L EXERCICE POUR LES ÉTALONS ET LES JUMENTS
et ceux-ci, haletants, épuisés de fatigue, se livrant néanmoins avec ardeur à la copulation, et faisant toujours un nombre considérable de petits; pourquoi ces courses, ces travaux, cette espèce d'exaltation, de raréfaction du liquide spermatique dans ces circonstances, si tout cela n'était pas nécessaire aux vues de la nature et à la conservation des espèces?
Mais n'avons-nous pas encore, plus près de nous et dans l'espèce humaine, des exemples frappants et généralement connus qui prouvent ce que nous venons de dire? Ne sait-on pas que les habitants des campagnes qui travaillent le plus, et qui sont généralement plus mal nourris, plus mal vôtus, plus mal logés que les habitants des villes, sont toujours entourés de nombreux enfants, forts et vigoureux comme leurs pères? Ne sait-on pas que, dans les villes mômes, les ouvriers et les différentes autres classes du peuple sont plus aptes à la génération, et ont un plus grand nombre d'enfants que les riches oisifs qui jouissent de toutes les délices de la société et qui les payent par une infécondité assez constante, et toujours prématurée !
L'exercice est donc nécessaire, indispensable même, aux chevaux et aux juments destinés à la propagation.
Si cette vérité était plus généralement répandue qu'elle ne l'est, un bien plus grand nombre d'agriculteurs se livreraient à l'élevage et par conséquent à l'amélioration des chevaux ; car celle-ci est nécessairement la suite et l'effet de la première. Ils ne considéreraient plus alors les étalons et les juments poulinières comme des animaux dispendieux destinés à être entretenus dans l'inaction toute l'année; et s'ils étaient persuadés que l'on peut, comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, élever des chevaux partout et sans pâturages, on en verrait beaucoup substituer à la culture de leurs terres par des chevaux entiers ou des chevaux hongres, la culture par des juments qui leur donneraient annuellement des productions propres à les remonter sans sortir de chez eux, et dont l'excédent serait livré avantageusement au commerce. Nous connaissons quelques gros agriculteurs dont les exploitations rurales sont montées en juments, et où il y a un attelage de chevaux entiers travaillant, destinés à servir d'étalons : les juments sont employées aux différents services, jusqu'au moment de mettre bas; il n'en coûte aux propriétaires que quelques juments de plus, en proportion de l'étendue de leur exploitation, pour le moment de la mise bas, et la dépense de la culture de quelques hectares de prairies
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artificielles, destinées à la nourriture des mères et des jeunes. Mais ils sont amplement dédommagés de cet excédent de dépenses par le profit qu'ils retirent de la vente des poulains.
Si nous jetons un coup d'œil en arrière sur nos haras, nous verrons que tout ce que nous conseillons aujourd'hui se pratiquait autrefois, tous les grands propriétaires s'occupaient de cet objet qui était productif. Ils montaient au manège leurs étalons et leurs juments; ils les employaient à la chasse, à la guerre, à la culture de leurs terres, à monter de nombreux domestiques. Pourquoi l'éleveur cultivateur ne ferait-il pas aujourd'hui ce qui se faisait autrefois avec profit?