation du corps. L'appréciation est purement anatomique, seuls, les anatomistes pourront en contrôler l'exactitude.

Nous nous préoccuperons seulement ici de poser la question de savoir si la race pure pourra conserver sa supériorité sur ses voisines immédiates? Une race nouvelle ne pourrait-elle pas s'élever au-dessus du thoroughbred autant que celui-ci s'est élevé au-dessus des races communes? Il ne paraît pas impossible de se figurer par l'imagination, l'existence dans un avenir lointain, indéterminé, d'une race supérieure à la race du cheval de pur sang qui aura dégénéré. Par meilleure adaptation aux courses de l'avenir, par sélection ou par suite des évolutions que l'on ne peut à peine ébaucher, l'apparition de ce nouveau cheval de course ne semble pas irréalisable. Nous nous en faisons une idée en supposant réalisées les courses de demi-sang galopeurs; en supposant chez les chevaux de valeur moyenne de cette race, une qualité égale à la qualité des quelques racers exceptionnels d'aujourd'hui.

Purement imaginaire, cette hypothèse est plausible après tout, car nous supposons que les pratiques de l'élevage, de l'entraînement et de l'alimentation, ne peuvent rester à tout jamais dans leur imperfection actuelle. Chaque génération d'éleveurs et de sportsmen laisse à la suivante une grande partie du fruit de son expérience et de sa culture générale. De ces héritages sans cesse grossissants l'éleveur et le sports.man hériteront.

Sachant mieux élever, mieux entraîner, mieux nourrir, ils pourront refaire avec le demi-sang adapté aux courses de l'avenir, un animal, sinon supérieur, du moins égal au cheval de pur sang actuel.

Physiologiste etsportsman avant tout, nous attachons une grande importance à l'exactitude de nos explications pour ce qui concerne la solipédisation et toutes les transformations corrélatives du thoroughbred. Elles peuvent et môme elles doivent conduire à des applications que nous étudierons dans un ouvrage en ce moment en préparation.

L'intérêt pratique de ces observations sur l'avenir de la race pure

n'est pas immédiat et leur pessimisme ne doit pas troubler notre quiétude. De nombreuses années, sans doute, seraient nécessaires à la dégénérescence terminale du pur sang. Pendant ce long espace de temps, beaucoup d'imprévu se produira certainement.

Ce qui peut avoir lieu d'abord, c'est que le système des courses soit modifié, une fois de plus. Les causes et le mécanisme de la simplification tarsienne étant connus, il sera possible de ne pas l'exagérer et, ce qui vaut mieux encore, il sera possible de l'atténuer par un entraînement et des épreuves bien compris.

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