TOME IV
puté. Il fonda un journal, la Gazette vosgiennñe, où il combattit vivement l’ordre moral. Conseiller général des Vosges pour le canton de Gérardmer le 4 octobre 1874, il a été réélü en août 1880 et 1886 et fut à plusieurs reprises secrétaire, puis vice-président du Conseil général. En qualité de conseiller général, il a été secrétaire de la Commission départementale et membre du Conseil académique de Nancy.
Maire de Saint-Dié le 7 juin 4880, en fonctions jusqu’en mai 1888, M. Albert Ferry a été élu député des Vosges, le 21 août 1881, dans la deuxième circonscription de l’arrondissement de Saint-Dié par 5,682 voix contre 2,510 au commandant Rovel, candidat intransigeant.
Il a été réélu au scrutin de liste, le 4 octobre 1885, député des Vosges, le sixième sur 6, par 45,056 voix. Il a été nommé, en 1888, membre de la Commission du budget.
FERRY (René-Joseph-Justin). — Né à Saint-Dié le 19 avril 1845, il y exerce la profession d’avocat et a été bâtonhier de l’ordre; il est à la fois docteur en droit et docteur en médecine. M. René Ferry a publié de nombreux travaux, juridiques, médicaux et d'histoire haturelle, notamment dans le Bullelin de la Société philomatique : ur Atlas des fougères de la Lorraine et de l'Alsace, une Liste des orchidées des environs de Saini-Dié; dans la Revue mycologiaue : un état des Champignons constalés dans les Vosges dans diverses excursions.
M. René Ferry a collaboré au présent ouvrage en dressant, avec M. le docteur A. Mougeot, le catalogue des champignons des Vosges.
FERRY (Charles). — Né à Gorhey, le 7 avril 1835, il est archiviste de la ville et des hospices d’Epinal; il a publié d’assez nombreux ouvrages historiques et autres, notamment les Origines des francslireurs des Vosges de 539 à 1867, un Dictionnatre des 50,000 adresses vosgiennes et enfin un important et utile travail en plusieurs volumes Inventaire historique des archives d’ Epinal.
FEys (Claude-Eusèbe). — Né à Charmes, le 46 décembre 1760, l'abbé Feys fut ordonné prêtre en 1784; il fut vicaire à Charmes et quitta la France en 1791 pour n'avoir pas voulu prêter le serment constitutionnel ; il alla vivreen Allemagne, à Trèves, puis à Postdam. Curé de Portieux en 1803, il y devint supérieur des sœurs de la Providence, qu’il établit à Portieux, et chanoine honoraire de Saïnt- Dié. Il mourut à Portieux, le 10 février 1839.
FicaroL (Claude-Victor). — Né à Paris, le 29 septembre 4839, il
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ut élève de l'Ecole normale supérieure, fut reçu licencié-ès-lettres en novembre 1853 et devint professeur successivement aux lycées de Brest en janvier 1854, de Nimes en novembre 1854 et de Douai en octobre 4858. Reçu agrégé des lettres en septembre 1861, il donna presqu'aussitôt sa démission de l’Uniwrsité et s'établit fabricant de fécule à Epinal, puis à Aydoilles.
M. Figarol x publié une édition du Diclionnaires des synonymés français de Guizot, eh 1859.
1 a été à plusieurs reprises, dans les Vosges, notamment en octobre 1885 et en avril 1888, candidat à la Chambre des députés ou au Sénat, mais sans étre élu.
Ï à écrit pour le présent ouvrage, l’article : Agricutllure.
FLauBeaU (Marie-Anne). — Née à Mirecourt en 1786; elle a fondé
à Mirecourt une maison de refuge pour les orphelines ; elle est morte à Mirecourt en 1828.
FLECK (Charles). — Né à Remiremont en 1833, ainsi que ses deux frères, Alphonse et Emile; il dirigea avec eux la grande maison de nouveautés Aw Tapts Rouge qui, brülée par la Commune en 1871, renaquit de ses cendres. Charles Fleck avait commencé par être soldat et avait gagné en Crimée les galons de sous-officier. Capitaine au 24 bataillon de la garde nationale de Paris, pendant le siège de 4870, il combattit à Buzenval et, déjà décoré de la médaille militaire, fut fait chevalier de la Légion d’honneur. 11 mourut à Cannes, le 15 mars 1885. M. Alphonse Fleck, son frère aîné, est resté à la tête de l’im-
portante maison du Tapis Rouge et est devenu trésorier de l’Assocation vosgienne de Paris,
FLEüROT. — Famille célèbre d'ostéologistes au Val-d’Ajol ; ils praliquent leur art depuis 1630 et ont obtenu de nombreuses guérisons.
Fotisty (Jeah-Jacdues), = Né à Mirecourt, il était avocat à Nancy et fut élu en 1700 président du tribunal du district de Nancy. En sæptembre 1791, il fut élu député de la Meurthe à l’Assemblée Législative, le premier sur 8 ; il ne fut pas réélu. Foissey est mort à Nancy en 1819.
Son frère, Charles-Louis, né aussi à Mirecourt, avocat et professeur de botanique, devint sous-bibliothécaire de la ville de Nancy, où il mourut, à 62 ans, le 8 janvier 1824.
FouueY (François-Georges-Antoine).— Né à Bulgnéville, le 4 septembre 1774, il devint colonel du 7e de ligne en 1821, puis en 1823
colonel commandant la place de Perpignan ; il fut retraité le 4er juin
Forez (Carlos-Pierre-Louis-Joseph). — Né à Nancy, le 27 octobre 4795, neveu du maréchal Lobau, Carlos Forel devint, en 1895, gendre de Nicolas Kæchlin, le grand industriel mulhousien, dont il fut ensuite l'associé ; il fut adjoint au maire de Mulhouse. Il fonda dans les Vosges d’importants établissements industriels et, fidèle aux doctrines libérales, il se présenta, en 1846, dans l’arrondissement de Remiremont, comme candidat de l’opposition et échoua. Représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 93 avril 1848, le troisième sur 11, par 69,616 voix, il vota avec le parti républicain modéré. Réélu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 43 mai 1849, le neuvième sur 9, par 18,435 voix, il fut proscrit au 2 décembre 1851 et rentra dès lors dans la vie privée.
Carlos Forel est mort à Rupt en octobre 1871.
FoRQUIGNON (Jean-Baptiste-Lucien). — Né à Pont-à-Mousson (Meurthe), le 31 mai 1847, M. Forquignon, ingénieur civil des mines, est mort en mai 1888, professeur-adjoint à la Faculté des sciences de Dijon ; il s’est fait connaître par ses Recherches sur la fonte malléable el sur le recutl des aciers et ses études sur les Champignons supérieurs. Il est propriétaire à La Bolle, près Saint-Dié.
M. Forquignon a collaboré, pour le présent ouvrage, à l’article : Bolanique.
FouILLETTE (Joseph).— Colonel, né à Isches, où il fut cultivateur; il avait d’abord été soldat de 1781 à 1785 dans Dauphiné-Infanterie. Le 4 août 1799, il partait comme capitaine et le 10 août suivant, lieutenant-colonel en {er du 9e bataillon de volontaires des Vosges. Destitué à Strasbourg par Saint-Just et Lebas, le 21 novembre 1795, il fut, par décret de la Convention, le 93 août 1794, réintégré dans son grade. Le 26 juillet 1795, il devenait chef de la 206° demi-brigade d'infanterie dont faisait partie le 9 bataillon des Vosges et le 5 avril 1796, il donnait sa démission.
FouURIER (Pierre). — Le « bienheureux père » Fourier est né à Mirecourt, le 30 novembre 1564. Ordonné prêtre en 1589, après des études à l’université de Pont-à-Mousson, il entra à l’abbaye d’Augustins de Chaumousey, puis retourna travailler à Pont-à-Mousson. En 4595, il fut nommé curé de Mattaincourt ; il s’y fit remarquer par ses
vertus et sa bonté et y fonda la congrégation de Notre-Dame pour les sœurs vouées à l’instruction, avec le concours d’Alix Leclère (voir ce. nom). Cette congrégation, transférée à Nancy en 1603, confirmée en 1617, se répandit par toute la France et les sœurs reçurent en 1628, du pape Urbain VIII, le titre de chanoïnesses régulières de Saint- Augustin. En 1632 il fut élu supérieur général des chanoines de la congrégation de Notre-Sauveur, qu’il venait de réformer; entre temps il combattait dans les Vosges les progrès du protestantisme. Proscrit en 1636 par Richelieu, vainqueur des ducs de Lorraine, il se retira en Franche-Comté.
Le B.-P. Pierre Fourier est mort à Gray, le 11 décembre 1640. Béatifié en 1730, il a été récemment canonisé et mis au nombre des saints.
Fournier (Nicolas). — Né à Jeanménil, le 6 avril 1759, il était avocat au bailliage de Rambervillers lorsqu'il fut élu, en juin 1790, administrateur du département des Vosges. En 1792 il accompagna à l’armée du Rhin les bataillons de volontaires vosgiens. Accusateurpublic prés le tribunal criminel du département à la fin de 1792, il devint vice-procureur-général-syndic en 1793. On perd alors sa trace et l’on ignore ce qu’il est devenu.
FouRNIER (Alban). — Né à La Salle, arrondissement de Saint- Dié, le 9 novembre 1842, le docteur Alban Fournier, fils d’Edouard Fournier, directeur des chemins de fer des Vosges, né à Saint-Gorgon le 17 février 1819, mort à Epinal le 3 mai 1881, est depuis de longues années établi à Rambervillers, dont il a été élu maire à deux reprises sans accepter. Il est l’auteur de nombreux travaux historiques et scientifiques qui dénotent une rare érudition et un esprit sagace et ingénieux. Il est président de la section des Hautes-Vosges du Club alpin.
Son oncle, M. FOURNIER, inspecteur-général des ponts et chaussées, né à Rambervillers en 1822, mort à Chamalières (Puy-de-Dôme), en 1886, est l’auteur de nombreux travaux de chemin de fer en France et en Espagne. °
M, le docteur Alban Fournier a rédigé pour le présent ouvrage (tome Ier) l’intéressant article : Excursions dans les Vosges.
FRANÇAIS (François-Louis). — Le premier peintre vosgien contemporain et un de nos premiers paysagistes, est né à Plombières, le 17 novembre 1814. Venu à Paris comme commis de librairie en 1829,
il étudia le dessin et la gravure et, dès 1834, il publia des vignettes sur bois, des lithographies dans divers ouvrages illustrés. Il se perfectionna dans le dessin et la peinture dans l’atelier de Jean Gigoux et dans celui de Corot; en 1837, il exposait son premier paysage : Une chanson dans les saules. En 1841 il recevait une 3° médaille, Chaque année, depuis, le Salon de peinture a vu ses envois, toujours remarqués par la finesse et la fraicheur du coloris, le sentiment ému de la nature qui se dégage de toutes les œuvres de ce grand artiste, Il recevait une 4re médaille en 1848, 1855 et 1867. On peut citer parmi ses principaux tableaux : Le Parc de Saint-Cloud, avec figures de Meissonier;, Soleil couchant en Italie, qui se trouve au musée du Luxembourg; Fin d'hiver; le Ravin de Nepi; Vue des environs de Rome, en 1853, qui lui valut la croix de la Légion d'honneur en juillet 1853 ; un Sentier dans les blés, toile exquise, pleine de couleur et de poésie, en 1855 ;le Ruisseau de Neuf-Pré, en 1859 ; Vue prise au Bas-Meudon; le Soir au bord de l’eau, en 1863; Bois sacré, en 1864; Environs de Paris, une des meilleures toiles du musée d’Epinal, en 1866; les Regains, Vallée de Munster, en 1869 ; Vue prise aux Vaux-de-Cernay, en 1872; Souvenir de Nice, en 1873; le Ravin du Putis-Notr en Franche-Comté, en 1875 ; le Miroir de Scey en Franche-Comté, en 4876; le Lac de Némi (Italie), en 1878; la Vallée de Rosstlon et le Matin, en 1879; depuis quelques années M. Français, dans ses tableaux et ses aquarelles, reproduit de préférence les jolis sites de la vallée de Clisson, dans la Loire-Inférieure ; il a fait aussi quelques paysages vosgiens.
M. Français a été nommé officier de la Légion d'honneur, le 29 juin 1867.
FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU (Nicolas-Louis).— Son nom ferait croire qu’il est né dans les Vosges, et il est né dans la Meurthe; mais il est vosgien ‘par l’adoption, par la résidence, par le choix dont il fut honoré aux élections vosgiennes et par ses chants vosgiens. François naquit à Saffais (Meurthe), le 47 avril 1750, fils d’un maître d'école, devenu plus tard fermier du magasin à sel et contrôleur à St-Martinde Vrécourt. Elève des jésuites au collége de Neufchâteau, il s’y fit remarquer par de précoces productions poétiques. Encouragé par Voltaire, il fut admis en 1765 membre de l’Académie de Dijon, puis de celles de Lyon et de Marseille. Avocat à Reims en 1770, avocat du roi au bailliage de Vézelise en 1771, il finit par aller s’établir avocat
à Paris, où il épousa, en 1776, Henriette Dubus, nièce du fameux acteur Préville, qu’il perdit trois mois après. Plus tard, François de Neufchâteau épousa Mile Pommier, de Mirecourt. Lieutenant-général civil et criminel près le bailliage royal et présidial à Mirecourt, il devint, en 1780, subdélégué de l’intendance de Lorraine. Enfin, en 1783, il devenait procureur-général du roi au Cap-Français et y resta jusqu’en 1787. Rentré en France, malgré un naufrage, il fut, en 1789, l'un des électeurs du tiers-état du bailliage de Toul et fut même enfermé par abus de pouvoir; il avait cependant été élu député-suppléant.
Retiré à Vicherey, dans les Vosges, il y fut élu maire, puis juge de paix en 1790 et contribua à la formation du nouveau département des Vosges. Elu administrateur du département, le 42 juin 1790, il obtint pour la présidence du directoire du département autant de voix que Dagobert Vosgien, mais celui-ci fut élu par le bénéfice de l’âge. Le 3 septembre 1791, il fut élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 8e sur 8, par 255 voix sur 495 votants, après trois tours de scrutin, contre Balland le jeune. À l’Assemblée, il joua un rôle marquant; membre et rapporteur du comité de législation, il provoqua l'adoption de mesures de rigueur contre les prêtres rebelles. Président de l’Assemblée Législative, du 26 décembre 1791 au 6 janvier 17992, puis de fin août au 3 septemre 1792, il s’efforça, lors des journées de septembre, d'arrêter les massacres dans les prisons.
Réélu député des Vosges à la Convention, le 2e sur 3, par 413 voix, le 3 septembre 1792, il n’accepta pas et refusa aussi le poste de ministre de la justice qu’on lui offrait, le 6 octobre 1799, et, invoquant l'état de sa santé, il se tint à l’écart des affaires publiques. Réélu, en novembre 1792, administrateur des Vosges, il y devint peu après président du directoire, mais il quitta le département pour aller à Paris se livrer à ses goûts littéraires. Une de ses œuvres, la comédie de Paméla, où les spectateurs hostiles à la Convention voulurent découvrir une foule d’allusions, lui attira les rigueurs du Comité de Salut public, qui le fit emprisonner, le 3 septembre 1793, ainsi que toute la troupe de la Comédie-Française. Il ne fut délivré que par le 9 thermidor. Il fut alors juge au tribunal de cassation.
Mais la Convention a terminé sa tâche, une nouvelle organisation départementale existe, et François de Neufchâteau est nommé commissaire du Directoire près l'Administration centrale des Vosges (préfet ou procureur-général-syndic). Il y composa le poème Les Vosges.
A cette époque aussi, on rétablissait l’Académie française, en créant l’Institut, François de Neufchâteau, d’abord, le 13 février 1796, asso-
cié ou correspondant de la section des lettres, fut élu le 25 novembre 4797, en remplacement de Louvet, membre de la classe de littérature française (section de grammaire), qui reprit en 1803, le titre d’'Académie française.
Ministre de l’intérieur, le 16 juillet 1797, 1l fut élu peu après, le 9 septembre 1797, membre du Directoire exécutif de la République, un des cinq gouvernants de la France. Il n’occupa qu’un an ces hautes fonctions, et le 17 juillet 1798, il redevenait simple ministre de l’intérieur, poste où il resta jusqu’au 22 juin 1799.
Pendant son passage au pouvoir, il créa les expositions industrielles, fonda les archives et les bibliothèques départementales et institua les concours généraux entre les lycées et collèges. Il eut à inaugurer, le 18 septembre 1798, la première exposition établie dans les galeries du Louvre, puis à recevoir des mains du vainqueur de Rivoli les tableaux, marbres, bronzes, conquis en Italie. Rallié dès la première heure au 18 brumaire, il fut élu sénateur, le 925 décembre 1799, et fut à deux reprises président du Sénat impérial. Mais il se consacra surtout dès lors aux travaux agricoles; il fut à plusieurs reprises président de la Société nationale d’agriculture et publia de nombreuses brochures. Napoléon, toutefois, le créa comte en 1808, après l’avoir fait, en 1804, grand-officier de la Légion d'honneur.
Après la chute de l’Empire, il resta à l’écart des affaires, se vouant entièrement aux travaux de l’agriculture. Il contribua fortement à la création et au développement des comices agricoles.
Le comte François de Neufchâteau mourut à Paris, le 10 janvier 1898, et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise.
Son fils, Aimé-Marie-François Déard, né à Paris le 22 avril 1799, qu’il avait reconnu et qui fut autorisé, le 31 décembre 1898, à porter son nom, mourut le 19 janvier 1858. Il reste encore des descendants de François de Neufchâteau, entre autres un ancien inspecteur-général des mines.
FRATREL (Joseph). — Graveur, né à Epinal en 1730; il mourut en 1783.
FRÉCHARD (Joseph). — Dom Fréchard fut le dernier bénédictin survivant de l’abbaye de Senones et fonda l'institut des frères de la Doctrine chrétienne, à Nancy. Né à La Petite-Raon en 1765, il dut se cacher pendant la Terreur, vécut en Suisse, devint vicaire à Raon- Rupt, puis curé à Raon-l’Etape, à Colroy-la-Roche, et mourut à Vézelise, le 24 juillet 1849.
Fricor (François-Firmin).— Né à Belfort (Haut-Rhin), le 41 octobre 1746, d’une famille lorraine, il fut d’abord avocat au conseil souverain d'Alsace, en 1767, puis devint en 1776 procureur du roi au bailliage de Remiremont. Le 31 mars 1789, il fut élu, le troisième sur 4, député du Tiers-Etat des bailliages des Vosges aux Etats- Généraux, devenus, deux mois après, l’Assemblée nationale Constituante. I] assista au serment du Jeu-de-Paume et vota avec le parti libéral. En juin 1790, il fut élu administrateur du district, puis juge au tribunal de Remiremont et lorsque l’Assemblée Constituante eut terminé ses travaux, il devint, le 6 septembre 1791, l’un des administrateurs du département des Vosges. Elu par les Vosges haut-juré près la baute-cour nationale en septembre 1792, il devint, le 24 septembre, président du directoire des Vosges et le 41 novembre suivant, il était élu quatrième député suppléant des Vosges à la Convention. Le 2 juillet 1795, :il devenait représentant du peuple à la Convention et remplit une mission en Alsace. À la fin de la période conventionnelle il passa député au conseil des Cinq-Cents et y siégea jusqu’en 1797, où il redevint haut-juré le 12 avril. Consul de France à Ancône (Italie) le 20 mai 1797, il fut appelé, le 19 juillet suivant, aux importantes fonctions de secrétaire-généräl du ministère de l’intérieur et occupa ce . poste jusqu’au 20 octobre 1797. Il fut alors nommé caissier de la lotene nationale et conserva cet emploi jusqu’au 22 mars 1802. Il se retira dans le Loiret et devint maire de la commune de Saint-Firmindes-Bois. À la Restauration, on le nomma procureur du roi à Sarreguemines, mais 1l n’accepta pas et, le 21 avril 1819, il fut nommé juge de paix du canton de Château-Renard (Loiret), qu’il habitait depuis longtemps et mourut en fonctions. Le 4er septembre 1818, il fut autorisé à changer de nom et à s’appeler Frécot.
Le capitaine Alexis Fricot, né à Saint-Etienne-lès-Remiremont, le 2 juillet 1777, mort à Remiremont le 27 avril 1862, était son fils. L'inspecteur-général des ponts et chaussées Frécot, commandeur de la Légion d’honneur, mort à Nancy à 69 ans, le 30 mai 1884, était son petit-fils.
Le conventionnel Fricot est mort à Château-Renard (Loiret), le 7 août 1829 ; il avait 84 ans.
FROGIER DE PonLEvoYy (Paul-Marie-Placide). — Voir Ponlevoy.
FuroN (Aimé-Joseph). — Peintre d’histoire, né à Epinal, le 10 février 1687, il fut élève du peintre milanais Bataille, qui travailla à Epinal et à Lunéville, et il le suivit à Rome, puis se fixa en Lorraine,
près du duc Léopold. I a peint, notamment, l’histoire d'Achille et des paysages. Il mourut à Epinal, le 7 mai 4729.
Fusiz (Antoine), — Né à Epinal, le 41 avril 1560, le père Fusil entra dans l’ordre des Jésuites en 1577, en sortit en 1580. Il devint prêtre et professeur en Sorbonne, puis curé de l’église St-Gilles et St-Leu, à Paris, Il fut aussi prédicateur et confesseur du roi et assista Ravaillac, l'assassin d'Henri IV, conduit à l’échafaud, Censuré pour des théories peu orthodoxes et accusé d’hérésie, on l’emprisonna cinq ans, puis il se réfugia à Genève où il se fit protestant et se maria. Ii mourut à Genève. Un de ses fils se fit mahométan,
GALLAND (Joseph-Nicolas), — Le pieux abbé Galland est né à Lunéville, en 1738. Curé de Charmes en 1772, sa réputation de bienfaisance et de piété était répandue dans toute la Lorraine. Elu, le 31 mars 1789, député du clergé des bailliages des Vosges aux Etats-Généraux, devenus en juin suivant l’Assemblée Constituante, il refusa de prêter, en 1791, le serment constitutionnel et émigra.
Il mourut à Trèves en 1798.
GANIER (Henry). — Né à Lunéville, le 27 juillet 1845, M. Ganier, après avoir été avocat, est devenu juge d'instruction au tribunal d'Epinal. Il est surtout connu comme un littérateur et un dessinateur de talent. Artiste des plus distingués, il a illustré de nombreux et remarquables dessins : L’Hisloire des milices d'Alsace et de Lorraine, dont il a fait le texte et les illustrations, en 1882; Récits et Légendes d'Alsace, en 1884, également texte et dessins; Haizhawerfavel, contes alsaciens, en 1885; La Chasse en Alsace, en 1887. II prépare actuellement la publication des Chéleaux historiques des Vosges, dont il écrit le texte et qu'il 1llustre avec son talent accoutumé. Il est officier d’Académie.
Il a collaboré au présent ouvrage pour l’Archéologie préhislorique.
GaRCIN (Marie-Nicolas-Edmond). — Le colonel Garcin est né à Rouceux, le 31 juillet 1834. Elève de l’Ecole de Saint-Cyr le 10 novembre 1851; sous-lieutenant au 38° de ligne le 1er octobre 1853, il concourut pour l'Ecole d’Etat-Major, où il entra le 4er janvier 1856; lieutenant d'état-major le 43 janvier 1858, il fit son stage au 4er chasseurs à cheval.
Capitaine d'état-major le 12 août 1861, il fut employé aux travaux de la carte de France, puis envoyé au Mexique, où il se distingua particulièrement et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, devant Puebla, le 18 mai 1863. A son retour en France, il fut nommé à l'état-major général du 3° corps, à Nancy, puis au dépôt de la guerre.
N fit la guerre contre l’Allemagne à l’état-major du 4° corps de l'armée du Rhin, et reçut, le 9 septembre 1870, la rosette d’officier de la Légion d'honneur. À sa rentrée de captivité, il fut choisi pour aide-de-camp par le général de Cissey, commandant le 2e corps de l'armée de Versailles et prit part aux opérations contre la Commune. Le 96 mai 1871, il présida à la fusillade, sur les marches du Panthéon, du député Millière, Le général de Cissey, devenu ministre de la guerre, le conserva pour aide-de-camp et chef de cabinet et le nomma chef d’escadron d'état-major, le 21 février 1873. Il fut ensuite aide-de-camp du général Lebrun, commandant le 3° corps d'armée à Rouen. Lieutenant-colonel, en 1881, il fut sous-chef d’état-major du 3 corps. Lors de la dissolution du corps d'état-major, le sort le versa dans l'infanterie, où il fut maintenu d’abord hors cadres et détaché au service d’état-major; il remplit alors les fonctions de sous-chef d’état-major du 19° corps, à Alger. Colonel, le 2 mai 1884, il fut d’abord maintenu au 19e corps, puis, le 29 juillet 1885, il prit le commandement du 1335 de ligne, qu’il occupe encore aujourd’hui,
GaRNIER (Adolphe). — Né à Remiremont, le 24 octobre 1839, M. Garnier est conducteur des ponts et chaussées de 1r° classe, à Epinal, et chef des bureaux de l’ingénieur en chef du département.
Il a dressé et publié la plus belle et la meilleure carte des Vosges qui existe et qui lui fait le plus grand honneur. Aussi a-t-il été, à plusieurs reprises, en 1871, 1877 et 1887, lauréat de la Société d’Emulation, et a-t-il reçu une récompense à l'Exposition universelle de Paris, en 1878; il est en outre, depuis 1881, officier de l'instruction publique. Voici la liste de ses travaux de cartographie : En 1871, Carte routière du département des Vosges à l'échelle de —
180,Ou0 ?
en 1873, en collaboration avec M. Hausser, Carte murale du dé-
parlement des Vosges, au —"—; en 1875, Carle par bassins du département des Vosges, au es; en 4878, sa grande Carte to-
pographique du département des Vosges, au Ts et en 1880, Carte topographique du dépariement de Meurthe-et-Moselle.
GASPARD (Alexis). — Né à Pont-sur-Madon, le 26 septembre 1802. I! fut de longues années notaire à Mirecourt, devint adjoint en 1831, puis maire de la ville en 1846 et conseiller général du canton de Mirecourt, de 1852 à 1856.
Il est mort à Mirecourt, le 9 juillet 1856.
GAUCHER (Claude-Nicolas). — Le commandant Gaucher, tué glorieusement sur le champ de bataille de Solférino, était né à Neuf- Château, le 26 juin 1814. Elève à Saint-Cyr, le 16 décembre 1833, il en sortait sous-lieutenant au 10° léger (aujourd’hui 85° de ligne) le 4er octobre 1835; lieutenant le 27 décembre 1840, il était promu capitaine au 10° léger le 1° mars 1847. Lors de la création de la garde impériale, il passa capitaine au 2 grenadiers, le 5 juillet 1854, et fit la campagne de Crimée, où il gagna le grade de chef de bataïllon au 2 régiment de la légion étrangère, le 22 septembre 1855, et la croix de la Légion d’honneur, le 16 avril 1856. Passé au 8* de ligne le 25 juin 4856, il partit avec ce régiment pour la guerre d'Italie, se conduisit en héros à Solférina où le 8° de ligne perdit son colonel et son lieutenant-colonel et fut tué, le soir de la bataille, au moment où un décret l’appelait avec son grade au 3° grenadiers de
la garde.
GAUGUIER (Charles-Séraphin-Joseph). — Né à Lille (Nord), le 23 avril 1793, il se destina à l’état militaire et entra à l’école de Saint- Cyr. Renvoyé de l’école à la suite d’un duel, il demanda à être admis comme sous-officier dans un régiment de cavalerie; Napoléon le nomma sous-lieutenant de dragons. Il partit aussitôt pour la grande armée et fit la campagne de Russie où il fut quatre fois proposé, soit pour la décoration, soit pour l’avancement, sans obtenir ni l’une, ni l’autre. Pendant la campagne de 1843 il accomplit une mission périlleuse et reçut cette fois, des mains de l’empereur, la croix de la légion d'honneur, il avait 19 ans. L’année suivante, la Restauration vint briser sa carrière militaire. Gauguier devint maître de forges à Neufchâteau et conseiller général du canton jusqu’en 1842. Député des Vosges pour l'arrondissement de Neufchâteau en juillet 1831, il vota avec les libéraux de la Chambre et fut réélu en juin 14834, en novembre 1837, en mars 1839.
Gauguier est mort à Paris vers 1855, sans que nous puissions préciser la date de son décès, par suite de l’incendie des actes de l’étatcivil de Paris en 1871.
GAvET (Nicolas), — Né à Lamarche, le 24 janvier 1812, M. Gavet est secrétaire-général de l’association vosgienne de Paris, dontila été l’un des fondateurs en 1866, l’un des soutiens les plus fermes et les plus dévoués.
Il a fait toute sa carrière dans l’Université et rempli pendant de longues années, à Paris, les fonctions de professeur au lycée Bonaparte (puis lycée Fontanes, collège Bourbon et aujourd’hui lycée Condorcet). Il est officier d'académie.
M. Gavet a publié avec succès divers ouvrages d’enseignement : Réctls historiques et moraux, deux Grammaires françaises, une Grammaire laline de Lhomond, un Cours de thèmes el versions, deux volumes d’Exervices français sur la grammaire, deux volumes d’Exercices latins.
GaziN (Louis-Nicolas-Prosper-Edgard). — Né à Epinal le 12 septembre 1847, il s’y établit comme avocat en 1875, après avoir été reçu docteur en droit. M. Edgard Gazin s’est occupé d’études littéraires ; il est membre de la Société d’'Emulation et y a prononcé en 1885 un discours sur l'Esprit vosgien. Il est président de la société de gymnastique d’Epinal et secrétaire de la section vosgienne de la Société de Géographie de l'Est. Il est aussi officier d'académie.
M. Gazin a écrit pour le présent ouvrage l’article : Traditions mœurs et coutumes.
GÉHIN (Nicolas-Christophe). — Il devint procureur impérial à Epinal. Député des Vosges pour l’arrondissement d’Epinal à la Chambre des Représentants, en mai 1815, il siégea jusqu’au lendemain de Waterloo, en juin 1815, et ne reparut plus dans les Assemblées législatives.
D’autres membres de la famille, les grands industriels de Saulxures-sur-Moselotte, ont été conseillers généraux des Vosges : Jean- Thiébaut Géhin, de 1836 à 1839 ; Auguste Géhin de 1861 à 1864.
M. GÉHIN (Prosper), notaire et conseiller général du canton de Provenchères-sur-Fave depuis 1883 et auparavant du canton de Saâles de 4866 à 1870, né à Xertigny le 15 août 1833, n’est pas de la même famille. 11 est membre et secrétaire de la Commission départementale des Vosges, président de la chambre des notaires, président de différentes sociétés, officier d’'Académie et chevalier du mérite agricole.
GELÉE (Claude), dit le Lorrain, — Voir Lorrain,
GéLIoT (Nicolas). — Né à Selongey (Côte-d'Or), le 24 mai 1805, il s'établit manufacturier à Plainfaing, où il devint commandant de la garde nationale en 1848, puis maire; il fut conseiller général des Vosges pour le canton de Fraize, depuis 1855 jusqu’en 1870. En 4867, à la mort de M. de Ravinel père, il fut choisi comme candidat officiel par l’empire et fut élu député au Corps législatif pour la 8e circonscription des Vosges contre M. Charles de Ravinel, fils de son prédécesseur. Les 23 et 24 mai 1869, il fut réélu député des Vosges dans la 3° circonscription par 16,2% voix contre 14,792 à M. Charles de Ravinel, 108 à divers candidats et 29 bulletins nuls. Ïl était chevalier de la Légion d’honneur.
Géliot est mort à Plainfaing, le 5 août 1873.
GÉNIN (François). — Né à Nonville, près Darney, en 1805, il fut élève à l'Ecole normale supérieure, fut reçu docteur ès-lettres et agrégé et devint professeur de littérature française à la faculté des lettres de Strasbourg. En 1848 il devint chef de la division des beaux-arts au ministère de l'instruction publique jusqu’en 1851 et fait chevalier de la Légion d’honneur. Il prit sa retraite l’année suivante.
Génin, homme de lettres, à laissé un grand nombre de travaux de critique littéraire ou des philosophie; it a publié une édition choisie des œuvres de Diderot.
Il est mort à Paris en 1857.
Son fils, François Génin, littérateur d'avenir, qui a collaboré après 4870 à plusieurs journaux vosgiens, est mort prématurément à Paris, à 26 ans, le 15 novembre 1876.
GENTIL (Elie). — Né à Toulouse, le 30 octobre 1859; il fut avocat, et entra dans l’administration préfectorale comme conseiller de préfecture des Hautes-Alpes, le 3 septembre 1879; sous-préfet de Louhans, le 12 janvier 1880 ; secrétaire-général de Saône-et-Loire, le 49 juin 1880, puis de la Haute-Garonne, le 5 septembre 1881 ; il devint préfet des Vosges, le 7 janvier 1887. Il est officier d'Académie.
C'est sous son administration qu'a été poursuivie et terminée l’œuvre : Le Département des Vosges.
GeoncEe (Eustache-Emile).— Né à Ville-sur-Illon, le 3 octobre 1830, il devint avocat à Epinal et prit place dans le jeune parti républicain. Préfet des Vosges, le 6 septembre 1870, nommé par le gouvernement de la Défense nationale, il organisa la résistance à l’invasion dans le département, avec le concours d’officiers résolus : les colonels Bour-
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tas, Varaigne et Pefrin, et 8e retira le jotr de l'occupation d’Epinal par les Prussiens. Le 8 février 1871, il était élu député des Vosges à l’Assemblée nationale, le septième sur 8, par 91,984 suffrages, et le 8 octobre 1871 conseiller général du canton d’Epinal, qui l’a réélu sans intertuption eh 1877 et en 1883. A l’Assetnblée, il vota contre la péix, lut à la tribüné l’éloquüenté protestation des députés de Lottaine et d'Alsace Coûtre la Mutilation dé leuf pays et donna sa démission ; il la reprit sur les vives instantes de ses collègues et siégea à gauche jusqu’en décembre 1875. Elu sénateut des Vosges le 30 janvier 4876, le troisième sur 3, par 304 voix contre 284 à Grandjean, il fut nommé le 47 septembre 1880, éonseiller-mäîtré à là Cour des Comptes.
Le 8 janvier 18892 il a été réélu sénateur des Vosges, le deuxième sur 3, par 395 voix. Îl à pris une grande part à l’œuvre de l’enseignement de la jeuhesse et aux travaux de la commission supérieure des chemins de fer.
Gzoncez (Melchior-Jean-François). — L'abbé Gevrgel est né à Bruyères, le 29 janvier 1731. Admis dans l’ordre des jésuites, il professa les humanités et les mathématiques à l’université de Pont-à- Mousson et aux collèges de Dijon et de Strasbourg. C’est dans cette ville qu’il fut apprécié par le cardinal de Rohan, alors coadjuteur de l'évêque. 11 devint, en 1762, grand-vicaire de l’évêché de Strasbourg et administrateur de l’hospice des Quinie-Vingts. Il actompagna en 1772 le prince dans son ambassade 4 Vienñe et y rendit de grands services. Dans le fameux procès du collier, l'abbé Georgel aida le prince de Rohan, aussi partagea-t-il sa disgrâce ; il fut exilé d’abord à Mortagne, dans le Perche, puis autorisé à résider à Bruyères. Il fut de nouveau chassé de cet asile par la Révolution à laquelle il refusa le serment constitutionnel; il émigra à Fribourg en Brisgau. Il rentra en France après le Concordat et se fixa à Bruyères. Mer d’Osmond, évêque de Nancy, le nomma son pro-vicaire-général pour les Vosges après la suppression de l’évêché de Saint-Dié. Il a publié ses Mémoires en six volumes,
L'abbé Georgel est mort à Bruyères, le 14 novembre 1813.
GEORGEL (Joseph-Alcide). — Né à Vagney, le 95 janvier 1895, il appartient à l’ancienne famille des Georgel, qui compte parmi ses membres plusieurs générations de tabellions et l'abbé Georgel (voir notice ci-dessus) et a été alliée aux familles Méline et Buffet. M. Alcide Georgel, reçu à l’école de Saint-Cyr en 1843, préféra entrer
— 49% — dans l’administration des contributions directes et y remplit de 1848 à 1858 les fonctions de contrôleur dans le Bas-Rhin et la Seine-Inféneure; 1} donna alors sa démission.
Il est l’auteur du superbe Armorial de Lorraine qu'il a publié en 1882 et qu'il a illustré de ses propres dessins et de ceux de sa fille, grand et consciencieux travail, édité avec luxe, orné d’armoiries dessinées avez le plus grand soin et qui est un précieux recueil. [Il a collaboré en outre à plusieurs publications sur l’art héraldique, notamment à la Revue nobiliaire.
GEORGEOT (Charles).— Né à Remiremont, le 33 octobre 1850, 11 se fit inscrire au barreau de sa ville natale, mais s’occupa activement de littérature et de journalisme. Il devint rédacteur en chef de l’]ndustriel vosgten, journal indépendant de l’arrondissement de Remiremont. M. Georgeot, avocat et publiciste, est aussi poète : 5l a publié Eva, poème, et de nombreuses poésies nouvelles dans divers recueils et fait un certain nombre de conférences. Il fut aussi, sous le pseudonyme de Spectator, correspondant parisien du Mémorial des Vosges.
M. Georgeot est chef du groupe IV (industrie textile, etc.) à l’exposition universelle de 4889.
GÉRARD (Jean-Georges). — Né à Epinal en 1791; il s’est fait connaître comme peintre de paysages et de tableaux de sainteté, aussi comme portraitiste. Il est mort à Nancy en 1800.
GÉRARDIN (Eugène). — Peintre, né à Plombières, le 16 mai 1860, il a exposé au salon de peinture de 1883 La broderie ancienne ; en 1881, La femme aux roses; en 1885, Esclaves tournant la meule ; en 1886, Portrait de M. E. de B.
G£RARDIN (Charles-Nicolas- François). — Le lieutenant-colonel Gérardin aurait assurément ajouté son nom à la liste des généraux vosgiens, si la mort ne l’avait enlevé avant 50 ans. Né à l’Etanche, près de Neufchâteau, le 6 décembre 1895, d’un père qui avait été maire de Neufchâteau au moment de l’invasion de 1814, il se destina à l’Ecole polytechnique, comme son frère aîné, et il y entra dans un des premiers rangs, en 1845. Sous-lieutenant du génie, le 4°r octobre 4847, il passa deux années à l'Ecole d’application de Metz, fut promu lieutenant, le 4er octobre 1849, et placé au 1+r, puis au 3° régiment, où il participa, dans l'Hérault, à la répression des troubles qui suivi-
rent le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Capitaine du génie, le 6 fé-
vnier 1853, il fut employé à Haguenau, ensuite à la direction de Metz.
puis devint chef du génie à Verdun. Aide-de-camp du général Ardant,
le 5 juin 1856, il passa, à la mort tragique de celui-ci, à la tête d’une
compagnie de ‘sapeurs du 1° régiment, avec laquelle il fit la cam-
pagne d'Italie. Placé après la guerre au dépôt des fortifications, il
devint, le 4 août 1861, aide-de-camp du général de Vauban, passa chef du génie à Soissons en avril 1867, puis alla à Rome commander je parc du génie du corps expéditionnaire. Chef de bataillon, le # mars 1868, il fut nommé chef du génie à Mascara, d’où il passa à Alger, le août 1870, chef d'état-major du génie de l'Algérie. La guerre le rappela en France où il fut chef d’état-major du génie du 26° corps à l’armée de la Loire. Après la guerre, il devint chef du génie du camp de Toulouse. Choisi le 4er juillet 4874, comme aide-de-camp par le général de division P. Ducasse, il fut nommé officier de la Légion d'honneur, le 2 mars 1872. Le 11 décembre suivant, il passait chef d'état-major du génie du 5° corps de l’armée de Versailles, concouraitaux travaux destinés à compléter la défense de Paris, et devenait, le 24 janvier 1874, secrétaire de la commission mixte des travaux publics et adjoint au sous-directeur du dépôt des fortifications. Enfin, le 24 avril 4875, il recevait les épaulettes de lieutenant-colonel. Moins de trois mois après, le 10 juillet 1875, il mourait brusquement.
Le lieutenant-colonel Gérardin était en outre chevalier de l’ordre . de Pie IX et décoré de la médaille du mérite militaire de Sardaigne.
Son frère aîné, Henry-Joseph-Albert Gérardin, né à l’Etanche, le 12 mai 4822, élève de l'Ecole polytechnique en 1841, élève de l'Ecole des ponts et chaussées en 1843, fut à sa sortie ingénieur ordinaire en 2 des ponts et chaussées à Rochefort, puis, en décembre 1852, attaché à la compagnie des chemins de fer du Midi, où il fit le tracé de la ligne de Bordeaux à Cette, de celles de Toulouse à Brives par Péngueux, de Bourges à Montluçon, etc. En 1861, il dirigea les travaux de la ligne de Chaumont à Pagny-sur-Meuse par Neufchâteau, et fit décider la construction de la gare de Neufchâteau plus près de la ville. Ingénieur ordinaire de 14re classe à Châlons-sur-Marne, il fut chargé du canal et de travaux hydrauliques qui lui valurent la croix de la Légion d'honneur. Pendant le siège de Paris, il construisit une ligne ferrée militaire et coupa la navigation de la Marne en détruisant les écluses sous le feu de l’ennemi. Ingénieur en chef des ponts et chaussées le 5 juin 1872, Henry Gérardin fut envoyé à Montpellier,