SOINS A DONNER A LA MÈRE ET AU NOUVEAC-NÉ
Dès la naissance du poulain, il faut rompre ses enveloppes si elles sont encore intactes, couper le cordon après avoir fait une ligature placée à quelque distance de la peau, au-dessous de l'ombilic.
En cas de mort apparente du nouveau-né (ce qui peut arriver s'il a été serré ou s'il est resté longtemps au passage), il faut provoquer avant tout la respiration artificielle, par des tractions rythmées de la langue et de légères pressions intermittentes sur les côtes.
Soins à donner à la mère et au nouveau-né. — Après la mise bas, la jument sera couverte et placée sur une bonne litière; on lui donnera un seau d'eau tiède additionnée de farine d'orge; on pourra aussi lui traire un peu de lait sans toutefois vider le pis; non pour enlever le premier lait purgatif, si utile pour purger le poulain et chasser rapidement le méconium, mais pour le débarrasser de certaines impuretés auxquelles on peut le plus souvent attribuer la diarrhée des nouveau-nés ; après quoi on lavera proprement le pis et la vulve, ainsi que le nombril du poulain, avec une solution d'eau tiède boriquée, et on laissera ensuite la jument au repos. Le produit se séchera vite dans la paille propre. Au bout d'une heure, il sera debout et cherchera à téter. Pendant les premiers jours, le lait est sa seule nourriture.
Le premier lait a la propriété de purger légèrement le poulain et de chasser le méconium, mais il est bon, dès que le produit est debout, de lui administrer plusieurs petits lavements (eau tiède et glycérine, huile d'olive, décoction de graine de Un). S'il a des coliques, qu'il ne se vide pas malgré les lavements, on pourra lui faire prendre la purgation suivante : deux cuillerées à bouche d'huile de ricin, mélangée d'une quantité égale d'huile d'olive.
Si au contraire, le poulain a de la diarrhée, il faudra le tenir au chaud, lui bander le ventre avec de la ouate et de la flanelle, lui donner de petits lavements avec de l'eau d'amidon épaisse et une cuillerée à café de laudanum; on pourra aussi lui faire prendre de légers petits grogs dans lesquels on aura délayé deux jaunes d'œufs. Mais, dans ces deux cas, il faudra avoir recours au vétérinaire, car un produit est enlevé en peu de temps parla diarrhée surtout dans les deux ou trois premiers jours de sa naissance; il sera bon de ne
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pas les laisser en contact avec les autres poulains, cette entérite étant souvent épidémique.
S'il arrivait qu'une jument mourût en donnant le jour à son produit, ou qu'elle n'eût pas de lait, on devrait nourrir celui-ci au lait de vache sucré et coupé d'un tiers d'eau ou de tisane d'orge.
On pourra le mettre au biberon, mais le plus simple est de l'habituer à boire dans un vase ; il s'y mettra très vite si on lui donne à téter le doigt trempé dans le lait.
11 faut se préoccuper de la propreté des récipients et de la pureté du lait, qu'il est bon de faire bouillir par précaution.
La question de sortie de la jument et de son poulain dépend de l'état de l'atmosphère; s'ils se portent bien tous les deux et que la température soit douce, on peut les laisser dehors le lendemain ou le deuxième jour de la naissance, mais s'il fait froid et humide, il n'y faut pas songer.
Le genre de nourriture à donner à la mère et au petit, n'a point de règles fixes; on le détermine d'après la saison et l'époque du part. Si les juments mettent bas de bonne heure, avant l'herbe et la venue des fourrages verts, il faudra suppléer par des mâches et des barbotages clairs, des carottes, peu ou point d'avoine pendant les huit ou dix jours qui suivent la mise bas; en un mot un régime rafraîchissant, ce qui donnera du lait à la mère et fera profiter le poulain.
Alimentation et hygiène du poulain depuis sa naissance jusqu'à l'âge le plus opportun pour le vendre au maximum de bénéfice possible. — Au bout d'un mois à six semaines, le poulain commencera à manger un peu d'avoine et des mâches avec sa mère; jusqu'à trois mois cela lui suffit grandement, mais à partir de ce moment, il faut attacher la jument pour laisser manger le poulain ; pour cela avoir deux mangeoires, ou encore lui arranger un coin où il pourra entrer seul.
Les poulains doivent être souvent approchés; il faut les caresser afin de les rendre doux et familiers.
On devra les manier partout jusqu'à ce qu'on puisse sans les effaroucher, leur prendre les jambes, leur frapper les pieds, etc..
On devra accorder la plus grande attention aux pieds des jeunes poulains, sans môme attendre qu'ils soient séparés de leur mère; ils sera bon de leur visiter les pieds au moins une fois par mois.
Les poulains peuvent être sevrés à quatre ou cinq mois,