‹ Le demi-sangChapitre 64 sur 101 · GESTATION · texte numérisé non relu

GESTATION

La fécondation des poulinières. — Rôle de la fécondation dans la descendance. — Lorsqu'on jette un coup d'œil sur les statistiques annuelles que publie l'administration des haras, il est un fait qui doit forcément appeler l'attention : c'est la disproportion considérable qui existe entre le nombre des juments employées à la reproduction et celui des produits qui en naissent chaque année. Ce n'est point exagéré d'admettre que 40 0/0, au moins, sont frappées d'infécondité' et font perdre aux éleveurs des revenus énormes. Plus nous irons, plus cet écart s'élèvera, la fécondité des races de course, particulièrement, ayant une tendance à diminuer encore, à cause de l'extrême artificialité des conditions de vie dans lesquelles nous les maintenons. Je n'insisterai pas ici sur cette importante question que j'ai étudiée dans un travail sur la stérilité, qui paraîtra incessamment

Cette perte périodique pèsera encore plus lourdement sur l'élevage en 1907. De tous les haras et jumenteries, en effet, il nous revient que le nombre de juments qui ont fait retour à l'étalon est considérable. Ces chaleurs tardives, qu'on peut, en majeure partie, imputer aux perturbations de la température, aux différences de pression atmosphérique que nous avonssubies, font présager un nombre de fécondations inférieur a la moyenne normale. 11 est constant, en effet, que les conditions défavorables de température ont une influence marquée sur la fécondité. En règle générale, les printemps anormaux

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ont donné une plus faible quantité de gestations. Tout changement subit et violent dans les conditions d'ambiance produit des effets défavorables sur les organes générateurs des femelles. Comme l'aptitude des ovules à la fécondation dépend de leur plus ou moins parfait état de santé et de maturité, il est certain que les variations brusques de ce printemps ont eu une influence néfaste.

Le problème de la fécondation des poulinières soulevant les plus vives et les plus pressantes réclamations de la part des intéressés, on est en droit de s'étonner de l'indifférence du grand public de l'élevage pour la connaissance théorique de cette importante question. Il suffit, en effet, de parcourir les haras, les jumenteries de pur sang ou de demi-sang pour se convaincre qu'à de très rares exceptions près, les éleveurs, les stud-grooms et les naisseurs ignorent tout du processus de la fécondation. Or, c'est par la notion exacte de ce processus que l'on peut, non seulement espérer découvrir les véritables causes de la stérilité totale ou relative dans bon nombre de circonstances, mais même y apporter un remède efficace et rationnel.

Les progrès récents de la physiologie ont permis de reconnaître dans quelles conditions s'opère la reproduction des êtres. On sait à présent où, quand et comment s'accomplit l'acte qui perpétue l'œuvre de la nature. L'exposé complet de ces données se trouvant aujourd'hui dans tous les ouvrages traitant des méthodes de repro duction, je me contenterai d'esquisser les grandes lignes du phénomène, puis j'examinerai en me plaçant à un point de vue plus élevé le rôle de la fécondation dans la descendance.

Il y a seulement une vingtaine d'années, la fécondation était définie : la pénétration et la fusion de l'élément sexuel mâle dans l'élément sexuel femelle. Réduite à cela, la fécondation est connue chez un grand nombre d'êtres vivants, et elle est identique chez tous. Mais on a aujourd'hui pénétré beaucoup plus avant dans l'essence du phénomène et trouvé nombre de faits nouveaux extrêmement importants. Malheureusement, ils ne sont connus que dans un petit nombre de cas et ne sont pas partout semblables à euxmêmes. Aussi, pour laisser au texte principal sa netteté et sa sobriété, vais-je décrire le cas imaginaire que fournit, après l'accouplement, la pénétration des spermatozoïdes dans l'utérus de la jument.

Lorsque l'œuf mur se trouve dans un liquide où nagent les spermatozoïdes murs, ceux-ci s'approchent de lui, poussés par les

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