‹ Le démon de midi (volume 2)Chapitre 8 sur 13 · ÉPILOGUE 3G · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 3G

■— u II est le premier, madame, à reg^retter le mouvement de folle colère qui lui a fait porter ces malheureuses lettres chez M. l'abbé Fauchon. Quand nous avons dû emporter le corps de ce pauvre enfant, de la maison de la rue de l'Aude, M. Galvières s'est trouvé là. C'était l'heure qu'il avait fixée pour venir reprendre ces lettres. II a vu la voiture d'ambulance qui attendait, un attroupement, et, tout de suite, la civière que l'on descendait avec le mort. Il nous a vus, le père et moi. Je l'ai aperçu, moi aussi. Je suis allé à lui; en deux mots, je l'ai mis au courant. Je lui ai dit : — « Allez-vous-en. Vous n'êtes que trop » vengé i> . — Il me les répétait, ces mots, tout à l'heure encore : — "Je ne suis que trop vengé. »

— « Pourquoi ne me laisse-t-il pas tranquille, alors? »

— « Parce qu'il désire que vous rentriez chez vous. »

Et, comme elle esquissait un geste de stupeur, le vicaire continua :

— " Madame, écôutez-moi, je vous prie, sans m'interrompre. Vous m'avez fait l'honneur de vous confier à moi, dans une heure critique. Grâce à cette confidence, j'ai pu causer avec M. Galvières, parce qu'il n'avait rien à ra'apprendre. Voici dans quelles conditions je me suis mis en rapport avec lui. Excusez-moi si j'ai l'air de quitter le sujet qui vous concerne parti-

culièrement. Vous verrez que je n'en sors pas. Vous savez Timportance qui s'attache, pour ceux qui pensent comme moi, à la prochaine élection législative en Auvergne. Des personnes de g:rand sens estimenli que le candidat le moins mauvais pour nous à Glermont est maintenant M . Galvières , J'ai été chargé de le sonder et de savoir s'il accepterait d'inscrire sur son prog^ramme certaines revendications, qui nous tiennent au cœur, et qui nous assureraient un minimum de paix religieuse. Madame, M. Galvières accepte. Vous le connaissez. Il est l'homme des partis pris très nets. Voulant la fin il veut les moyens. Il a parfaitement compris qu'en ce moment un procès en divorce, ou même en séparation, lui nuirait beaucoup. J'ajoute qu'en dehors de cette appréhension très légfitime, il est profondément ulcéré des commentaires que soulève votre départ de chez lui. Il estime que votre retour couperait court à tout. ►Si vous aviez vécu, depuis votre départ, d'une manière à vous compromettre, à vous afficher, il ne penserait pas à ce retotir. Mais il sait que vous ne vous êtes pas revus, vous et la personne dont le nom a été prononcé à votre propos. J'ai cru pouvoir lui affirmer que cette personne et vous, ne vous reverriez pas. Bref, il vous offre de revenir, dès aujourd'hui, reprendre votre place dans votre maison. Il s'engage sur l'honneur à vous accueillir, comme si rien ne s'était passé.

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