HYGIÈNE DE LA JUMENT PENDANT LA GESTATION
cherchera à mordre l'étalon en couchant les oreilles, donnera des coups de pied.
C'est à tort que l'on a dit souvent qu'il fallait présenter la jument à l'étalon, tous les neuf jours.
On doit pour ne pas laisser passer de chaleur, la présenter au cheval au moins deux fois par semaine ; dès que la jument sera saillie, on la laissera tranquille neuf jours ; après quoi on recommence à la faire voir à l'étalon deux fois par semaine jusqu'à la fin de la monte, qui commence habituellement au mois de février pour se terminer au mois de juin. Il y a des juments qui sont presque continuellement en chaleur, et d'autres plus froides qui n'y viennent qu'une fois par mois ou même tous les deux mois.
La saillie peut se faire n'importe où, mais, autant que possible, dans un lieu tranquille, éloigné du bruit, sur un bon terrain ferme et uni ; la jument doit être entravée, le cheval tenu en main.
La fécondation est en général d'autant plus certaine que la jument a mieux et plus volontiers reçu l'étalon. L'accouplement n'est jamais plus fructueux que lorsqu'il est effectué quelques jours après la mise bas, souvent du sixième au dixième jour.
On pourra donner deux saillies et même trois sur la même chaleur, mais, dans ce cas, une au début et l'autre vers la fin de la chaleur.
Hygiène de la jument pendant la gestation. — L'état de gestation exige des précautions hygiéniques et des soins spéciaux qui ont surtout pour but d'entrenir les poulinières en bon état, de prévenir la constipation, les indigestions, les coliques, qui pourraient être des causes d'avortements ; il importe, en première ligne, de surveiller spécialement les digestions par l'examen du crottin des poulinières.
La jument pleine recevraune bonne nourriture, mais surtout un régime rafraîchissant, ce qui est toujours facile dans un milieu de culture où l'on a sous la main du vert, des carottes, etc., à défaut on donnera des mâches ou des barbottages à la farine d'orge, plusieurs fois par semaine.
On pourra faire travailler la jument pendant le temps de la gestation, de même qu'avant la saillie; mais, pendant les derniers mois, on devra prendre des ménagements et ne pas remployt'r pour le service de la selle.
Environ quinze à vingt jours avant la mise bas, on se bornera à
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des promenades journalières, ce qui est encore meilleur, on mettra la gestante à la prairie.
Un exercice régulier est salutaire à la jument pleine et à son produit.
Pendant les quinze jours qui précèdent la mise bas, on pourra supprimer l'avoine presque complètement et on remplacera cette ration par des mâches et des barbolages dans lesquels il sera bon de faire entrer, en proportion normale, du bicarbonate de soude, de façon à bien rafraîchir la jument; on aura ainsi quelque chance d'éviter la diarrhée à laquelle les nouveau-nés sont sujets et qui les enlève en quelques heures.
Précautions à prendre au moment de la mise bas. — A l'approche du terme, la croupe s'affaisse, l'œdème se montre sous le ventre, les mamelles prennent du développement, et quelques jours avant on aperçoit de la cire au bout des mamelons.
La jument sera alors autant que possible isolée, atin qu'elle ne soit pas gênée au moment de la délivrance; on la fera surveiller pendant les dernières nuits.
Des coliques douleurs) bientôt accompagnées d'efforts expulsifs amènent dans l'espace d'une demi-heure au plus, la saillie des membranes fœtales à l'extérieur, la rupture de la poche des eaux et, si tout va bien, le fœtus.
Si, au bout de ce temps, le produit ne vient pas malgré les efforts de la jument, il faudra l'aider ; on s'assurera d'abord que la présentation est bonne; présentation antérieure : les deux pieds de devant et la tète; présentation postérieure : les deux pieds de derrière. Il arrive fréquemment que le poulain a une ou les deux jambes repliées sous lui; dans ce cas, on repousse un peu le poulain et on ramène les membres antérieurs à l'extérieur.
Pour ce travail délicat, il faut prendre les plus grands soins de propreté et s'enduire les mains et les bras d'huile d'olive.
On aidera ensuite la mère en ouvrant le passage avec les mains et en tirant sur les pieds de haut en bas et dans la direction des jarrets. Si la présentation est anormale (tête renversée dans le flanc, entre les jambes, etc.), il faut avoir recours au vétérinaire.
En principe, du reste, le vétérinaire devrait être demandé dès l'apparition des douleurs, car il faut avoir une grande expérience et une grande habitude pour pouvoir se passer des services des praticiens.