BIOGRAPHIES
AserT (Charles-Eustbe), — Né à Epinal en 1895, il commença par être employé à la préfecture des Vosges en 1883 et y devint chef de division en 1862. Pendant la guerre, chargé de l’armement et de l'équipement des troupes dans les Vosges, il fut nommé intendant auxiliaire et suivit en cette qualité, après l’occupation d’'Epinal par l'ennemi, les opérations de l’armée de l’Est au 24e corps. 11 devint, en 1873, inspecteur de l'assistance publique à Bordeaux, et passa à Melun en 1881; il y fit des travaux remarqués sur la protection des enfants du premier âge. Charles Abert est mort subitement à Melun, le 49 décembre 1885.
ABraM (Nicolas), — Né à Xaronval en 4589, il entra dans la soété de Jésus le 40 novembre 1606, fut reçu définitivement père de la compagnie, le 40 décembre 1623 et devint professeur d’humanités au collège des jésuites de Pont-à-Mousson; il fut reçu docteur le 16 novembre 1653 ; enseigna ensuite la théologie à Pont-à-Mousson, puis à Dijon. Il revint mourir à Pont-à-Mousson, le 7 décembre 1655. Le père Abram a laissé de nombreux écrits en latin sur la littérature
o— J4$ romaine et l’Ecriture sainte. Il a publié une Æstotre de l'Univer-
silé de Pont-à-Mousson, qu'un de ses petits-neveux, Charles-Dominique Abram, curé de Damelivière dans la Meurthe, a continué.
ABRAM (Etienne- Charles), — Né à Mirecourt, petit-neveu du père jésuite Nicolas Abram, c’est un des plus éminents jurisconsultes lorrains. Avocat au conseil de la Cour souveraine de Lorraine, il devint le conseiller du duc Léopold qui l’anoblit, le 5 mai 1710, et le chargea de coordonner les usages et coutumes de Lorraine. Cet ouvrage important, terminé en 1718, n’a pas été publié. Abram est mort à Nancy en 1720.
Il laissait un fils, Léopold Abram, qui fut, comme lui, avocat à la Cour souveraine de Lorraine, puis substitut du procureur général près la Chambre des Comptes.
ABRAM DE ZINCOURT (François - Prosper), — Fils d’un magistrat, et magistrat lui-même, Abram de Zincourt naquit à Epinal, le 18 septembre 1802. Attaché au ministère de la justice, il fut ensuite substitut du procureur du roi près le tribunal de Remiremont, puis substitut à Epinal et procureur du roi à Saint-Dié. Plus tard, il fut président du tribunal d’Epinal, puis conseiller à la Cour d'appel de Nancy.
Conseiller général des Vosges, élu par le canton de Corcieux, en 1833, il exerça ses fonctions jusqu’en 1848; puis il fut réélu en 1850. Abram de Zincourt est mort à Nancy, le 17 avril 14851.
ADAM (Charles-Joseph), — Né à Nancy, d'une famille vosgienne, le 23 novembre 1819, le colonel Adam, tué sur la brèche de Malakoff, à 43 ans, aurait été une des illustrations militaires de notre département. Après avoir fait ses études dans les écoles d’Epinal, il partit engagé volontaire, le 16 mars 1831, à ce 20€ léer qui comptait dans ses rangs tant d'officiers et de soldats vosgiens, entre autres, le futur général Colin (de Raon-l’Etape); le jeune Adam fit la campagne de Belgique et le siège d'Anvers en 183%, conquit ses galons de caporal et de sergent, puis passa aux zéphyrs que l’on organisait et fut placé au 3° bataillon d’infanterie légère d'Afrique, où il obtint l’épaulette de sous-lieutenant en 1836. A la prise de Constantine, en 1837, il fut grièvement blessé en s'emparant d’un élendard arabe et fut, pour ce fait, décoré de la Légion d'honneur. Lieutenant au 3° zéphyrs, le 31 août 1840, capitaine le 20 avril 1842, il devint chef de bureau arabe et prit part néanmoins à toutes les expéditions faites par son
bataillon dans la province de Constantine. Chef de bataillon, commandant le 4er bataillon d'infanterie légère d’Afrique, le 14 avril 1848, il avait 35 ans et avait fait constamment campagne en Algérie. Lieutenant-colonel dans un régiment d'infanterie en 1851, il fut nommé colonel du 27e de ligne, le 4er mai 1854 et partit aussitôt pour la guerre d'Orient. Gouverneur de Gallipoli, il eut à lutter contre le choléra de la Dobrutscha, et fut, en récompense de son dévouement, nommé officier de la Légion d'honneur. En février 1855, il s’embarquait pour la Crimée et prenait part aux travaux du siège de Sébastopol. Blessé à l’épaule gauche, le 17 juin 4855, à l'assaut infructueux où les Français firent des pertes cruelles, il resta quand même à la tête de son régiment. Le 8 septembre 1855, le bras encore en écharpe, 1l marcha à l’assaut de Malakoff, entrainant le 27e, l’épée à la main, pénétra le premier, et fut tué d’une balle au cœur sur le théâtre de sa victoire.
Son fils, Charles-Félix Adam, né le 4 janvier 1854, sous - lieutenant de spahis, est mort à Médéah, le 29 mai 1885.
ANDRÉ. — Moine franciscain, né à Neufchâteau vers l’an 1500, le père André fut un théologien distingué ; on l'avait même surnommé « le docteur très ingénieux. » Ïl a publié un volume sur le livre des sentences.
ANDRÉ VINOT, dit le père ANpré. — Le père André était un carme, surnommé le père André de Saint-Nicolas. Né à Remiremont en 1650, il a laissé un nom comme antiquaire et comme littérateur sacré ; il a collaboré à une histoire de la maison de Cluny et a laissé plusieurs travaux historiques manuscrits. Le père André est mort à Besançon en 1713.
ANDRÉ (Laurent-Yves-Antoine). — Notaire au Thillot et né à Remiremont en 1756, il fut élu membre du Conseil général des Vosges par le district de Remiremont, en juin 1790.
Elu député des Vosges à l’Assemblée législative, le 4° septembre 1791, le 3° sur 8, par 339 voix, il ne fut pas réélu à la Convention et ne siégea plus depuis dans aucune assemblée. André mourut à Ramonchamp (section du Thillot) le 29 mars 1796 (9 germinal an IV).
ANDRÉ (Jean-François), dit ANDRÉ (des Vosges.) — S'est surtout fait connaître par des traductions de romans anglais ou italiens. Il est né a Lignéville en 1744. Il a publié aussi une ZZistoire abrégée de
l'empire brilannique pendant les années 1792, 93 et 94, etun choix de Voyages.
ANXDREU (François). — Né à Chitenois en 1686, il fut curé de Remiremont, chanoine du chapitre, et fonda La bibliothèque publique de Remiremont. Il mourut à Remiremont le 8 avril 1748.
Ap1s (Didier). — Né à Remoncourt, il est mort à Toul, le 10 avril 1545 ; il a été évêque de Christopole.
D’ARC (Jeanne Darc ou). — Le plus grand nom des Vosges et de la France; peut-être de l’univers entier. Il n’y a jamais eu chez aucun peuple, en aucun temps, une femme comparable à Jeanne d'Arc.
Née à Domremy en 4410, de pauvres paysans, elle passa sa jeu— pesse à garder les troupeaux. En 1423, tandis que les Anglais couvraient presque toute la France, et que Charles VII ne s'appelait plus que le roi de Bourges, Jeanne, inspirée par des voix secrètes, guidée par un admirable sentiment religieux et patriotique, alla trouver le sire de Baudricourt, gouverneur de Vaucouleurs, et lui demanda de la faire conduire au roi de France. Après plusieurs refus, celui-ci se décida à l’adresser au roi. Elle partit avec sept hommes d'armes pour délivrer Orléans, alors assiégé par Bedford, et se rendit d’abord à Chinon où elle vit le roi, et se fit reconnaître. Après avoir fait broder une bannière avec l’image de Jésus, elle marche aux Anglais, les bat à Patay, à Jargeau, les attaque dans Orléans, s'empare des murailles de la ville où elle est blessée d’une flèche et, le 8 mai 14928, le siège d'Orléans est levé. Le 17 juillet suivant, le roi Charles VII est sacré en sa présence à Reims. Elle voulait alors retourner à Domremy, mais le roi la supplia de rester à la tête de son armée. Elle assiégea Paris et fut blessée à l'attaque de la Butte des Moulins, là où s’élève aujourd'hui sa statue. Puis elle alla mettre le siège devant Compiègne. Blessée dans un assaut, le 25 mai 1429, elle fut capturée par les Anglais qui la conduisirent à Rouen. On lui fit son procès comme sorcière ; des prélats, entre autres l’infâme Cauchon, évèque de Beauvais, ne craignirent pas de se faire les instruments de la haine de l’Angleterre. Charles VII l’abandonna. Elle fut condamnée à mort et brûlée vive à Rouen, le 31 mai 1430, martyre de sa foi et de la patrie.
Le culte de Jeanne d’Arc est resté vif et pur dans le cœur de tous les bons Français. La ville d'Orléans célèbre chaque année l’anniversaire de sa délivrance. D’innombrables écrits, tant en vers qu’en prose, ont
été publiés sur la vierge lorraine, la pucelle d'Orléans. Sans parler de l’ignoble poème de Voltaire, il faut oiter en première ligne les pages superbes qu’elle a inspirées à Michelet, le grand historien national ; les beaux travaux récemment publiés par M. Siméon Luce, membre de l’Institut; le livre ému d'Henri Martin et aussi les deux volumes récents de M. Joseph Fabre, professeur de l’Université et député, qui ont eu le mérite de réveiller le souvenir de Jeanne d’Are et ont posé la question de faire de la date de sa naissance la fète nationale de tous les Français. |
Plusieurs monuments lui ont été élevés. Orléans a sur une de ses principales places une statue équestre et dans la cour de l’Hôtel-de- Ville une copie de la plus réussie de ses statues, celle qui fut l’œuvre de la princesse Marie d’Orléans, fille du roi Louis-Philippe. Paris lui à aussi consacré une assez médiocre statue équestre, due au ciseau du sculpteur Frémiet, et Compiègne possède aussi son image en bronze, marchant au combat, l’étendard déployé. Enfin Neufchâteau et Domremy, où sa maison est pieusement conservée, lui ont dressé des monuments. Mais aucun de ces hommages n’est digne de la glorieuse héroïne lorraine. Ainsi qu'on le demandait dans le premier volume de cette publication, (1) : « Au lieu de la petite statue de Neufchâteau, pourquoi, en face du village de Domremy, au sommet de la côte de Julien, pourquoi n’élèverait-on pas la statue colossale de la paysanne des Vosges, fière riposte à la Germanta du Niederwald ? »
ARNOULD (Charles). — Né à Mirecourt en 1831, M. Arnould, ancien élève de l’Ecole polytechnique en 18351, a été nommé ingénieur en chef des poudres et salpêtres, le 15 décembre 1873 et directeur de la poudrerie de Sevran-Livry; il est inspecteur général de 2e classe des poudres et salpêtres depuis le 1er mai 1880. Il est officier de la Légion d’honneur depuis 1885. Le 15 mars 1888, M. Arnould a été nommé directeur des poudres et salpêtres au ministère de la guerre.
AUBRY (Jean-Baptiste). — Le père Aubry, bénédictin, s’est fait connaître par de nombreux ouvrages philosophiques. Né à Deyvillers en 1736, il fit ses études chez les jésuites, entra dans les ordres à l'abbaye de Moyenmoutier, devint prieur. Chassé par la Révolution, il continua ses études philosophiques et mourut à Commerey, le 4 octobre 1809.
(1) Géographie physique, par M. le docteur Bailly; tome Ie du Département des Vosges, page C5.
Auory (Joseph-Emmanuel, baron). — Le colonel baron Aubry est né à Mirecourt, le 2 juillet 1772. Avant d’avoir atteint sa vingtième année, il s’engageait, le 31 août 1791, au £&° bataillon de volontaires des Vosges, et fit campagne avec Custine sur le Rhin où il échappa au massacre de ce bataillon, près de Francfort. Il combattit ensuite en Italie, en Egypte, où 1l se distingua à la prise d'Alexandrie et au siège de Saint-Jean-d’Acre. On le retrouve dans toutes les grandes guerres de l'empire, en Allemagne, en Russie; à Wagram, il est deux fois blessé. Colonel du 1% de ligne en 1809, il fut peu après nommé baron de l'Empire. Il allait devenir général, lorsqu'il fut tué à la bataille de Polotsk, le 48 août 181%. Il n'avait que 40 ans.
AusrY (Claude-Maurice). — M. Maurice Aubry appartient à une ancienne famille bourgeoise de Mirecourt, dont le chef fut Nicolas- François Aubry, et à laquelle appartient le colonel Aubry (voir notice ci-dessus); son père était Fourrier Aubry-Febrvrel, né en 1714, mort en 1853. M. Maurice Aubry naquit lui aussi à Mirecourt, le 22 septembre 1820. A vocat dans sa ville natale en 1845, il fit œuvre de journaliste en 1848, et contribua à la création du comptoir d’escompte à Epinal, dont il fut directeur. Elu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 13 mai 1849, le 8° sur 9, par 20,107 voix, il vota avec le parti conservateur de cette assemblée, prit part à plusieurs discussions économiques, et fut arrèté lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851 et emprisonné à l’Abbaye avec beaucoup de ses collègues.
Il se consacra dès lors aux affaires financières et industrielles etfonda, en 1852, une importante maison de banque sous la raison sociale : Aubry, Donon, Gautier et Cie. Candidat de l'opposition en 1863 dans les Vosges, (2° circonscription), il échoua à la députation avec 13,856 voix contre 16,088 à M. Aymé, candidat officiel et député sortant. Il se représenta de nouveau en 1869, aux élections des 23 et 24 mai, et obtint 7,793 voix contre 9,83 à A ymé, 1,196 à M. Contaut et 12,63) à de Dommartin, qui fut élu au scrutin de ballottage pour lequel M. Maurice Aubry s'était désisté.
Il avait fondé en 1856 une œuvre de solidarité et de bienfaisance .pour tous les vosgiens : l'Association Vosgienne de Paris, dont il fut le président jusqu'en 1882 et qui a pris, sous sa direction, un grand développement.
Pendant le sit:re de Paris, il resta enfermé dans la capitale, et fut élu, le 7 novembre 4870, adjoint au maire du VIII. arrondissement
(Champs-Elysées) le 3 sur 3, par 2,993 voix contre 1,409 à Ferdinand Riant, 4,406 à Reyneau, 1,056 à Fois Coignet. Le maire était alors Hippolyte Carnot, l’ancien député, père du futur président de la République.
Aux élections du 8 février 1871, il fut élu député des Vosges à Assemblée nationale, le 4 sur 8, par 31,770 voix. Il se rendit à Bordeaux, vota pour la paix, contrairement à presque tous les députés de Lorraine, puis revint siéger à Versailles, où il fit partie du groupe légitimiste de l’Assemblée et prononça plusieurs discours remarqués sur des sujets de finance ou d'économie politique.
Jl ne se représenta pas aux élections générales de 1876. Candidat au Sénat dans les Vosges, le 8 janvier 1882, il échoua contre N. Claude.
AuBrY (Félix). — Frère aîné du précédent, né à Mirecourt en 1813, est un des plus importants négociants de Paris depuis 1849 ; il a fait partie de Ja Chambre de commerce de 1867 à 1874 et il y passait pour un homme de premier mérite; il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1851, où il rendit de grands services à l’exposition internationale de Londres, ainsi qu’à l'exposition universelle de Paris en 1855, à celle de Londres en 1861 et à celle de Paris en 1867 où il fut président du jury des récompenses. Officier de la Légion d’honneur en 1870, il a été maire de Meudon (Seine-et-Oise) en 1871, pendant plusieurs années.
Aux expositions de Vienne en 1873 et de Paris en 1878, il a encore été président du jury.
Ila publié en 1851 un remarquable rapport sur « les dentelles, tulles et broderies à l'Exposition ».
Un de ses fils, lieutenant d’artillerie, jeune officier du plus grand
"avenir, a été tué à l’armée de la Loire, en 1870, à la bataille de Vendôme.
AuGusTIN (Jean-Baptiste-Jacques). — Au temps où l’art charmant de la miniature était dans toute sa vogue, il n’y a pas eu d'artiste plus éminent, plus exquis qu'Augustin, le premier des miniaturistes par le talent et aussi par son ancienneté dans un genre qu'il avait popularisé. Né à Saint-Dié, le 45 août 1759, il se forma presque seul, ne pouvant faire les frais de son éducation artistique. Néanmoins lorsqu'il arriva à Paris en 1781, ses premières peintures sur émail, ses miniatures si soignées, si délicates, d’un si riche coloris, lui valurent le succès. La Révolution n’arrêta pas son essor. Mais ce fut
surtout pendant la période impériale qu’il atteignit sa plus grande renommée. Pas une illustration de l’époque, pas une puissance de l’art ou de la banque ne lui échappèrent’; il en fixa les traits avec ce fini d'exécution, cette science de la couleur qu distinguent ses productions. On formerait un musée de souverains ou une galerie de la beauté, rien qu’en groupant les principales œuvres d’Augustin. Le catalogue de ses portraits ferait un gros volume. Bien qu'il eut peint Napoléon et l’impératrice Joséphine, ce ne fut cependant qu’en 1819, sous Louis XVIII, qu’il reçut le titre de premier peintre en miniature du cabinet du Roi, et ce n’est qu’en 1820 qu’il fut nommé Chevalier de la Légion d'honneur.
Augustin mourut à Paris le 13 avril 1832, emporté par une attaque de choléra; sa tombe se voit au cimelière du Père-Lachaise, à deux pas de celle du général Foy.
AYMÉ (Jules-Gabriel). — Député des Vosges pendant 17 ans, Aymé est né à Médonville le 14 juin 1806. Etudiant en droit à Paris, avocat à Neufchâteau, substitut du procureur du roi à Lunéville, il fut ensuite juge au tribunal civil de Neufchâteau en 1840. Il avait été adjoint au maire de Lunéville, il devint maire de Neufchâteau en 4851. Conseiller d'arrondissement en 1841, il fut élu conseiller général du canton de Bulgnéville en 1848 et constamment réélu jusqu’en 1870. Désigné comme candidat officiel par l'empire, il fut élu en 1852, par 20,195 voix, député au Corps législatif par la 2° circonscription des Vosges.
Réélu en 1857, il le fut encore en 1863, par 16,088 voix, contre 43,856 à M. Maurice Aubry. Mais aux élections générales de mai 1869, il échoua contre le lieutenant-colonel de Dommartin, qui fut élu au second tour de scrutin, pour lequel À ymé s'était retiré; il avait eu, au 1er tour, 9,883 voix contre 12,630 à de Dommartin, 7,793 à M. Maurice Aubry, 1,196 à M. Contaut, 64 à divers. Aymé fut alors nommé officier de la Légion d’honneur, le 12 août 1869. Il se tint désormais à l'écart des affaires publiques. Toutefois, il se présenta comme candidat conservateur, dans l'arrondissement de Neufchâteau, le 20 février 1876, et n’obtint que 5,000 voix environ contre 6,227 à M. Frogier de Ponlevoy et 2,000 à M. Contaut. Au 2° tour de scrutin, le 5 mars 1876, il échoua définitivement avec 5,558 voix eontre 8,354 voix à M. de Ponlevoy.
Après l’acte du 46 mai 1877, Aymé entreprit de nouveau la lutte en faveur des idées çonservatrices ; il échoua de nouveau le 14 octobre
1877, ne groupant que 5,270 voix contre 8,905 obtenues par le même concurrent, M. de Ponlevoy, député sortant.
Depuis, Aymé se retira complètement de la vie politique. I est mort subitement, en son château de Médonville, le 10 avril
Ayorre (Pierre). — Il est né en Franche-Comté, à Fontaine-lés- Luxeuil (Haute-Saône), le 13 juin 1767. Entré dans les ordres avant la Révolution, il refusa de prêter le serment ecclésiastique et s'exila. Lorsqu’il rentra en France, il fut nommé curé de Senaïide ; il y fonda l’école de latinité qui eut, quelque temps, une certaine importance. I mourut à Senaide le 22 septembre 1841. |
BaizLy (Nicolas-Basile). — Le docteur Baïlly est né à Darney-en- Vosges, le 11 juillet 1817. Ancien interne des hôpitaux de Paris et médecin estimé, il a été lauréat de l’Académie de médecine, dont il a reçu une médaille d’or. Il est médecin inspecteur des eaux minérales de Baïns et président de l’Association des médecins des Vosges. Ï a publié divers ouvrages scientifiques : en 1844, Maladies du poumon chez les enfants; en 1852, Les Eaux thermales de Baïîns, de leur usage dans les maladies chroniques; en 1865, De la Salubrilé dans les villages; en 1862, De l’aventr des élablissements ihermaux dans les Vosges; en 1881, Le Pays des Faucilles, et en 1883, une étude sur le Musée de peinture d’Epinal.
Maire de Bains depuis plusieurs années, il a été élu conseiller général des Vosges pour le canton de Bains, le 12 août 1883, par 1,215 voix sur 1,304 votants. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis
Le docteur Bailly a écrit pour le présent ouvrage la Géographie physique du département.
BaLLAND (Charles-André, dit Balland le Jeune). — Né à Sainte- Hélène le 45 février 1761, il était homme de loi et curateur au bailliage de Bruyères lorsqu'éclata la Révolution. Il fut élu le 46 juin 1790 procureur-syndic du district de Bruyères, et le 4 septembre 1794, par 298 voix, 3° député suppléant à l’Assemblée Législative. Représentant du peuple à la Convention nationale, à la place de François de Neufchâteau, qui avait décliné le mandat, il n’avait été élu que 1er suppléant par 185 voix, le 5 septembre 1792. [| marqua peu
pendant la période conventionnelle où il vota pour la détention du roi. En octobre 1795, il fut élu dans les Vosges, par 489 voix, membre . du Conseil des Cinq-Cents, où il siégea jusqu’en 1797. Le 8 septembre 1797, il fut nommé juge au tribunal de cassation, mais il siégea quelques mois à peine à la cour suprême. Le 10 juin 1800, le Premier Consul le nommait juge au tribunal d’appel (conseiller à la cour) de Nancy; il n’accepta pas et mourut à Paris en 1811.
BaLLAND (Louis-François de Sales). — Le colonel Balland est né à Rambervillers le 2 janvier 1818. Sous-lieutenant du génie en 1840, à sa sortie de l’Ecole polytechnique, lieutenant en 1849, il devint capitaine en 1846 et fut décoré de la Légion d'honneur en 1851. Chef de bataillon du génie en 1863, il fut attaché à la place de Toul, et prit part à la défense de cette place en 18170; il fut promu lieutenantcolonel en 1874 et officier de la Légion d'honneur le 31 décembre 1872. Colonel du génie le 20 avril 4875, il fut directeur des fortifications à Constantine et fut admis à la retraite en janvier 1878.
BALLON (Félix-Arthur). — Né à Epinal le 20 avril 1816, homme de lettres, avocat à Epinal et publiciste, Arthur Ballon a été commissaire de la République dans les Vosges du 20 mars 1848 au 20 juin. Candidat à l’Assemblée Constituante, il obtint 21,155 voix sans être élu. Il fut ensuite préfet de l’Aube. Plus tard, il devint bibliothécaire de la ville de Nancy. Il mourut à Nancy le 27 octobre 1883. Il a publié des Ephémérides vosgiennes intéressantes. C'était un érudit aimable, un lettré et un patriote.
Barpy (Mathieu-Henri).— Le président et fondateur de la Sociélé philomatique vosgienne de Saint-Dié est né à Belfort (Haut-Rhin) le 28 mai 1829.
Reçu, en août 1856, pharmacien de 1re classe à l'Ecole supérieure de Paris, il se fixa à Saint-Dié en décembre 1856 où il succéda à Esther Noël. Il déploya, en dehors de sa profession, une rare et studieuse activité. C’est ainsi qu’il créa, en juin 1868, le Cercle de la Ligue de l'Enseignement à Saint-Dié; en février 1869, la Gazette vosgienne, et en février 4875 la Société philomatique vosgienne dont il est le président depuis la fondation.
M. Bardy a publié, dans le Bulletin de la Société philomatique, dans la Revue d'Alsace et dans divers journaux de la région de l'Est, de nombreux et intéressants travaux historiques, scientifiques, météoroloyiques, sur l’Alsace et les Vosges, notamment un mémoire
sur Les eaux dans l'arrondissement de Saint-Dié, en 1874; Beifort sous le régime de la Terreur, en 1867 et 1868; Nolice historique sur la ville de Belfort en 1859 et 1873, etc., etc.
M. Bardy a été longtemps secrétaire du Comice agricole de l'arrondissement de Saint-Dié, de décembre 1858 à octobre 1861, et de mai 1868 à octobre 1870. Il a été conseiller municipal de Saint-Dié de 1874 à 1882. Il est officier d’Académie.
BARIONET (Claude-Louis). — Le colonel Barjonet est né à Vittel, le %5 août 1768. IL partit soldat au 4° bataillon de volontaires des Vosges en août 1791, et fut élu capitaine au 4° bataillon presqu’aussitôt, le 28 août 1791. Le 28 novembre suivant, il passait lieutenantcolonel en second du 5° bataillon de volontaires des Vosges, dont il . devenait lieutenant-colonel en premier, le 4er août 1793. Il passait chef de la 138° demi-brigade d'infanterie en novembre 1794, devenue le 24 février 1796, la 61° de ligne. Il a été retraité en cette qualité, le 40 mars 1797.
BasanJON. — Né à Bains, le 15 juillet 1753, l'abbé Basanjon, devenu prêtre en 4780, fut d’abord attaché aux séminaires de Nancy, de Paris et de Versailles. Il émigra en Allemagne pendant la Révolution et ne revint à Bains qu’en 1802 où il continua à se livrer à l’ensignement. Enfin, il fut nommé principal du collège d'Epinal en 4817 et resta en fonctions jusqu’en 1826. Il mourut à Bains le 31 mai 1835.
Baupez-MARTINET (Charles-Joseph-Alexandre). — Né le 14 septembre 1771 à Bourmont (Haute-Marne), et décédé au mème lieu, il a été maire de Lamarche de 1821 à 1830 et fut député des Vosges de février 1824 à novembre 1827.
Son père, Baudel de Vaudrecourt, était lieutenant-général du bailliage de Bourmont ; sa famille était alliée à la famille de Bourgogne.
BAZELAIRE (Jean-Joseph-Christophe de). — C’est un des représentants d’une des meilleures et des plus anciennes familles vosgiennes, qui a marqué dans les arts, les lettres, la politique et l’armée.
ll naquit à Saint-Dié, le 25 janvier 1736, embrassa l’état militaire, devint colonel du 61° régiment d’infanterie (ex-Vermandois) et fut nommé maréchal-de-camp (général de brigade) le 4er mars 1791.
Un autre membre de cette famille a publié un volume de voyages d’excursions dans les Vosges.
BEAUMONT. — Châtelain de Saint-Dié; il doit ga notoriété à un fait contestable et contesté. On assure que c’est lui qui, à la bataille de Nancy, en 1475, aurait tué le duc de Bourgogne, Charles-le-Téméraire. D’autres historiens prétendent que ce serait un de ses soldats qui aurait frappé le terrible duc. Même en admettant l’exactitude de la version qui fait de Beaumont le justicier de Charles-le-Téméraire, celui-ci n’en serait pas moins un assez triste personnage puisqu'il mouruf, assure-t-on, du chagrin de n’avoir pas touché la forte rançon que lui aurait valu la capture d’un pareil adversaire.
BÉDEL (Léon). — Né à Rambervillers le 40 septembre 1824, M. Bédel entra élève à l'Ecole forestière de Nancy, en 1848. Garde général des forèts à Colmar en novembre 1846, il passa ensuite à Chaource (Aube), à Joigny, à Jussey (Haute-Saône) et à Dijon. Sous-inspecteur en 1855, il exerça à Dijon, à Metz, dans le Jura, puis à la commission de reboisement dans l’Isère. Inspecteur des forêts en 18632, il fut envoyé à Avignon, devint conservateur des forèts à Aix en Provence en 1872, et vérificateur général des reboisements en 1877. En 1878, il fut nommé inspecteur général des forèts et chevalier de la Légion d'honneur; il a été admis à la retraite en 14885.
M. Léon Bédel s’est retiré dans sa ville natale où il fut élu, peu de temps après, en janvier 1886, conseiller municipal et maire de Ram— bervillers ; il a été élu également, en novembre 1886, conseiller d’arrondissement. En mars 1888, il a donné sa démission de maire.
BenoisT (Antoine-Nicolas). — Maire de la ville de Nancy sous le premier empire, il est né à Rambervillers en 1750 et s’occupa d’agriculture. Il devint par la suite administrateur des salines de l’Est et maire de Nancy. Il est mort à Nancy en 1825.
BERGIER (Nicolas-Sylvestre). — Né à Darney, le 31 décembre 1718, il entra dans les ordres et s'est fait connaître comme littérateur et théologien. L'abbé Bergier fut quelque temps professeur de philosophie à l’Université de Besançon, puis alla se perfectionner à Paris. Il fut ensuite pendant seize ans curé et combattit vivement les dogmes philosophiques du XVIIe siècle. Devenu chanoine de Notre-Dame à Paris, il continua ses travaux philosophiques et collabora à l’Encyclopédie. Il a publié de nombreux ouvrages entre autres : Tratlé historique el dogmalique de la vraie religion en 12 volumes; Diclionnaire (héologique en 3 volumes; Apologie de la religton chrélienne en 2 volumes; Certilude des preuves du christianisme en 2 volumes, etc,
L'abbé Nicolas Bergier mourut à Paris le 9 avril 4790. Son frère puiné, Claude-François Bergier, né à Darney en 17920, fut avocat au Parlement de Paris ; il a publié divers travaux littéraires et de jurisprudence.
BERHER (Laurent-Eugène).— Né à Epinal, le 24 juillet 1822, M. le Dr Berher est un savant modeste, un praticien distingué et un poëte apprécié. Il a été à plusieurs reprises conseiller municipal d'Epinal. Il a publié diverses pièces de vers, entre autres un recueil de sonnets Le Martiyrologe social, œuvre originale et vigoureuse.
N. le docteur Berher a écrit pour le présent ouvrage le Catalogue des plantes du département des Vosges, (Phanérogames, muscinées, lichens) et collaboré au catalogue de zoologie de cet ouvrage.
Son frère, M. Victor Berher, est chef du matériel à la Chambre des députés et chevalier de la Légion d'honneur.
Leur père, Antoine Berher, né à Epinal le 26 décembre 1793, était un entomologiste distingué, qui a dressé le catalogue des insectes des Vosges pour la Sfalistique de Lepage et Charton. Il est mort à Epinal le 2 février 1870.
BExoN (Gabriel-Léopold-Charles-Aimé). — L'abbé Bexon naquit à Remiremont en mars 1748; il s’occupa surtout d’histoire naturelle et d'agriculture; il fut le collaborateur de Buffon. Il a entrepris, en 47717, la publication d’une ZX'istoire de Lorraine, arrètée au premier volume.
L'abbé Bexon est mort à Paris le 15 février 1784.
BExoN (Scipion-Jérôme). — Frère puiné du précédent, et comme lui né à Remiremont, en 1753; il devint avocat à 21 ans et fut choisi comme conseiller intime par la princesse Louise-Adélaïde de Bourbon- Condé, abbesse de Remiremont et procureur-fiscal du chapitre. A la Révolution, il fut nommé procureur de la commune de Remiremont, puis commissaire du roi près le tribunal du district. En 1799, il alla se fixer à Paris où il devint accusateur public près les tribunaux militaires. Il était nommé en 1796 président da tribunal criminel de la Seine, et lors de la réorganisation de la magistrature, en 1800, il fut conservé comme vice-président du tribunal de 1re instance de Paris. Mais son indépendance le fit écarter, en 1807, de la magistrature impériale et il redevint avocat. Il a laissé une réputation de jurisconsulte érudit. I1 est mort à Chaillot, faubourg de Paris, le 17 novembre 182%,
BLAISE, dit BLAISE DES VoscEs (Adolphe-Gustave).— L’économiste Blaise (des Vosges) est né à Paris, en 1811, d’un père des environs de St-Dié. Il a publié de nombreux et estimés travaux d'économie politique. En 1848, il a été secrétaire-général de la préfecture de la Seine-Inférieure. Il a été décoré de la Légion d'honneur en 1855.
Blaise (des Vosges) est mort à Paris le 21 mai 1886.
BLARU (Pierre de). — Né dans les montagnes des Vosges, mais sur le versant alsacien, le 6 avril 1437; il devint chanoine de Saint-Dié. Il est connu par son poème latin sur la bataille de Nancy et la mort de Charles-le-Téméraire, 4 Nancéide. Pierre de Blaru mourut .à Saint-Dié le 23 décembre 1505.
BLONDEL (Raymond). — Conseiller général des Vosges et professeur à la faculté de droit de Nancy, M. Blondel est né à Vaucouleurs (Meuse) le 31 août 1844. C’est son mariage qui l’a fait Vosgien. Il représente depuis 1880 le canton de Lamarche au conseil général des Vosges, et il a été réélu, sans concurrent, le 12 août 1883, par 1,636 voix.
Avocat à Nancy, en 1869, il est devenu professeur à la faculté de droit, et il est officier de l'instruction publique.
M. R. Blondel a rédigé pour le présent ouvrage l'article : Administralion, clergé, justice.
BLonpiN (Albert-Louis-Joseph-Félix).— Fils d'un maire de St-Dié, il naquit dans cette ville le 31 mai 1828. Elève de l’Ecole d'administration en 1848, il fut reçu avocat et s’établit à Saint-Dié. Sous-préfet de Péronne, le 10 septembre 4870, il se conduisit courageusement pendant le siège de cette place par les Prussiens et fut décoré de la Légion d’honneur le 5 mai 1871. Le 19 avril précédent, il avait quitté l’administration et n’y rentra que le 24 mai 1876 comme sous-préfet d’Avesnes (Nord), où il fut révoqué le 20 mai 1877; sous-préfet de Cambrai le 39 décembre suivant, il devint préfet de la Corrèze le 4er novembre 1818.
Préfet des Ardennes le 3 septembre 1879, il est devenu préfet de la Mayenne en 1884. M. Blondin est officier de la Légion d’honneur depuis le 30 décembre 1884, officier de l'instruction publique et commandeur du Nicham.
BLonpLor (Nicolas). — Le docteur Blondlot est né à Charmes, le 8 février 4808. Interne des hôpitaux de Paris, il fut reçu docteur en
1833, puis après quelques années de pratique, devint professeur de chimie à l’école de médecine de Nancy. Il a été lauréat de l’Institut et est devenu docteur ès sciences en 1855; il a publié de nombreuses
études médicales, spécialement sur les maladies de l’estomac et du foie. Il a été décoré de la Légion d'honneur le 13 août 1861.
B&cxER (Paul-Henri-Gustave).— M. Bæœgner, neuf ans préfet des Vosges, est né à Strasbourg (Bas-Rhin), le 25 janvier 4845. Avocat à Strasbourg, puis secrétaire d'Edmond Valentin, préfet du Rhône en 4871, il débuta dans l'administration préfectorale comme secrétaire général du Tarn, le 3 février 1872; il passa secrétaire général des Ardeunes le 30 mai 1873, et sous-préfet de Nantua (Ain) le 15 octobre 1875; sous-préfet de Saint-Dié le 13 avril 1876, il fut révoqué au 16 mai 1877. Préfet des Vosges, le 18 décembre 1877, il administra le département jusqu’au 8 janvier 1887 et fut alors nommé préfet du Loiret.
Chevalier de la Légion d'honneur le 4 février 1880, M. Bœgner est aujourd’hui officier de la Légion d’honneur, oflicier de l’instruction publique, commandeur ou décoré de plusieurs ordres étrangers.
C’est sous son administration qu'a été décidée et encouragée la publication « Le Déparlement des Vosges ».
BonTEwPs (François). — Le général Bontemps est né à Saumur (Maine-et-Loire) le 1er juin 14753, mais il a commandé devant l’ennemi un des bataillons de volontaires vosgiens et mérite à ce titre une place dans la biographie vosgienne.
Soldat d'infanterie de 1772 à 1784, il était rentré dans ses foyers lorsque la Révolution éclata. Commandant de la garde nationale de Villers-Cotterets en 1789, puis lieutenant au 2° bataillon de volontaires de l'Eure en 1792, il devint chef du {1° bataillon de volontaires des Vosges, le 1er avril 179, et le conduisit aux armées du Rhin et du Nord. Versé dans la 175° demi-brigade d'infanterie avec le 11° bataillon des Vosges, en 1794, il en devint colonel et passa colonel de la 67e demi-brigade, le 5 mai 1796. Général de brigade le 20 avril 1799, il combattit à l’armée du Danube, à celle du Rhin, et fut grièvement blessé à la bataille de Moeskirch, le 5 mai 14800. Le général Bontemps a été admis à la retraite le 10 novembre 1804 et mourut à Saumur le 29 octobre 1811.
BOUCHER (Hippolyte-laul-Henry-Théodore). — M. Henri Boucher est né à Bruyères, où son père était notaire, le 19 septembre 1847.
Reçu licencié en droit, il s'engagea en 1870 dans la garde mobile des Vosges, y devint bientôt sergent, puis sous-lieutenant, lieutenant et capitaine de la 2 compagnie du {°° bataillon ; il fit avec le 58° mobiles toute la campagne de l'Est.
Après la guerre il entra dans l’industrie et devint manufacturier et fabricant de papiers à Docelles, puis à Gérardmer.
Il a publié de nombreux articles de journaux et de revue, de 1867 à 1836, qu'il a signé de pseudonymes divers et dont plusieurs sont restés célèbres. Délégué cantonal, suppléant du juge de paix, il fut élu, le 1er août 1880, conseiller général du canton de Bruyères, et réélu, le 4er août 1886, par 2,980 voix, sans concurrent.
M. Henri Boucher a écrit pour le présent ouvrage l'article : Industrie el Commerce.
BouLA DE CoULOMBIERS (Antoine-Jean-Amédée). — Préfet des Vosges du 31 juillet 1815 au 95 juin 1893, et conseiller d'Etat, Boula de Coulombiers, relevé de ses fonctions pour avoir voulu faire respecter la liberté électorale, avait laissé de bons souvenirs parmi ses anciens administrés. Il fut en effet élu député des Vosges, le 21 avril 1828, fut l’un des 221 et réélu en juin 1830, mais il ne fut pas réélu en
Boula de Coulombiers était n6 à Paris, le 3 juin 1785.
BouLANGÉ (Auguste-Joseph-Alexandre). — Né à Neufchâteau, le 48 mars 1819 ; il sortit de l'Ecole Polytechnique comme sous-lieutenant du génie le 4er octobre 4841, devint lieutenant le {er octobre 1843, après deux ans à l’Ecole d'application de Metz et fut placé au 29 régiment. Capitaine du génie le 30 décembre 1846, il fut, pendant de longues années, chef du génie à Embrun et il y reçut la croix de Ja Légion d'honneur le 30 décembre 1857. Chef de bataillon du génie, le 12 août 1864, il fut chef du génie à Mâcon, puis à Verdun et fut nommé officier de la Légion d'honneur le 2 septembre 1869. Lieutenant-colonel du génie, le 27 septembre 1870, après avoir concouru à la défense de Verdun, il coopéra aux opérations de l'armée de Versailles contre la Commune, puis devint chef du génie à Toulon.
Colonel du génie, le 18 septembre 1875, il exerça les fonctions de directeur du génie à Perpignan, et fut admis à la retraite le 48 mars
BouLaY de la Meurthe (Antoine-Jacques-Claude-Joseph, comte). — ‘Né à Chaumousey le 19 février 1761, de petits cultivateurs, il fut élevé
par un oncle, curé près de Nancy et fit ses études au collège de Toul. Avocat à Nancy en 1783, puis à Paris en 1786, il quitta le barreau pour s’engager dans un bataillon de volontaires de la Meurthe et fit la campagne de l’Argonne en 1792. Il rentra ensuite à Nancy et fut élu juge au tribunal du district; mais il s’enrôla de nouveau en 4793, après sa destitution par un représentant en mission, combattit à l’armée du Rhin et parvint au grade de capitaine. 1l revint de nouveau à Nancy où, dénoncé comme suspect, il dut se cacher jusqu’après le 9 thermidor. Elu alors président du tribunal de Nancy, il fut nommé ensuite accusateur-public près le tribunal criminel de la Meurthe. En 1797, les électeurs de la Meurthe le nommèrent député au Conseil des Cinq-Cents, et c’est alors qu’il adjoignit À son nom celui du département qui l’avait élu afin de se distinguer d’un homonyme. Au Conseil des Cinq-Cents, Boulay de la Meurthe se fit remarquer par son bon sens, sa compétence juridique, son esprit d’ordre. Il y fut un des partisans les plus résolus du général Bonaparte, et au 18 brumaire, dont il se déclara l’apologiste, il fit partie de la commission intermédiaire chargée de remplacer le Conseil dissous. Il fut le rapporteur de la constitution de l’an VIII. En 1800, il devint conseiller d'Etat et prit une large part à la rédaction du code civil; créé comte en 1808, il devint en 1810 président de section au Conseil d'Etat et en 1814, membre du conseil de régence; il fut destitué par la Res. tauration. Au retour de l’ile d’Elbe, il fut élu par la Meurthe membre de la Chambre des représentants en mai 1815 et nommé par Napoléon ministre d’Etat, puis ministre de la Justice. La rentrée des Bourbons lui enleva ces fonctions. 11 fut même proscrit et dut rester en exil jusqu’en 1819. Depuis son retour en France, il ne participa plus au maniement des affaires publiques. Il était grand-officier de la Légion d'honneur. Il a publié divers ouvrages historiques et a laissé des mémoires restés manuscrits.
Ila marié sa fille à Bessas de Lamégie, qui fut maire du X° arrondissement de Paris sous la monarchie de Juillet. Il laissait en outre deux fils.
Boulay de la Meurthe est mort à Paris le 2 février 1840. Il repose au cimetière Montparnasse et l’on a gravé sur sa tombe le jugement
que portait de lui Napoléon : « Boulay était un brave et honnête homme ».
BouLAY de la Meurthe (Henry-Georges, comte). — Fils aîné du précédent. Il est né à Nancy le 45 juillet 1797, et devint avocat au
barreau de Paris sous la Restauration, le 27 mars 14820. La Révolution de juillet 1830 Iui ouvrit les carrières publiques. Il fut d’abord membre du Conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine. En même temps, il était lieutenant-colonel de la 11° légion de la garde nationale de la Seine d'août 1830 à avril 1837, puis colonel chef de cette légion jusqu’en 1858. En novembre 1837, il était élu député de la Meurthe par l’arrondissement de Lunéville, mais il échoua en 1839. En 1849, il devenait député des Vosges, élu dans l'arrondissement de Mirecourt par 213 voix contre 193 à Daullé et réélu en 1846. Il siégea dans les rangs de l’opposition libérale. Elu représentant du peuple des Vosges à l'Assemblée Constituante, le 4° sur 11, par 65,277 voix, le 27 avril 1848, il vota généralement avec la droite. Vice-président de la République le 19 janvier 1849, par 417 voix contre 277 à Vivien, il fut, en cette qualité, président du conseil d’Elat jusqu’en 1852. Le rétablissement de l’Empire suppriamÿ sa fonction. 11 fut aussitôt après nommé sénateur et devint grand-croix de la Légion d’honneur. Il s’est beaucoup occupé du développemen de l'instruction primaire. 1l est mort à Paris le 24 novembre 1858.
Son frère puîné, BouLay de la Meurthe (François-Joseph, baron), né à Paris le 6 novembre 1799, fut conseiller d'Etat de 1837 à 1857, secrétaire général du ministère de l’agriculture et du commerce, sénateur le 9 juin 1857, et grand-officier de la Légion d'honneur le 43 août 1859. Il est mort à Paris. Un fils de ce dernier a publié un ouvrage historique intéressant sur l’Expédition d'Egypte.
BouLaY (Augustin).— Né à Epinal, le 26 avril 1815, il a été, pendant de longues années, Juge d'instruction, puis président du tribunal civil d'Epinal. Conseiller d'arrondissement du canton d’Epinal, il en fut élu conseiller général en juillet 1870, mais ne siégea pas en cette qualité, le conseil général ayant été dissous quelque temps après. Il a pris sa retraite comme président du tribunal d’Epinal en 1885. M. Boulay est chevalier de la Légion d'honneur.
BouLLANGIER (Antoine-Nicolas). -- Curé d'Epinal, l'abbé Boul- Jangier a laissé le souvenir d’un prètre éloquent et libéral. Né à Fontenoy-le-Château le G décembre 1807, il devint chanoine et archiprêtre à Saint-Dié le 6 avril 1833 et fut nommé curé d’Epinal le 17 avril 4843 ; il resta en fonctions jusqu’en 1854 et se retira à Fontenoy-le-Château où il mourut. Plusieurs de ses sermons, ses discour en 1848 notamment, sont des œuvres oratoires de grande valeur.
Son frère aîné, Nicolas-Florentin-Lucien Boullangier, né à Fonte-
noy-le-Château, le 4 octobre 1803, est mort à Paris directeur général des missions étrangères.
BourCGIER DE VILLERS (Charles-Jean-Baptiste, corate de). — Né à Girecourt le 8 décembre 1798, le comte de Bourcier, après avoir été capitaine de cavalerie, s’occupait d’agriculture, lorsqu'il fut élu en 1851 conseiller général par le canton d’Epinal, puis en 1852, par 14,439 voix, député au Corps législatif par la 1re circonscription des Vosges. Il fut réélu député en 1857 sans opposition. Mais en 1863, il ne fut élu que par 14,524 voix contre 14,469 à M. Buffet. Son élecon fut invalidée, et le 17 janvier 1864, il échouait définitivement contre M. Buffet qui obtenait 18,321 voix tandis que le comte de Bourcier n’en réunissait que 13,055. La même année, il fut remplacé au conseil général des Vosges par le major Chambry. Le comte de Bourcier était chevalier de la Légion d’honneur.
Il est mort à Nancy le 12 juin 1874.
BouREULLE (Paul-Charles Peureux de). — Le savant colonel de Boureulle est né à Saint-Dié, le 29 avril 4813. Elève de l’école polytechnique en 1832, sous -lieutenant d’artillerie, le 4er octobre 1834, élève à l’école d'application de Metz; lieutenant d'artillerie, le 4°° octobre 1836 et placé au 14° régiment, il devenait capitaine d'artillerie le 17 septembre 1842. Placé d’abord au 12° régiment, il en fut détaché pour aller à la poudrerie de Metz, où il fut décoré de la Légion d'honneur en 1845. Il commanda ensuite la 6e batterie du 8° régiment, puis la 12° batterie du 11° régiment-monté. Chef d’escadron d'artillerie, le 3 août 1859, après la campagne d'Italie, il fut placé au 1% régiment à pied ; puis au 2 régiment, et reçut la croix d’officier de la Légion d'honneur, en 1865. Lieutenant-colonel d'artillerie le 12 août 1866, il fut employé comme chef d'état-major de l'artillerie dans la 22e division militaire à Grenoble. Colonel d'artillerie, le 23 août 1870, il fut chef d’état-major de l'artillerie du 49 corps d’armée (général Lebrun), et il combattit à Sedan où il fut fait prisonnier. Après la guerre, il devint directeur d'artillerie à Brest et fut admis à la retraite, le 29 avril 4873.
Le colonel de Boureulle, retiré à Docelles, occupe ses loisirs à d’intéressants travaux historiques sur l’Alsace et la Lorraine que reproduisent les mémoires des principales sociétés savantes des Vosges, dont il est un des membres les plus actifs et les plus érudits. Ses notices historiques et descriptives concernent aussi l’Algérie, l'Italie, la Corse et la Bretagne.
BourGEois (Louis-Alfred). — Né à Epinal, le 20 juillet 1859, archiviste départemental à Blois; il fut successivement professeur au collège d’'Epinal, au collège Rollin à Paris, puis élève à l'école des chartes d’où il sortit archiviste-paléographe. Il a publié plusieurs études historiques, notamment sa thèse sur « Le Domaine des évèques de Metz».
Il a écrit pour le présent ouvrage, l’Archéologte gallo-romaine.
Bourin (Auguste-Emile). — N6 le %5 décembre 1849, à Thionville (Moselle), mais élevé à Epinal où il a passé toute son enfance, M. Boutin est entré en 1861 dans l'administration des contributions directes, où il a conquis tous ses grades, surnuméraire à Colmar, contrôleur 4 Belfort, ete. En 1879, il devint sous-chef de bureau à l’administration centrale des finances et fut choisi en décembre 1879, “comme chef du cabinet et du personnel, par M. Magnin, ministre des finances. Chevalier de la Légion d'honneur en juillet 1880, sousdirecteur, puis directeur du cabinet et du personnel, il fut, un moment, en 18892, directeur du matériel. Le 13 février 1883, il était nommé directeur-général des contributions directes, puis peu de temps après, conseiller d’Etat et officier de la Légion d'honneur, le 7 juillet 1883 ; il est également officier de l'instruction publique. Il est fils du vaillant garde national qui se distingua au combat d'Epinal en octobre 1870 et fut décoré de la médaille militaire ; mort en 1880.
Bouton (Victor-Nicolas). — Né le 6 décembre 1819, à Epinal, où il a fait toutes ses études, c’est un publiciste, un écrivain paléographe et héraldique et un poète. Il a publié, surtout en 1848, de nombreuses brochures politiques (c'est lui qui aurait été le type du légendaire Ratapoil) et poétiques; une étude sur l’Ancienne chevalerie de Lorraîne, en 1861; Les Vosges, Plombières, Bussang, Contreæœéville, etc., en 1879 ; un Trailé du Blason qui est devenu classique, et un nombre considérable d’autres travaux.
Îl est commandeur de l'ordre de François Ier de Naples.
Bouvier (Félix). — Né à Bruyères, le 9 octobre 1853, il s’est adonné aux études historiques, spécialement sur l’époque de la Révolution française et sur l’histoire militaire ; collaborateur de la Nowvelle Revue, de la Revue générale, de la Revue alsactenne, de la Révolutton française, revue historique, du Drapeau, il a donné à ces différents recueils de nombreux travaux historiques et biogra= phiques; il a été aussi le collaborateur de l'Annuaire des Vosges
et de plusieurs journaux vosgiens. En 1885, il a publié Les Vosgés pendant la Révolution, importante étude historique sut notre dé partement. Ses ouvrages l'ont fait élire membre-correspondant de l'Académie de Stanislas; il fait également partie de la société d’Emuhtion des Vosges, du Comité d’histoire vosgienne, etc.
M. Félix Bouvier appartient, en dehors de ses travaux littéraires, à l'administration des finances dans laquelle il est entré le 1°" norembre 1872 comme commis auxiliaire et où il a passé par tous les grades ; commis titulaire en 1876, commis principal en 1881, souschef en 1882, et chef de bureau en 1887. Il a dans ces différents gra des été attaché au cabinet du ministre, de 1879 à 1889, sous-chef de l'inspection générale et il est actuellement chef du personnel des per œpteurs, et payeur-principal de la trésorerie de l’armée, Il a en oue tre été détaché, de 1883 à 1885, comme chef-adjoint du cabinet de M. Méline, ministre de l’agriculture,
M. Félix Bouvier est officier de l’instruction publique, officier de l'ordre du Cambodge et chevalier du mérite agricole.
C’est larrière-petit-neveu, par sa mère, de Valentin de la Pelouse, le publiciste libéral de la Restauration. (Voir ce nom),
D a écrit pour le présent ouvrage l’Hislotre générale des Vosges et la Biographie générale Vosgienne.
Braux (Joseph). — Né à Roville-aux-Chènes, le 9 janvier 1759, il était cultivateur au moment de la Révolution. Elu procureur-syndic du district de Rambervillers en 1790, il devint en 4791, administrateur du département des Vosges. La même année, le 4 septembre, il fat élu, par 289 voix, 2° député suppléant à l’Assemblée Législative, mais il ne fut pas appelé à siéger. En 1800, il fut nommé conseiller de préfecture des Vosges, puis juge au tribunal d’appel de Nancy, le 16 juillet 4801, et conseiller à la Cour en 1811, maintenu en 1816; i fut retraité le 30 mai 1824.
11 est mort à Nancy, le 9 janvier 184$.
Braux (Augustin). — Fils du précédent ; il naquit à Rambervillers, k 8 juin 4796, fut quelque temps avocat, puis se livra à l’agriculture. Elu représentant du peuple des Vosges 4 l’Assemblée Constituante, le fe sur 44, par 37,514 voix, le 27 avril 1848, il vota avec le parti républicain modéré, et ne fut pas réélu À l’Assemblée Législative. weut depuis dans la vie privée.
Augustin Braux est mort subitement à Paris, au cours d’un voyage, k 5 octobre 1883.
Bresson (Louis). — Né à Lamarche, le 11 septembre 1791 ; il devint subdélégué de l’intendance de Lorraine, puis lieutenant-général du bailliage de Darney; il mourut dans cette ville le 26 juillet 1774.
BRESsON (François-Nicolas). — Frère du précédent, Nicolas Bresson naquit également à Lamarche: il fut à Paris le fondateur et le principal du collège de Lamarche. Il revint mourir dans sa ville natale, le ter janvier 1779; il y avait fondé un hôpital.
BRESssoN (Jean-Baptiste-Marie-François). — L’un des Conventionnels vosgiens, il naquit à Darney, le 15 août 1760 et fut avocat près du bailliage de Darney. Administrateur du directoire du district de Darney, le 16 juin 1790, il fut élu par 180 voix, le 3 septembre 1791, 4cr député suppléant à l’Assemblée Législative, où il n'eut pas à siégèr. Représentant du peuple des Vosges à la Convention nationale, élu par 198 voix, le 4 septembre 17992, le 7e sur 8, il vota pour la détention de Louis XVI et fit cause commune avec les Girondins. Aussi fut-il proscrit après le 31 mai 1793 et dut-il se cacher pendant plusieurs mois. A la fin de la Convention, en 1795, il devint membre du Conseil des Cinq-Cents et y siégea jusqu’en 1798.
11 devint ensuite chef de la division des fonds au ministère des affaires étrangères où il demeura pendant toute la durée de l’empire et sous la Restauration. En 1815, Bresson se signala par un acte de dévouement et de courage bien rare. Lavalette, ex-directeur des postes et parent de Napoléon, poursuivi par la réaction et condamné à mort, réussit à s'évader de sa prison, grâce à un stratagème de sa vaillante femme, et trouva asile dix-huit jours chez Bresson qui lui facilita ensuite les moyens de gagner la Belgique.
Bresson prit quelque temps après sa retraite comme chef de division et alla se fixer au Bas-Meudon, au hameau des Moulineaux, auprès de son frère puiné, l’abbé Bresson, né à Darney en 1763, curé de Meudon depuis 1807. Il mourut aux Moulineaux, le 44 février 1832; son frère, le curé, était mort en 1825. Tous deux reposent au petit cimetière de Meudon.
Il a laissé une fille, mariée à Richard de Montjoyeux, dont le fils fut député de l’Allier sous le second empire.
Un autre de ses frères, l’ainé, Pierre-Joseph-Stanislas Bresson, né à Darney le 6 octobre 1758, fut procureur-syndic du district de Darney de 1790 à 1793, échoua à la Convention contre Noël, et mourut à Darney, le 19 octobre 1831. C'est le grand-père de M. Edouard Bresson, député actuel des Vosges.
BRESSON (François-Léopold).— Né à Lamarche, le 8 décembre 1771, il partit au premier signal de la patrie en danger comme sous-lieutenant au 1 bataillon de volontaires des Vosges, le 4° juillet 1792 ; il devint adjudant-major, le 6 juin 1793, capitaine en 1794, et fit toute la campagne à l’armée du Rhin. Il rentra dans la vie civile en 1795 et reprit sa profession d’avocat à Epinal. En avril 1797, il fut élu par 192 voix juge au tribunal civil d’Epinal. Il se fixa ensuite avocat à Nancy en 1800, et y exerça sa profession pendant plus de trente ans. En mai 1815, il fut élu membre de la Chambre des Représentants par le département de la Meurthe. Conseiller à la cour d'appel de Nancy, le 1€r mars 1829; il devint président de chambre, le 23 juin 1831 ; procureur général à Metz, le 19 septembre 1832, et conseiller à la cour de cassation, le 19 mai 1834. Chevalier de Ia Légion d'honneur en 1830, il fut nommé officier de cet ordre, le 8 février 1848 et donna sa démission de conseiller à la cour de cassation, le 4er août 1848.
Léopold Bresson est mort à Paris le 21 novembre 1848. Il a eu deux fils : l’ambassadeur, mort si tragiquement en 1847, et Paul, né à Nancy, le 11 mars 1802, conseiller à la cour de cassation, le 31 octobre 1855, mort à Paris, le 14 décembre 1865.
BRESSON (Marie-Stanislas-Hector). — Né à Darney, le 14 février 1798, débuta au ministère des Affaires Etrangères par la protection de son oncle, puis devint quelques années plus tard entreposeur des tabacs à Remiremont. Maire de Remiremont en 1895, il fut élu en 1831 député des Vosges et se fit remarquer dans les travaux parlementaires. [ntendant civil des possessions françaises en Afrique, à Alger, en 1836; officier de la Légion d’honneur en 1837; directeur des forèts, de novembre 1838 à juin 1839, puis directeur-général des forèts de mars 1840 à sa mort, il conserva néanmoins jusqu’au bout son mandat de député; quant à son siège de conseiller général des Vosges pour le canton de Remiremont, il ne le résigna qu’en 1836, pour devenir conseiller général du canton de Ramonchamp (aujourd'hui le Thillot); il fut même pendant plusieurs années président du Conseil général.
Hector Bresson est mort à Paris, le 13 mai 1843, à un âge où les plus hautes fonctions l’attendaient. Il est inhumé au cimetière Montmartre. Son fils, Amable Bresson, né à Remiremont, le 19 août 1820, a été auditeur au Conseil d'Etat, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, et receveur particulier des finances à Remiremont du 20
août 4854 au 941 avril 1879. Il est mort À Remiremont, le 27 avril
Br£sson (Charles-Joseph, comte de). — Fils de Léopold Bresson, i gat né à Epinal, le 27 mars 1798, (7 germinal an VI), et entra en 4816 dans la diplomatie ; où il fut secrétaire d’ambassade. Ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire en Prusse, le 23 décembre 1839 jusqu’en 1843 ; il devint ministre des Affaires Etrangères, en 1826 mais il n'accepta pas, Ambassadeur en Espagne le 6 novembre 1843, il mena à honpe fin, à Madrid, les délicates négociations des mariages princiers, Nommé ambassadeur à Naples, le 5 août 1847, il venait à peins d'arriver à san poste que, la 2 novembre 1847, dans la soirée, an rentrant du théâtre San-Carlo, il se coupa la gorge avec un rasoir, dans un aacès de fièvra cérébrale.
Bresson (Victor-Stanislas-Bdouard). — Né à Darney, le 27 juin 1826 ; il est fils de Charles-Louis-Stanislas Bresson qui fut de 1830 à 4857 conseiller général du canton de Darney. Il se livra aux travaux de l’industrie et devint filateur à Monthureux-sur-Saône. Maire de Monthureux depuis de longues années, il fut élu, en 1870, conseiller général des Vosges par le canton dé Darney et fut constamment réélu en 1871, en 1877, et en 1883.
Député des Vosges, élu le 20 février 1876, par l'arrondissement de Nirecourt, avec 8,613 voix contre 7,038 à M. Buffet, alors ministre de l’intérieur, il fut à la Chambre l’un des 363 qui protestèrent contre l’acte du 16 mai. Réélu député, le 14 octobre 1877, par 9,708 voix contre 5,275 au colonel Simonin, et 13 voix perdues, il fut réélu pour la troisième fois par l’arrondissement de Mirecourt, le 21 août 1881, avec 9,982 voix sur 11,645 votants, sans concurrent. Le 4 octobre 1835, il fut de nouveau élu député des Vosges, au scrutin de liste, le 4 sur 6, par 45,410 voix,
M. Edouard Bresson est le gendre de M. Kiener, sénateur.
Son frère puiné, Joseph-Eugène-Auguste Bresson, né à Darney le 30 juin 18928, a été huit ans maire de Darney et représentant du canton de Darney au Conseil général des Vosges de 1857 à 1870. Il a été nommé, le 31 janvier 1870, percepteur de Clermont-Ferrand.
Bresson (André). — Fils du précédent, il est né à Monthureuxsur-Saône, le 13 juillet 1860. Après avoir fait son service militaire au {°° hussards, il devint manufacturier à Monthureux. Il a été élu, le 4er août 1886, conseiller général du canton de Monthureux, par
— 967 ss 906 voix contre 512 à M. d’Hennesel, maire de Godoncourt, et 34 à divers, en remplacement de son grand-père, M. Kiener, démiseionpaire.
Briey (Marie-Camille-Albert de). —— Né à Magné (Vienne), le 10 novembre 1826, Mer de Briey fut vicaire général du diocèse de Poitiers. Le 20 avril 1876, il a été nommé évêque de Saint-Dié, siège qu’il occupe encore aujourd’hui.
BRiGUEL (Louis). — Né à Epinal le 9 juin 1798, il entra dans la carrière universitaire, fut professeur au collège de Dieuze, de 1811 à 1817, et devint alors professeur de seconde et de rhétorique au collège d’Epinal. En 1830, il fut nommé principal du collège d’Epinal, mais il voulut, en 1832, reprendre ses fonctions d'enseignement.
1 fut élu aussi secrétaire perpétuel de la Société d’Emulation des Vosges, dont il était l’un des fondateurs. Il dut abandonner, en 1844, le professorat par suite de l’altération de sa santé et devint conservateur de la bibliothèque publique d’Epinal. Il mourut en 1846.
Brion (Gustave). — Né à Rothau, le 24 octobre 4824 (ou le 4 notembre), le peintre Brion étudia la peinture à Strasbourg sous la direction de Gabriel Guérin, de 1841 à 1844, et ne vint à Paris qu’en 1850. Dès 1852; il exposait au Salon Le chemin de halage, et en 1853, Les schlttieurs de la Forêt-Noire ; il obtint une médaille de ê classe. En 1855, il exposa l'Enterrement dans les Vosges, la Fête-Dteu et le Radeau sur le Rhin; en 1857, Un Sallimbanque au moyen-êge; en 1859, l'Enlerrement sur le Rhin, qui lui valat encore une 2 médaille; en 1861, la Noce en Alsace, le Benedicile, etc. et obtint de nouveau un rappel de 2° médaille. Les Pèlerins de Sainle-Odile, au Salon de 1863, lui firent décerner à la fois une première médaille et la croix de la Légion d’honneur, le 3 juillet 1863. Ses envois au Salon se succédèrent chaque année; on remarqua surtout, au Salon de 1865, Le jour des rots en Alsace.
À l'Exposition universelle de 1867, il reçut une seconde médaille.
Enfin, en 4868, il obtenait la grande médaille d'honneur pour son tableau : Une lecture de la Bible, qui se trouve au musée du Louvre. Il continua à exposer, en 1869, Un martage proleslanti en Alsace; en 1870, Un enterrement à Venise; en 1872, Souvenir d'Alsace ; en 1874, Une noce en Alsace; en 1875, Le Jour du Baptème ; en 1876, Les Premiers pas, et en 1877, Le Réveil des Pèlerins au mont Saint-Odile. Brion a en outre fourni de
nombreux dessins peur des journaux illustrés, des livres, notamment les Misérables, de Victor Hugo.
Gustave Brion est mort à Paris le 4 novembre 1877.
Baucnor (Alfred-Barthélemy). — Né à Monthelie (Côte-d'Or) le 41 mai 1827, il est gendre de M. Jeanmaire, ancien député. Notaire à Epinal pendant plusieurs années, M. Brugnot a été élu député des Vosges, le 21 août 1881, par la 1re circonscription de l’arrondissement d’Epinal, avec 7,829 voix sur 8,946 votants, sans concurrent. Il a été réélu le 4 octobre 1885, au scrutin de liste, le 3° sur 6 avec 45,874 voix. Le 1er août 1886, il se présenta dans le canton de Xertigny comme candidat au Conseil général; il obtint, sans être élu, 4,510 voix contre 1,656 à M. Albert de Pruines, et 28 à divers.
Burrer (Louis-Joseph). — M. Buffet est né à Mirecourt, le 26 octobre 1818.
Son père, Louis-François Buffet, officier de cavalerie de l’Empire, né le 22 juin 1791, à Tendon, s’était retiré à Mirecourt dont il fut maire, commandant de la garde nationale, président du tribunal de commerce et conseiller général de 1841 à 1851, Buffet père mourut à Ravenel, près de Mirecourt, le 48 septembre 1864.
Avocat à Mirecourt, M. Louis Buffet fut élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée constituante le deuxième sur 11, par 71,492 voix, le 23 avril 1848. Il s’y fit de suite remarquer par la lucidité de sa parole et de son esprit. Bien que siégeant à droite, il adopta la Constitution républicaine. Après l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, il fut nommé, le 29 décembre 1848, ministre de l’agriculture et du commerce. Il n’avait que 30 ans.
Réélu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 13 mai 1849, le premier sur 9, par 43,442 voix, il quitta le ministère, pour ne pas subir la politique du prince-président, le 2 juin 4849. Il joua un rôle assez important à l’Assemblée et redevint ministre de l’agriculture et du commerce le 10 avril 1851, mais il donna de nouveau sa démission, le 14 octobre 1851, et reçut en partant du ministère la croix de la Légion d'honneur.
Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 le fit rentrer dans la vie privée et il reprit ses fonctions d’avocat à Mirecourt. En 1861, cependant, il fut élu conseiller général du canton du Thillot et réélu jus qu’en 1870. En mai 1863, il se présenta comme candidat à la députation dans la première circonscription des Vosges et obtint 14,469 voix contre 14,524 au conte de Pourcier de Villers, député sortant.
L'élection ayant été invalidée, M. Buffet fut élu député au Corps législtif, le 47 janvier 1864 par 18,324 voix contre 13,055 à son concurrent. Il se fit rapidement une place distinguée; il aborda surtout les questions de finances où la netteté de sa parole, la solidité de son argumentation, la justesse de ses aperçus le firent vite remarquer. Il était un des chefs du tiers-parti qui conseillait l’empire libéral. Réélu député des Vosges, les 23-24 mai 1869, par 23,992 voix contre 2,000 voix perdues, il fut un des promoteurs de l'interpellation des 416 députés qui amena la formation du ministère Ollivier. M. Buffet fit partie de ce cabinet, le 2 janvier 1870, comme ministre des finances, mais il donna sa démission le 10 avril 1870 lorsque l’empire eut recours au plébiscite. Il se tint depuis lors à l’écart des affaires. Député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 8 février 1871, le premier sur 8, par 36,167 voix, il alla siéger au centre droit, vota pour la paix et favorisa la tentative de renversement de M. Thiers. Élu président de l’Assemblée nationale, le 4 avril 1873, à la suite de la démission de M. Grévy, par 304 voix contre 285 à M. Martel, il fut réélu à ces hautes fonctions pendant près de deux années. Après le vote de la Constitution républicaine, M. Buffet fut chargé par le maréchal de Mac-Mahon de former un ministère. Le 10 mars 1875, M. Buffet devenait ministre de l’intérieur avec la vice-présidence du Conseil des ministres. Sa résistance aux demandes de la gauche de l'Assemblée lui valut les plus vives critiques; aussi échoua-t-il en décembre 1875, pour l'élection des sénateurs inamovibles. Il se présenta alors au Sénat devant les électeurs des Vosges, le 30 janvier 1876; il fut battu avec 294 voix contre 304 accordées au candidat républitain le moins favorisé. Candidat à la députation dans quatre arrondissements à la fois, il échoua, le 20 février 1876, devant les candidatures républicaines : dans l’arrondissement de Mirecourt, avec 1,038 voix contre 8,613 à M. Edouard Bresson ; dans l’arrondissement de Commercy (Meuse), avec 8,365 voix contre 10,596 au docteur Henry Liouville; dans l’arrondissement de Bourges (Cher), avec 7,437 voix contre 7,607 à M. Eugène Devoucoux ; et dans l’arrondissement de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), avec 9,096 voix contre 9,642 à M. Joseph Lasserre. En présence de ce quadruple échec, il donna, le 23 février, sa démission de ministre de l’intérieur. - Îlne rentra dans la vie publique que le 17 juin 1876, où il fut élu par le Sénat sénateur inamovible par 144 voix contre 141 au procureur général Renouard, soutenu par les républicains. M. Buffet appartient à la minorité monarchiste du Sénat, prenant fréquemment part
aux débats et exerçant une réelle influence par son incontestable intégrité.
M. Buffet a plusieurs fils, dont l’un, M. André Buffet, a été candidat à la députation le 4 octobre 1885; il échoua, avec toute la liste conservatrice, le 2° de cette liste, avec 33,822 voix.
BUFFET (Louis-Aimé). -- Frère puiné du précédent; il naquit à Mirecourt, le 97 octobre 1821. Elève de l'Ecola polytechnique en 1840, il entra à l'Ecole des ponts et chaussées et en sortit ingénieur ordipaire; il fit toute sa carrière dans ce corps comme ingénieur an chef; il est devenu inspecteur général des ponts et chaussées. M. Aimé Buffet est officier de la Légion d'honneur.
Buouer (Louis-Léopold). — C'est l'aîné des deux généraux Buquet ; l’ancien aide-de-camp de Kléber. Il est né à Charmes le 5 mai 1768. Parti comme volontaire au 4° bataillon des Vosges, en 1791, il fut distingué par le général Kléber qui l’attacha à son état-major comme adjoint aux adjudants généraux, le 30 mars 1793, puis comme aidede-camp, le 146 août suivant. Il combattit vaillamment sur le Rhin, en Allemagne et en Vendée, et passa chef de bataillon, le 7 janvier 1794, adjudant-général chef de brigade, le 43 juin 1795. Mais épuisé de fatigues et couvert de blessures, il ne put pas continuer le service actif et fut nommé colonel de gendarmerie, le 14 mai 4797; il commanda la 18° légion à Metz, le 19 octobre 1798.
Général de brigade le 20 octobre 1804, il devint adjoint au maréchal Moncey, inspecteur général de la gendarmerie. Pendant la guerre d'Espagne, le 6 décembre 1809, il fut mis à la tête des légions de gendarmerie mobilisées appelées à faire le service dans la péninsule.
Admis à la retraite le 1% septembre 1814, il fut'élu par les Vosges, en mai 1815, membre de la Chambre des Représentants, dont la durée fut éphémère. Député des Vosges en 1820, il échoua en 1824, mais il fut encore réélu en 1827 et siégea dans les rangs de l'opposition libérale. A la Révolution de juillet 1830, il ne put pas, à cause de sa santé, rentrer dans l’armée. |
Le général Léopold Buquet est mort à Montauville, près de Nancy, le 25 avril 1835. Il était commandeur de la Légion d’honneur depuis le 30 juin 1841 et baron de l’Empire, depuis le 45 août 1810.
Buquer (Charles-Joseph, baron). — Né à Charmes, comme son frère, le 4 juin 1776, le général Charles Buquet partit, lui aussi,
comme volontaire au 4° bataillon des Vosges, le 98 août 1791, et passa sous-lieutenant au 93° de ligne, le 12 février 1793, puis lieutenant à la 169 demi-brigade, le 9 janvier 1794. Il fut quelque temps adjoint à son frère, juillet 1794, puis fut nommé capitaine, le 6 octobre 1795. Passé à la 24° légère, le 6 octobre 1196, puis au 36° de ligne, le 2 octobre 1197, il devint aide-de-camp du général Ney, le 19 juillet 1799, et combattit en Allemagne, à Hohenlinden, Chef de bataillon, le 28 juillet 1800, il fut placé au 51° de ligne en octobre et devint major du 55° de ligne, le 22 décembre 1803, Colonel] du 74° de ligne, le 10 février 1807, il fut blessé à Heilsberg et partit pour la guerre d'Espagne, en 1808. I1 fut blessé, fait prisonnier à la bataille de Talaveyra de la Reyna (98 juillet 4809) et emmené sur les pontons anglais à Cadix ; il parvint à s'évader en 1810. Napoléon le créa baron et Je nomma colonel du 30° da ligne, le 44 octobre 1811. C’est lui qui, à la bataille de la Moskowa, enleva la grande redoute de Borodino en chargeant à la tête de son régiment et fut blessé grièvement. Il fut nommé en récompense général de brigade, le 23 septembre 4819, et commandeur de la Légion d'honneur, le 29 juin 1818. Il fit toute la campagne de 4813 et combattit À Lutzen, à Bautzen, où il fut encore blessé, et à Leipzig. En 1814 il était gouverneur de la forteresse de Juliers, puis commandant de la place de Landau, en mars 1815. Il commanda peu après le département des Vosges (juin 1815), puis fut mis en non-activité en juillet suivant, A la Restauration, il prit sa retraite et se retira à Nancy.
Le général baron Charles Buquet est mort à Vandeuvres (Meurthe), le 14 avril 1838,
Son fils, le baron Henri-Alfred-Léopold Buquet, né à Paris le 45 juillet 1809, a été maire de Nancy, conseiller général et député de la Meurthe au Corps législatif, de 1852 à 1870.
Deux autres frères Buquet, également officiers, sont morts sur le champ de bataille : Jean-Baptiste, né le 6 février 1772, capitaine de cavalerie, et Antoine-Nicolas-Euchaire, né le 2 octobre 1782, capi- : taine de place, mort à Nancy en 1813.
Bug (Octave-Achille-Etienne). — Né à Gérardmer en 184, Octave Busy fut directeur de l'imprimerie nationale dela Cochinchine, à Saigon. De retour en France, il s'établit, avec son frère Emile, imprimeur à Epinal. En 1870 il fonda le Mémorial des Vosges, en pleine guerre, en fut le gérant et le rédacteur, et tint tête à l'occupation prussienne. Il fut aussi conseiller municipal d’Epinal.
Octave Busy est mort à Epinal le 12 juin 1877. 1! était le beau-frère de M. Albert Ferry.
CACHET (Christophe). — Médecin et jurisconsulte éminent, Cachet, né à Neufchâteau le 26 novembre 1572, occupa de hautes situations, tant comme conseiller que comme médecin, auprès de plusieurs ducs de Lorraine, de Charles-le-Grand et du fougueux Charles IV, en particulier. Il mourut à Nancy en 1624.
CACHET (Paul). — Dom Cachet, moine bénédictin, né aussi à Neufchâteau, en 1588, fit profession à l’abbaye de Moyenmoutier, en 1605. Elu abbé de Saint-Michel en 1634, abbaye où il était prieur, il vit sa nomination annulée à Rome. Il mourut à Toul, le 17 septembre 1652.
CACHET (Jean-Nicolas). — Le père Cachet, né à Neufchâteau, en 1597, fut un des écrivains religieux les plus distingués parmi la compagnie des Jésuites. Il a publié de nombreux ouvrages et professa à l’Université de Pont-à-Mousson, où il mourut le 22 décembre 164.
CacHET (Claude). — Frère des précédents, il naquit à Neufchâteau dans les premières années du XVIIe siècle. Maître des Comptes à la Chambre des Comptes de Lorraine et conseiller des ducs, il occupa des fonctions importantes à la cour de Charles IV.
CADÉ (Constant). — Né à Corcieux, sculpteur de talent, à qui l’on doit, entre autres œuvres, une jolie statue de Gilbert. Il a exposé, au Salon de 1883, un Buste de la République.
CALMET (Augustin). — Dom Calmet, le premier des historiens lorrains, est né à Ménil-la-Horgne (Meuse), le 26 février 1672. Moine bénédictin, il entra à l’abbaye de Moyenmoutier pour y enseigner la philosophie et la théologie, et il y écrivit un Commentaire de la Bible qu’il termina à Munster, où il devint prieur de son ordre. En 4706, il alla poursuivre ses études à Paris où il publia son ouvrage sur la Bible. Rentré à Moyenmoutier en juillet 1715, il entreprit son grand ouvrage : Histoire ecclésiastique et civile de la Lorraine, imprimé en 1728. Devenu abbé de Senones, il y partagea son temps entre les devoirs de sa charge, le soulagement des pauvres, et ses travaux historiques ct philosophiques. Il y reçut Voltaire.
Dom Calmet mourut à Senones, le 25 octobre 1757.
Outre son Histotre de Lorraine, en sept volumes, et son Conmentaire de lous les livres de l'Ancien el du Nouveau Testament, en 26 volumes, il a publié une Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, en 4 volumes, un Dictionnaire de la Bible, en 2 volumes, avec un supplément de 2 volumes; une Jistoire universelle, en 14 volumes; l’histoire des abbayes de Senones, de Munster, de St-Léopold de Nancy, du prieuré de Lay; une Vie de Jésus-Christ; une Notice historique des villes el principaux bourgs de la Lorraine, en 2 volumes, et une foule d’autres études, dissertations et travaux.
Canon (Claude-François, baron). — Premier-président de la cour souveraine de Lorraine ; il était fils de Pierre Canon, juge-assesseur au bailliage des Vosges et jurisconsulte lorrain estimé. Né à Ruppes, il fut choisi comme plénipotentiaire de Lorraine au congrès de Ryswick, par le duc Léopold, dont il devint un des principaux conseillers. N mourut à Nancy, en septembre 1698.
CARANT (Nicolas-Thérèse). — Né à Lamarche, le 3 août 1751, il était avocat et procureur du roi au bailliage de Bassigny, lorsque survint la Révolution. Maire de Lamarche le 10 février 1790 ; procureur-syndic du district de Lamarche, le 8 juin 1790; il fut élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 2e sur 8, par 225 voix, le 31 août 4794. Après la clôture de la session, il ne fut pas réélu à la Convention, redevint procureur-syndic de son district, et fut destitué en 1794 par le représentant en mission Balthazard Faure. En 1795, il devint président de l'administration municipale du canton de Lamarche ; puis on perd sa trace. |
Un Carant, né à Lamarche, fut nommé, le 28 septembre 1807, conseiller référendaire de 2e classe à la Cour des Comptes et mourut à Paris le 48 décembre 1811. Mais était-ce bien Carant, l’ancien dépaté vosgien ? (1)
CAvEROT (Louis-Marie-Joseph-Eusèbe). -- Evèque de Saint-Dié pendant près de 27 ans, Mer Caverot est né à Joinville (Hte-Marne) le 26 mai 1806. Sa mère était de Neufchâteau. Quelque temps employé au ministère de la guerre, il entra ensuite dans les ordres et devint prètre. Il fut vicaire-général du diocèse de Besançon. C’est le 22 juil-
(1) L’incendie des archives de la Cour des Comptes, en 1871, ne nous a pas permis de vérifier s’il y avait identité entre ces deux Carant.
let 1849 qu’il fut nommé évêque de Saint-Dié. Le 20 avril 1876, il était nommé archevèque de Lyon, et sacré le 26 juin suivant. Cardinal, le 12 mars 1877, il fut nommé officier de la Légion d’honneur, le 20 octobre 1878.
Mer Caverot est mort à Lyon le 23 janvier 1887.
CERQUAND (Jean-François). — Né à Epinal, le 22 mars 1816. Il à publié un certain nombre de poésies, les Zarpytes, en 1861 ; les Strènes, en 18062; les Charités, en 1863; Etudes de mythologie grecque : Ulysse et Circé, en 1873, et l'Image et la lilléralure populaires dans le Comtat-Venaissin, de 1600 à 1830, en 1883, ainsi qu’une Etude de Mythologie cellique, en 1881.
CHaAFrAUT (Nicolas-Marie-Lucien), — Le lieutenant-colonel Chaffaut est né, le 43 décembre 1838, à Neufchâteau. Engagé volontaire le 5 février 1856, il entra ensuite à l’école de St-Cyr, d’où il sortit, le 4er octobre 1865, sous-lieutenant au 2% zouaves. Lieutenant au 2° zouaves le 95 avril 1870, il s’échappa de Sedan, revint combattre dans les armées de province et fut nommé capitaine. La commission de révision des grades le maintint capitaine, mais en ne faisant compter sa nomination que du 25 avril 4871. Il fut en outre nommé chevalier de la Légion d'honneur. Comme capitaine, il fut placé au 28° bataillon de chasseurs À pied, puis au 5° de ces bataillons. Chef de bataillon au 444s de ligne, le 15 mars 1880, il passa peu de temps après au régiment des sapeurs-pompiers de la ville de Paris ; il y fut nommé officier de la Légion d'honneur en décembre 1886. Le 9 juillet 1888, il a été promu lieutenant-colonel du 14% de ligne.
CHALENDAR (Arsène-Frédéric-Joseph-Vincent de), — Né le 21 janvier 1792, à Vaudoncourt (canton de Bulgnéville), il servit dans la cavalerie pendant les dernières guerres de l’Empire, Chef d’escadron au 7° cuirassiers le 4er juillet 1818, puis lieutenant-colonel du 4er carabiniers, le 44 septembre 1830, il devenait colonel du 5° cuirassiers, le 5 juillet 1832, puis commandeur de la Légion d'honneur. Général de brigade le 22 avril 4846, il commanda les subdivisions de l'Allier et de la Nièvre, Général de division le 28 décembre 1859, il fut membre du comité consultatif de la cavalerie, fut promu grandofficier de la Légion d'honneur en 1855, et passa au cadre de réserve le 21 janvier 1857.
Le général de Chalendar est mort à Paris le 19 juin 1863.
Il a laissé un fils, officier de mérite, qui mourut prématurément chef d’escadron de cavalerie,
CHAMBON (Charles-Robert de). — Né à Sainte-Marguerite de l’Au-
tel (Eure), le 48 avril 1755, maréchal de camp, le 14 octobre 1815, le général de Chambon était venu résider à Epinal.
CHauBrY (Augustin-Marie). — Fils d’un maire de Paris, le major Chambry naquit dans cette ville le 23 octobre 1813. Engagé volontaire À 20 ans dans un régiment de cavalerie, il gagna rapidement ses épaulettes de sous-lieutenant, puis celles de lieutenant, le 41 décembre 1840, au % chasseurs d’Afrique, et la croix de la Légion d'honneur. Le 2 mai 1845, il est capitaine au 2* chasseurs à cheval etil combat en Algérie. Il devient major du 9 chasseurs, le 28 décembre 1852 et passe major du 7° dragons en 1857. Avec ce régiment, il tint longtemps garnison à Epinal. Aussi, lorsqu'il fut admis à la retraite, en mai. 1865, fut-il élu conseiller général du canton d’Epinal.
11 fat tué, dans un terrible accident de voiture, à Epinal, le 3 juin
CuAMon (Antoine-Jacques de). — Mer de Chamon est né à Bulgnéville le 25 juillet 1767. Il était vicaire général de l’évêché de Carcassonne, lorsqu'il fut nommé évèque de Saint-Claude (Jura), le 18 janvier 1823, et préconisé le 43 juillet suivant. Il occupa ce siège pendant 28 années consécutives et mourut à Saint-Claude, le 28 mai
CuampLouis (Claude-Elisabeth, baron de Nau de), — Préfet et député des Vosges, le baron de Champlouis est né à Paris, le 24 septembre 1788, d’une ancienne famille de magistrature. Employé au ministère de l'intérieur en 1808, il fut, l’année d’après, envoyé en Toscane, réunie à la France, comme chef de l'administration départementale et communale. Chef de bureau de la police générale, pais chef de division au ministère de l'intérieur, il devint, en 1893, maître des requêtes au Conseil d'Etat et fut nommé par le ministère Martignac préfet des Vosges, le 3 mars 1828; il donna sa démission le 26 octobre 1829 pour ne pas servir un ministère rétrograde. Aussi, en juin 1830, fut-il élu député des Vosges par les électeurs libéraux da département. Il fut un des 221 députés qui signèrent la fameuse protestation du 928 juillet. La Révolution de Juillet le nomma de nouveau préfet des Vosges, le 10 août 1830, mais pour pouvoir être élu une seconde fois député des Vosges, il dût quitter le 30 août la préfecture de ce département, où il eût été inéligible, et devint préfet du Bas-Rhin, à Strasbourg. Aussi fut-il, le 28 octobre 1830, réélu
député des Vosges par 238 voix sur 264 votants. Il fut ensuite Conseiller d'Etat, redevint préfet dans le Pas-de-Calais en 1833, préfet de la Côte-d'Or en juin 1840. Il avait été nommé Pair de France en 1839. Le baron de Nau de Champlouis est mort à Paris en 1850.
CHampy (Louis-Daniel). — Né à Vitteaux (Côte-d'Or), le 1er novembre 1763, il se fixa maitre de forges à Framont, près de Grandfontaine (canton de Schirmeck) ; il fut élu député des Vosges en novembre 1820, réélu en février 1824, en novembre 1827 et en avril 1828, jusqu’en juin 1830.
Son fils, Pierre Champy, né à Strasbourg en 1788, a été représentant du peuple du Bas-Rhin à l’Assemblée Constituante de 1848 et colonel de la garde nationale de Strasbourg; il est mort à Paris le 5 décembre 1876. |
Son petit-fils, Paul Champy, né à Brumath en 1826, ancien officier d'artillerie de 1848 à 1865, a été de 1871 à 1883 conseiller général des Vosges pour le canton de Provenchères et avait été, en 4870, conseiller général du canton de Saâles, chef de bataillon de la garde mobile des Vosges en 1870-1871. Il fut lieutenant-colonel du 22: territorial d'infanterie de 1875 à 1888. Il s’est présenté à la députation le 20 février 1876, dans l’arrondissement de Saint-Dié, mais il échoua avec 6,204 voix contre 11,739 à M. Jules Ferry. Il échoua également au Sénat, le 8 janvier 1882.
M. Paul Champy est actuellement manufacturier à Gisors (Eure). Il est chevalier de la Légion d’honneur.
CHANTAIRE (Pierre-Laurent).— Né à Mirecourt le 27 novembre1743, il était fils d’un conseiller à l’Hôtel-de-Ville ; il fut conseiller au bailliage royal et présidial de Mirecourt. Le 31 mars 1789, il fut choisi comme député du Tiers-Etat des bailliages des Vosges, réunis à Mirecourt, et fut ainsi, en juin suivant, député à l’Assemblée Constituante. Il ne fut pas réélu député depuis. Le 4 septembre 1791, il fut nommé, par les Vosges, haut-juré près la haute cour nationale. Lors de la réorganisation de la magistrature, en 1800, il devint commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Mirecourt, titre qu’il échangea peu après contre celui de procureur impérial, mais il exerça peu de temps ces fonctions.
Chantaire est mort à Mirecourt, le 18 avril 1814.
CHANOT (François).— Né à Mirecourt en 1785, il fut élève de l’école polytechnique, en sortit dans le génie maritime et fut capitaine des
constructions navales à Rochefort. Il s’est fait connaitre par des modifications qu'il a apportées aux courbes du violon et qui lui ont valu
les éloges de l’Institut et du Conservatoire de musique. Chanot est mort en 1834.
CHARDIN (Joseph), — Né à Fouchécourt, le 7 mai 1775, il fit toutes les campagnes de la République, depuis 1794, et de l’empire au 17° de ligne, où il devint sous-lieutenant le 93 avril 1809, lieutenant Île A septembre 1809, capitaine le 7 août 1812. Décoré et blessé à la bataille de la Moskowa, le 12 octobre 1819, il était promu officier de la Légion d’honneur à Leipzig, le 17 octobre 1813. Mis en demisolde en 1814 et retiré dans ses foyers, il est resté célèbre par la lettre qu'il écrivit en 1817 en réponse à l’ordre de couper les moustaches qui avait été intimé à tous les anciens officiers. Il fut commandant du bataillon de garde nationale d’Isches.
Le capitaine Chardin est mort à Fouchécourt, le 28 septembre 1839.
CHARLOT (Jean-Baptiste-Claude). — Né à Neufchâteau le 28 août 1766, le colonel Charlot, après avoir fait toutes les guerres de la Révolution, était colonel de gendarmerie, chef de la 17e légion, à Strasbourg, lorsqu'il fut chargé de coopérer à l’arrestation, à Ettenbeim, du duc d'Enghien. Il commanda ensuite la 34° légion à Hambourg et fut nommé officier de la Légion d'honneur. Il prit sa retraite en 1814 et se retira près de Saint-Dié. Le colonel Charlot y est mort le 15 mai 4897.
CHARPIT DE COURVILLE (Joseph -Gaspard-Dieudonné). — Fils d’un commissaire des guerres, il naquit à Mirecourt. Il fut président du tribunal civil de Nancy en 1811 et devint directeur au ministère de l'instruction publique en 1895.
CHARTON (Charles). — Né à Epinal, le 16 janvier 1800, Charles Charton a été durant de longues années chef de division à la préfecture des Vosges. De 1821 à 1853 il a publié l’Annuatre des Vosges, publication pleine d'intérêt qui se continue de nos jours sous la direction de M. Léon Louis. La collection de ces Annuaires renferme de nombreuses et intéressantes biographies sur les notabilités vosgiennes et des résumés des évènements de l’année. Membre de la Société d'Emulation des Vosges, Charton a publié en 1845, en collaboration avec Henri Lepage, la Statistique historique et administrative du département des Vosges, dont le présent ouvrage est la continuation et le complément. Il a publié également Les Vosges pilio-
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resques et hislortques, en 1862; Les Anciennes guerres de Lorraine dans les Vosges, en 1863; Épinal en 1774, en 1863; La Lorraine sous le duo Léopold I°', en 1866; L’'Histotre vosgienne de 1814 à 1848, dans les Annales de la Société d'Emulation, en 1874; une Revue des Vosges in-4, en 1870; il a aussi traduit en vers La Moselle, idylle du poète latin Ausone; et a composé de nombreuses poésies, J1 a été honoré d’une médaille en argent du Ministre de l'Agriculture et du Commerce pour son dévouement pendant le choléra de 1849 et d’une médaille de vermeil de la Société d'Emulation, Charles Charton est mort à Epinal, le 40 mars 1876.
CHARVET (François-Dieudonné). — Né à Mirecourt en 1686, Dieudonné Charvet fut un jurisconsulte éminent. Aussi fut-il un des conseillers des ducs de Lorraine Léopold et François III et devint doyen de la Faculté de droit de Pont-à-Mousson, où il est mort le 29 octobre 1745,
CraAnver (Hubert). — Frère du précédent et jurisconsulte comme lui, il est né à Mirecourt le 3 novembre 1697; il fut précepteur du fils du duc Léopold, qui devint plus tard empereur d'Autriche, et fut nommé conseiller au Parlement de Lorraine, puis chancelier du prince Charles, gouverneur des Pays-Bas.
CHATEL (Charles-Frédéric). — Né à Mulhouse (Haut-Rhin) le 2 mars 1846, il y fut industriel, puis, après la guerre, vint s'établir à Epinal. Il y devint juge au tribunal de commerce et délégué cantonal, ainsi que président de la société de tir, du cercle d’escrime, du Cercle du Commerce et de l'association des anciens élèves des écoles industrielles de Mulhouse et des Vosges. Il est en outre officier d’administration-adjoint à l’intendance de l’armée territoriale, pour le service de l’habillement et du campement. Il a collaboré à divers journaux de la région et revues, et fut l’un des fondateurs de l’almanach Le Cultivaleur vosgten. M. C.-F. Châtel est officier d'académie.
Ï1 a écrit pour le présent ouvrage l’article : Associations, dans le tome V.
CHAUMONT DB LA GALAISIÈRE (Barthélemy-Louis-Martin de). — Né à Paris le 24 août 1737, il fut le premier évêque du diocèse de Saint- Dié ; il était frère de l’intendant de Lorraine. Il fut nommé évèque de Saint-Dié le 24 septembre 1777 et refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé en 1794 ; il émigra peu après.
CHAVANE (Jean-Louis). — N6 le 5 juin 4751, à Bains, où son pére était régisseur de la manufacture, il fut élevé à Nancy par son oncle, professeur à la faculté de droit. En février 1774 il était nommé procureur du roi à Corte (Corse), puis juge royal et conseiller au conseil sapérieur de la Corse. Elu juge au tribunal du district ds Corte, en 1790, il donna sa démission en 1792 et vint se fixer à Hennezel. Il fut élu juge, puis président du tribunal du district de Darney, puis juge au tribunal civil des Vosges en octobre 1795. Il en fut ensuite le président. En 1800, lorsque ce tribunal fut supprimé, Chavane retourna à Hennezel où il devint maire, puis juge de paix du canton de Darney. Peu de temps après, on lui offrit le poste de procureur général près la cour de Bastia, mais il refusa. Toutefois, il dut accepter ensuite sa nomination de juge au tribunal civil de Mirecourt, puis de président au tribunal civil d'Epinal. Jean-Louis Chavane est mort le 7 avril 1835.
CHAvaANE (Nicolas-François-Xavier-Sébastien). — Le docteur Chavane, né à Bruyères le 16 juin 1783, fut d’abord, aussitôt reçu docteur en médecine, chirurgien militaire et suivit la grande armée en Russie, À son retour, il s'établit médecin à Mirecourt, où il a laissé réputation d’un homme instruit et bienfaisant. Il est mort à Mireœurt le 40 octobre 1851.
CHERRIER (Jean-Claude de). — N6 à Neufchâteau le 5 février 1759, il était, au moment de la Révolution, lieutenant-général du bailliage de sa ville natale. Le 31 mars 1789, il fut élu, le quatrième sur 4, député aux Etats-Généraux par le Tiers-Etat des bailliages des Vosges, réunis à Mirecourt. Les Etats-Généraux devinrent, en juin suivant, l’Assemblée Constituante où Cherrier siégea jusqu’en 1791. Après la dissolution de l’Assemblée il vint occuper le poste de président du tribunal du district de Neufchâteau, auquel il avait été élu quelques mois auparavant. Le 5 septembre 1792, il était élu deuxième suppléant des Vosges à la Convention nationale par 198 voix et il alla siéger à cette Assemblée. En octobre 1795, il devint membre du Conseil des Anciens, élu par les Vosges avec 164 suffrages ; il sortit par le sort en 1797. Cherrier devint alors contrôleur des postes, à Metz. Député de la Moselle au Conseil des Cinq-Cents, en 1798, il y siégea jusqu'au 18 brumaire. Cherrier fut, en 1801, nommé sous-préfet de Neufchâteau ; en 1807, il redevenait député des Vosges au Corps législatif et y siégea jusqu'en 1815. Il fit encore partie de la « Chambre introuvable » (1815- 1816), puis il se retira dans sa propriété de Bazoilles-sur-Meuse. Il mourut à Neufchâteau, le 7 mai 1893,
CHERRIER (Charles-Joseph de). — Fils du précédent ; il naquit le 6 mars 1785, à Neufchâteau ; il se destina d’abord aux sciences naturelles et reçut les encouragements de lillustre Cuvier. Mais en 1805 Napoléon le nomma lieutenant et il se voua dès lors à l’état militaire. Aide-de-camp du général comte Bertrand, il gagna sur les champs de bataille en Calabre, en Italie, en Saxe, en Allemagne, le grade de chef d’escadron et la rosette d’officier de la Légion d’honneur qu’il reçut le 27 janvier 1815, puis il combattit à Waterloo. Il refusa de prêter serment, en 1830, à la nouvelle monarchie et donna sa démission.
I se consacra alors aux études historiques qui avait été toute sa vie l’objet de ses prédilections. Il a publié d’intéressants travaux, notamment une Æistoire de Charles VIII, roi de France, en deux, volumes, qui est devenue classique, ainsi qu’une Histoire de la lulie des papes el des empereurs de la maison de Souabe, de ses causes et de ses effets.
Le 14 juillet 1854, il fut élu membre de l’Institut, comme membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en remplacement du marquis Séguier de Saint-Brisson.
L’historien et académicien de Cherrier est mort à Bazoilles, le 27 juillet 1872.
Son frère aîné, Marie-Claude-Joseph-Hyacinthe de Cherrier, né en 1783, élève de l’école polytechnique en 1802, a quitté l’armée comme . chef d’escadron d'artillerie après la révolution de 1830. Il est mort en 1851.
CHEVENOT. — Architecte, né à Vicherey. Il fut l’un des architectes-sculpteurs de la cathédrale de Toul.
CHEVREUX (Paul-Etienne). — Fils d’un peintre distingué, M. Paul Chevreux est né à Metz le 18 août 1854. Elève de l'Ecole des Chartes en 1877, archiviste-paléographe en 1879, il a été nommé archiviste du département des Vosges. II a publié de nombreuses notices historiques et archéologiques, entre autres : Hisloire communale de Moyemont, en 1883; la galerie de peinture des princes de Salim, en 1884 ; les tomes VIII et IX des Documents inédits Sur l'histoire des Vosges; les Invenlatres sommaires des archives, etc. etc.
Dans la présente publication, M. Chevreux a fait, en collaboration avec MM. Bourgeois et Ganier, l’article : Archéologie; arts, liltérature, science ; il a écrit aussi, en collaboration avec M. Léon Louis,
le Dictionnaire hisiorique et slalistique des communes, hameaux, écaris el fermes.
CHEVRIER (Pierre-Paul). — Né à Mirecourt, en mars 1675, il fut un avocat très estimé ; il est mort à Nancy le 20 décembre 1729.
CHiQuELLE (Dominique Chiquel ou). — Le colonel Chiquelle, né à. Mirecourt, le 31 octobre 1745, avait servi comme cavalier dans un régiment de dragons en 1762, puis avait été gendarme de 1767 à 1772. I] s'était fixé comme homme de loi à Mirecourt et fut élu en 1790 administrateur du district. Volontaire au 1°" bataillon des Vosges, en 1791, il y fut élu capitaine, puis, le 5 août 1792, choisi comme lieutenantcolonel, chef du 7° bataillon de volontaires des Vosges. Il combattit à l'armée du Rhin, en Vendée, à l’armée des Pyrénées-Occidentales. Le 7 juillet 4795, il devint chef de la demi-brigade de Paris et Vosges, puis quitta le service quelques mois après. Retiré à Mirecourt, il y fut nommé conseiller municipal et y mourut le 95 janvier 1807.
CHoISEUL (Antoine de). — Seigneur d’Isches et gouverneur de La Mothe. Il défendit avec énergie cette place contre le maréchal de Caumont-La Force et Turenne et fut tut pendant le siège.
CHOISEUL-STAINVILLE (Claude-Antoine-Gabriel, duc de). — Né à Lunéville, le 26 août 1760, neveu du ministre Choïiseul, il était, le 21 . 21 septembre 1788, colonel du 1° dragons, ex-Royal-Dragons, et, en 1791, au moment de la tentative de fuite du roi Louis XVI et, d'accord. avec Bouillé, il chercha à la protéger. Il fut arrêté à Varennes avec le roi et fut tenu en captivité jusqu’en 1809. Déporté ensuite en Hollande, puis rentré en France, il fut impliqué dans la conspiration de Pichegru et fut de nouveau emprisonné et exilé. Lors de la Restauration, il fat nommé Pair de France et lieutenant-général, le 13 août 1814, puis en 1815 colonel de la {re légion de la garde nationale de Paris. Le 13 février 4819, il devint major-général de la garde nationale parisienne. A la Chambre des Pairs, il refusa de participer au procès du maréchal Ney, en 1815. Maire d’Houécourt et conseiller général des Vosges pour le canton de Châtenois, il conserva son mandat jusqu’en 1836, où il céda sa place à son petit-fils, le duc de Marmier. Il a été pendant longtemps président du Conseil général des Vosges. Il était gouverneur du Louvre et grand-officier de la Légion d'honneur. C'est avec a galerie de tableaux qu’a été fondé le musée de peinture d’Epinal.
Le duc de Choiseul est mort à Paris le 4°r décembre 1838; il a été inhumé, sur sa demande, en son château de Houéoourt,
CLaupe (Nicolas). — Né à Celles-sur-Plaine le 41 novembre 1821, N. Claude entra jeune dans les établissements Géhin, à Saulxuressur-Moselotte, et s’éleva par son mérite; il devint directeur, puis associé, puis propriétaire de cette importante manufacture. Un des fondateurs du Temps avec Nefftzer et Seinguerlet, en 1861, il donna de nombreux articles industriels et économiques à ce journal, ainsi qu'à d’autres publications.
Ce n’est qu'au lendemain de la guerre contre l’Allemagne qu'il entra dans la vie politique. Maire de Saulxures, il fut élu, le 8 février 4874, député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 3° sur 8, par 30,505 voix ; à Bordeaux, il vota contre la paix et donna sa démission avec les autres députés des Vosges ; il la reprit sur les instances de ses collègues. Il conquit bien vite une place à part dans l’Assemblée. Son jugement droit, son ferme bon sens, sa parole claire, chaleureuse, et son inaltérable bonne humeur lui concilièrent beaucoup de sympathies. Siégeant au centre-gauche, il fut, à l'Assemblée de Versailles, un des plus solides appuis des idées républicaines et soutint la politique de M. Thiers.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Saulxures, le 8 octobre 48714, il fut constamment réélu, le 4 octobre 1874, le 4er août 1880, et le 4er août 1886. I] fut président du Conseil général en 1877 et en 1881.
Aux élections générales, il fut élu, le 30 janvier 1876, sénateur des Vosges le 1er sur 8, par 329 voix contre 294 à M. Buffet. Au Sénat, il suivit la même ligne politique ferme et modérée et joua un rôle important dans les discussions de la haute Assemblée. Réélu sénateur des Vosges, le 4er sur 3, par 428 voix contre 173 à M. Charles de Ravinel, le 8 janvier 1889, il consacra son activité À combattre le fléau de l’alcoolisme par une propagande incessante et éclaie rée, par des brochures, des conférences ; c’est une œuvre qui restera. Elle fut malheureusement interrompue par sa maladie, N. Claude est mort à Paris, dans la nuit du 27 au 28 février 1888. L'école de laiterie et de fromagerie de Saulxures, dite Ecole Claude ‘des Vosges) est due à sa générosité.
Son frère, M. Joseph Claude, a écrit un livre estimé sur les finances
de l'Egypte, où il a longtemps résidé ; il a êté quelque temps directeur du journal Le Télégraphe.
CLAUDEL (Jean-Joseph).— Mécanicien, né à Cornimont, le 11 mars 1796; il a inventé une nouvelle machine d’optique, l’ypotyposcope ;
il a publié la relation d’un pèlerinage à Notre-Dame des Ermites, Il est mort à Cornimont, le 31 mai 1841.
CLAUDEL (Joseph).— Né à Golbey le 17 avril 1815, Joseph Claudel, reçu ingénieur civil, a publié un Atde-mémotre des Ingénieurs d des Architectes; Pratique de l'art de construire; Formules, lables et renseignements usuels. Il était chevalier de la Légion d'honneur et officier de l’Instruction publique. 11 a laissé un legs de 1,000 fr. à l’Association philotechnique de Paris et un autre legs de 1,000 fr. à la Société amicale des anciens élèves de l’Ecole centrale. Claudel est mort à Bourbon-l’Archambault (Allier), le 25 juillet 1880.
CLauDnor (Charles-Claude-Constant)., — Le docteur Claudot naquit à Neufchâteau, le 7 avril 14816. Docteur en médecine à Neufchâteau, il fut élu en 1864 conseiller général des Vosges, et, le 8 octobre 1871, réélu conseiller général du canton de Coussey, ainsi qu’en 1877. Vers 1871, il quitta Neufchâteau pour se fixer à Eloyes.
Le 90 janvier 1876, il fut élu sénateur des Vosges, le 2 sur 3, par 318 voix contre 288 voix à M. le docteur Mougeot, mais il siégea peu au Sénat et donna sa démission pour raison de santé, en 1880. Claudot est mort à Eloyes, le 9 février 1883.
CLaupor (Camille-Léon). — Né à Sérocourt, le 20 février 1860, M. Claudot a été élève de l’Ecole forestière, à Nancy, en 18179; il a été garde-général ‘des forêts à Dijon, le 7 septembre 1881, puis à Fays-Billot (Haute-Marne), le 26 novembre suivant; inspecteur-adjaint le 30 septembre 1882 sur place, puis envoyé à Valence en avril 1883. I1 est aujourd’hui à Epinal.
Lauréat de la Société d'agriculture de France, il a rédigé, pour le tome V de la présente publication, l’article : Sylviculture.
CLÉMENT DE GRANDPREY (Joseph-Clément). — Petit-fils, par sa mère, du conventionnel Poullain de Grandprey; fils d’un notaire qui fut, de 1848 à 18592, conseiller général des Vosges pour le canton de Coussey, M. l’Inspecteur-général des forêts Clément de Grandprey est né à Graux le 9 mars 1820. Elève à l’Ecole forestière en 1839, il fut garde général à Saint-Dié, à Ste-Marie-aux-Mines, à Levier (Doubs); sous-inspecteur et inspecteur des forêts à Haguenau où il resta de 1847 à 1871 ; conservateur des forêts à Epinal pendant sept ans, et enfin inspecteur-général, le 14 mai 1878. M. Clément de Grandprey est chevalier de la Légion d’honneur ; il a été admis à la retraite en 1885 et s’est retiré à Versailles,
Il a un fils, Marie-Léon-Nicolas-Paul, capitaine du génie depuis le 24 octobre 18178, né le 31 août 1851.
CoLer (Charles-Théodore).— Mer Colet est né à Gérardmer, le 30 avril 4806.
Il fut nommé évèque de Luçon (Vendée), le 5 juin 1861, et sacré le 25 août suivant; puis chevalier de la Légion d'honneur. Archevêque de Tours, le 25 novembre 1874, il fut préconisé le 21 décembre suivant. Le 4 mars 1874, il avait été nommé officier de la Légion d'honneur.
Mér Colet est mort à Tours, le 29 novembre 1885.
CouiN (Joseph-Charles-Antoine). — Né à Epinal en 1774, il fut avocat au barreau de cette ville et se fit remarquer par son hostilité au gouvernement de la Restauration. Il fut impliqué, en 1829, dans la conspiration du lieutenant-colonel Caron, qui fut exécuté à Colmar.
Il ne faut pas le confondre avec Jean-Nicolas Colin, qui fut secrétaire-général de la préfecture des Vosges du 31 août 1830 à 1865, après avoir été adjoint au maire d’Epinal.
Cou (Jean-Baptiste-Philippe-Auguste-Fortuné). — Le général de division Colin est un Vosgien, bien que les hasards de garnison l’aient fait naître sur la terre italienne. Fils d’Etienne Colin, officier aux grenadiers de la garde royale napolitaine, le général Colin naquit à Naples même, dans le quartier Saint-Ferdinand (1), le 26 mai 1813. Son père était de Raon-l’Etape, et c’est là qu’il se retira peu après la naissance de son fils, lorsque le roi Murat fut dépossédé du trône des Deux-Siciles, et c’est là qu'il mourut en 1851. C’est à Raon-l'Etape que fut élevé le général Colin. |
Le 30 mai 1834, à 18 ans, il partait comme engagé volontaire au 20+ léger (aujourd’hui 95° de ligne). Le 20e léger était l’ancienne légion des Vosges et comptait dans ses rangs beaucoup d'officiers vosgiens ou lorrains. L'expédition de Belgique et le siège d'Anvers en 1832 furent les premiers actes militaires du général Colin. Nommé caporal le 20 octobre 1832; sergent-fourrier, le 8 mai 1833; sergentmajor le 8 mai 1837, il conquit tous ses grades au 20e léger jusqu'à l'épaulette de sous-lieutenant, qu’il obtint le 25 avril 1841. ne
(1) C’est par suite d’une erreur de traduction qu'on fait naître parfois le général Colin à Saint-Ferdinand, près Naples. Il n'existe pas de commune de ce nom, et la mention de Saint+Férdinand désigne simplement un des quarticrs de la villo de Naples: |
À ce moment, on organisait les bataillons de chasseurs à pied ; le jeune sous-lieutenant fut placé au 8° bataillon, le 24 octobre 1840, et partit presque aussitôt pour l'Algérie. Il était nommé lieutenant à ce nème 8° bataillon, le 22 novembre 1842. Le 8e bataillon de chasseurs à pied compte dans ses annales le légendaire combat du marabout de Sidi-Brahim, en 1845, où, attaqué par des milliers d’Arabes, le bataillon fut massacré presqu’en entier. Le lieutenant Colin, alors détaché avec sa compagnie, échappa au désastre. Il passa capitaine au % bataillon le 21 juillet 1848 et devint adjudant-major le 9 août 1851. C’est à peu près à ce moment qu’il rentra en France, après dix années de campagne presqu’ininterrompues en Afrique, du 140 juin 1841 au {er janvier 1851. À peine rentré en France, le 18 novembre 1851, il fut décoré de la croix de la Légion d'honneur. Après cinq ans seulement de grade de capitaine, il devint, le 80 avril 4853, major du 5 de ligne. On était à la veille de la guerre de Crimée, et la création de dix nouveaux bataillons de chasseurs à pied venait d’être décidée. Le major Colin permuta chef de bataillon au 14° de ligne, le 24 décembre 1853, pour prendre, dès le lendemain, le commandement du 15 bataillon de chasseurs à pied, qu’il organisa à Grenoble.
Lieutenant-colonel du 27e de ligne, le 12 août 1857, il retourna en Algérie, le 24 décembre 1858, comme lieutenant-colonel du 3e tirailleurs algériens. Le 12 mai 4860, il était promu colonel du 96: de ligne. C'est à la tête de ce régiment qu’il reçut successivement la rosette d'cffcier de la Légion d’honneur, le 30 décembre 1862, après plus de onze ans de grade de chevalier, et le cordon de commandeur, le 14 août 1865. Enfin, il devenait colonel du 4° voltigeurs de la garde impériale, le 12 août 1866, et tenait garnison à Saint-Denis, Courbevoie, puis à Versailles.
Le 14 juillet 1870, il était nommé général de brigade, et aussitôt désigné pour aller prendre le commandement de la 2° brigade de la d division (Lafont de Villiers) du 6° corps d’armée (Canrobert), qui s'organisait à Soissons. Le 3 août, cette brigade, composée des 93e et 94° de ligne, partait par étapes pour le camp de Châlons qu’elle quitlait le 9 août par le chemin de fer pour arriver à Metz le 10 août. A l bataille de Rezonville, le 16 août 1870, le général Colin eut son cheval tué sous lui, à côté du général Bisson et sous les yeux du maréchal Canrobert. Le 18 août, à la terrible bataille de Saint-Privat, la brigade Colin défendit le village de Sainte-Marie-aux-Chènes; le
général ÿ eut encore un cheval tué sous lui, et vers la fin de la journée, an6 balle lui traversait la partie inférieure de la jambe gauche:
Grièvement blessé, il fut transporté le soir à l’ambulance de l'hôpital militaire de Metz et y resta jusqu’après la capitulation, Le 28 novembre 1870, il quittait Metz, encore très souffrant de sa blessure, et se retirait à Raon-l'Etape.
Lors de la guerre civile de 1871, il fut placé, le 29 avril 1871, à la tête du camp de Candale (Gironde) qu’il commanda jusqu’au 20 septembré suivant, où il fut mis en disponibilité par suite de la suppression des camps. Le 29 novembre 1872 il était appelé au commandemment des subdivisions de la Drôme et de l’Ardèche et peu après, le 11 janvier 1873, il réçut le commandement de la 4re brigade de la 2e division (Garnier) du 5° corps (Clinchant) de l’armée de Versailles. La même année, 20 octobre 1873, lors de la création des corps : d'armée, cette brigade devenait la 45e brigade d'infanterie, 8 division, 4° corps; lé général Colin continua à la commander jusqu'au jour, 3 mai 1875, où il reçut les trois étoiles de général de division. Il fut mis en cette qualité à la tôte de la 23° division d'infanterie (12° corps), à Limoges. Le 26 mai 1878, atteint par la limite d’âge, le général Colin était admis dans la section de réserve de l'état-major général et retraité le 24 février 1879.
Le général Colin est, en outre de ses autres décorations énumérées ci-dessus, commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie et de celui de la Couronne de fer d'Autriche, depuis 1868, et commandeur de l’ordre du Medjidié de Turquie depuis 1870.
Il a un frère curé à Vagney.
Cou (Pierre-Sébastien). — Né à Sarrebourg (Meurthe), le 3 décembre 1820, le colonel Colin n’est Vosgien que par son mariage et par le séjour qu’il fit à Epinal comme commandant de recrutement. Engagé volontaire au 8° de ligne, le 3 juin 1841, il y était promu sous-lieutenant le 4 juin 1848, blessé et décoré sur le champ de bataille en Algérie le 41 novembre suivant. Lieutenant le 29 février 1852, capitaine au 8° de ligne le 27 décembre 1858, il fit la campagne d'Italie, puis fut détaché au recrutement en 4860. Chef de bataillon au 8° de ligne le 15 juillet 1870, Gambetta le nomma colonel, puis général de division; il fut quelque temps commandant supérieur des Vosges, commanda à l’armée de la Loire la 2e division du 91° corps (amiral Jaurès) et se distingua à la bataille du Mans où il reçut trois blessures. Il fut fait officier de la Légion d’honneur le 44 janvier 1871.
Remis colonel du 12%3° de ligne par la commission de révision des
grades, à dater du 16 septembre 4871, il fut mis en non-activité le 9 juin 14873, puis admis à la retraite. Percepteur des contributions directes à Bulgnéville le 43 juin 4876 et révoqué le 2 juillet 1877,
il fut nommé percepteur de Dijon le 12 août 1879, puis entreposeur des tabacs à Brest le 29 juillet 1889 et enfin à Paris le 10 juin 4884.
CoLz1N (Dominique). — Graveur célèbre ; il est né à Mirecourt le 30 mai 1795, il a gravé les principaux monuments de Nancy et diverses caricatures contre les magistrats du Parlement. Il est mort à Nancy en 1781.
CoLNENNE (Camille). — Inspecteur-général, puis directeur des forêts, Colnenne était fils d’un chef de division à la préfecture des Vosges ; il naquit à Epinal le 4er juin 1831. Elève de l’école forestière de Nancy, en 1850, il en sortit garde-général, à Epinal, en 1852, puis à Montlouis (Pyrénées-Orientales) en février 1854 et à Vagney en juin 1854; à la commission des Vosges en 1857, il fut garde général sédentaire à Epinal en 1861 et fut nommé sur place sousinspecteur des forêts en janvier 1862. Inspecteur des forèts à Vesoul, le 18 septembre 1872, il fut placé à la commission des Vosges en avril 1877 et fut nommé conservateur des forêts à Bordeaux le 30 novembre 1880. Le 7 mars 1882, il devenait chef de service à l’admiaistration centrale. Inspecteur-général des forèts en 1884, il fut décoré de la Légion d’honneur la même année. En 1885 il était nommé directeur des forêts au ministère de l’Agriculture. Îl occupa peu de temps ces hautes fonctions. Une mort cruelle l’enleva, à Paris, le 11 atril 1886,
ConTaUT (Charles-Gaspard). — Né à Epinal le 44 janvier 1802, M. Contaut fut nommé percepteur des contributions directes à Landaville le 19 novembre 1831 ; il donna sa démission le 7 janvier 1848. 1 gétablit alors marchand de bois à Neufchâteau, dont il fut maire provisoire en 1848 et en 1870 et se fit remarquer par son opposition à la monarchie de Juillet. En 1848, il fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Neufchâteau et siégea jusqu’en 1853. Il fut l’un des opposants à l’empire.
Le 8 février 1871 il était élu député des Vosges à l’Assemblée nationale le sixième sur 8, par 22,741 voix ; il vota à Bordeaux contre la paix et à Versailles siégea dans les rangs de la gauche. Le 90 fevrier 1876, aux élections générales, il se présenta à la députation dans l'arrondissement de Neufchâteau et n’obtint que 2,000 voix envi-
ron, contre 5,000 environ à M. Aymé et 6,277 à M. de Ponlevoy, en faveur de qui il se désista au second tour de scrutin. Il vécut dès lors dans la vie privée. Il est chevalier de la Légion d'honneur.
Son fils, M. Henri Contaut, né à Neufchâteau le 18 mai 1841, est receveur particulier des finances à Neufchâteau; son gendre M. Roussillat, a été également receveur particulier à Epernay.
CorpEr (Dominique). — Il était curé de Vomécourt depuis 20 ans, lorsqu'il fut accusé de sortilèges, sur la dénonciation d’une fille perdue. Emprisonné à Saint-Dié, puis à Toul, son procès dura deux ans; il fut enfin condamné à mort comme sorcier et brûlé vif en 1632.
CosTÉ (François-Nicolas- Auguste). — Député des Vosges et magistrat, il naquit à Neufchâteau, le 24 avril 1789. En 1810, il était nommé conseiller-auditeur à la cour impériale de Rome; il rentra en France comme procureur du roi à Millau (Aveyron), puis substitut du procureur général à Colmar, le 45 avril 1816. Avocat-général près la cour royale de Colmar, il prit la parole dans le procès des conspirateurs militaires de Belfort. Destitué en 1830, il fut réintégré peu après et nommé conseiller à la cour royale de Nancy, le 45 août 1831. Plus tard, il fut nommé président de chambre, à la même cour, le 42 novembre 1836.
En juillet 1842 il fut élu député des Vosges dans l'arrondissement de Neufchâteau par 93 voix contre 90 au marquis de Marmier. Il fut réélu député le 1er août 1849. Costé est mort subitement à Paris, le 923 janvier 1848.
CoSTER DE SAINT- VICTOR (Jean-Baptiste Coster, dit). — Né à Epinal, le 2 février 1771, d’une vieille famille de bourgeoisie lorraine originaïre de Nancy, il s'engagea au 8° chasseurs à cheval, le 4er janvier 1791, mais émigra presque aussitôt après, en novembre 1791, et combattit dans l’armée de Condé unie aux Prussiens. Rentré en France, il s’allia aux bandes de chouans commandées par Puisaye et devint commandant de la division de Vitré. Louis XVIIT exilé le nomma colonel.
Accusé de désertion et traduit devant un conseil de guerre à Avranches, il parvint à s’enfuir et partit avec Puisaye pour Londres, puis au Canada. De retour en Angleterre, il participa avec Saint- Régent à la machine infernale contre Bonaparte, se lia avec Cadoudal, dans la conspiration duquel il entra délibérément. Arrêté, jugé, condamné à mort, il fut exécuté à Paris avec Cadoudal et ses complices, le 25 juin 1804;
CouxeY (François). — Le conventionnel Couhey est né à Neufchäteau, le 7 mars 1752, et y exerçait la profession d'avocat au baïlliage avant la Révolution. Elu en 1790 juge au tribunal du district de Neufchâteau, il fut élu, le 5 septembre 1792, représentant du peuple des Vosges à la Convention nationale, le huitième sur 8, par 198 voix contre 124 à Martin (de Morizécourt). Il vota pour la détention de Louis XVI, fut un moment proscrit avec les Girondins et même emprisonné. En octobre 1795, il devint membre du Conseil des Anciens, élu dans les Vosges par 117 voix, il fut de la série sortante en 1797 et fut nommé, peu après, juge au tribunal de cassation. En 1800 il passait juge au tribunal d’appel de Nancy, devenu en 1811 conseiller à la cour impériale, mais il ne fut pas maintenu dans ces fonctions au remaniement de 1816. Il mourut sans doute à Nancy, mais à une date inconnue. Sa veuve y mourut en 18530.
CouRBARON (Joseph-Georges-Marie).— Né à Lunéville le 4 mai 1830, mais élevé dans les Vosges, M. Courbaron est peintre orientaliste et restaurateur de tableaux et d’antiquités japonaises et chinoises. C’est un ancien élève de l’école des beaux-arts d'Epinal.
Courrois-RousseL D'HURBAL (Charles-Joseph-Henri Le Courtois ou). — Neveu du général de division de cavalerie Roussel d’Hurbal (Voir ce nom), dont il ajouta le nom à celui de son père, le général Courtois d’Hurbal appartenait par sa mère à une ancienne famille militaire lorraine qui avait occupé différentes charges à la cour des ducs de Lorraine. Né à Neufchâteau, le 18 mars 1802, il était admis à l'Ecole polytechnique, le 8 novembre 1820 et en sortait sous-lieutenant d'artillerie le 4er octobre 1824, puis élève à Metz pendant quatre ans, et lieutenant, le 1er octobre 14826, placé au 3° régiment à pied. Capitaine d’artillerie, le 27 mars 1831, il partait pour l’Algéne et était décoré, le 17 janvier 1833. Il resta quinze ans capitaine, mais obtint en compensation la croix d’officier de la Légion d’honneur, le 11 novembre 1837, pour sa vaillante conduite à la prise de Constantine. Il commanda ensuite la 2 batterie du 11° régiment, puis devint, en 1843, officier d'ordonnance du roi Louis-Philippe. Chef d’escadron, le 25 janvier 1846, il fut placé au 8° régiment d’arüllerie. Lieutenant-colonel, le 14 janvier 1851, colonel le 6 mai 1853, il commanda le 45° régiment à cheval, y devint commandeur de la Légion d'honneur le 12 juin 1856, et fut promu général de brigade le 42 mars 4857. Commandant l'artillerie dans la 8 division militaire à Lyon, puis membre du comité d'artillerie, il fut nommé grand-offi-
cier de la Légion d’honneur, le 45 août 1860, distinction accordée rarement à un général de brigade en activité. Lors de l'expédition du Mexique, il fut commandant en chef de l'artillerie du corps expéditionnaire et gagna devant Puebla les épaulettes de général de division qu’il obtint le 43 août 1863. Admis au cadre de réserve, par limite d'âge, le 148 mars 1867, le général Courtois d’Hurbal vécut désormais dans la retraite. Il est mort à Paris, en 1876.
Son frère aîné, Courtois-Roussel d'Hurbal (Charles-François- Adolphe), né aussi à Neufchâteau en 1799, entra en 1821 comme sous-lieutenant élève à l'Ecole d'Etat-Major, devint lieutenant le 15 mai 4829, capitaine en 1826, chef d’escadron le 18 décembre 1841 et attaché à l'état-major de la place de Paris, où il fut nommé, en 1845, officier de la Légion d'honneur. Lieutenant-colonel d’Etat-Major le 10 juillet 1848, il fut nommé commandant du pénitencier militaire de Saint-Germain. Colonel d’Etat-Major, le 22 décembre 1851, il fut promu commandeur de la Légion d’honneur en 1854 et placé comme chef d’Etat-Major de la 4° division d'infanterie de l'armée de Paris. C'est dans ce poste qu’il mourut, le 19 mai 1858.
Cuny (Joseph-Georges).— Né à Padoux, le 12 janvier 1780, il était avoué à Epinal en 1807, substitut du procureur impérial en 1810, procureur du roi à Epinal, en 1814. Il fut élu député des Vosges à la « Chambre introuvable », en août 1815, mais ne fut pas réélu en 1816. Elu de nouveau député en 1824, il fut réélu au renouvellement de 1827, mais son élection fut annulée. Un biographe parlementaire dit de lui : « Ce député a l’accent bas-lorrain; il a cinquante-six ans environ ; sa taille est moyenne; il est maigre et fort laid. » Nous ne saurions nous porter garants de ce portrait peu flatté.
Il fut relevé de ses fonctions de procureur du roi à Epinal, le 19 août 1830. Il fut ensuite nommé avocat-général à Pau.
Après une assez longue interruption, il fut élu de nouveau député des Vosges pour l'arrondissement d’Epinal en juin 1834, échoua en novembre 1837 contre Perrin, mais fut réélu en mars 1839 et en juillet 1842. I est mort à Paris, le 16 juin 1844.
Davip (Charles-Marie).— N6 à Remiremont, le 4 mai 1780, il était, à seize ans, attaché aux hôpitaux militaires de l'armée du Rhin commandée par le général Moreau. En 1798, il devenait préposé des douanes à Mayence, premier commis en 4802, et était créé, en sep-