TOME IV
Député de la noblesse des bailliages des Vosges réunis à Mirecourt, en mars 1789, il siégea à l’Assemblée Constituante et y soutint les prérogatives de l’autorité royale. Il refusa d’émigrer et resta dans les Vosges, mais il fut emprisonné à Saint-Dié et n'échappa que par la fuite aux scènes sanglantes du 4er septembre 1793. Après la Révolution, il se retira à Denœuvre, près de Baccarat, et fut nommé conseiller général de la Meurthe.
Thibaut de Ménonville est mort à Denœuvre en 1816.
Son frère, Louis-Antoine Thibaut de Ménonville, né lui aussi au château de Villé, servit avec son frère dans l'armée d’Amérique et se retira du service militaire avec le grade de lieutenant-colonel ; il se livra aux travaux de l’agriculture et mourut à Villé le 7 août 183; il avait eu un fils, Félix-François Thibaut de Ménonville, né en 1786, qui, officier dans la Grande-Armée, fut tué à Wagram en 1809.
MERCIER (Joseph-Gabriel). — Né à Fontenoy-le-Château, d'une famille de cultivateurs, le 18 mars 1836, il fut élève de l’Ecole polytechnique en 1855, en sortit sous-lieutenant d'artillerie, à Metz, le 4er octobre 1857, devint lieutenant au 7€ régiment-monté le {er octobre 1859, capitaine d'artillerie le 13 août 1865 et aide-de-camp du général Princeteau qu’il accompagna, en 1863, dans une mission militaire et diplomatique en Egypte. Il fut aussi, au camp de Chälons, membre de commissions d’expériences de tir. Pendant la guerre de 4870 il assista au siège de Paris comme aide-de-camp du général Princeteau, combattit à Champigny, au Bourget, à Buzenval et fut décoré. 11 donna sa démission en 1874 et s'établit, succédant à son frère, maître de verreries à la Rochère, près de Passavant, dans la Haute-Saône, et propriétaire de tuileries à Passavant même, dont il a été élu maire. Le 4er août 1886 il devint conseiller général de la Haute-Saône pour le canton de Vauvillers. Le 29 janvier 1888, il a été élu député de la Haute-Saône, à une élection partielle, en remplacement de M. Noirot, contre M. Léon Marquiset.
MERLIN DE THIONVILLE (Paul-Christophe-Elisabeth). — Fils de l’illustre représentant du peuple de la Moselle à la Convention, il naquit à Thionville, le 18 décembre 1788. Il fit, comme officier d’artillerie, toutes les guerres de l’Empire et quitta le service en 1814. Rappelé à l’activité après la Révolution de juillet 1830, il fut promu chef d’escadron d'artillerie, en octobre 1832, puis se fit admettre, peu aprés, à la retraite. ]l acheta le château de Bruyères et s’y retira ; il
fat maire de Bruyères du 29 mars 1838 à juin 1840 set mourut à Bruyères, le 9 septembre 4864.
Ses fils, Gonzalve et Henri Merlin, ont été longtemps conseillers de préfecture des Vosges. Son petit-fils, M. Roger Marlin, est un publiciste distingué qui a été élu, le 20 mai 1888, maire de la ville de Bruyères.
MicHaux DE LA Rosière (Claude-Etienne), — Né à Senaide, le 1e juin 1745, avocat du roi à Chaumont, il devint armateur et gagna une grande fortune que les guerres de la Révolution lui firent perdre, Il est mort à Senaide, le 33 juillet 4830.
Micug (Jean-Claude). — Né à Saint-Dié, évèque de Danzara in partibus, vicaire général de la Cochinchine, il est mort dans cette colonies en 1873.
MICHEL (Charles).— Né à Rambervillers, en 1743, il fut un habile orfèvre qui travailla pour Louis XV et le roi Stanislas. Ayant perdu le bras droit, il se servit du bras gauche, puis se retira dans sa ville natale. À la Révolution, en 1791, il fut nommé juge-de-paix et mourot à Rambervillers en 1795.
MicuEL (Pierre).— Né à Celles-sur-Plaine, le 4 mars 1745, il était établi homme de loi à Lunéville, lorsqu'il fut élu représentant du peuple de la Meurthe à la Convention nationale, en septembre 1792, le Te sur 8. Il vota pour la détention et le bannissement de Louis XVI. Membre du Conseil des Anciens jusqu’en 1797, il devint, en 1800, procureur-impérial près le tribunal civil de Vic.
Micrez (Henry).— Né à Saint-Dié, agrégé actuellement professeur de droit administratif à la faculté de Paris.
Micuon (Pierre-Félix), — Le lieutenant-colonel du génie Michon est natif de Saint-Dié, où il vit le jour, le 24 février 1806. Sous-lieutenant du génie en 4840, lieutenant en 1833, il fut promu capitaine le 20 mai 1834 et placé au 3° régiment, puis détaché à l'Ecole d’application, à Mets, où il devint ensuite professeur de construction et décoré ; il fut employé plus tard aux fortifications, à Amiens. Chef de bataillon du génie, le 4° mai 4851, il fut chef du génie à Toul, Lieutenant-colonel, le 49 mai 1860, il devint chef du génie à Oran. Nommé officier de la Légion d'honneur, il prit sa retraite en février
Micor (Laurent).— Né à Bulgnéville, il fut colonel du 4° dragons, le 25 juillet 4791 ; arrèté comme suspect en 1793, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire de Paris. 11 fut condamné à mort et exécuté, le 24 janvier 1794.
MirecoURT (Eugène Jacquot, dit Eugène de). — Né à Mirecourt, le 19 novembre 181%, il se destina à l’état ecclésiastique, puis y renonça et se fit maître de pension à Chartres. En 1838, il abandonna cette profession et se fit homme de lettres; il a publié alors un certain nombre de romans et de nouvelles. Citons seulement La Lorraine, 3 volumes parus à Nancy en 1839, en collaboration avec F. S. Leloup de Charroy, dit Leupol. On peut encore signaler Les Confessions de Marton Delorme, 4 volumes en 1848, et les Mémotres de Ninon de Lenclos, en 1852. Mais il s’est surtout fait connaître par une série de petites biographies contemporaines, sous ce titre : Stlhouetles conlemporaines, où sa plume souvent indiscrète, parfois agressive, souleva de très vives réclamations.
Retiré dans un couvent, à Haïti, il s’y fit recevoir prètre.
Il y est mort, le 13 février 1880.
MonNcHABLON (Alphonse-Xavier). — Né à Avillers, le 12 juin 1835, M. Monchablon se sentit une vocation irrésistible pour la peinture et fut prix de Rome en 1863. Il a exposé de nombreux tableaux qui lui ont valu des médailles en 1869 et en 1874. Mais le public ignore beaucoup de créations de cet excellent et modeste artiste. M. Alphonse Monchablon est en effet un des rares peintres de ce temps capable de peindre ces grandes compositions décoratives qui ont fait la gloire de la peinture. Avec une science parfaite du dessin, une rare justesse de coloris, M. Monchablon à l’imagination vive et chaleureuse, la conception large, et il est à regretter qu’on ne l’ait pas mis plus souvent à même de révéler ses grandes qualités de composition et de peinture. On peut citer notamment de lui, Les glotres de la Lorraine, qu'on voit dans l’hémicycle de l’Académie de Nancy, où il a heureusement groupé les plus brillantes illustrations militaires et civiles de notre pays. Citons aussi de lui une Jeanne d'Arc, un portrait de Victor Hugo sur le rocher de Guernesey, qui a figuré au Salon de 1880 et qui se trouve au musée d’Epinal où est également placé son Cortolan; le Portrait de Mme M... et de ses enfants, au Salon de 1838, un très remarquable Portratt de M. Buffet au Salon de 1887, qui est une œuvre de premier ordre, et au Salon de 4888, le portrait du vice-amiral Roussin.
MoNTÉMONT (Albert). — Né à Rupt-sur-Moselle, le 20 août 1788, où son père, brigadier forestier, fut maire et commandant de la garde nationale en 1796, il vécut tout jeune en Allemagne, termina ses études au collège de Remiremont, dirigé par l’abbé Janny. En 1805, il entra dans l’administration des droits réunis, et fut placé successivement à Epinal, à Valence, à Gap, puis en Italie. Révoqué en 1814 pour opinions politiques, il put se livrer sans contrainte à ses goûts httéraires, composa des poésies, des odes, des chansons, et devint précepteur dans une famille anglaise. Il occupa ses loisirs en traduisant les romans de Walter Scott. Rentré en France en 1830, il fut nommé chef de bureau au Ministère des finances.
Il avait déjà publié en 1893 les Lettres sur l'Astronomie; en 4824, le Voyage aux Alpes et en Italie. Il entreprit en 1836 une publication colossale Histoire universelle des Voyages en 51 volumes ; puis le Voyage à Londres et dans les environs; le Nouveau Tableau de Paris; les Voyages pilioresques dans les cing parties du Monde ; Voyage à Dresde et dans les Vosges ; et, en outre, cinq volumes de Poésies diverses et six volumes de Chansons. ! était membre du Caveau et en fut le président. Entre autres chants, il a écrit La Vosgienne, que l’on chante à l'issue des banquets de l’Association vosgienne. Albert Montémont a été décoré de la Légion d'honneur en décembre 1850. Il est mort à Paris, le 31 décembre 1861.
MonTrort (Simon-Amédée-Philogène de). — Fils du général de cavalerie de Montfort, il naquit le 95 janvier 1841, à Epinal, où son père tenait alors garnison. Élève de Saint-Cyr, le 25 octobre 1858 ; sous-lieutenant au 4e' hussards, le 4er octobre 1860; lieutenant au 4er hussards, le 13 août 1865 ; il passa ensuite au 4° chasseurs d’Afrique. Lors de la guerre de 1870, il prit part à la fameuse charge de Sedan où fut tué le général Margueritte, et fut nommé capitaine le 3 septembre 1870, au 3° chasseurs d'Afrique. Avec ce corps, il assista aux combats livrés par l’armée de Versailles contre la Commune et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, le 23 juin 4871, puis il retourna en Algérie où il fut détaché aux affaires arabes. Major du 8° dragons, le 27 mai 4876, puis chef d’escadrons, il devint lieutenant-colonel du 23° dragons, le 5 juin 1883, et le {er juillet 4887, fut promu colonel du 20° dragons.
Monrour (Henri-François-Pierre Lebeau de). — Né le 11 décembre 1812, il fut nommé aspirant de marine le 47 octobre 1899 ; fut
— 8 — promu enseigne le 1°* janvier 1835 ; liéutenant de vaisseau, le 4* novembre 1843 ; capitaine de frégate, le 3 février 4852, et capitaine de vaisseaü, le 46 août 1862. 11 était officier de la Légion d'honneur, du 42 août 1860. Retraité, le 11 mars 1873, il £e retira & Epinal, oû il habitait le château légué à l4 ville d'Epinal par M. Lormont, premier mari de 8a femme, née Jeanne Pasquet.
Le capitaine de vaisseau Lebeau de Montour mourut à Epinal, le 41 août 4877.
MonEL (Louis), = Le général Morel, né À Champlitte (Haute- Saône), le 21 décembre 1826, porte un nom bien connu dans l'in- dustrie vosgienné ; il est frère de M, Morel, le diteoteur des papeteries d'Arohes, Engagé volontaire au {ie léger, le 18 février 1845, il passa caporal lé 20 octobre 1846 et sergent le 4er janvier 4887, Le 92 janvier 1859, il recevait les épaulettes de sous-lieutenant au 41° léger, et dès le début de la guerre d'Orient, il se distinguait assez pour obtenir la ctoix de chevalier de la Légion d’honneur, le 99 juillet 1854. Le 11° léger, devenu le 86° de ligne, fut de toutes les affaires de la éampagne de Crimée, et sous les murs de Sébastopol, le sous-lieutenant Morel fut successivement promu lieutenant, le 3 avril 1865, et capitaine, le 20 novembre 1865 ; il devint ensuite adjudant-major, Ce n’est que le 10 août 1868 qu’il passa major du 60° de ligne, et la guerre de 1870 ne lui procura pas d'avancement ; le 20 novembre 1872 seulement, il reçut la croix d’officier de la Légion d'honneur. Lieutenant-colonel du 100 de ligne, le 29 décembre 1874, il fut promu colonel du 11%: de ligne, le 14 décembre 1878 et obtint, le 7 octobre 1884, le cordon de commandeur de la Légion d’honneur. Général de brigade, le 24 octobre 1885, il commande la 34° brigade d'infanterie, 16° division, 8° corps, à Bourges.
Mouces (Jean-Baptiste), — N6 & Vagney, lé 8 août 1899, M. Mougel a constitué une superbe collection d’ornithologie où se trouvent des types de toutes les variétés connues dans les Vosges ou en Europe, soit 800 sujets de 840 espèces, à l’exclusion des oiseaux exotiques. Il possède également 225 espèces d'œufs d'oiseaux européens,
Il a été adjoint au maire de Vagney pendant cinq ans.
M. Mougel a collaboré au présent ouvrage pour l'article : Zoologie.
Mouceor (Jean-Baptiste). — Le docteur Mougeot est né à Bruyères, le 25 septembre 1776. C’est un naturaliste éminent, dont la réputation s’étendait bien au-delà du département. Reçu docteur en
médecine, après des études faites à Fribourg en Brisgau, en émigration, il fut chirurgien attaché aux hôpitaux ambulants de l’armée, depuis lan VII jusqu’à floréal an IX; pendant les campagnes de Mayence, d'Helvétie, du Danube et du Rhin. À son retour il fut nommé chirurgien de l’hospice civil de Bruyères et se consacra à ses beaux travaux d’histoite naturelle qui lui valurent sa nomination de membre correspondant de l’Académie de Médecine et la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Il a laissé un grand nomibte de publications médicales, zoologiques, botaniques et géologiques.
Membre du conseil municipal de Bruyères du 5 mai 14808 à 1840, il a été conseiller général des Vosges pour le canton de Bruyères de novembre 1883 à 1858.
Le docteur J.-B. Mougeot est mort à Bruyères, le 5 décembre 1858.
Mouceor (Joseph-Antoine). — Fils du précédent ; le docteur Antoine Mougeot naquit à Bruyères, le 8 mai 4815. Docteur en médecine, en 1857, il s’associa aux travaux de son père et lui succéda comme médecin de l'hôpital de Bruyères et comme savant. Il est auteur de différentes études géologiques et botaniques sur les Vosges, et correspondant de plusieurs sociétés savantes ; il est, en outre, secrétaire de la Société mycologique de France et membre de la Société d’'Emulation des Vosges depuis 1838.
Ses principaux travaux sont : Monographie des planles fossiles du grès bigarré des Vosges, en collaboration avec le professeur Schimper en 1844, avec 40 planches imprimées en couleur; Note sur les végélaux fossiles du grès rouge;suivie de léur comparaison avec ceux du grès bigarré; Essai d'une flore du grès rouge des Vosges et descriplion des végétaux qui s’y rencontrent, en 1852. | |
M. le docteur À. Mougeot a bien voulu écrire pour le présent ouvrage : Les Champignons el les Algues des Vosges qui occupent le tome Ile de la publication.
Chevalier de la Légion d'honneur, le 7 août 1869, il a été nommé officier d'académie le 10 janvier 1872.
Maire de Bruyères à trois reprises différentes, du 13 février 1854 à septembre 1855, puis du 16 janvier 1861 à janvier 1868, et du G septembre 1871 à mai 1876, M. le docteur Mougeot, pendant son administration, a fondé la Caisse d’épargne, créé la Société de secours mutuels et contribué énergiquement à la construction du chemin de fer avec gare à proximité de la ville.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Bruyères, en février 1859, en remplacement de son père, il a siégé à cette assemblée jusqu’en 1880 ; il a été président du Conseil général d'octobre 1871 à 1873.
Candidat à la députation dans les Vosges, le 20 octobre 18792, il a réuni 25,868 voix contre 32,160 à M. Méline sans être élu. Aux élections pour le Sénat, du 30 janvier 1876, il a obtenu 288 voix sans pouvoir être élu.
Moucin (Xavier). — Né à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le 44 juin 1837, il fut élève de l’Ecole polytechnique, conseiller général des Vosges pour le canton de Charmes depuis novembre 4871; il est directeur de la verrerie de Portieux, membre de la commission départementale et du conseil départemental de l’enseignement primaire. Îl est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1885.
MuEL (Claude-Léon).— Le lieutenant-colonel Muel est né à Epinal, le 22 août 1822. Elève à l’Ecole de Saint-Cyr, il sortait, le 4er octobre 1845, sous-lieutenant au 4° cuirassiers et allait suivre les cours de l’école de cavalerie de Saumur. Il passa en 1848 sous-lieutenant au 4er carabiniers. Lieutenant au même régiment en 1849, il y passa capitaine le 4er mai 1854. Détaché comme officier d'ordonnance auprès du général de division Féray, le gendre du maréchal Bugeaud, le capitaine de carabiniers Muel fit la campagne de Crimée. Il fut décoré de la Légion d’honneur en 1861, toujours comme capitaine au 4er carabiniers, et il y resta lorsque, devenu régiment unique de carabiniers, il fut incorporé dans la garde impériale. Chef d’escadrons au 1° spahis le 12 août 1866, il combattit en 1870 à l’armée de la Loire et fut promu lieutenant-colonel le 14 novembre 1870. Après la guerre, il fut placé comme lieutenant-colonel au 10+ cuirassiers. Il se fit admettre, avant l’âge, à la retraite en 1875.
NAJEAN (Véridique).— Né à Neufchâteau, le 2 juin 1795, il débuta par la carrière des armes et à 18 ans servait comme sous-lieutenant d'infanterie dans la vieille garde impériale, au 1° grenadiers. Licencié après Waterloo, puis exilé, il rentra en France en 1817, se fit recevoir avocat et inscrire au barreau de Neufchâteau. Chef de bataillon de la garde nationale, il fut élu conseiller d’arrondissement du canton et fit partie de l'opposition sous le règne de Louis-Philippe.
Sous-commissaire de la République dans l’arrondissement de Neufchâteau, en février 1848, il fut élu représentant du peuple des Vosges à l'Assemblée Constituante, le 93 avril 1848, le Ge sur 11, par 61,941 voix et vota avec le parti républicain.
Non réélu à l’Assemblée Léglislative, il vécut désormais dans la vie privée.