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FÉCONDATION DES POULINIÈRES

à l'observation simple. L'œuf, pour devenir fécondable, doit subir une opération préliminaire : l'expulsion des globules polaires. 11 faut qu'il rejette une partie de sa substance nucléaire sous la forme de petits globules; avec ces globules, l'œuf rejette tout ou partie de ce centrosome,dont nousavons parlé il y aun instant, centre des énergiesqui servent à l'œufpoursediviser; ensorteque l'œuf au moment de la fécondation, est considéré comme étant dépourvu de centrosome. Ainsi, ceux qui avaient étudié le phénomène de la fécondation étaient arrivés à la formule suivante : la fécondation est l'apport à la cellule femelle par le spermatozoïde, d'un noyau mâle, et d'un centre énergique. L'œuf est un globule passif; il a tout ce qu'il faut pour faire un être nouveau; mais il est inerte, il lui faut le feu sacré, quelque chose qui lui infuse l'énergie nécessaire à son développement. Cette énergie lui est fournie par le centrosome du spermatozoïde.

11 y avait dans cette théorie quelque chose de particulièrement séduisant, quelque chose qui rappelle un peu ce que sont les êtres porteurs des sexes différents chez tous les animaux et môme jusque dans l'humanité, la femelle étant l'être passif, conservateur, qui accumule en lui les réserves; le mâle, au contraire, étant l'être agile qui apporte les énergies nécessaires.

Lorsqu'on soumet à l'action de l'acide carbonique cet œuf qui n'a plus de centrosome ou qui est censé ne plus en avoir, on voit apparaître à son intérieur, non pas un, mais peut-être une douzaine, une vingtaine de centrosomcs, de chacun desquels partent ces radiations qui nous montrent qu'ils sont des centres de forces ; ces radiations se jettent de la même manière sur les chromosomes, comme pour les diviser et les distribuer en un grand nombre de cellules. Nous voyons donc que le centrosome n'est pas absent de l'œuf et que la femelle a parfaitement des substances énergétiques sans que le mâle ait besoin de lui en apporter. On voit, en outre, par là que ces globules cenlrosomes ne sont pas des particules de substance spéciale, mais seulement des centres de forces.

Le naturaliste américain Loeb est encore allé plus loin dans cette voie. On sait que pour obtenir une fécondation, il faut prendre le mâle et la femelle delà même espèce ou, dans les cas d'hybridation, d'espèces très voisines. On n'avait jamais réussi à faire féconder un animal d'un ordre par un animal d'un ordre différent, par exemple une astérie par une holothurie, animaux qui sont aussi différents l'un de l'autre que peut l'être un oiseau d'un mammifère.

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Il était aussi ridicule de songer à faire féconder ces animaux l'un par l'autre que de songer à obtenir l'hybride, souvent mentionné par plaisanterie, d'une carpe et d'un lapin. On y est arrivé cependant. Loeb a soumis les œufs à l'action de certaines solutions salines de façon à les rendre accessibles aux spermatozoïdes d'un être appartenant à un ordre différent. Il a pu ainsi obtenir un hybride (qui n'a présenté, il est vrai, qu'un commencement d'évolution) d'une holothurie et d'une astérie.

D'où l'on peut conclure que la non acceptation du spermatozoïde par l'œuf d'une espèce trop différente dépend de conditions simples, purement physico-chimiques, telles que la tension superficielle ou l'alcalinité plus ou moins grande du milieu.

Revenons à l'œuf normalement fécondé. Aussitôt, il se divise successivement en 2, 4, 8, 16, 32, etc., cellules pour constituer le matériel embryonnaire. D'ordinaire, cette segmentation est totale, c'est-à-dire intéresse toute la masse de l'œuf, mais dans les gros œufs, elle ne divise qu'une calotte superficielle, laissant le reste sous la forme d'un résidu insegmenté destiné à servir d'aliment à l'embryon. On soupçonne bien que cette différence est due à l'accumulation dans les gros o'ufs, vers l'un des pôles, d'une masse de substance nutritive trop inerte pour prendre part à la division.

Hertwig en fournit la preuve expérimentale : il prend des œufs de grenouille (œufs de grosseur moyenne où ces substances nutritives sont disséminées dans toute la masse de l'œuf de façon à ne pas empêcher la segmentation d'être totale), les soumet, dans un appareil centrifuge, à une rotation, sous l'influence de laquelle tout le protoplasme formatif s'accumule à l'un des pôles, laissant la substance nutritive au pôle opposé. Les œufs ainsi traités soumis à la fécondation subissent une segmentation incomplète tout comme un œuf de poule.

Une théorie très intéressante et très importante est née de l'observation seule des phénomènes ; c'est celle qu'on appelle la théorie de la mosaïque, imaginée par le naturaliste allemand W. Roux. Voici un œuf avec son noyau; il se développera en un petit être qui lui a donné naissance. Lorsque cette œuf se développe, il se divise, il donne d'abord deux cellules, puis quatre, puis huit, etc., un nombre de cellules de plus en plus considérable avant qu'on ne voie apparaître aucun organe. Finalement ces cellules se groupent de manière à former ici le foie, là l'estomac, ailleurs la tête, etc..

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