CONDITION
courts, élégants et légers, cloués avec soin. A tort ou à raison on a généralement ferré à l'anglaise. Ce mode de ferrure parait assez méthodique : quoiqu'il soit préférable d'employer un fer français ajusté à l'anglaise. Beaucoup de chevaux ont des dérangements d'aplombs auxquels il serait facile de remédier avec notre ferrure. L'hygiène du pied ne doit pas être négligée.
Les pieds seront visités à chaque pansage. A l'état sain, ils sont froids et toute chaleur ou sensibilité locale ou générale indique un état maladif. Si la corne a des tendances à se durcir ou à se resserrer, on fera usage de cataplasmes de mauve, de la bouse de vache, de la terre glaise, ou d'un bon onguent de pied à base de goudron et de graisse.
Condition. — Rien n'est plus difficile et n'exige plus de tact que de conserver un cheval en condition dans l'intervalle qui sépare deux courses.
Le cheval peut arriver sur l'hippodrome dans trois conditions différentes : trop haut, trop bas et juste à point. C'est ce dernier cas qui se présente le moins souvent, la perfection étant ce qu'il y a, en training comme en tout, de plus difficile à atteindre.
Si le cheval est trop haut de condition, et sa course en aura été une démonstration suffisante, il sera évidemment facile d'amener l'état au desideratum, si les membres peuvent sans danger supporter le travail. Dans le cas contraire, la mise en condition demeurera un écueil pour l'entraineur. Il faudra recourir à un travail modéré sous les couvertures, et même à une médecine, le tout avec des ménagements extrêmes et en faisant choix d'un terrain doux et élastique.
Si l'animal est trop bas de condition, il faudra suspendre le travail sévère, se borner à des exercices au pas et au canter et à un trotting au-dessous du train pour les trotteurs. S'il est bon mangeur et doué d'un bon tempérament, il ne tardera pas sous l'intluence d'une bonne hygiène et d'un régime diététique rationnel, à retrouver un peu plus de force et de résistance.
Dans l'hypothèse où le sujet serait difficile à nourrir, nerveux, impressionnable, mais doué de grands moyens, la conduite àsuivre est la suivante : du repos, de la promenade au pas et une alimentation rafraîchissante.
Les mashes chaudes avec addition de sel de nitre sont prescrites deux ou trois fois par semaine.
Surentraînement. — Il n'y a pas de plus fâcheuse présomption que de s'imaginer qu'on peut conserver un cheval dans une condition constante. C'est irréalisable. Un cheval qui a été préparé pour une course, s'il continue à être entraîné, ne peut que perdre de sa forme. Il doit toujours reprendre un peu, afin de remplacer la déperdition continue qu'entraîne nécessairement chaque effort énergique.
Les propriétaires et entraîneurs devraient bien se pénétrer de ce principe de l'hygiène du travail, sinon les cas de dépérissement, de « perte de forme » et tant d'autres lâcheuses conditions résultant de ce surentraînement, véritable surmenage chronique, ne tarderaient pas à faire de leur écurie un véritable hôpital.
La continuation du travail vite ne doit pas aboutir au « surentraînement ». car le cheval surentraîné non seulement souffre un dommage actuel, mais il en ressentira toujours dans la suite les effets néfastes suivant son Age, sa constitution, son tempérament. La faute est donc encore du bon côté quand on fait courir de jeunes chevaux avec trop d'embonpoint.
Soins hygiéniques adonner avant et après la course. — Le jour de la course l'animal doit recevoir sa ration réglementaire d'avoine et celle de foin, le matin seulement, et faire une promenade au pas d'une heure au moins. La seconde ration sera mangée en rentrant; on ne donnera que la moitié d'eau ordinaire, et lorsque l'animal aura fini son avoine, on lui mettra la muselière et on le laissera dans un repos absolu, jusqu'au moment de la course qui devra ainsi avoir lieu trois ou quatre heures après le dernier repas.
Il est bon, au moment de la course de rafraîchir la bouche du cheval avec de l'eau dans laquelle on verse un peu d'eau-de-vie.
On connaît toute l'importance du grattage après les suées. Il est inutile d'en reparler après une course où, si bien préparé qu'il soit, le cheval doit être en transpiration. Ce premier soin précède un séchage rapide au torchon; il faudra immédiatement le couvrir et le faire promener au pas dans un lieu abrité. Rentré sec à l'écurie, il recevra un pansage à fond. Les jambes seront l'objet des principaux soins et d'un massage prolongé.
Lorsque le lavage des membres devient nécessaire, il faut s'empresser de les sécher complètement au torchon.
Le cheval ne devra boire et recevoir sa ration qu'après son dernier pansage, c'est-à-dire deux heures au moins après la course, et