‹ Le demi-sangChapitre 83 sur 101 · ENTRAINEMENT DU TROTTEUR AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

ENTRAINEMENT DU TROTTEUR AMÉRICAIN

<( Le harnachement du cheval est assez singulier. Tous les trotteurs portent ce qu'ils appellent le « over draw check rein » ; c'est un mors supplémentaire dont les rênes se réunissent sur le chanfrein, de là passent entre les oreilles et vont se fixer à un anneau de la sellette. Le cheval, ainsi enharnaché, est obligé de tendre le nez, d'allonger la tôle; il semble être dans une position gênée, ce qui n'empêche pas les hommes de cheval d'Amérique de prétendre que cette bride oblige le larynx à mieux se placer et facilite ainsi le jeu de la respiration. Les vitesses incroyables qu'ils obtiennent avec leurs chevaux semblent appuyer cette manière de voir. Le « over draw check rein » est, au reste, d'un usage à peu près général aux Etats-Unis. Rien n'est plus curieux que de voir les trotteurs apparaître sur la piste. Ils portent tous des appareils, des pièces de harnachement plus ou moins ingénieuses, plus ou moins pratiques. Celui-ci, ce sont des ressorts qui lui pinceront les narines s'il s'emballe; celui-là, des protecteurs en peau, des appareils de cuir couvrant le coude, le genou, etc., des entravons « hobbies » qui relient latéralement ou diagonalcment un membre de devant à un membre de derrière, l'empêchant ainsi de mélanger, de rompre ses allures, de galoper. Les pieds de devant sont toujours entourés d'une sorte de boîte de cuir qui protège les talons contre l'atteinte des membres postérieurs dans leurs formidables foulées. Le cheval qui se coupe aux genoux, dont les actions sont trop relevées, porte deux ressorts d'acier très puissants qui, fixés d'une part à la sellette, s'en vont de chaque côté, quand le ressort est bandé, s'attacher autour des bras, sollicitant ainsi les deux membres à s'éloigner l'un de l'autre.

« Tous ces systèmes sont brevetés et donnent de bons résultats, puisqu'un peuple aussi pratique que l'est le peuple américain, les emploie. Les entraîneurs parviennent également, dans une certaine limite bien entendu, à modifier les défectuosités d'allures de leurs élèves; pour le cheval qui billarde, ils emploient un fer épais, portant à la mamelle interne un prolongement qui se dirige en arrière et en dehors; pour le cheval qui trousse, ils ont le « toe weight », balles de métal plus ou moins lourdes, qu'ils vissent sur le pinçon du fer, ou un collier déballes de corne ou de bois lourd, dont ils entourent le paturon, forçant ainsi le cheval à abaisser ses allures, à allonger... enfin une foule de procédés trop longs à énumérer. »

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