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ALIMENTATION ET HYGIÈNE DU POULAIN

mais il est bien préférable de ne les séparer de leur mère qu'à six mois.

Les poulains sevrés trop tôt, n'ont jamais une aussi forte constitution, que ceux sevrés à six mois et végètent quelquefois très longtemps.

Pour les poulains sevrés à six mois la séparation peut se faire spontanément, mais il faut avoir soin de les placer assez loin de leurs mères pour qu'ils ne s'entendent pas hennir et s'appeler réciproquement. On ne doit plus leur permettre de se voir que quand l'oubli est consommé de part et d'autre.

Pour faire passer le lait de la mère, on diminuera sa ration et on lui donnera un léger purgatif; on pourra aussi lui abattre pendant quelques jours un peu de lait sans toutefois vider le pis.

Le lait qu'on leur supprime doit être remplacé par une alimentation tonique et rafraîchissante, telle que l'albuminoïde phosphore et des barbotages avec du son et de la farine d'orge délayés dans de l'eau ; des carottes coupées en petits morceaux (la carotte est l'un des meilleurs aliments que l'on puisse choisir pour les jeunes poulains), les mâches chaudes dans lesquelles on met une poignée de graine de lin, de l'orge bouillie, du son et de l'avoine, sont une nourriture excellente.

Il est bon de faire alterner cette alimentation avec de l'avoine, car il est utile de varier leur nourriture le plus possible; le peu de foin qu'on leur donnera sera de première qualité ; le sainfoin et la luzerne sont employés avec succès.

La ration d'avoine doit être au moment du sevrage portée à 0 litres pour les poulains de pur sang et à 4 litres pour les chevaux de demi-sang, en augmentant progressivement cette quantité à mesure qu'ils avanceront en âge.

L'emploi judicieux des grains aide beaucoup au développement du poulain, de môme que le manque de soin ou une nourriture insuffisante, l'empêchent d'acquérir la force, la taille qui le feront apprécier plus tard.

Plus le poulain est généreusement soigné et nourri, plus il acquiert de valeur.

Non seulement les grains donnent la taille et la force, font ressortir les muscles, mais encore ils aident à la distinction des lignes, par conséquent à la beauté qui rend le cheval plus facilement marchand.

A cette considération, ajoutons que les poulains se trouvent déjà

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doués de quelque force et sont robustes lors du premier hiver qu'ils ont à traverser; ils le passent sans en ressentir la rigueur, et arrivent au printemps tout prêts à supporter les effets du régime au pacage.

Les avantages obtenus par une alimentation rationnelle dès les premiers moments de leur existence sont donc certains ; les sacrifices qu'impose un régime riche sont compensés non seulement par les résultats indiqués, mais encore par la possibilité de leur donner des soins moins assidus et une nourriture moins abondante pendant leur seconde et leur troisième année.

Les jeunes poulains, une fois le premier hiver passé, peuvent très bien se contenter d'une plus grande quantité de fourrages secs ou verts, et recevoir une moins forte ration d'avoine que ceux qui ont été négligés dans leurjeune âge, qui n'ont pu se développer suffisamment, ou qui ont été frappés de maladie.

Ils ne peuvent acquérir plus tard cette beauté et ces proportions qui auraient pu devenir leur partage, s'ils avaient reçu d'abord de meilleurs soins.

On peut facilement le constater lorsqu'on voit sans cesse, des poulains nés de même père et de même mère auxquels un traitement différent a donné des formes, des proportions et des qualités opposées.

Tous les poulains dans une proportion plus ou moins forte ont des vers qui peuvent occasionner des accidents très graves ; leurs ravages souvent rapides peuvent en peu de temps, détruire les meilleures constitutions; cet état réclame donc la plus active surveillance.

On s'aperçoit qu'un poulain a des vers à l'apparition d'une poudre blanche aux bords de l'anus et sur le crottin; l'animal maigrit, il a les yeux ternes, le ventre gros, le poil piqué, l'appétit capricieux.

La préparation suivante :

Sulfure d'antimoine 4 grammes

Santonine cristallisée 0 — 10

Acide arsénieux 0 -- 10

Strychnine 0 — 005

due à un de nos plus habiles vétérinaires, nous a toujours procuré d'excellents résultats.

Cette médication doit être donnée dans un peu de son frisé le matin à jeun pendant huit jours de suite ; ces paquets ont le double

l'exercice pour les étalons et les juments 249

avantage de chasser rapidement les vers et d'exciter l'appétit des jeunes poulains.

De la nécessité de l'exercice pour les étalons et les juments. — Nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de faire connaître et de combattre des erreurs. Nous allons essayer d'en signaler une qu'il n'est pas moins important de détruire mais que la paresse, l'ignorance, le préjugé et l'incurie de beaucoup de gens soutiendront encore longtemps.

Dans beaucoup d'établissements d'élevage de demi-sang, les étalons et les juments poulinières restent dans l'inaction toute l'année; à peine les soumet-on à une légère promenade de temps en temps, et il y a même des chevaux de peine destinés à faire tous les travaux des établissements, tels que les charrois des fourrages, de l'eau, les commissions, les travaux agricoles, etc. Cette marche très dispendieuse, qui multiplie inutilement les hommes et les animaux, en même temps qu'elle est contraire au vœu de la nature, est recommandée par tous les écrivains comme indispensable, et n'a pas peu contribué à décourager une foule de propriétaires, qui ont craint de se livrer à l'élevage des chevaux, par la perspective de la dépense énorme qu'elle mettait sous leurs yeux.

Les chevaux et les juments destinés à la génération dans les établissements d'élevage doivent-ils travailler, dans toute l'acception de ce mot, quels que soient leur race et le genre de service auquel ils sont destinés ? Oui, ils le doivent; nous n'hésitons pas à le déclarer, et nous croyons le travail aussi nécessaire aux individus euxmêmes qu'il est utile aux intérêts des propriétaires, sous tous les rapports.

Nous n'examinerons pas ici les raisons sur lesquelles se fondent ceux qui le défendent; elles sont trop faibles et trop ridicules, pour ne rien dire de plus. Nous ne ferons pas non plus un traité d'hygiène pour prouver combien le travail, même le travail un peu fort est nécessaire à la santé ; nous nous rapprocherons davantage de notre but, et nous nous bornerons à suivre la marche de la nature.

Quelles sont, par exemple, dans l'espèce du cheval, les races qui multiplient le plus? Ce sont, sans contredit, celles qui travaillent davantage, le plus fortement. En vain, on recommanderait aux propriétaires de chevaux de trait destinés à la propagation de se borner à les promener seulement sans les faire travailler. Ce précepte leur paraîtrait absurde, et ils auraient raison. S'il en avait été ainsi

des propriétaires de chevaux et de juments de qualité, on ne constaterait pas le peu de fécondité delà plupart de ces animaux.

La marche de la nature est uniforme dans chaque espèce animale; on ne la contrarie jamais impunément, et c'est toujours avec fruit que l'on suit son impulsion. Voyez le cheval de trait, couvrant sa femelle, en rentrant du travail de toute la journée et le plus souvent harassé de fatigue : il la féconde constamment. Voyez l'étalon ambulant, qui court de village en village, et qui paraît plus ou moins exténué ; il ne trompe pas les femelles qu'il saillit. Voyez la jument, couverte par hasard dans l'écurie d'une auberge par le premier cheval entier qui se détache ; elle ne manque pas de faire un poulain.

On a vu les juments de charroi et d'artillerie, en campagne, épuisées de fatigue, de misère et de faim, couvertes par des chevaux qui sont dans le même état, se trouver pleines. Voyez enfin, dans les haras sauvages, dans les haras parqués, où la monte a lieu en liberté, les étalons et les juments courir, se fuir, se rapprocher, fuir encore, s'échauffer, se mordre, se battre et finir toujours par une fécondité très élevée. Comparez ces animaux avec les étalons de nos haras, bien soignés, bien gras, ne travaillant point, couvrant, avec toutes les précautions imaginables, une seulejument par jour, ou môme tous les deux jours, et fécondant à peine la moitié de celles qui leur ont été présentées, et qui sont elles-mêmes dans de mauvaises conditions d'hygiène. Une pareille comparaison ne laissera pas longtemps de doute sur la nécessité d'un travail rationnel. Mais suivons encore la marche de la nature dans quelques autres espèces, et nous serons bien convaincus qu'elle est toujours la même dans son but.

Voyons les animaux sauvages, les cerfs, les daims, les chevreuils, les lièvres et autres, faire de longues courses, parcourir les forêts et les plaines, se livrer des combats furieux, se couvrir de sueur, rassembler un nombre indéterminé de femelles, se les approprier exclusivement, en couvrir un plus ou moins grand nombre, et plusieurs fois par jour; se refuser le boire et le manger, pour ne s'occuper que de la génération, devenir très maigres, s'exténuer, pour ainsi dire, et cependant être très féconds. Voyons, sous nos yeux, les animaux auxquels la domesticité n'a pas encore attaché le licou éternel : les chiens, les chats; quelles allées et venues, quelles courses plus ou moins violentes et répétées ne fait pas la femelle du premier pour attirer, en fuyant, les mâles sur ses pas!

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