‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 32 sur 101 · AG · texte numérisé non relu

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MarqQUIS (Jean-Baptiste-Nicolas). — Né à Remiremont, le 93 juin 4701, il était sacristain de l’église des Dames de Remiremont et fut le généalogiste du Chapitre. Il a publié un Nobiliaire de la Lorraine et du Barrois, en 2 volumes in-folio; l’Arbre de ligne des Dames de Remiremont avec blason el armes; un Dictionnaire héraldique, en 3 volumes, et un Nobiliaire universel, en 6 volumes.

I] est mort à Remiremont, le 26 novembre 11790.

Manrin (Nicolas-Félix, dit Martin de Morizécourt).— Në à Darney, en 1758, il épousa une demoiselle Bresson. Avocat, puis conseiller au bailliage de Lamarche, il fut élu en février 1790 officier municipal de. Lamarche, le 40 juin 1790 administrateur du département des Vosges et en octobre 1790 juge au tribunal du district de Lamarche. Il siégea en cette dernière qualité au tribunal criminel de Mirecourt et eut à prononcer plusieurs condamnations révolutionnaires. Le 6 septembre 1792, on l’élut député-suppléant des Vosges à la Convention nationale, le 3° sur 3, par 241 voix, mais lorsqu'il fut appelé à siéger, il déclina ce mandat en alléguant l’état de sa santé. Il redevint homme de loi en 1795, fut de 1798 à 1800 président de l’administration municipale du canton de Lamarche, puis se retira à Morizécourt. Il fut maire de cette commune de juillet 1802 à décembre 4812, et mourut à Morizécourt, le 10 février 18929.

Marin (Jean-Pierre-Louis-Gustave). — Le général Martin, né à Tarascon (Ariège), le 15 février 1811, n’est vosgien que par le séjour qu'il fit à Epinal pendant plusieurs années et surtout par son mariage qui l’a fait gendre d’un des industriels les plus estimés du département, M. le sénateur Kiener. Comme presque tous les officiers généraux du génie, il a passé par l'Ecole polytechnique. Reçu le 1er décembre 1830, il sortait sous-lieutenant du génie le 6 août 1835. Lieutenant du génie le 4er janvier 14835, à sa sortie de l’école d’application de Metz, il fut placé au 1°r régiment. Capitaine du génie le 24 janvier 1838, il fut employé à Lyon, au 2° régiment, puis à Périgueux et fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 45 avril 1846. Chef de bataillon du génie le 23 décembre 1854, après 17 ans de grade de capitaine, il prit part à l'expédition de Crimée, fut grièvement blessé dans les tranchées devant Sébastopol et reçut en récompense la croix d’officier de la Légion d'honneur, le 27 avril 4855. A son retour en France, il devint chef du génie à Lunéville, puis fit la campagne d Italie. Lieutenant-colonel le 49 mai 1860, il fut placé au 28 régiment de l’arme, à Montpellier. Colonel du génie le 17 juin

4865, il fut nommé directeur des fortifications à Langres et promu commandeur de la Légion d'honneur, le 24 décembre 1869. II resta attaché à la défense de cette place pendant la campagne et c’est là qu’il fut enfin promu général de brigade, le 19 décembre 1870. Après la guerre, il commanda la subdivision de l'Eure, à Evreux, puis fut placé en disponibilité. 11 fut admis au cadre de réserve le 15 février 1873, puis retraité le 10 octobre 1878.

MarTiN (Auguste-Hippolyte). — Le lieutenant-colonel Martin est né le 22 mai 1815, à Punerot. Il partit soldat au 8° dragons, en 1856, y conquit les galons de brigadier et de maréchal-des-logis et fut promu sous-lieutenant, le 26 octobre 1843, pour y remplir les fonctions d’adjoint au trésorier. Lieutenant au 8 dragons, en même temps que de Rouot, un autre lorrain, il passa capitaine-trésorier le 29 février 1852 et prit ensuite le commandement d’un escadron. Il fut décoré de la Légion d'honneur en 1859, pendant la campagne d'Italie, et prit ensuite le peste de capitaine d’habillement. Major du 1° lanciers le 12 mars 1862, il devint, en 1865, major du régiment des lanciers de la garde impériale et reçut la croix d'’officier de la Légion d'honneur en 1868. Lieutenant-colonel d’un régiment de cavalerie de marche le 30 novembre 1870, il fut, après la guerre, placé lieutenant-colonel du 7e dragons et prit sa retraite en 1874.

Le colonel Martin est mort le 22 décembre 1882.

MARTIN (Camille). — Né à Charmes, le 15 février 1844, compositeur de musique, membre de la Société des Auteurs, il a composé les cent chants patriotiques destinés aux écoles primaires. M. Martin est professeur de musique dans sa ville natale.

Marx (Ferdinand-Daniel). — Le général Marx est né à Wissembourg (Bas-Rhin), le 23 janvier 1761, mais, marié dans les Vosges, il est venu y terminer sa carrière. Officier de cavalerie, il fit toutes les guerres de la Révolution et le 30 août 4803 il devint colonel du 7e hussards. Général de brigade le 30 décembre 1806, officier de la Légion d'honneur et baron de l'empire, il fut admis à la retraite vers la fin de l'empire et se retira à Remiremont. Il y est mort le 44 décembre 4839.

Masson (Alfred). — Né à Rambervillers, le 3 juillet 1834, il fut élève à l’école de Saint-Cyr, le 10 novembre 1859, d’où il sortit souslieutenant d'état-major le 4er octobre 1854, dans la même promotion

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qu'un autre Vosgien, Simonin, et après deux ans passés à l'école d'application il devint lieutenant d'état-major, le 8 octobre 4856, pour faire son stage au 49° de ligne, au 5° de ligne, au 4° dragons. Capitaine d'état-major le 14 mars 1859, il fut placé à l'état-major de la division de cavalerie du 3° corps, à Lunéville. Il devint ensuite aidede-camp du général de Lorencez et fit avec lui la campagne du Mexique et la guerre de 1870, à Gravelotte et à Saint-Privat; il y conquit la croix de chevalier de la Légion d’honneur, qu'il obtint le 9 septembre 1870. Après la guerre, il devint aide-de-camp du général Tixier et passa chef d’escadron d'état-major le 16 octobre 1875. Placé d’abord à l’état-major de la 42° division d’infanterie (6° corps) à Reims, il fut ensuite chef d’état-major de cette division. Lors de la dissolution du corps d'état-major, en mars 1880, il fut versé dans la cavalerie. Le 5 juin 1883 il était nommé lieutenant-colonel et maintenu hors cadres, toujours comme chef d'état-major de la 12° division d'infanterie. En 1886 il était nommé chef d'état major du gouverneur de Verdun et du groupe de défense de cette place. Il fut nommé colonel breveté du 3° chasseurs d’Afrique, le 4er juillet 1887, et maintenu hors cadres, en service d'état-major. Il est officier de la Légion d'honneur, depuis le 18 janvier 1881.

MauD’HEUX (François-Félix), — Né à Epinal le 4 février 1800, d'une ancienne famille spinalienne ; son père exerçait les fonctions de greffier en chef du tribunal civil. Elève des collèges de Remiremont et d’'Epinal, puis étudiant en droit à Strasbourg, il fut reçu avocat en 1819 et se fit inscrire au barreau d’Epinal, où plaidait déjà son compatriote le poète Pellet. Il y exerça sa profession d’avocat pendant plus de quarante ans, sans autre interruption que quelques années passées comme greffier du tribunal ; il fut plusieurs fois bâtonnier de son ordre. Conseiller général des Vosges pour le canton d’Epinal, de 1848 à 1851, il fut président du Conseil général en 1849. Maire d'Epinal de juin 1862 à décembre 1866, il dota la ville de plusieurs embellissements, Membre de la Société d'Emulation depuis 1836, il en fut plusieurs fois le président et l'était même encore au moment de sa mort. Il a publié de nombreuses études littéraires ou historiques, et à été nommé chevalier de la Légion d'honneur et officier d'académie. Maud’heux est mort à Epinal, le 13 août 1874.

Son fils, M. Félix MauD’HEUX, est avocat à Epinal ; plusieurs fois bâtonnier; président du comice agricole de l’arrondissement d’'Epinal depuis 93 ans, officier d’Académie et chevalier du Mérite agricole ; il a été candidat, non élu, au Conseil général avant 1870.

Maupru (Jean-Antoine). — Evêque constitutionnel des Vosges, Maudru naquit à Adompt, le 5 mai 1748. Ordonné prêtre en 1778, il fat nommé vicaire à Jussarupt, puis curé d’Aydoilles, où il était encore lors de la Révolution. C’est là que les électeurs vosgiens vinrent le chercher pour l’ébre évêque des Vosges le 1er mars 1794, sur le refus de l’abbé Louis Demenge, curé d’Escles, qui, élu, n’accepta point ; le lendemain il célébrait sa première messe épiscopale dans l’église paroissiale d'Epinal.

Il exerça son saint ministère à Saint-Dié pendant la Terreur et intervint pour faire cesser la révolte sanglante de septembre 1793. Arrêté néanmoins comme suspect, il fut emprisonné à Paris et resta sept mois dans les cachots. En janvier 1795, il était de retour dans son diocèse. L'évêché de Saint-Dié ayant été supprimé par le Concordat, en 1802, Mer Maudru devint simple curé à Stenay, dans la Meuse, En 1815, il fat poursuivi par les ultra-royalistes comme prêtre assermenté, et s’échappa avec peine d’une émeute où l’on voulait l’assassiner. En 1816, on lui retira la cure de Stenay, et il alla habiter Tours où il fut placé sous la surveillance de la haute police; il y fut l’objet de nouvelles vexations. Il se réfugia alors au Mesnil-Amelot, en Seine-et-Oise, dont le curé était un de ses anciens vicaires-généraux. De Ià, il se rendit à Belleville, près de Paris. Il y mourut, le 13 septembre 1820, assisté de l’abbé Grégoire, l’ancien évêque constitutionnel de Blois.

MÉLINE (Félix-Jules). — Né à Remiremont, le 20 mai 1838, il fit ses études de droit à Paris et se fit inscrire comme avocat au barreau de Paris. Le 5 septembre 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nommaïit adjoint au maire du 4€r arrondissement de Paris ; les électeurs lui confirmaient ce mandat, le 7 novembre suivant, en l’élisant par 4,339 voix. Aux élections générales du 12 février 1874, il se présenta comme candidat républicain à la députation dans les Vosges et obtint 20,062 voix sans être élu. Le souvenir de son administration pendant le siège de Paris était resté vivace chez ses administrés du 1% arrondissement ; aussi fut-il choisi par eux comme candidat de l'ordre aux élections pour la Commune de Paris, le 26 mars 1871. M. Méline fut élu membre de la Commune, le 2 sur 4, par 3,000 voix environ ; la protestation contre la révolte du 18 mars s'était faite ainsi sur son nom. Il donna naturellement sa démission, sans siéger à l'Assemblée communaliste. Il fut encore désigné, après la répression de la Commune, comme candidat au Conseil municipal de Paris, le 23 juillet 1871, dans le quartier de Saint-Germain-l’Auxerrois, mais il n’obtint que 640 voix contre 877 au notaire Prestat, candidat mo-

narchiste, qui fut élu. Enfin, le 8 octobre 1871, il fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Corcieux, et y a été constamment réélu depuis, en 1877 et en 1883; il est vice-président du conseil général.

La démission de M. Steinheil créa une vacance dans la députation des Vosges. M. Jules Méline se présenta de nouveau aux suffrages de ses compatriotes et, le 20 octobre 1872, il fut élu député des Vosges à l’Assemblée nationale, par 32,160 voix contre 25,868 au docteur Antoine Mougeot. Il y vota avec le parti républicain. Le 20 février 1876, M. Méline fut réélu député des Vosges par l’arrondissement de Remiremont, avec 8,071 voix, sans concurrent. Sous-secrétaire d'Etat au ministère de la justice et des cultes, le 21 décembre 1876 (1), avec M. Martel comme ministre et garde des sceaux, il quitta ces fonctions à la suite de l’acte du 16 mai 1877, contre lequel il protesta avec les 363 députés républicains. Le 14 octohre 1877, il était réélu député des Vosges dans l’arrondissement de Remiremont par 9,332 voix contre 5,369 à M. Auguste Krantz, papetier à Ranfaing. M. Méline fut, à la Chambre des députés, le rapporteur du tarif général des douanes et déploya dans cette lourde tâche une activité et un talent hautement appréciés de tous et qui le fit placer parmi les hommes de valeur du Parlement. Il soutint le travail national contre les libres-échangistes et l’emporta. Le 921 août 1881, il était réélu député, toujours par l’arrondissement de Remiremont, avec 9,130 voix, sans même avoir de concurrent.

Le 20 février 1883, il devenait ministre de l’agriculture dans Île cabinet présidé par M. Jules Ferry. M. Méline fut au pouvoir ce qu’il avait été dans les débats parlementaires, l’homme du devoir, laborieux, éclairé, dévoué jusqu’à l’abnéga‘ion. 11 fit pour l’agriculture française en péril ce qu’il avait fait, lors des discussions douanières, pour l’industrie. Avec sa facilité d’assimilation, son ardeur au travail, sa parole claire et convaincue, il rendit confience aux agriculteurs, déposa et fit voter des projets destinés à protéger les producteurs français et acquit rapidement dans le monde agricole la même popularité que dans le monde industriel, M. Méline partagea le sort de à tous les membres du cebinet Ferry, qui fut renversé le 30 mars 1885, à la suite de la défaite de Lang-Son. Il reprit sa place à la Chambre, se

(1) C'est donc à tort que le Dictionnaire des Contemporains de M. G. Vapereau le cite comme ayant été sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'intérieur, en 1879.

vouant exclusivement à soutenir les intérêts agricoles et industriels.

Réélu député des Vosges, au scrutin de liste, le 4e° sur 6, le 4 octobre 1885, par 47,292 voix, il a de nouveau été chargé du rôle de rapporteur des tarifs douaniers et a été élu par ses collègues, sans distinction d'opinions, président du groupe agricole de la Chambre. M. Méline est officier du Mérite agricole, ordre qu’il a fondé et que les railleries dent il a été l’objet n’empêchent pas d’être une bonne institution et un utile encouragement à l’agriculture.

Il est depuis 4882 président de l’association vosgienne de Paris.

Le 4 avril 1888, il a été proclamé Président de la Chambre des Députés, après la démission de M. Floquet, devenu ministre. Il avait eu, au 3° tour de scrutin, 168 voix contre un nombre égal accordé à M. Clémenceau ; aussi fut-il déclaré élu, par bénéfice de l’âge. Il apporta dans sa présidence, qui fut signalée par des séances orageuses, le sang-froid et l’impartialité dont il a fait preuve dan: tous les postes qu’il a occupés.

MENGIN (Joseph). — Né à Saint-Dié, le 15 février 1750, il était avocat et assesseur au bailliage et à la prévôté depuis août 1876, lorsque survint la Révolution. Maire de Saint-Dié le 8 février 1790, il devint, en juin suivant, administrateur du district et vice-président du directoire. Le 31 août 1791 il était élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 4er sur 8, par 241 voix. Après la clôture de la session il fut nommé, en novembre 1792, procureur-syndic du district de Saint-Dié. En 1796, il fut membre de l’administration municipale du canton de Fraize ; le 25 avril 41800 il devenait conseiller de préfecture des Vosges, mais il renonça bientôt à ces fonctions. Notaire à Fraïze, il géra son étude jusqu’au 8 juillet 1803.

Mengin est mort à Saint-Dié, le 40 juin 4821.

MÉNONVILLE (François-Louis-Thibaut de). — Né au château de Villé, commune de Nossoncourt, le 2 juillet 4740, il entra au service comme officier du génie le 1e" janvier 1756, fut nommé lieutenant en 1757, ingénieur ordinaire du roi en 1760, et fit campagne dans l'ile de Minorque en 1761. Capitaine d'infanterie le 24 mars 1769, il alla combattre en Pologne et fut nommé, à son retour, lieutenantcolonel d'infanterie, le 24 mars 1772, et chevalier de Saint-Louis. Major-général de l’armée envoyée au secours des Etats. Unis, il combattit avec La Fayette et Washington pour l'indépendance américaine. Brigadier d’infanterie le 1er mai 1784, il fut nommé maréchal des camps et armées du roi le 21 septembre 1788.

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