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L INFÉCONDITÉ DES JUMENTS ET L OVLLASE

espérer avoir les juments pleines pendant un certain nombre d'années consécutives.

Ce serait évidemment beaucoup demander que de vouloir obtenir d'une poulinière un produit chaque année, pendant toute la durée de son existence. La nature n'est point inépuisable et a besoin de repos. Il ne devrait pas être rare cependant de voir une jument mettre bas six à sept poulains de suite consécutivement; or en moyenne, lorsque l'éleveur obtient d'une poulinière deux poulains en trois ans, il s'estime très heureux. Et encore cette proportion n'est pas toujours atteinte.

Avec l'application de l'ovulasc, qu'on peut employer chez la jument au moment de la première saillie de la saison, on augmente les chances de fécondation, et on avance ainsi l'heure de la mise bas. Il y a un grand intérêt, ne l'oublions pas, à faire naître, le poulain de course surtout, le plus tôt possible. Comme il doit presque toujours courir ou être entraîné à deux ans, un, deux, trois mois de plus sont un grand avantage, le jeune animal ayant eu le temps de se développer davantage et de recevoir une préparation plus complète. Il est donc de toute nécessité d'obtenir la fécondation des juments de bonne heure en combattant, par tous les moyens que nous otfre la science moderne, la stérilité relative, la stérilité passagère qui atteint avec une plus ou moins grande intensité les juments au haras. Or, parmi ces moyens, il n'y en a pas de plus efficace que l'application très simple de l'ovulase combinée avec la fécondation artificielle, dont je me suis occupé à maintes reprises dans la presse.

Le succès de cette pratique, tendant à diminuer le nombre de saillies que chaque étalon doit faire annuellement, rend celui-ci plus fécond et prolonge, en lin de compte, sa carrière au haras par suite de la diminution de l'intensité de son service. La fin de la saison de la monte peut ainsi s'effectuer dans des conditions physiologiques aussi bonnes qu'au début. Or, tout le inonde sait qu'à la fin de la saison, la proportion des juments non fécondées est beaucoup plus considérable. Cela tient à ce que le nombre des saillies pour chaque sire est beaucoup trop élevé. Pour son propriétaire, comme dans l'intérêt de l'éleveur qui lui envoie des juments, il vaudrait beaucoup mieux que chaque étalon eût un nombre de saillies plus réduit.

Jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de six ans, le jeune étalon ne doit pas saillir au delà d'une fois par jour. Il peut commencer son service

dès l'âge de quatre ans, mais à la condition de ne saillir, au début que trois ou quatre fois par semaine. Plus il a de valeur pur son origine, ses performances et ses qualités individuelles, plus il a d'avenir, par conséquent, plus il importe d'être attentif à observer une telle recommandation.

Le nombre des juments constituant la monte d'un étalon varie suivant son âge. Il est, en moyenne, de six à quinze ans, de quarante juments. Ce chiffre se trouve forcément augmenté par la nécessité des revues; les juments qui ne sont pas pleines à la première saillie redemandant le cheval une seconde et souvent plusieurs fois. En appliquant la méthode que nous avons indiquée plus haut, appelée à diminuer le nombre des revues, tout le monde y trouverait son compte : l'étalon arriverait frais à la tin de la monte, un plus grand nombre de juments seraient fécondées parce qu'elles auraient été saillies par un étalon reposé, et l'on pourrait ainsi augmenter le nombre d'inscriptions dans une proportion assez importante. Les résultats, au point de vue économique, sont donc appréciables.

L'accomplissement du « saut » exige de la part du mâle une grande dépense de force, qu'il faut réduire au minimum en diminuant le nombre possible d'inscriptions. Ce paradoxal problème ne peut être résolu que par l'application d'une hygiène rigoureuse, d'un régime alimentaire rationnel, et par l'emploi des pratiques qui ont fait l'objet de ces quelques pages. Un bon étalon ne dure jamais trop longtemps. C'est un mauvais calcul d'en abuser. On le met ainsi hors d'état d'accomplir sa fonction, alors qu'il aurait encore le temps de procréer une longue lignée d'excellents produits.

Les causes de l'infécondité des hybrides. — On sait que les mulets, hybrides du cheval et de l'âne, restent stériles, et cette stérilité serait due à l'absence de spermatozoïdes dans le sperme du mâle et à l'absence d'ovules chez la femelle. L'infécondité paraîtrait liée à une dégénérescence sexuelle.

Mais quelle est la cause directe, le mécanisme de cette dégénérescence, qui n'entraîne d'ailleurs pas l'affaiblissement de l'instinct sexuel? C'est ce qu'a recherché M. IwanoiT, sur deux hybrides voisins des mulets, deux zébroïdes résultant d'un croisement d'un cheval domestique mâle et d'un zèbre femelle.

Il a constaté que ces zébroïdes mâles tous deux se comportaient parfaitement bien au point du vue génital. Et si, dans le sperme,

LES CAUSES DE l/ IN FÉCONDITÉ DES HYBRIDES 269

après accouplement, on ne trouvait pas de spermatozoïdes, l'étude histologique des testitules permet ensuite de constater que des spermatozoïdes élaient pourtant constitués dans la glande. L'auteur fut alors conduit à admettre que le sperme devait, réellement, malgré l'apparence, contenir des spermatozoïdes, mais que ceux-ci disparaissaient rapidement. Sous quelle influence peut s'effectuer une telle disparition?

M. ïwanoff déclare avoir pu mettre en évidence l'existence, à l'intérieur du vagin de la femelle couverte, des phénomènes de phagocytose : il y a absorption de tous les spermatozoïdes par des leucocytes, qui sécrètent une spermatoxine digestive.

Ce fait, s'il est confirmé, serait extrêmement intéressant et ramènerait le phénomène à des lois générales de la biologie : de même qu'il se développe chez un animal à qui on injecte des globules d'un autre animal des hémolysines qui attaquent ces globules, le sérum de l'animal injecté acquérant les propriétés hémolysiques les plus nettes, de même, on le sait déjà, des injections de sperme font apparaître des spermatoxines ou spermolysines. Seulement, le fait nouveau, ce serait l'apparition, la diffusion leucocytaire, de ces spermatoxines à l'extérieur dans la cavité vaginale. La raison et le mécanisme de cette sortie armée resteraient encore à trouver.

Mais l'explication générale est séduisante; elle rend compte, selon M. ïwanoff, de ce fait que les hybrides de poissons ne sont pas stériles : la fécondation des ovules par le sperme s'effectue, en effet, en dehors de la femelle, dans l'eau, à l'abri, par conséquent, de l'avidité des leucocytes.

A vrai dire, on ne comprend plus dès lors, comment la fécondation est possible même entre les animaux de même espèce, car d'un individu à l'autre il peut se développer des toxines réciproques, de moindre nocivité d'ailleurs que pour des animaux d'espèce différente; si l'on admet que cette moindre nocivité permet à un nombre suffisant de spermatozoïdes de subsister jusqu'à ce que l'un atteigne le but, alors, et s'il est naturel que les spermatozoïdes du mulet soient dévorés par les leucocytes de la jument ou de l'ànesse, ou ceux du cheval ou de l'àne par les leucocytes de la mule, par quelle aberration ces derniers s'attaquent-ils aux spermatozoïdes du mulet? On dira peut-être que ces leucocytes préparés à la lutte contre les éléments mâles du cheval et de l'àne, le sont à plus forte raison, contre ceux qui tiennent à la fois de l'un et de l'autre de ces deux animaux. Mais alors, et c'est là la difficulté essentielle,

comment les spermatozoïdes du cheval ne sont-ils pas phagocytes chez l'ànesse et réciproquement, étant donné que nous avons encore affaire à deux espèces différentes?

Il reste bien des obscurités encore, par conséquent, et d'ailleurs la biologie nous met en présence de bien des faits d'affinité ou d'hostilité entre les éléments d'espèces différentes, sans que les raisons en apparaissent clairement. Quoi qu'il en soit, des recherches dans cette voie, qu'a entr'ouverte M. Iwanoff seraient certainement intéressantes et nous serons peut-être appelés à voir ce que les an-" ciens redoutaient comme un prodige effrayant, des mules qui mettraient bas. Il suffirait de trouver aux spermatoxines leur antitoxine, en sorte qu'une sérumthérapie nouvelle, en neutralisant les actions nocives des femelles « guérirait » de leur infécondité les mulets et les zébroïdes.

L'exploration rectale dans le diagnostic de la gestation. — La question du diagnostic de la gestation n'est pas la moins importante parmi toutes celles qui peuvent intéresser les éleveurs et, placée sur le terrain purement pratique, elle comporte un enseignement que je crois de mon devoir de propager.

Certes, l'on a déjà beaucoup écrit sur ce sujet, et chaque studgroom, chaque directeur de jumenterie ou d'élevage croit avoir la certitude de pouvoir, de son œil observateur et expérimenté, porterie diagnostic de la gestation.

Chacun s'appuie sur tel ou tel signe extérieur qu'il préfère et qui rarement le met en défaut.

Ces signes sont fort nombreux; nous en avons passé un grand nombre en revue dans le Pur Sang, mais ils ne donnent tous ou presque tous que des probabilités, et nombreuses sont les erreurs de diagnostic.

Que d'hésitations dans les premiers mois de la gestation! Que de déceptions au moment tant attendu du terme !

Telle jument qui présentait les apparences de la gestation ne donne pas son produit.

Telle autre, que l'on croyait infécondée et que l'on a vendue au bout de quelques mois, donne son produit chez son nouveau propriétaire, à la grande déception du vendeur.

Dans l'espèce bovine, là où, à côté de l'élevage, l'engraissement est l'adjuvant précieux des insuccès de la fécondation, M. Bernaud, vétérinaire, a été bien souvent le témoin, dans sa déjà longue

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