‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 26 sur 101 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

jambe gauche; il la supporta avec un courage stoïque. Mais ce fut en vain, il expira le 42 septembre 1870, à trois heures du soir. Son corps repose près de celui de son père, dans le petit cimetière de Golbey.

DEMANGE (Charles-Gabriel-Edgar).— L’illustre avocat dont le nom a été si fréquemment prononcé dans les‘ plus retentissants procès contemporains, est né à Versailles, le 22 avril 1841 ; mais son père, chef d’escadron de cavalerie en retraite, était d’origine vosgienne, et sa mère, une demoiselle Hyermette, était d’Epinal. Reçu avocat le 8 novembre 1862, il débuta avec éclat, en 1870, devant la haute-cour à Tours, en plaidant pour Pierre Bonaparte, assassin de Victor Noir, puis à Blois pour les accusés de complot. Depuis lors, il n’est pas un seul grand procès criminel où il n’ait plaidé, succédant à Lachaud et aux autres grands avocats; tout récemment encore, il était le défenseur du général Caffarel dans l'affaire Limouzin- Wilson, et de Pranzini.

M. Edgar Demange est l’un des vice-présidents de l'Association vosgienne de Paris.

Il est gendre du général baron Ambert, l’historien militaire si connu, qui fut représentant du peuple en 1848, et conseiller d'Etat sous l’Empire.

DEMANGEON (Jean-Baptiste). — Le docteur Demangeon est né à Hadigny, le 4er décembre 1764. Médecin estimé, docteur en philosophie aussi bien qu’en médecine, maire de Chamagne, conseiller d'arrondissement, suppléant du juge de paix, et auteur de divers ouvrages médicaux, le docteur Demangeon s’est prodigué dans son art et au service de ses concitoyens. Il élait membre de l’Académie de Médecine. Ami de Gall, il a contribué à la propagation de son système de phrénologie. Il est mort à Chamagne, le 18 juin 1844.

DEMONTZEY (François-Antoine). — Le maréchal de camp Demontzey ou de Montzey est né à Rambervillers le 10 juillet 1768, d’une famille de magistrats qui émigra au moment de la Révolution. Sorti de France le 2 avril 1791, il s’engagea dans la légion royaliste organisée par le vicomte dé Mirabeau, frère du grand orateur, et fut nommé sous-lieutenant le 40 avril 1792. Il fit avec cette légion toutes les campagnes de France de 1792 à 1797; passé alors à la légion de Damas, il combattit jusque 1801 et fut blessé à deux reprises en 4796 et 1799. La Restauration le nomma colonel à compter du 15 avril 4813 et chevalier de Saint-Louis le 2 juillet 1817. Il fut lieutenant du roi commandant d’armes à Nancy, puis à Douai, et reçut

k croix d’officier de la Légion d’honneur. Le 29 janvier 4819 il fut

nommé commandant en second du Prytanée militaire de La Flèche

et occupa dix ans ces fonctions. Maréchal-de-camp (général de brigade), le 19 juillet 1829, il fut admis à la retraite en 1830.

Le général Demontzey est mort à La Flèche (Sarthe) le 4er août 1849,

DEMONTZEY (Prosper-Louis-Gabriel). — Inspecteur-général des forèts et l’un des rares membres de l’Institut nés dans les Vosges, M. Demontzey est né à Saint-Dié le 21 septembre 1831. Elève de l’école forestière en 1850, il fut nommé garde général des forêts à Saint-Dié en 1852, passa à Orléansville, en Algérie, en 1853, et y devint sous-inspecteur en 1860. En janvier 1863 il était attaché au ærvice du reboisement à Nice et commença ses beaux travaux qui l'ont classé au premier rang des sylviculteurs et de l'administration des forêts et lui ont ouvert les portes de l’Institut. En février 1868 il allait à Aix, en Provence, poursuivre ses travaux de reboisement et degazonnement eten septembre suivant, nommé inspecteur des forêts, il était détaché à Digne, toujours au service du reboisement. Le 23 janvier 1877 il fut nommé conservateur des forêts à Aix et enfin, le 16 septembre 1882, il était nommé inspecteur-général des reboisements. Il continua son œuvre sur le terrain d’abord, puis au ministère de l’agriculture, jusqu’à la suppression des inspecteurs-généraux des forèts, en janvier 1888. I1 devint alors l’un des administrateurs de la direction des forêts.

M. Demontzey a été élu membre correspondant de l’Institut (Académie des sciences), en 1882.

Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l'instruction publique, chevalier de la Couronne de fer et commandeur de l’ordre

de François-Joseph d’Autriche.

Dexis (Christophe). — Il était notaire royal et procureur à Epinal, depuis 1770, au moment de la Révolution. Il fut choisi pour secrétaire-général, le 4e juillet 1790, lors de la constitution du département des Vosges et exerça ces fonctions pendant toute la Révolution. N devint ensuite président de l’administration municipale d’Epinal.

DErazEY (Jean-Joseph-Eustache). — Né à Ville-sur-Illon, en 4750, il était, lorsque commença la Révolution, commissaire-à-terrier, à Chätillon-sur-Indre, dans le Berri. Il fut élu administrateur du département de l’Indre en 4790. Le département de l’Indre l’élut représentant du peuple à la Convention nationale, le 7 septembre 1792,

— 398 — le sixième sur 6, par 453 voix. Il vota pour la réclusion du roi, lors du procès de Louis XVI, et siégea parmi les plus modérés. En 1795, il devint consul de France à Civita-Vecchia, dans les Etats romains, puis, presqu’aussitôt après, membre du Conseil des Anciens et en fit partie jusqu’au 20 mai 1797. Juge au tribunal de cassation le 2 décembre 1798, il siégea à la cour suprême jusqu’après le 18 brumaire et fut alors nommé, le 9 juin 1800, juge au tribunal d'appel d'Orléans; mais sa santé l’obligea peu après à résilier ses fonctions. Eustache Derazey retourna alors dans les Vosges et mourut à Bains le 45 août 1810.

DERAZEY (Jean-Nicolas). — Né à Harol le 21 juin 1760, il devint, le 29 mai 1786, avocat au Parlement ; il fut élu administrateur du département des Vosges le 7 juin 1790, puis juge au tribunal du district de Darney le 5 avril 1793 et administrateur du directoire du district de Darney en 1794. Conservateur des hypothèques, à Epinal, en 1796, il devint ensuite accusateur-public près le tribunal civil des Vosges, fut réélu à ce poste le 12 avril 1798 et maintenu également, le 10 juin 1800, avec le titre de commissaire du gouvernement. Procureur-impérial criminel près la cour d’assises des Vosges le {or mai 4841, il resta en fonctions jusqu’en 1814. Député des Vosges en août 1815 à la Chambre qui fut surnommée la « Chambre introuvable », il ne fut pas réélu aux élections suivantes, en 1816, et fut alors nommé conseiller à la cour d’appel de Nancy. En 1824, il se retira à la ferme de Saurupt, qu’il avait créée, sur le territoire de Harol.

Il était décoré de la Légion d'honneur et chevalier de Saint-Louis.

Nicolas Derazey est mort le 28 février 1848.

Dérivaux (Achille, baron).— Natif de Senones, le général Dérivaux est né le %3 mars 1776, d’une ancienne famille; son père, Charles- Joseph, était conseiller du prince de Salm ; et son grand-père, Basile, avait été prévôt de Senones. Dès le 18 avril 1792, avant que Senones fut réuni à la France, Dérivaux s’engagea au 3° bataillon de volontaires des Vosges, sous les ordres d’Haxo. Il assista au siège de Mayence, en 1193, et y fut nommé caporal. Dirigé ensuite en Vendée, il se distingua par un trait d'humanité; le :6 janvier 1794, il sauva un enfant vendéen, dont le père et la mère venaient d’être fusillés, et se chargea de l’élever. Le 19 juin 1794, il devenait adjoint aux adjudants-généraux (officier d’état-major), puis, le 7 août 1795, souslieutenant au 11° dragons, et en décembre 1795, aide-de-camp du général Sand oz. Il combattit à l’armée de Rhin et Moselle, fut blessé

à Mannheim, nommé lieutenant au 11° dragons en 1796, mais fut fait prisonnier le 6 octobre 1796 jusqu’au 20 mai 1797. Il fut promu capitaine au 11° dragons le 25 février 1798, fut attaché à la personne du général Bertrand et fit toute la campagne de Suisse; il entra le premier dans Zurich, à la tête d’une compagnie de grenadiers (27 septembre 1799). Retourné avec le général Bertrand à l’armée du Rhin, il se distingua à Mœskirch et à Hohenlinden. En 1804, réformé d’abord, il fut placé ensuite capitaine au 6° dragons, passa en 1805 au 8° dragons et fut décoré de la Légion d'honneur. Blessé de nouveau en Pologne, en 1807, il fut fait prisonnier et emmené en Russie. Chef d’escadrons, le 15 janvier 1809, il alla combattre en Espagne, et le {er août 1813, il devenait adjudant-commandant (colonel d’étatmajor) et attaché à une division de cavalerie en Italie. Le 15 mars 1814, il était fait officier de la Légion d’honneur. Mis en demi-solde à la Restauration, Dérivaux se retira à Commercy et devint maire de cette ville, de 1816 à 1819. Rappelé à l’activité et nommé colonel du 4er dragons, le 21 avril 1819, il fut créé baron, le 25 avril 1821, et commandeur de la Légion d’honneur, le 23 mai 1895. Ce ne fut que le 22 octobre 1830, que le colonel Dérivaux fut nommé maréchal-decamp (général de brigade). Il commanda la subdivision de l’Allier et passa au cadre de réserve en 1839.

Le général baron Dérivaux est mort à Nancy, le 6 septembre 1843.

Son frère aîné, Charles-Basile Dérivaux, nt aussi à Senones, le 4er avril 1773, fut élève à l'Ecole d'artillerie de Châlons, le 20 janvier 1794, et conquit tous ses grades dans l'artillerie pendant les guerres de l’Empire; chevalier de la Légion d’honneur en 1809, sur le champ de bataille de Wagram; officier le #4 mai 1813, il fut fait commandeur en 1832. Colonel d’artillerie, le 93 janvier 1822, il fut directeur à Mézières et fut admis à la retraite le 4er février 1834. Le colonel Charles Dérivaux est mort à Nancy, le 7 septembre 1837.

Un autre frère, Alexandre Dérivaux, a pris sa retraite comme chef d’escadrons de cavalerie.

DESCELLES (Paul). — Né à Raon-l’Etape, est un peintre de valeur qui a consacré ses pinceaux à de nombreux sujets vosgiens. Il a exposé, au Salon de 1887, Une exéculion, et A l'hospice St-Joseph, à Satnt-Dié; en 1888, La lessive à l'hospice de Saïnt-Dié, et Portratl de mon père.

DESGOUTTES. — Premier préfet du département des Vosges, lors de l'institution des préfectures. Il administra le département du

5 avril 4800 au 9 janvier 4801, et publia la première statistique des Vosges.

DipeLor (Pierre-Gabriel-Louis).— L'abbé Didelot est né à Bruyères, le 16 octobre 1757 ; il était fils d'un médecin et l’aîné de deux frères qui furent prêtres comme lui. Vicaire aux Trois-Vallois, l'abbé Didelot devint, en 1786, vicaire à Remiremont. Il refusa le serment constitutionnel en 1791 et émigra dans le grand-duché de Luxem— bourg, en Belgique, en Bavière, en Autriche, puis en Pologne, où il vécut en donnant des leçons. Son plus jeune frère, Joseph, né en 1766, mort en 1843, l’y rejoignit. Rentré en France, il fut nommé, le 17 juin 1801, curé de Remiremont. Il voulut redevenir vicaire en janvier 1803. Curé de Pouxeux en 48146, il y mourut le 25 décembre

L'abbé Gabriel Didelot, très attaché aux études d’histoire locale, a laissé de nombreux et intéressants manuscrits; entre autres des notes précieuses sur les anciennes familles de Remtremont, complétées jusque 14820; le Journal de mes Voyages; des notices sur Plombtères, le Val-d’'Ajol, etc. En 1887, M. l'abbé Thomassin, curé de Villotte, et M. l'abbé Chapelier, curé de Jeanménil, ont publié et annoté, avec beaucoup de soin et d’érudition, un travail considérable de l'abbé Didelot : Remiremont; les saints, le Chapitre, la Révolution.

Son second frère, l’abbé Nicolas-Antoine Didelot, né en 1703, qui n'avait pas voulu quitter les Vosges pendant la Terreur, fut arrêté, traduit devant le tribunal criminel, condamné à mort et exécuté sur la place de Poussay, à Mirecourt, le 10 juin 1794.

DieLoT (Charles-Nicolas). — Député des Vosges; procureur général et magistrat; il naquit, le 28 septembre 1795, à Reblangotte, hameau de la commune de Girancourt, où son père, Claude Didelot, était juge de paix et fut administrateur du département en 1792. Procureur général près la cour de Caen, le 28 avril 1844, il passa procureur général à Bourges, le 21 octobre 1844. Elu député des Vosges par l’arrondissement d’Epinal, en 1844, à une élection partielle, à la place de Cuny, qui venait de mourir, il fut réélu aux élections générales de 1846, contre Hingray. La Révolution de 1848 marqua la fin de sa carrière parlementaire. Il fut également révoqué, le 6 mars 4848, de ses fonctions de procureur général, Il est mort le 30 janvier 1856,

Dipion (Charles). — Né à Charmes, le 98 janvier 1808, il fut élève de l’Ecole polytechnique en 1820, en sortit 4er et devint ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Nevers, puis à Nîmes, ingénieur en chef en 1841, inspecteur général en 1848. Il devint en 1852 directeur de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans et prit une large part à Ja construction du réseau des chemins de fer français. Il a été nommé commandeur de la Légion d'honneur, le 43 août 1864.

DIÉ (Deodatus, ou Dieudonné, ou Saint-). — Né vers 590, il fut évèque de Nevers en 655; il voulut bientôt vivre dans la solitude et vint alors dans les Vosges. Après un séjour à Romont et à Sainte- Hélène, puis en Alsace, il alla se fixer au Val-de-Galilée et y construisit un important monastère, autour duquel s’est groupée la ville qui porte son nom. Saint-Dié mourut le 49 juin 679.

DŒUDONNÉ (Christophe).— Né au Ménil, près de Senones, en 1757, Dieudonné, avocat à Saint-Dié, fut élu en 1790 administrateur du département des Vosges (membre du Conseil général), et membre du Directoire, Le 4°r septembre 1791, il était élu député des Vosges à l'Assemblée Législative, le 4° sur 8, par 240 voix. Il marqua peu à cette Assemblée et ne fut pas élu à la Convention. Réélu administrateur du département en 1792, puis vice-procureur-général-syndic, il fut nommé, en novembre 1793, président du tribunal criminel révolutionnaire, séant à Mirecourt, et eut à prononcer plusieurs condamnations capitales. Il redevint ensuite administrateur du département, le 3 octobre 1795. Commissaire du Directoire près l'Administration centrale des Vosges en 1797, fonction équivalente à celle de préfet, il fut élu en 1799 membre du Conseil des Anciens, se montra favorable au 48 brumaire et devint, en 1800, membre du Tribunat. Préfet du Nord, le 23 janvier 1803, Dieudonné mourut deux ans après, à Saint-Saulne, près de Valenciennes, le 21 février 1805.

DIŒUDONNÉ (Nicolas-Joseph). — Notaire à Neuviller (Meurthe), où il était né, le 14 février1774, puis retiré rentier à Charmes, Dieudonné fut élu député des Vosges, par l’arrondissement de Mirecourt en novembre 4837; il siégea parmi l’opposition libérale. Réélu député en mars 4839, il vota toujours avec la gauche et ne fut pas réélu en juillet 1842.

Dieudonné est mort à Neuviller (Meurthe), le 93 janvier 1848.

DousraT (Nicolas-Edouard). — Le général Dombrat est un vosgien de Charmes-sur-Moselle, où il naquit, le 15 janvier 1829. Elève de

Saint-Cyr le 2 décembre 1847, il en sortit le 1er octobre 1849 souslieutenant au 7e cuirassiers, où il devint lieutenant le 1er mai 1854. Détaché comme officier instructeur à l’Ecole de cavalerie de Saumur, il passe, le 30 décembre 1857, capitaine à ce même 7° cuirassiers et y occupe l’emploi de capitaine-instructeur. Ce n’est que le 24 décembre 1869 qu’il est nommé chevalier de la Légion d'honneur et la guerre contre l’Allemagne le trouve encore capitaine, mais au 4° chasseurs d'Afrique. Evadé de Sedan, il va combattre à l’armée de la Loire et est nommé chef d’escadrons, le 4 novembre 1870, dans un régiment de cavalerie de marche. Après la guerre il est placé au 1er, puis au 10° cuirassiers. Le 17 novembre 4876, il est promu lieutenant-colonel du 6° cuirassiers, puis le 3 octobre 1881 colonel du 22° dragons. Peu après il permute et devient colonel du 3* cuirassiers, qu'il ne quitte que le 22 septembre 1887 pour prendre le commandement provisoire de la 5° brigade de cuirassiers. Général de brigade le 2 octobre 1887, il est maintenu à ce commandement. Le général Dombrat a ainsi accompli toute sa carrière, sauf quelques mois comme colonel de dragons, dans l’arme des cuirassiers, depuis le grade de sous-lieutenant jusqu’à celui de général. Il est officier de la Légion d'honneur depuis le 28 décembre 1885.

DOoMMARTIN (Charles-Joseph du Pasquier, baron de). — Né à Metz, le 24 juillet 1817, d’une famille noble lorraine originaire des Vosges, de Dommartin embrassa la carrière des armes et fut élève à l’école de St-Cyr en 1836. Il en sortit dans la cavalerie sous-lieutenant au 2° dragons, le 4er octobre 1838; il fut promu lieutenant au même régiment le 6 décembre 1842 et capitaine, toujours au 2° dragons, le 9 décembre 1847. Lors de la création de la garde impériale il passa capitaine au régiment des Guides. Chef d’escadrons au 1°r cuirassiers, le 2 août 1858, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur en 1861. Lieutenant-colonel du 6e chasseurs à cheval, le 21 décembre 1866, il a été admis à la retraite le 22 décembre 1868 et se retira dans son château de Dommartin-sur-Vraine.

Le colonel de Dommartin était conseiller général des Vosges pour le canton de Châtenois depuis 4861. Une fois rentré dans la vie civile, il se présenta à la députation dans la 3 circonscription des Vosges. Au premier tour de scrutin, 23-24 mai 1869, il obtint 12,630 voix contre 7,793 à M. Maurice Aubry, 1,196 à M. Contaut et 9,883 à Aymé, député sortant. MM. Maurice Aubry et Contaut se désistèrent en sa faveur et Laprevote, président du tribunal de Mire-

— AM — court, fut substitué à Aymé comme candidat officiel de l'empire. Le baron de Dommartin fut élu, au second tour, les 5 et 6 juin 1869, par 20,020 voix contre 11,353 à Laprévote, député au Corps législatif, où il prit place au centre gauche. Il y siégea fort peu de temps, une attaque de paralysie l’ayant frappé en chemin de fer quelques semaines après son élection. Le baron de Dommartin est mort le 20 mai 1871.

Doron (Varin). — Né à Bruyères vers 1435 et laboureur, Varin Doron a immortalisé son nom dans l’histoire vosgienne en délivrant Bruyères du joug des Bourguignons, en 1475. Nommé en récompense de cet exploit sergent des prévôtés d’Arches et de Bruyères par le duc René II, Varin Doron rentra dans l'obscurité. La charge dont il avait été investi fut transmise à ses descendants.

DousLaT (Christophe). — Né à Neufchâteau, d’une famille originaire de la Meuse, le 21 octobre 1768, il devint gendre du conventionnel Perrin, et fut nommé receveur-général des finances des Vosges le %5 ventôse an IV ; confirmé dans ces fonctions en 1800, il y resta jusqu’en 1831, époque où il donna sa démission. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur.

Christophe Doublat fut élu député des Vosges en 1816, réélu en 1820 et siégea jusqu’en 1824. Un biographe parlementaire trace ainsi son portrait : « Sa taille est élevée et sa tête noble. »

Christophe Doublat mourut à Epinal, le 19 novembre 1840.

Son fils, Ernest Doublat, lui succéda le 12 mars 1831 comme receveur-général des Vosges et donna sa démission en 4840.

DouBLar (Auguste). — Petit-fils de Perrin, fils de Christophe Doublat et gendre de Vaulot, député; il naquit à Epinal le 7 novembre 1800 (16 brumaire an IX) et devint, avec son beau-père Vaulot, maitre de forges à Mortagne, près de Brouvelieures. Il fut élu député des Vosges par l’arrondissement de Saint-Dié en juin 1*34 et siégea au centre-gauche. Il fut constamment réélu en novembre 1837, en mars 1839, en juillet 1842, où il obtint 101 voix contre 30 à d’Ollone et 15 à Lehr, et en août 1846. Représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 93 avril 1848, le premier sur 14, avec 83,996 suffrages sur 85,610 votants, il vota avec la droite et ne fut pas réélu à l’Assemblée Législative. Il fut aussi conseiller général des Vosges pour le canton de Brouvelieures de 1839 à 1863, où il succédait à Vaulot, son beau-père.

Auguste Doublat est mort à Brouvelieures, le 7 mars 1868.

Son fils, M. Louis-Alfred Doublat, né à Brouvelieures le 25 octo-

bre 1898, lui succéda au Conseil général des Vosges, où il siégea jusqu’en 1880.

Doucer (Charles-François).— Le colonel Doucet est né à Bains, le 43 février 1749. Lieutenant au bataillon des milices provinciales de Sarreguemines et de Nancy de 1760 à 1772, il devint lieutenant aux grenadiers de France jusqu’en 1782 et se retira dans sa ville natale. En 1789, il fut élu commandant de la garde nationale de Bains. Le 45 août 1792, il partait lieutenant-colonel en premier du 43: bataillon de volontaires des Vosges. Il a pris part au siège de Mayence en 1793 et à la guerre de Vendée, où il fut blessé d’un coup de feu à la tête à la bataille de Cholet. Lors de l’amalgame des bataillons de volontaires avec les régiments de l’ancienne armée, il fut nommé chef de la 4578 demi-brigade d'infanterie le 45 juillet 1706. TN prit sa retraite le 34 mars 1796 et vint se fixer à Bains, où il mourut dans un âge avancé.

DrouoT DE LAMARCHE (François-Joseph). — Le général Drouot de Lamarche, né à Wisch (commune annexée), le 14 juillet 1733, s’engagea en 1751 comme dragon et conquit tous ses grades jusqu’à celui de capitaine de cavalerie. Colonel du 5° hussards, le 15 septembre1791, il fut promu maréchal-de-camp (général de brigade), le 3 février 1793, et lieutenant-général le 8 mars 1793; il commanda une division à l’armée des Ardennes. Il quitta le service en 1807.

Le général Drouot de Lamarche est mort à Sarrebourg (Meurthe), le 48 mai 1814.

Dusots (Dieudonné). — Né à Saint-Dié, le 20 novembre 4759, Dubois, homme de loi et avocat dans sa ville natale, y fut élu procureur de la commune, le 8 février 1790. Maire de Saint-Dié, le 24 juin suivant, puis juge de paix de la ville, en octobre 1790, il fut élu, le 7 septembre 1791, administrateur du département, réélu en 1792 et nommé procureur-général-syndic, en décembre 1793. Elu député des Vosges au Conseil des Cinq-Cents, le 4 octobre 1795, par 191 voix, il se fit remarquer par sa compétence en matière financière. Aussi, en 1797, à sa sortie du Conseil, fut-il nommé commis de la Trésorerie. Bonaparte fit de lui un conseiller d’Etat (section des finances), et un membre du Tribunat, le 24 décembre 1799. En 1801, il le nomma préfet de la Gironde; mais sa santé très atteinte le contraignit à revenir dans les Vosges. Dieudonné Dubois mourut à Saint-Dié, le 13 mai 1804.

Duuas (Jean-Louis). — Le général Dumas n’est pas Vosgien, maïs il a été tué à la tête d’un bataillon des Vosges dont il était le chef. Il était né à Paris en 4727 et avait d’abord servi aux chevau-légers d'Artois de 1745 à 1763, puis il était passé dans la gendarmerie et 8e retira simple gendarme en 1782, après 33 ans de services. Le 99 août 1791, bien qu’il eut dépassé la soixantaine, il s’engagea comme volontaire et fut élu lieutenant-colonel en second du 3° bataillon de volontaires des Vosges que commandait Haxo. Il prit part au siège de Mayence, fut nommé lieutenant-colonel en 4er du 3° bataillon, le 29 juin 1793, et le conduisit en Vendée, Le 22 septembre 1793, au combat de Clisson, le convoi de blessés qu’il escortait fut attaqué avec vigueur par les Vendéens; Dumas résista intrépidement et fut tué glorieusement les armes à la main. La Convention, pour récompenser sa mort héroïque, lui décerna comme hommage posthume, le titre de général de brigade.

Duponr (Jacques-Marie-Antoine-Célestin). — Né à Iglesias (Alpes- Maritimes), le 2 février 1792, Mer Dupont a été nommé évêque de Saint-Dié, le 9 mai 1830, préconisé le 5 juillet suivant. Le 4er mai 185, il était nommé évêque et installé le 21 juillet. Archevéque d'Avignon, le {er mai 1839, il devint archevêque de Bourges, fut créé cardinal en 1847, et devint sénateur, lors du rétablissement de l'Empire, en 1852.

Durac (Pierre-Nicolas). — Né à Epinal en 1785, Pierre Dutac a mérité la reconnaissance de sa ville natale par les travaux qu'il entreprit pour régulariser le cours de la Moselle d’Epinal à Charmes, en prévenir les inondations, créer sur ses bords de fertiles prairies. La société d'agriculture lui décerna en récompense sa grande médaille d’or et il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. Il est mort à Paris le 27 août 1849.

Durac (Antoine). — Frères du précédent, il naquit aussi à Epinal. Peintre paysagiste, il avait déjà produit des tableaux estimés, notamment une Vue de la cascade de Tendon, lorsque son frère l’associa à sa grande entreprise; il abandonna ses pinceaux pour s’y consacrer tout entier. Antoine Dutac est mort à Epinal le 44 mai 1857.

Duvar (Valentin Jameray-).— C’est un Champenois né à Arthonnay en 4695 et non pas à Villers, près de Mirecourt. Après avoir erré en Champagne, il s'établit pâtre à Clézentaine et, tout en gardant ses

— A4 — troupeaux, se voua à l’étude ; deux ans après, entré comme pâtre à Lunéville, il put plus facilement continuer à travailler; le duc Léopold en chassant dans la forêt de Vitrimont, en 1717, remarqua son assiduité ; il lui fit faire ses études à l’université de Pont-à-Mousson et, au bout de deux ans, devint bibliothécaire du duc, qu’il suivit à à Vienne où il devint conservateur des livres et médailles du cabinet impérial d'Autriche sous l’empereur François Ier. C'était un numismate des plus distingués. Il n’oublia jamais son humble origine ni les Vosges où il avait appris à lire, Il a laissé des Mémoires, etc. Jameray-Duval est mort à Vienne le 3 novembre 1755.

ESLON DE SERVANCE (d”). — Né à Harol, il a été colonel sous la Restauration.

ESTIVANT (Claude - Charles). — Magistrat et député, Estivant naquit à Mirecourt en avril 1764. Il y cxerça la profession d’avocat au bailliage pendant dix ans, fut membre du conseil général de la commune en 1790, administrateur du district de Mirecourt en 1793. En octobre 1795 il fut élu par 442 voix juge au tribunal civil des Vosges, puis en 1800 président du tribunal civil de Mirecourt. Conseiller général des Vosges, il fut élu député, en mai 1815, à la Chambre des Représentants, mais ne siégea que quelques semaines. Conseiller à la cour d’appel de Nancy en 1811 il devint, en 4816, président du tribunal civil de Saint-Mihiel, puis fut nommé de nouveau conseiller à la cour de Nancy ; il a été décoré de la Légion d'honneur en 1821 et admis à la retraite en 1831. Estivant est mort à Nancy le 28 février 1829.

Son père était aussi:avocat au bailliage de Mirecourt et son frère Joseph le fut également pendant de longues années.

Fr

FALATIEU (Joseph, baron).— Né à Bains en 1765, il y était maître de forges au moment de la Révolution et fut élu chef de la légion de la garde nationale du district de Darney en 1791. En novembre 1792 il devint administrateur du département et Je 9 mai 1793 il était élu commandant en chef des gardes nationales des Vosges. Sous l’empire il fut créé baron et décoré de la Légion d’honneur pour services rendus à l’industrie métallurgique. Maire de Bains, il fut élu député des Vosges à la Chambre des Représentants en mai 1815, mais il ne siégea

que quelques semaines ; il fut réélu, en août 1815, à la « Chambre introuvable », de nouveau réélu en octobre 1816 et siégea jusqu’en 1894. Réélu en 1827, son élection fut invalidée. Un biographe parlementaire de 1820 disait de lui : « Pour qui connaît ce député des Vosges, il n’y a point de tentation à se tromper dans l’orthographe de son nom ; c’est un homme franc. » Le baron Falatieu fut aussi pendant longtemps conseiller général des Vosges pour le canton de Bains; il fit partie du Conseil général jusqu’à sa mort et en fut souvent le président, il était aussi membre du conseil supérieur des manufactures de France. Il mourut à Bains le 3 octobre 1840.

Le maréchal-de-camp Villatte (Jean-Baptiste-Alexandre), né à Longwy (Moselle) le 10 décembre 1780, mort à Bains le 8 octobre 1858, avait épousé sa sœur. Colonel du 10° dragons en 1817, il était général du 22 mai ‘895.

FALATIEU (JosephJules). — Neveu du précédent, né à Bains en 4811, il devint propriétaire de la manufaciure de son oncle, fondée en 1333. Conseiller d'arrondissement, puis en 1846 conseiller général des Vosges pour le canton de Bains, il fut élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 3 avril 1848, le neuvième sur 11, par 45,194 voix et vota avec le parti conservateur. Non réélu à l’Assemblée Législative en mai 1849, il reprit sa place au Conseil général des Vosges où il siégea jusqu’en 1870, I s’est retiré ensuite à Pont-du-Bois (Haute-Saône). M. Falatieu a épousé la veuve du général de Rumigny, ancien aide-de-camp du roi Louis-Philippe.

FEBVREL (Alcide-Melchior).— Né à Saint-Dié en 1803, il y exerça la profession de notaire jusqu’en 1840; il était devenu agriculteur à Saint-Nabord. Il se présenta aux élections pour l’Assemblée Constituante en avril 1848 et obtint 18,639 voix sans être élu. Elu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 13 mai 1849, le quatrième sur 8, par 28,90 voix, il vota avec la droite et au Coup d'Etat de décembre 1851 rentra dans la vie privée, :l fut aussi de 1848 à 1851 conseiller général des Vosges pour le canton de Plombières.

Alcide Febvrel est mort à Jarménil, le 21 novembre 1877.

Ferry dit BÉBÉ (Nicolas). — Ce nain du roi Stanislas est né à Plaine (commune annexée) le 14 octobre 1741 ; sa taille ne dépassa

jamais 30 pouces (ou 70 centimètres); son intelligence était à peu près nulle. Il mourut jeune, le 9 mai 1764, au château de Lunéville.

Ferry (Claude-Joseph). — Né à Raon-l’Etape en 1756, il devint professeur à l’Ecole d'application du génie, à Mézières. Au moment de la Révolution, il se fit remarquer parmi les patriotes et fut élu, le 5 septembre 1792, représentant du peuple des Ardennes à la Convention nationale, le 2° sur 8, par 213 voix. Ferry vota la mort du roi. Il fut chargé de nombreuses missions militaires, à l’armée du Rhin et en Corse. À Bourges, il établit une fonderie de canons. Après la clôture de la session conventionnelle, il ne fut pas réélu et fut nommé professeur et examinateur à l’Ecole polytechnique, fonctions qu’il remplit jusqu’en 1815. Retiré alors dans ses propriétés de l'Oise, il fut proscrit en 1816 comme régicide et ne revint en France qu’en 4830. |

Le conventionnel Ferry est mort à Liancourt (Oise), le 1er mai 1845,

Ferry (Jules-François-Camille). — Né à Saint-Dié, où son père a été longtemps maire, le 5 avril 1839, il devint avocat à Paris en 4854 et fut mêlé à toutes les campagnes électorales dirigées contre l’Empire, notamment à la lutte électorale de 1863, qu'il a racontée dans un volume. En 1864, il fut impliqué dans le procès, dit des Treize, accusés de complot contre l'Etat, Rédacteur du Temps, en 1865, il y traita les questions politiques et financières et publia en 1868 une brochure, Les Comptes fantastiques d'Haussmann, contre la dilapidation des finances de la ville de Paris, brochure qui eut un grand succès. Il fonda la même année, L’Electeur libre, avec Jules Favre et Ernest Picard, et collabora activement à ce journal.

Candidat de l’opposition dans la 6° circonscription de la Seine, les 93 et 24 mai 1869, il obtint 12,946 voix contre 4,851 à Adolphe Guéroult, député sortant, et 12,470 à Augustin Cochin, candidat monarchiste. Au second tour de scrutin, après le désistement de Guéroult, M. Jules Ferry fut élu député de la Seine, les 5 et 6 juin 1869, par 45,725 voix contre 13,938 à Augustin Cochin. Il occupa de suite une place importante au Corps législatif par son talent de parole et vota contre la guerre.

Le 4 septembre 1870, après le renversement de l'Empire, il devint membre du gouvernement de la Défense nationale. Délégué dans les fonctions de préfet de la Seine, puis de maire de Paris, en octobre 1870, il eut à pourvoir à l’armement de la garde nationale et à la subsistance des habitants. Lors de la tentative insurrectionnelle du 34 octobre, il lutta courageusement contre l'invasion de l’Hôtel-de- Ville et parvint à délivrer ses collègues gardés prisonniers par les

insurgés. L’insurrection du 22 janvier 1871 fut également repoussée par lui.

Aux élections générales du 8 février 18714, il ne fut pas réélu par Paris, mais il fut élu député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 5 sur 8, par 33,439 voix. Thiers le conserva dans ses fonctions de préfet de la Seine ; le 18 mars 1871, il ne quitta l’Hôtel-de-Ville que le dernier, après le triomphe de la Commune, et reprit ses fonctions, le 24 mai 1871, dès la rentrée des troupes dans Paris.

Le mois suivant, il donna sa démission pour se consacrer à son mandat de député. Ambassadeur de France en Grèce, le 45 mai 1879, il resta à Athènes jusqu'au renversement de Thiers, en mai 1873; il

donna alors sa démission de ministre plénipotentiaire et vint repren-

dre son siège à l’Assemblée de Versailles, sur les bancs de la gauche.

Le 20 février 1876, il fut réélu député des Vosges, dans l’arrondissement de Saint-Dié, par 11,739 voix contre 6,204 à M. Paul Champy. Président de la Gauche républicaine, il prit part à plusieurs discussons importantes et fut l’un des 363 députés qui protestèrent contre l'acte du 16 mai 1877. Réélu député des Vosges par l'arrondissement de Saint-Dié, le 14 octobre 1877, avec 13,208 voix contre 8,686 à M. de Ravinel, il montra la plus grande énergie contre les essais de résistance du ministère de Broglie.

C'est à cette époque que commença le grand rôle politique de M. Jules Ferry. Après la démission du maréchal de Mac-Mahon comme Président de la République, il fit partie du premier cabinet formé par M. Jules Grévy, le 4 février 4879, comme ministre de l'instruction publique et des beaux-arts et maintenu en décembre suivant dans le cabinet Freycinet. Il déploya dans ce poste une activité et une volonté excæptionnelles et réussit en quelques mois à introduire des réformes depuis longtemps demandées dans l’enseignement supérieur et secondaire, aussi bien que dans l’enseignement primaire. L'article 7 d’un de ses projets de loi, qui interdisait le droit d'enseigner aux membres des congrégations religieuses non reconnues par la loi, a donné lieu à de vifs débats. Adopté par la Chambre des députés, le 9 juillet 1880, il fut finalement rejeté par le Sénat. Le 33 septembre 1880, lors de l’exécution des décrets contre les congrégations et la retraite de M. de Freycinet, M. Jules Ferry devint président du conseil des ministres, tout en gardant le portefeuille de l’Instruction publique et des beaux-arts. C’est sous son ministère que fut entreprise et terminée l’expédition de Tunisie, qui souleva de vives critiques et amena sa retraite du ministère en novembre 1881.

Entre temps, M. Jules Ferry avait été réélu député des Vosges, le 21 août 1881, par la 1"° circonscription de l’arrondissement de St-Dié, récemment scindé, avec 7,331 voix, contre 1,931 au commandant Rovel.

Après la chute rapide du cabinet Gambetta, M. Jules Ferry reprit, le 30 janvier 1882, le ministère de l'instruction publique, et y poursuivit sa tâche en créant l'obligation, la laïcité et la gratuité de l’instruction primaire et en instituant dans les écoles l’enseignement moral et civique. M. Jules Ferry quitta de nouveau le ministère en août 1882. Mais, dès le 21 février 1883, il redevenait président du Conseil et ministre de l'instruction publique; le 2 novembre 1883, il devenait ministre des affaires étrangères, tout en restant président du Conseil. C’est pendant ce ministère que fut engagée l’expédition du Tonkin, qui fut dès le début impopulaire et provoqua fréquemment les plus violentes récriminations, auxquelles M. Jules Ferry tint tête avec sa ténacité et sa vigueur habituelles. La nouvelle de la retraite de Lang-Son, publiée sans précautions, amena, le 30 mars 1885, le renversement du cabinet Jules Ferry, après plus de deux ans d'existence.

Aux élections générales du 4 octobre 1885, au scrutin de liste, il fut réélu député des Vosges, le 5° sur 6, par 45,164 voix.

M. Jules Ferry est en outre, depuis le 8 octobre 1871, conseiller général des Vosges pour le canton du Thillot, qui l’a réélu en 1874, en 1880 et en 1886. Il est, depuis 18890, président du Conseil général.

M. Jules Ferry a failli étre victime, le 10 décembre 1887, d’un odieux attentat commis par une sorte de maniaque nommé Aubertin, qui tira sur lui, dans les couloirs de la Chambre des députés, trois balles de revolver, dont deux le blessèrent légèrement.

Quelques jours auparavant, le 3 décembre 1887, la candidature de M. Jules Ferry à la présidence de la République, posée par un grand nombre de membres du Parlement, réunit beaucoup de voix contre les candidatures de MM. Sadi-Carnot, de Freycinet, Henri Brisson, du général Saussier, et du général Appert. Au second tour de scrutin, M. Jules Ferry se désista en faveur de M. Carnot, qui fut élu président de la République par 616 suffrages.

La parole de M. Jules Ferry, d’une clarté parfaite, correcte, chaleureuse, précise, élégante, parfois agressive, s'élève souvent aux hauteurs de la grande éloquence ; ses derniers discours, notamment, renferment des passages absolument remarquables, tels que celui qu’il prononça à l’Association vosgienne de Paris, au banquet du 11 janvier 1888, après l’attentat d’Aubertin; sa parole émue, ardem-

ment patriotique, transporta les auditeurs, sans distinction d’opinion; il en est de même du beau discours qu’il prononça, le 3 mars 1888, sur la tombe du sénateur N. Claude, à Saulxures.

Le portrait de M. Jules Ferry par Léon Bonnat, une des plus belles œuvres de l’éminent maître, a été au Salon de 1888.

FERRY (Charles-Emile-Léon-Joseph). — Frère du précédent, il naquit à Saint-Dié, le 26 mai 1834, et se livra aux opérations financières et industrielles. Ce n’est qu'en 1870 qu’il s’occupa de politique. Il fut, pendant le siège de Paris, chef de cabinet de Jules Favre, au ministère de l’intérieur, et concourut avec son frère à la répression de l'insurrection du 34 octobre 1870. Nommé préfet de Saône-et- Loire, le 20 mars 1871, M. Charles Ferry eut à réprimer au Creusot une tentative d’insurrection provoquée par la nouvelle du triomphe de la Commune à Paris, le 18 mars. Il fut ensuite envoyé, en octobre 1871, en Corse, comme commissaire extraordinaire de la République, afin d’y contenir l’agitation bonapartiste. Le 44 novembre 1871, il devint préfet de la Haute-Garonne et donna sa démission le 24 mai 1873, après le renversement de Thiers. Il reprit alors ses occupations de banque et de commerce jusqu’en 1880.

Conseiller général des Vosges pour le canton de Brouvelieures, le 4e août 1880, réélu en 1886, il fut élu le 21 août 1881, député des Vosges par la 2 circonscription de l'arrondissement d’Epinal, avec 6,598 voix, sans concurrent. Aux élections générales d’octobre 1885, il retira sa candidature, le nombre des députés des Vosges ayant été

réduit d’un.

La mort de N. Claude ayant laissé une vacance dans la représentation sénatoriale vosgienne, M. Charles Ferry a été élu, le 29 avril 1888, sénateur des Vosges, par 526 voix contre 315 à M. Figarol, 111 à M. Morlot (de la Neuveville-sous-Châtenois), 18 à M. Brugnot, 20 à divers. |

M. Charles Ferry est gendre de M. Allain-Targé, ancien ministre des finances et de l’intérieur.

Ferry (Joseph-Albert).— Né à Fraize, le 27 février 1833, M. Albert Ferry n’est nullement parent de MM. Jules et Charles Ferry. Avocat de talent à Saint-Dié, il y fut le véritable chef du parti républicain sous l'empire. Nommé sous-préfet de Mirecourt le 12 septembre 1870, il n’accepta pas ce poste et resta à Saint-Dié. Aux élections du 8 février 1871, il obtint un grand nombre de voix sans cependant être élu dé-

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