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CHAPITRE II ENTRAINEMENT DU DEMI-SANG GALOPEUR

L'entraînement, au galop, du demi-sang repose sur les mêmes bases que les exercices exécutés en vue delà préparation du cheval de pur sang, que nous avons longuement étudiée dans un précédent ouvrage. Il faudra tenir compte, toutefois, que le demi-sang ne possédant pas l'aptitude à la course, au môme degré que le thoroughbred, le travail devra être plus modéré et plus progressif. En outre, moins bien élevé, moins bien nourri, il faudra amener au fur et à mesure par une alimentation rationnelle, son organisme à présenter le maximum de résistance au travail.

Le pas d'abord lent et alourdi sera accru progressivement pour devenir leste et allongé. Les galops courts, lents, raccourcis, peu allongés au début, seront successivement plus pressés, plus longs, plus rapides, mais sans jamais arrivera la fatigue. Après la première quinzaine, des suées peuvent, disent les spécialistes qui ont entraîné des demi-sang, être données aux chevaux dans la proportion de une par semaine et, plus tard, de une par quinzaine. On opère pour cela avec ou sans couverture et à des allures diverses suivant le tempérament des chevaux, l'âge des sujets, la race, l'intégrité des membres, l'état d'entraînement. Il est même certains chevaux faibles de constitution, se nourrissant mal, antérieurement mal nourris, soumis à de mauvais traitements, naturellement maigres, pour lesquels les suées doivent être différées sinon proscrites. Ces suées peuvent être partielles ou générales. En principe, la suée ou l'excrétion générale des glandes de la peau, sébacées ou sudoripares, est subordonnée à la circulation cutanée, laquelle est proportionnelle à l'activité locomotrice et à l'élévation de la température extérieure. Selon nous, les suées paraissent devoir être aban-

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données, car elles sont débilitantes au premier chef. Quoi qu'il en soit, les suées s'obtiennent en activant la transpiration, en surchargeant de vêtements tout ou partie des régions du cheval et en lui faisant parcourir à un galop d'abord lent et régulier, puis plus rapide environ de 1.000 à 1.500 mètres. En thèse générale, « il est préférable d'augmenter la distance que d'accélérer l'allure au delà de la course régulière ». Rien n'est plus difficile que de bien diriger un galop de suée. II doit être tout d'une haleine, violent et court, lent ou prolongé suivant les circonstances, l'état du terrain et de la température, toujours progressif. Mal dirigé ou mal compris, le galop de suée use vite les chevaux et les arrête dans leur croissance et leur développement. Au début, les suées sont longues et pénibles, la sueur est abondante, épaisse et mousseuse, comme savonneuse. Plus tard elle est aqueuse et rare, et le cheval est plus rapidement séché qu'au début.

En cet état, il convient de diminuer les couvertures, d'éloigner les suées et même de les abandonner, par suite de la crainte d'affaiblir le cheval outre mesure. L'animal doit ensuite être ramené à son écurie soit au pas, soit au trot, suivant la température, et la sueur doit être enlevée de suite à l'aide du couteau de chaleur; il doit être séché promptement avec le ganta frictions ou un bouchon de paille, puis de nouveau couvert à la façon ordinaire, et soumis à son travail journalier. En tout cas, il importe de ne pas le laisser à l'écurie, ni de le mettre à l'abri du vent sous un hangar, ni derrière un mur ou une haie où il pourrait s'enrhumer ou suer de nouveau sous l'influence des alternatives du chaud et du froid.

Vers la fin de ce premier temps, les galops, quoique courts d'allure, devront être plus fréquents et plus vîtes.

Au cours de cette période, la ration d'avoine sera de 7 à 10 litres par jour. Le cheval pourra être purgé légèrement, particulièrement dans les cas où son appétit serait troublé, où il manifesterait une fatigue anormale, où il y aurait engorgement des membres, etc.

Dans cette période, la ration d'avoine doit être de 10 à 12 litres. Les suées seront plus fréquentes et plus courtes et l'exercice conduisant à ce résultat devra toujours se terminer par un léger galop. En thèse générale, les galops, quels qu'ils soient, ne devront se faire qu'après une heure ou une heure et demie d'exercice au pas. Les second et troisième galops donnés au cours du même exercice seront toujours séparés par un temps de pas intermédiaire dont la durée peut varier de un quart d'heure à une heure. Enfin, il est de

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règle que les premier et dernier galops doivent être moins rapides que le ou les galops intermédiaires.

Le galop d'entraînement d'abord très court (500 à 600 mètres), devra être graduellement augmenté, en tant que distance et allure, pour atteindre 2.500 à 3.000 mètres pour cet exercice.

Ces derniers galops, fort importants à cause de leur vitesse et de leur durée, ne doivent, suivant le caractère et la force de l'animal, s'employer qu'une ou plusieurs fois par semaine. Il est bon de dire qu'à l'augmentation graduelle de l'allure les uns préfèrent donner la vitesse par des poussées occasionnelles, courtes et vives, sans toutefois exiger beaucoup du cheval. Quelques entraîneurs hésitent cependant à passer du pas au galop sans faire subir à leurs chevaux de longues promenades préparatoires et cela pendant quelques jours. Cette recommandation est d'autant plus à prendre en considération qu'on a moins associé auparavant la marche et la course dans les premiers exercices. Il est essentiel de se servir d'un maître d'école, franc et assez vite pour conduire ces galops préparatoires sans aucune perte de temps ou d'efforts et, par suite, sans insuccès.

Préparation finale. — A cette période, on a recours de préférence aux galops prolongés et modérément rapides. En principe, « on doit toujours tenir le cheval en dedans de ses moyens dans les galops d'exercice ».

Pendant les derniers galops, il peut être bon de laisser les chevaux de la tile dépasser le cheval de tête et de leur témoigner après cet acte une vive satisfaction par des caresses. L'usage et l'expérience ont consacré ces faits que le dernier galop sur la distance doit être donné environ trois jours avant la course; que, deux jours avant cette dernière pratique, il y a lieu d'effectuer un bon galop rapide et que le galop de la veille doit être modéré quant à sa durée et à sa vitesse. Mais ces prescriptions sont susceptibles de varier suivant les sujets. Bien des chevaux à tempérament spécial demandent à être traités différemment et aucune règle précise ne peut être donnée à ce sujet.

Pour toutes les pratiques relatives à l'entraînement au galop : canter, galops, essais, forme, travail de vitesse et de fond, doping, etc., nous renverrons le lecteur à notre ouvrage : Le Pur Sang, où nous avons traité ces questions avec tout le développement désirable.

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