‹ Le démon de la nuit, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 19 sur 30 · MATHILDE, LE COMTE · texte numérisé non relu

MATHILDE, LE COMTE

MATHILDE , tremblante, à part. Je n'ose lever les yeuxl...

LE COMTE, s' approchant d'elle, Mathilde... ma cousine... pourquoi vous détourner de moi?... ne tremblez pas... je ne veux que vous plaindre et vous venger!...

MATHILDE. Me Venger!...

LE COMTE. Yenger ma famille outragée en vous... par un traître qui vous a trompée!...

MATHILDE, vii>ement. Oh!... non... (^Se reprenant .) Je ne crois pas.

LE COMTE. Ecoute, Mathilde... nous sommes seuls... tu sais si tu m'es chère j k ïSTÀ ,- le compagnon , l'ami de ton eii- Cance!... J'ai partagé les premiers jeux... j'ai essuyé tes premières larmes. ..# ton père mourant t'a confiée à mon honneur, et je jurai , en te pressant dans mes bras, d'être ton protecteur, ton époux!...

MATHILDE, avec émotion. Oh! oui , je me le rappelle...

LE COMTE. Eh bien î ... au nom de cette amitié, de ces sermens... au nom de ton père... dis-moi, Mathilde, celui qui a pénétré jusqu'à toi pour surprendre ton amour...

Air d^Yelva,

Réponds , quel est-il ?

UA.THILDE.

Je Pignore :

Pour le connaître, il faut le voir.

LE COMTE , avec tnolence.

A genoux , je t'en prie encore !

Son nom? son noiû? ah ! tu dois le savon...

MATHILDE

C'est moi seule au monde qu'il aime :

De lui c'est tout ce que je sais ..

Il m'aime, et pour l'aimer de même J'ai cru que j'en savais assez !

LE COMTE. Qu'il vienne donc alors!...

qu'il vienne demander ta main... ici, devant moi... devant toute la cour!... s'il est noble, s'il est digne de toi , qu'il vienne réparer l'outrage qu'il nous a fait, ou affronter ma colère !

MATHILDE. Prends garde!.,, cette colère, il peut la braver, elle te perdrait... crains plutôt la sienne! Ce n'est pas un homme , vois-tu , ce n'est pas un simple mortel, mais un démon , un génie!...

LE COaiTE. Oh! Mathilde!... quelle folie! tu croirais...

MATHILDE, Virement. Je crois tout ce qu'il m'a dit... tout-à-l'heure encore, je l'ai entendu ! . . .

LE COMTE. Toi.^...

MATHILDE. Tusourisî... mais rappellctoi ces récits merveilleux de ma mère, (|ui nous faisaient trembler de peur près du foyer de la famille... ^^uaadnous'étîtnis ^nîai4é-4^uâliI@swdiàuK... et si tu savais avec qurëîîè franchise , avec quel abandon il se confiait à moi... oh I il m'a dit vrai!...

LE COMTE. Eh bien! non... il a abusé de ta crédulité ! il t'a trompée , toi , pauvre fille simple et naïve , qui n'as pas su te défendre de sa perfidie!... c'est uh homme de cour, un misérable qui t'a perdue, et qui ne reviendra pas!...

MATHILDE. Tu crois?... ah! ce serait bien mal à lui... car, je le sens, je l'aime... je l'aimerai toujours!... {^S' appuyant ^ur le bras du comte , en pleurant. ) Oh ! pardon , Oscar!...

LE COMTE. Et demain, tu seras bannie de ce palais... tu iras loin d'ici cacher ta honte qui rejaillira sur ta famille!... Et moi-même, moi, à qui ton amour pour un autre permettait des espérances (|uo mon cœur avait repoussées d'abord ; moi qui suis, qui ne veux plus être que ton frère, à qui puis-je offrir mon nom, dont j'étais fier ce matin encore, et qu'uu làclie a rendu la fable de la cour?

MATHILDE. Oscar !.. oh ! tu te trompes, je le crois!... j'ai besoin de le croire... il

LE MAGASIN THEATRAL

ne peut pas in*abandonncr ainsi I... Mais, moi, vois-tu, j'irai nie jeter aux pieds de celle que tu aimes... je lui dirai...

LE COMTE. Oh! tais-toi!... tais-toi I...

plus de boidieur pour moi... ma vie t'appartient... je la perdrai à te venger!

MATliiLDK. Que dis-tu?...

LE COMTE. Quel que soit Tinfame que tu veux dérober à ma colère... ( moin>a- .ment de Matfii/de) je saurai bien le découvrir!.^ Mais, avant de risquer mes jours pour toi , je dois veiller encore sur les tiens. Demain, Mathilde, au lever du jour... si je suis libre enHn... je viendrai te ])rendre eu secret.,. Prépare-toi à partir, à me suivre dans le vieux château de ton père.

MATHILDE. Que dis-tu? [j^

LE COMTK.

Air : C'tti est tropl

En Ct*$ lieux désormais La lionle est ton partage !

Viens , quittons ce palais Pour n'y rentref^jamais !

LE COMTE

X Laisse-moi mon courage !

Je reux , dans ma fureur, Ou venger ton outrage , Ou mourir de douleur !

MATHILDE

ENSEMBLE

Je le sens , de'sormais La honte est mon partage !

Je veux fuir ce palais Pour nV rentrer jamais !

LE COMTE

En ces lieux désormais , etc.

( // sort vivement par lejond.)

vjj MATHILDE. Ah! Oscar... si bon, si fier ae son honneur ! il en mourra ! . . .

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