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De la domination romaine, il subsiste également peu de chose, sinon d’assez nombreux restes de voies romaines, notamment celle de Langres à Metz, par Neufchâteau; celle de Langres à Strasbourg, par Rambervillers ; celle de Bâle à Metz, par Epinal. Les Vosges, d’ailleurs, ont du servir aux Romains, plutôt de lieu de passage, parfois de campement, que de séjour prolongé. Les grandes cités ne paraissent pas y avoir existé, malgré les importantes ruines découvertes à Grand, à Soulosse, les curieuses trouvailles faites à Escles et dans quelques autres centres. Plombières seul retint les Romains à cause de ses eaux. On remarquera d’ailleurs que ces établissements romains, sauf Plombières, sont situés dans la partie plane du département. Nous ne pensons pas qu’on en ait découvert dans la région montagneuse qui a du être préservée du contact de l’envahisseur latin.
Les Gaulois qui habitaient le sol vosgien appartenaient aux peuplades des Leuces et des Triboques, les premiers ayant leur centre à Toul, les seconds couvrant surtout l’Alsace. Ces peuplades gauloises furent soumises par César ou ses lieutenants. Le récit de luttes entre les Gaulois et les Romains, qui se seraient livrées sur le territoire vosgien, ne nous est pas parvenu. Il est douteux qu’il y en ait eu. C’est
sur d’autres terrains que se sont décidés les destins de notre pays.
Après la conquête, les Vosges furent comprises dans la Gaule Belgique, une des trois grandes provinces entre lesquelles Jules César divisa les Gaules, Auguste les répartit à son tour en sept provinces et les Vosges firent partie de la première Belgique, avec Trèves pour capitale. Elles suivirent, du reste, les fluctuations diverses par les. quelles passa la Gaule sous Constantin et les autres empereurs.
Peu à peu, le christianisme avait pénétré dans la contrée et s’y était rapidement développé. On cite quelques martyrs de cette époque. C’est à peu près vers ce moment que les Francs entrèrent dans la Gaule pour s’y fixer et lui donner leur nom. Les Vosges servirent surtout de refuge aux peuples chassés par Pinvasion, dont le principal courant se détourna d’elle. Les Séquanes chassés par les Triboques d’Arioviste, les Allemands poussés par les Vandales et par les hordes d’Attila, les Espagnols même y vinrent demander asile et s’y fixèrent. On retrouve encore aujourd’hui dans les noms de famille ou de pays la trace de ces alluvions diverses ; elles sont moins sensibles dans le type humain. Ces trois éléments celtique, romain et franc, se juxtaposèrent plutôt qu’ils ne se mélangèrent ; il n’y eut pas amalgame : de là provient la différence des types qui était encore fortement accusée au moment de la Révolution.