‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 36 sur 101 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

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RousseL »'HurgaL (Nicolas-François, baron, puis vicomte). — Le général d'Hurbal est né à Neufchâteau, le 7 septembre 1763. Général de division, le 4 décembre 1812, il se distingua pendant la campagne de France, en 1814, à la tête d’une division de dragons, notamment aux combats de Reims et de la Fère-Champenoise ; il commanda pendant la campagne de 1815 une division de carabiniers et cuirassiers (12° de cavalerie), dans le 3° corps de cavalerie (général duc de Valmy); et combattit à Waterloo où ses régiments subirent de grandes pertes dans les charges héroïques de cette bataille; il vit tuer à ses côtés un de ses généraux de brigade, le général Donop. Il fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur.

Le général Roussel d’Hurbal est mort en avril 1859. Le général d'artillerie Courtois (voir ce nom) est son neveu.

Rouyer (François-Firmin). — Né à Vouxey, le 30 juin 1760, il devint avocat en 1780 à Neufchâteau, où son père était subdélégué de l'intendance de Lorraine. Il fut ensuite lieutenant de la maîtrise des eaux et forêts. A la Révolution, il fut d’abord élu juge de paix du canton de Vouxey, puis président du district de Neufchâteau. Sous l’Empire, il devint inspecteur des forêts, et lors de l'invasion de 1844, il organisa avec les gardes-forestiers un corps franc qui chercha à défendre les défilés des Vosges et prit part au combat d’Epinal. Destitué par la Restauration, il organisa de nouveau en 4815, le premier corps-franc des Vosges. Elu député des Vosges à la Chambre des Représentants, en mai 1815, il y siégea peu et fut dé-

coré de la Légion d'honneur le 40 juin. Retraité, comme inspecteur des forèts, le 45 juillet 1818, il se retira à Neufchâteau, où il mourut.

Rouyer (Nicolas- François). — Frère du précédent, il naquit à Vouxey, le 5 mars 1762 et entra dans l’ordre de Malte où il obtint une commanderie et y resta jusqu’à la dissolution. Il devint ensuite secrétaire de légation en Suisse, et chevalier de la Légion d’honneur. Rentré à Neufchâteau, il y mourut peu après

RouYEr (Marie-François, baron). — Frère des précédents, né à Vouxey, le 2 mars 1765. Il entra d’abord, comme beaucoup de Lorrains, au service de l’empereur d’Autriche et servit dans la cavalerie où il combattit contre les Turcs. Il refusa de marcher contre la France et prit même rang dans l’armée du Nord. Capitaine d’infanterie, puis adjoint aux adjudants-généraux, il se distingua par de nombreux traits de courage et de sang-froid. Colonel du 93° de cavalerie (cuirassiers), le 18 février 1194, puis adjudant - général (colonel d'état-major), en juillet suivant, il fut promu général de brigade, le 30 juillet 1799, et général de division, le 24 décembre 1805. En 1805, il commandait à Austerlitz la 17e division d’infanterie, il figura aussi dans les campagnes de 1806 et de 1807, puis en Espagne en 1808, où il refusa d’adhérer à la capitulation du général Dupont à Baylen. En 1809, il combattit dans le Tyrol. Admis à la retraite en 1815, il se fixa à Neufchâteau. Commandeur de la Légion d'honneur, il était aussi chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer. Le lieutenant-général baron Rouyer est mort à Harchéchamp, le 40 août 1824.

RouYEr (Charles-Etienne). — Né à Vicherey, le 46 mars 4760, le général Rouyer était entré au service le 4ef juin 1780, comme soldat au beau régiment des Gardes françaises, où il devint grenadier le 46 août 1784 et rentra dans ses foyers le 15 mai 1787. Sous-lieutenant au 2%5* de ligne le 15 septembre 1794, il passa rapidement lieutenant, le 1er mai 1792, et capitaine le 1er octobre 1792, dans le même régiment. Le 10 février 1793 il était nommé lieutenant-colonel en premier du 1er bataillon des volontaires nationaux de Jemmapes et le 29 octobre 1793 il devenait adjudant-général chef de brigade et était employé à la force armée de Paris. Général de brigade le 8 avril 1794, il commanda les troupes à l’île de Sainte-Lucie (Antilles), puis passa à la Guadeloupe, où il fut tué en juillet 1794, d’un éclat de bombe qui vint le frapper à l’attaque du fort de Fleur-d'Epée,

Il y eut en outre deux autres généraux Rouyer, qui n’appartenaient pas à la famille des précédents et n'étaient pas vosgiens; l’un, Jean- Pascal Rouyer, ancien conventionnel, général de brigade le 21 mars 1796, était né à Pézenas, le 17 mars 1764 et mourut à Bruxelles, le 20 octobre 1819; l’autre, Jean-Victor Rouyer, baron de Saint-Victor, colonel du 70° de ligne, général de brigade le 47 novembre 1808, était né à Verdun (Meuse), le 28 mai 1756 et mourut à Clermont-Ferrand, le 4er mai 1818.

RovEL (Joseph-Jules).— Le commandant Rovel était né à Senones, le 41 mars 1838. Elève à l'Ecole polytechnique en 1851, sous-lieutenant d'artillerie le 4er octobre 1853, il ne fit qu'un an à l'Ecole d'application, à cause de la guerre de Crimée, et fut placé au 16: d’artillerie à cheval. Lieutenant d'artillerie le 4er octobre 4855, il fut mis au 4° d'artillerie à pied et resta cinq ans dans ce grade. Capitaine d'artillerie le 23 octobre 1860, il compta au 9° d’artillerie-monté, puis fut détaché à l’Ecole de pyrotechnie à Metz, où il passa successivement capitaine en premier, le 21 décembre 1866, et chevalier de la Légion d'honneur en 1868. Il y resta pendant le siège de Metz. Après la guerre, il fut attaché à la direction d'artillerie de Constantine. Chef d’escadron d'artillerie le 28 janvier 1875, il fut placé au 33° régiment. Il allait être promu lieutenant-colonel, en 1881, lorsqu'il demanda prématurément son admission à la retraite afin de pouvoir se présenter à la députation dans les Vosges. Il fonda alors à Saint-Dié le journal le Palriole vosgten.

Candidat républicain radical dans les deux circonscriptions de l’arrondissement de Saint-Dié, il échoua dans toutes deux le 21 août 1881 ; il avait obtenu, dans la {re circonscription, 1,231 voix contre 7,231 à M. Jules Ferry, et 2,510 voix, dans la 2° circonscription, contre 5,682 à M. Albert Ferry.

Il mourut à Lussac-les-Châteaux (Vienne), d’une maladie de cœur, le 41 juillet 1882.

Rovez (Henri). — Né à Saint-Dié; c'est un peintre de talent qui a exposé aux salons annuels.

RoyEer-CoLLARD (Pierre-Paul).— Né à Sompuis (Marne), le 21 juin 4763, il fut élu député des Vosges par les libéraux de l’arrondissement de Neufchâteau, en novembre 1827 ; il fut nommé président de la Chambre des députés. Quelques jours auparavant, il était devenu membre de l’Académie française. Orateur, publiciste, philosophe,

littérateur, Royer-Collard a occupé une grande place dans les évènements contemporains. Îl mourut à Châteauvieux (Loir-et-Cher), le 8 juillet 1845.

RuYr (Jean). — Né à Charmes vers 1560, il fut chanoine de Saint- Dié et chantre en 1588 ; il a écrit les Recherches des saintes Antiquités de la Vôge, avec gravures de Callot. Il est mort à Saint-Dié en 1645.

SADOUL (Lucien). — Né à Raon-l’Etape, le 18 août 1845, il entra jeune dans la magistrature. Procureur-général près la cour d’appel de Nancy, il fut chargé du règlement avec les autorités allemandes des différents soulevés par le meurtre, à la frontière, d’un habitant de Vexaïncourt, en octobre 4887, et pour l'affaire Schnæblé, à Pagnysur-Moselle, en avril 4887. Il est officier de la Légion d'honneur.

Son frère aîné, Adrien SADoOUL, né à Raon-l’Etape en 1841, y fut brasseur et adjoint au maire. Le 8 octobre 1871 il fut élu, par 1,002 voix, conseiller général des Vosges pour le canton de Raonl’Etape et réélu le 4 novembre 1877 par 2,380 suffrages. Il était secrétaire du conseil général, membre et secrétaire de la commission départementale.

Il est mort à Raon-l’Etape, le 13 septembre 1879.

Sanr-Dré. — Voir Dié (Saint-).

SAINT-JACQUES (Dominique de). — Né à Châtel-sur-Moselle, le 16 janvier 1761, il fut l’aide-de-camp et l’ami du jeune duc d’Enghien et n'échappa que par hasard à l’arrestation de l’infortuné jeune homme à Ettenheim, en 1804. A la Restauration il fut nommé, à la demande du prince de Condé, colonel d'état-major. Mis en non-activité en août 1830, il fut admis à la retraite le 24 juillet 14835.

SAINT-RomaRIc. — Voir Romaric (Saint-).

SALME (Jean-Baptiste). — Le général Salme est né dans la Meuse, à Allianville, village à quelques kilomètres de Neufchâteau, le 18 novembre 4766. Soldat au régiment de dragons de Noailles en 1784, il ne quitta le service qu’en 17941 et se retira à Neufchâteau. En août 4791 il s’engagea dans le 1e bataillon de volontaires des Vosges et fut nommé adjudant-sous-offieier, puis il franchit rapidement les

grades subalternes et devint capitaine des canonniers du bataillon, puis lieutenant-colonel. Général de brigade le 30 mars 4794, il fut blessé dans la campagne de Belgique, se distingua à l’armé de Sambre-et-Meuse, et fut destitué en 1795 à cause de ses attaques contre la Constitution de l’an IIL. Il reprit du service en 1799 sous les ordres du général Moreau, commanda une brigade en Italie, tomba grièvement blessé sur le champ de bataille de la Trebbia et fut fait prisonnier. En 4809, il eut un commandement dans l’expédition de Saint- Domingue, fut un des rares généraux républicains survivants de cette funeste campagne, et dès son retour fut mis en non-activité, puis à la retraite. Rappelé au service en 1809, il reçut un commandement en Belgique, puis en avril 1810 passa en Espagne et concourut au siège de Tarragone ; il y fut tué le 28 maï 1841, à l'assaut du fort Olivo.

SAYE (Gilbert-Daniel-Gaston). — Né à Saint-Dié, le 22 août 1844, artiste peintre, élève de Gleyre. Exposa au Salon de 1870, Prométhée (le peuple) pressentani sa délivrance, médaille de bronze. Poursuivi pour participation à la commune insurrectionnelle de Paris en 1871, il s’expatria et, avant l’amnistie, revint à Saint-Dié, dont il décora la salle des Fêtes. Il a collaboré à plusieurs journaux et revues politiques et artistiques, entre autres au Bullelin de la Société Philomatique, qui a publié de lui onze notices d’histoire locale accompagnées de dessins. Environ 350 eaux-fortes et lithographies de lui ont paru à Paris, à Bâle, à Strasbourg et à Nancy. Dans cette dernière ville, où il est décorateur du théâtre, il fit la décoration de l’'Eden, du Casino et de plusieurs hôtels particuliers.

SCHEPLER (Louise). — Elève, puis auxiliaire d'Oberlin, elle créa au Ban-de-la-Roche, en 1779, sous la direction du pasteur, la première salle d’asile et voua toute sa vie à l’éducation gratuite de l’enfance. En 1829 elle reçut le prix de vertu, dit prix Monthyon. Orpheline, née en Alsace, elle fut naturalisée vosgienne par son dévouement. Elle mourut le 95 juillet 1837.

SÉHÈRE, — Né à Epinal en 1050, il fut le fondateur et le premier supérieur, en 4093, de l’abbaye de Chaumouzey, dont il a écrit l’histoire. Il y mourut le 8 mai 1198.

Il est l’auteur d’une chronique de Chaumouzey, publiée par Dom Calmet et dans les Documents inédits de l’histoire des Vosges.

SCHOUMANN (Gabriel Schumann ou). — Né à Bruyères le 18 mars 1839, il appartint pendant plusieurs années à l’enseignement et fut professeur dans divers collèges. Il a publié de nombreuses poésies, entre autres, en 1886, Les Vosges poéliques où respire un ardent amour de la terre natale, un sentiment profond et ému de la nature. M. Schoumann est certainement, avec Pellet, un des rares poètes vosgiens dignes de ce nom. Il est membre de la Société d’'Emulation.

SEILLIÈRE (baron). — Né à Reims, d’une famille originaire de Saint-Mihiel (Meuse), le 30 avril 1809, il fut l’un des plus grands industriels vosgiens à La Broque, à Senones, à Schirmeck ; il avait commencé par être employé chez Heywood, qui introduisit l’industrie cotonnière dans les Vosges lors du blocus continental. Devenu son associé, puis son gendre, il donna une grande impulsion à ses établissements et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Maire de La Broque, conseiller d'arrondissement, il fut élu en 1848 conseiller général des Vosges pour le canton de Schirmeck ; il échoua aux élections pour l’Assemblée Constituante.

Il est mort à Paris, le 20 mai 1852.

Son fils, Nicolas-Ernest Seillière, mort le 8 août 1864, a été de 1852 à 1864 conseiller général des Vosges pour le canton de Senones, dont son fils, Edgar-Aimé Seillière, né à Reims, le 21 juin 4835, mort subitement à Paris, le 10 octobre 1870, ingénieur des arts et manufactures, a été aussi le représentant de 1864 à 1870.

La manufacture Seillière est aujourd’hui dirigée par MM. Vincent, Ponnier et Cie, anciens associés de la famille Seillière.

__ M. le baron Frédéric Seillière, frère d’Edgar-Aimé, dirigeait l'usine

de Senones au moment de la guerre et faillit être fusillé comme chef de francs-tireurs, le 4 octobre 1870, lors de l’occupation de la ville par les Prussiens. C’est ce dernier qui a retrouvé les restes de Dom Calmet dans l’église de Senones et a fait ériger la chapelle où repose l'historien lorrain. Les membres de la famille Seillière reposent tous dans le cimetière qu’ils ont donné, en 1857, à la ville de Senones.

SERRARIUS (Nicolas, Serrier ou). — Né à Rambervillers, le 5 décembre 1555 et élevé à Remiremont et en Allemagne, il entra dans la compagnie de Jésus en 4572 et devint professeur de philosophie à Cologne, puis professeur de théologie à Mayence. Défenseur ardent de la religion catholique, il a publié quarante-cinq volumes de théologie ou d’histoire, notamment une Wisloire civile, ecclésiastique el littéraire de Mayence. 11 mourut à Mayence, le 20 mai 1610.

SIMÉON (Henri, vicomte). — Petit-fils du jurisconsulte Jérôme Siméon, qui fut membre du Conseil des Cinq-Cents, un des auteurs du Code civil, pair de France et ministre sous la Restauration ; fils du comte Siméon, qui fut ambassadeur, conseiller d'Etat, pair de France et directeur général des beaux-arts ; Henri Siméon naquit à Florence, où son père était ministre plénipotentiaire, le 16 octobre 1803. Attaché d’ambassade en 1824, puis auditeur au Conseil d'Etat en 1896, il n’avait que 27 ans lorsqu'il fut nommé, après la Révolution de Juillet, le 14: septembre 1830, préfet des Vosges. Il témoigna dans ses fonctions de beaucoup de tact, d'activité, de vigueur et de travail pendant les cinq années qu’il y passa.

Le12 novembre 1835, il passait à la préfecture du Loiret, puis à celle de la Somme. Conseliler d’Etat, il fut nommé directeur-général des tabacs, et commandeur de la Légion d'honneur. Cependant les Vosges n'avaient pas perdu le souvenir de son administration et en 1843, à la mort d'Hector Bresson, Siméon fut élu député des Vosges par J’arrondissement de Remiremont et réélu en août 1846 ; il représenta jusqu’à la Révolution de 1848, les Vosges au Parlement. En 1850, le Var, pays d’origine de sa famille, l’élut représentant du peuple à

l’Assemblée Législative. Dès 1859, il était appelé à siéger au Sénat de l'Empire. -

Henri Siméon consacra ses dernières années aux lettres et à la traduction en vers des œuvres d’'Horace.

Le comte Henri Siméon est mort à Paris, le 21 avril 1874.

SIMONIN (Henri-Charles). — Originaire de Charmes, dont son grand-père a été maire sous le premier Empire, le colonel Simonin est né à Nancy (Meurthe), le 9 février 1833. C’est aussi un élève de l'Ecole de Saint-Cyr, d’où il sortit le 1er octobre 1854, comme souslieutenant-élève à l’école d'état-major. Lieutenant d'état-major, le 3 octobre 1856, il fit son stage réglementaire au 8e de ligne, au 40° de ligne, au 6° cuirassiers. Capitaine d'état-major, le 24 décembre 1858, il fut attaché à l’état-major de la 5° division militaire à Metz, puis au dépôt de la guerre. Il donna sa démission, le 5 septembre 1868. On organisait alors la garde mobile et le 25 octobre 1868 il fut nommé chef du {cr bataillon de mobiles des Vosges (contingent d’Epinal).

Lorsque éclata la guerre contre l'Allemagne, il partit avec son bataillon qui forma le 58° régiment de mobiles (3 septembre 1870), avec deux autres bataillons des Vosges. Lieutenant-colonel après le combat de la Bourgonce, en octobre 1870, colonel peu de temps

après, il fut nommé, le 8 décembre 1870, au commandement de la 2e brigade de la 3° division (Ségard) du 208 corps (Clinchant), et fit vaillamment la campagne de l'Est. Ce n’est qu’à la guerre finie qu'il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 7 septembre 1871.

Lieutenant-colonel commandant le 43° régiment territorial d’infanterie, le 23 juillet 1875, il resta plusieurs années à la tête de ce régiment formé des territoriaux vosgiens. Îl ne quitta ce commandement que le 17 février 1881.

Le 14 octobre 1877 il se présenta à la députation dans l’arrondissement de Mirecourt, contre l’un des 363 sortants, M. Edouard Bresson. Il échoua avec 5,286 voix, alors que M. Bresson était élu par 9,749 suffrages, °

SOMMIER (Jean-Claude). — Né à Vauvillers (Haute-Saône), le 22 juillet 1661, et élevé à Besançon, il devint prêtre, docteur en droit et en théologie et fut nommé curé de La Bresse où il resta dix ans ; il fut ensuite curé de Girancourt, puis de Champ-le-Duc, près de Bruyères. Devenu prédicateur du duc Léopold et chargé par lui de missions diplomatiques, il fut nommé chambellan du Pape, puis archevêque de Césarée in partibus. Le duc de Lorraine le nomma conseiller d'Etat et grand-prévôt de Saint-Dié. Il a laissé de nombreux ouvrages, entre autres une Jistoitre de l'Eglise de Saint-Dté, publiée en 1726. Il est mort le 5 octobre 1737.

SouHaAIT (Joseph-Julien). — Né le 9 janvier 1759, à Raon-l’Etape, où son père était maitre des eaux et forêts, il était avocat à Saint-Dié au moment de la Révolution. Officier municipal en février 1790, Julien Souhaït fut nommé maire de Saint-Dié le 15 novembre 1790, il occupait encore ce poste lorsque le 4 septembre 1792 il fut élu représentant du peuple des Vosges à la Convention nationale, le 3° sur &, par 241 voix. 11 vota la mort du roi, mais avec l’ajournement et siégea à la Montagne. Elu, le 42 octobre 1795, député des Vosges au Conseil des Cinq-Cents, le 5° sur 8, par 184 voix, il siégea jusqu’en 1:99, et protesta contre le 18 brumaire. Toutefois, il accepta quelque temps après la place de receveur des contributions directes du département du Nord, puis le poste de receveur-général des finances en Hollande ; il vota cependant non lors du plébiscite pour l’élévation de Bonaparte à l’Emprre et fut destitué; il vécut dès lors dans la vie privée. Proscrit comme régicide en 4816, il alla demeurer en Belgique et ne rentra en France qu'après la Révolution de juillet 1830. I se fixa à Nancy et, possesseur d’une grande fortune, il l'employa à une

foule de bonnes œuvres de toute nature ; par son testament, il légua une somme importante pour servir des rentes à ses collègues survivants de la Convention nationale. Il] laissa le reste à son fils, qui s'était retiré du service militaire avec le grade de chef d’escadron d'artillerie.

Son frère, Jean-Baptiste Souhait, né à Saint-Dié, le 7 mars 1760, capitaine de la 3° compagnie du 3° bataillon de volontaires des Vosges, mourut à La Rochelle, en janvier 1795. Un autre frère, Joseph-Nicolas Souhait, né à Saint-Dié en 1773, sous-lieutenant de canonniers au 14° bataillon des Vosges, devint capitaine du génie le 4er mai 1793.

Julien Souhait mourut à Nancy, le 12 décembre 1842.

SPITZEMBERG (Charles-Hyacinthe Hugo, baron de).— Né à Saint-Dié, il fut commandant de la garde nationale de cette ville en 1789. Interné comme suspect en 1793 dans l’évêché de Saint-Dié, transformé en prison, il en fut arraché le 4e septembre 1793 par une bande de furieux, traîné à travers les rues de la ville et égorgé. Par sa femme, née Lhuillier, il avait hérité, en 1736, du titre de baron de Spitzemberg.

Ses fils avaient émigré en Allemagne en 1794 et servirent contre la France. Mais ses deux petits-fils, généraux dans l’armée wurtembergeoise, obtinrent en 1870 de ne pas participer à la guerre. L’un d’eux, Guillaume, lieutenant-général et 1°e' aide-de-camp du roi de Wurtemberg, est mort à Stuttgart, en séptembre 1888.

STEINHEIL (Georges). — Né à Strasbourg en 1818, il devint manufacturier à Rothau. Elu député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 12 février 1871, le 8° sur 8, par 21,290 voix, il vota contre la paix et donna sa démission le 15 mai 4872. II fut remplacé par M. Méline.

M. Steinheil est chevalier de la Légion d’honneur depuis le 12 août 1868.

STÉVENOT (Claude-Louis). — Le colonel Stévenot est né à Plombières, le 18 avril 1764.

Retraité le 11 mai 4814, le colonel Stévenot est mort à Paris, le 27 mai 1837.

SUMPT (Louis-Joseph). — Le général Sumpt, bien que né hors des Vosges, est vosgien d’origine et de cœur. Un Sumpt figure parmi les électeurs de Bruyères en 1789; (on orthographiait alors son nom : Sompf); le père du général, sous-lieutenant au 20° léger (ancienne

légion des Vosges) en 1829, ‘qui prit sa retraite comme capitaine d'infanterie, était né à Bruyères et mourut à Grandvillers, dans un âge très avancé. Le général, lui, est né à Nancy, le 13 novembre 1816. Après avoir fait ses études au collège d’Epinal, il partit, le 923 novembre 1834, comme engagé volontaire à 148 ans; mais il continuait à travailler et, trois ans après, il quittait ses galons de sergent qu’il avait obtenus, le 7 juin 1836, pour entrer comme élève à l'Ecole de Saint-Cyr ; il y eut vite reconquis le grade de caporal le 12 septembre 1838, puis celui de sergent et le 1°" octobre 1839, il sortait de l'Ecole avec les épaulettes de sous-lieutenant. Classé un des premiers, il choisit le corps d'état-major, où il eut, comme camarades de promotion, les futurs généraux Berthaut, Lallemand, Appert, Ferri-Pisani, Folloppe, Beaudoin, le colonel Ch. Martin et deux autres vosgiens, Laurent-Chirlonchon et Paulon. Lieutenant d’état-major, le 14 janvier 1842, et capitaine le 30 août 1844, il accomplit le stage réglementaire au 39° de ligne, au 10* léger, au 36° de ligne, au 2° chasseurs d'Afrique. Il devint aide-de-camp du général Etienne Cuny, puis du général d'Hautpoul. Le 10 décembre 1851 il était nommé chevalier de la Légion d'honneur ; il fit la campagne de Crimée à l’état-major de la 6° division (général Pâté), puis à celui du général Regnault de Saint-Jean d’Angély, et le 27 mars 1856, il était promu au grade de chef d’escadron d'état-major. Il fut envoyé à la division d'occupation en Italie, à Rome, et y fut nommé, le 413 août 1859, officier de la Légion d'honneur ; lieutenant-colonel, le 26 décembre 1864, il fut maintenu au corps d'armée d'occupation dans les Etats romains, mais cette fois comme chef d'état-major. Peu avant la guerre, il rentra en France comme chef d’état-major de la 22e division militaire, à Grenoble. En juillet 1870, il partait avec cette division, commandée par le général Conseil-Dumesnil, qui devint la 4re du 7e corps d'armée (général Félix Douay) et alla s'organiser à Belfort. Dès le début des hostilités, la division Conseil-Dumesnil fut aux prises avec l’ennemi. Elle accourut, seule du 7e corps, au secours du maréchal de Mac-Mahon, et prit part à la sanglante bataille de Frœæschwiller où elle perdit un général de brigade et deux lieutenants-colonels tués. En récompense de sa conduite à cette affaire, Sumpt fut nommé colonel d'état-major, le 20 août 1870. Il suivit sa division au camp de Chälons, d’où elle partit pour Sedan.

Le 7e corps, dont faisait partie la division Conseil-Dumesnil, fut écrasé dès le début de la bataille de Sedan, le 1er septembre 4870, par la formidable artillerie allemande. C’est vers midi, au moment

où le colonel Sumpt donnait l’ordre au 3° bataillon du 47° de ligne de se porter en avant sur le plateau d’Ily, qu’un obus lui emporta les deux poignets. Il tomba grièvement blessé et longtemps l’on craignit pour sa vie. Aujourd’hui, des mains articulées remplacent tant bien que mal les membres absents.

Aussi M. Thiers, vivement ému de cette cruelle blessure, voulutil, autant qu'il était en son pouvoir, l’adoucir pour le glorieux mutilé, et, par un décret daté du 2 avril 1871, il nomma général de brigade le colonel Sumpt, avec rang du 27 octobre 1870. La Commission de révision des grades, nommée par l’Assemblée nationale, maintint la décision de Thiers et confirma dans son grade le général Sumpt, mais en reculant la date de sa nomination au 16 septembre 1871. Le général Sumpt fut en outre investi des fonctions de commandant de l’Hôtel des Invalides, dont, plus que tout autre, il était digne, et le 3 août 4875, il était nommé commandeur de la Légion d'honneur. Placé avant l’âge, au cadre de réserve, en décembre 1875, en raison de sa blessure, le général Sumpt a été admis à la pension de retraite, le 3 décembre 1878.

À la mort du général de Martimprey, gouverneur des Invalides, en 1883, qui ne fut pas remplacé, le général Sumpt fut maintenu à la tête des vieux soldats auxquels la Patrie offre un abri; il y est encore aujourd'hui,

Le général Sumpt est, en outre, commandeur de l’ordre de Pie IX que lui a valu son long séjour à Rome; officier de l’ordre de François Ier des Deux-Siciles ; officier du Medjidié et décoré de la médaille de la valeur militaire de Sardaigne.

Il est aussi l’un des vice-présidents de l’Association vosgienne de Paris.

TANANT (Adrien). — Né à Châtel-sur-Moselle, le 10 janvier 1895, il fut notaire à Charmes de 1853 à 1868, puis juge de paix à Schirmeck en 1869 ; au Thillot, en 1871, et démissionnaire en mai 1873. Réintégré juge de paix à Compiègne, puis à Guise, il revint en 1878 juge de paix à Epinal.

I] avait été élu, le 8 octobre 1871, conseiller général des Vosges pour le canton de Châtel, mais il échoua au renouvellement en 1874. I fut réélu de nouveau, le 1°" août 1880. En janvier 1889, il se présenta comme candidat républicain au Sénat, mais il échoua contre

M. Kiener. Membre de la commission départementale et du conseil

départemental de l'instruction publique, il était officier d'académie

de janvier 1879, et décoré de la Légion d’honneur, le 13 juillet 1880. Adrien Tanant est mort à Epinal, le 10 février 1885.

THIÉBAULT (Dieudonné). — Né le 26 décembre 1733, à La Roche, près de Rumont; ce fut un grammairien distingué que le roi de Prusse Frédéric II appela à Berlin pour lui confier une chaire de grammaire générale; il y resta vingt ans. Il revint ensuite à Epinal, puis fut nommé proviseur du lycée de Versailles. Il y mourut, le 5 décembre 1807.

THIÉBAULT (Paul - Charles - François - Adrien - Henri - Dieudonné, baron). — Fils du précédent, le général Thiébault naquit à Berlin le 14 décembre 1769; il revint dans les Vosges avec son père. Grenadier de la garde nationale parisienne en 1789, il partit comme sergent dans un bataillon de volontaires de Paris et conquit tous ses grades en combattant. Chef de bataillon à Capoue en 1798, il excita l’admiration de l’armée par sa vaillance ; il se distingua encore en 1799 au combat de Viareggio. Général de brigade le 30 avril 1800, il joua un rôle décisif à la bataille d’Austerlitz; il fut en récompense nommé gouverneur de Fulda, puis devint général de division le 17 novembre 1828. Il combattit ensuite en Portugal. avec Junot, et en Espagne, où il fut gouverneur de la Biscaye et de la Vieille-Castille. Retraité en 1815, le général Thiébault est mort à Paris, le 31 octobre 1846.

THIÉBAULT (Henry).— Né à Dompaire, le 1er octobre 4849, il entra en 1872 dans l’administration de l’enregistrement et des domaines, où il occupe depuis 1882 le grade de sous-inspecteur, détaché au gouvernement général de l’Algérie.

Ïl a publié en 1886 un volume de poésies patriotiques : Chants d'un français, qu’il a dédié à son frère Edmond, mutilé de la guerre de 1870; ces poésies, franches et vigoureuses d’allures, sont pleines de feu et dénotent un réel talent et un cœur profondément épris de la patrie vosgienne.

THIRIAT (Florentin). — Né à Mirecourt, le 15 novembre 1589, il devint avocat à la cour souveraine de Lorraine et se fit remarquer par son érudition et son habileté. Homme de lettres autant qu'avocat, il fut victime de son esprit caustique. Ayant fait une satire contre le comte François de Vaudémont, celui-ci, furieux, s’empara du malheureux poète, le fit condamner à mort et pendre par le bourreau.

THrrrAT (Jean-Baptiste). — Né à Deyvillers, le 4er juillet 1768, le docteur Thiriat, médecin à Epinal, puis médecin inspecteur des eaux de Bains et de Plombières, a laissé le souvenir d’un homme de bien et d’un savant de mérite. Il mourut à Epinal, le 30 octobre 1827.

THIRIAT (Xavier).— Né au Syndicat-de-Saint-Amé, le 25 décembre 1835, il est auteur de plusieurs ouvrages d’histoire locale et de littérâture populaire vosgienne, entre autres la Vallée de Cleurte et le Journal d'un Solitatre. Ce dernier livre a été couronné d’un prix Monthyon par l’Académie française. M. Xavier Thiriat, presque paralysé à la suite d’actes de dévouement, habite aujourd’hui l’Algérie.

THomas. — Député des Vosges à la Chambre ‘des Représentants, en mai 1815, il cessa de l’être le 8 juillet suivant et ne fut plus réélu depuis. |

Tomas (Nicolas-Joseph), — Le général de division Thomas est né à Soulosse, vieille cité romaine, aux confins de Lorraine et de Cham- . pagne, le 9 juillet 1825. Soldat engagé volontaire le 17 décembre 1845,

il entrait deux ans après à l’Ecole de Saint-Cyr, où il recevait les galons de caporal le 3 décembre 1848 et ceux de sergent le 6 avril 1849. Il en sortit sous-lieutenant au 11° léger, le 4er octobre 1849, devint lieutenant le 30 décembre 1852 et partit avec ce grade pour la Crimée, Dans cette lutte gigantesque de toute heure et de tout instant, le 11° léger, devenu 86° de ligne, se distingua au premier rang. Mais . ses pertes furent énormes, le jeune lieutenant Thomas, blessé deux fois,reçut la double épaulette de capitaine le 3 avril 1855 et, le 8 septembre, il conduisait à l’assaut de Malakoff sa compagnie et même le régiment entier, tous les officiers supérieurs ayant été atteints par le feu de l’ennemi. Aussi, il recevait, dès le {4 septembre 1855, la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Avec le 86e, il fit encore la campagne d'Italie comme capitaine adjudant-major. Chef de bataillon le 143 août 1863, il passait, en 4865, major du 4° voltigeurs de la garde impériale et, le 26 juin 1867, était nommé officierde la Légion d’honneur. Lieutenant-colonel du 60° de ligne le 27 février 1869, il fit la guerre contre l'Allemagne au 3° corps de l’armée du Rhin (division Aymard) et combattit à Gravelotte et à Saint-Privat, où il reçut sa troisième blessure; avec toute l’armée de Metz, il fut emmené prisonnier en Prusse après la capitulation du 28 octobre 1870,

Colonel du 13: de ligne le 2 mai 1872, il fut nommé général de brigade le 24 juillet 1880 et commanda d’abord une brigade d’infanterie du 10 corps à Rennes, Appelé en mai 1883 aux importantes et

délicates fonctions de commandant de la place de Paris et du département de la Seine, le général Thomas fut nommé commandeur de la Légion d’honneur le 27 décembre 1884. Général de division le 11 janvier 1887, il fut placé à la tête de la 26e division d'infanterie (48° corps) à Saint-Etienne, mais il succéda bientôt au général Ferron, nommé ministre de la guerre, comme commandant de la 43° division (7e corps) à Chaumont, poste qu’il occupe encore aujourd’hui.

Le général Thomas est officier de l’instruction publique et chevalier de l’ordre du mérite militaire de Savoie.

Il a publié la 8° édition de la Géographie de Th. Lavallée, vorrigée et augmentée.

Tomas (Charles-Antoine-Prosper).— Né à Epinal, le 25 décembre 1819, il était avocat à Remiremont et fit un long séjour en Russie, sur laquelle il a écrit un ouvrage. Maire de Remiremont de 1871 à 1874 et de 1876 à 1878, il a été élu, le 4 novembre 1877, conseiller général des Vosges pour le canton de Remiremont, membre de la commission de permanence et du conseil départemental de l’instruction publique. Il venait d’être nommé juge de paix de Remiremont, lorsqu’il mourut subitement, le 4 février 1881. Il était officier d’Académie.

Son fils est procureur de la République.

THOUVENEL (Pierre). — Né à Sauville en 1747, le docteur Thouvenel, reçu docteur à la Faculté de Montpellier en 1770, s’établit médecin à Contrexéville, devint inspecteur-général des eaux minérales de France et, en 1775, inspecteur des hôpitaux militaires. Premier médecin du roi Louis XVIII en 4814, il est mort à Paris, le Aer mai 1815.

THOUVENEL (Pierre-Sébastien-Barthélemy). — Né à Médonville, en 1782, le docteur Thouvenel s'établit médecin à Nancy. En novembre 1827 il fut élu député de la Meurthe, réélu en juin 1830 et en juillet 1831, il donna sa démission pour raisons de santé, le 20 avril 1833. Il était également conseiller général de la Meurthe. Il mourut à Lunery, près Liguières (Cher), le 40 octobre 1837.

TraumErY (Jean-Jacques, marquis de).— Né à Soulaucourt (Haute- Marne), d’une famille qui possédait de vastes domaines dans les Vosges, le 10 janvier 1740, il était maréchal-de-camp depuis 1788 et attaché à la personne du jeune duc d’Enghien, fils du prince de Condé, au moment de la Révolution. Il suivit dans le pays de Bade les princes de

Condé, combattit avec eux contre la France et se fixa à Ettenheim avec le duc d'Enghien, une fois la guerre finie. C’est sa présence à Ettenheim qui fit croire aux émissaires de Bonaparte qu'un complot se tramait entre lui et le duc d’Enghien. Son nom, en effet, prononcé avec la prononciation allemande, avait laissé croire à un maréchaldes-logis de gendarmerie qu’il s’agissait du fameux général Dumourez, et c’est cette révélation erronée qui, indignant le général Bonaparte, l’excita davantage à commettre son crime. Après l’enlèvement du duc d'Enghien et sa mort tragique dans les fossés de Vincennes, le marquis de Thumery continua à vivre dans le grand-duché de Bade. A la Restauration il fut nommé, le 23 août 1814, lieutenantgénéral des armées du roi, puis retourna mourir à Ettenheim, le 3 décembre 1824.

TisstER (Romari-Edouard).— Né à Remiremont, le 9 janvier 1893, le général Tissier est parti comme simple soldat engagé volontaire à 18 ans, le 23 août 1841, et devenait caporal le 16 avril {#42. En novembre 1844 il passait brillamment ses examens pour Saint-Cyr, où il fut un des meilleurs élèves, obtenant successivement les galons de sergent, le 98 août 1845, et ceux, très difficiles, de sergent-major, le 29 novembre suivant. Sous-lieutenant le 1° octobre 1846, son rang de sortie lui permit de choisir le corps d’état-major, et le 30 décembre 1848 il sortait de l’école d'application avec le grade de lieutenant. Il fit son stage au 37e de ligne. Capitaine d'état-major le 10 mai 1852, il fit la guerre de Crimée, attaché à l’état-major général, puis aidede-camp du général d’Autemarre, et y gagna, à la prise de Sébastopol, la décoration de la Légion d’honneur, le 14 septembre 1855. En 1859 il accompagne encore le général d’Autemarre en Italie, mais le 5° corps, auquel il appartient, n’a pas occasion de combattre. Chef d’escadron d'état-major le 13 août 1865, il est placé à la 6° division militaire à Strasbourg et y reçoit, le 31 août 1867, la rosette d’officier de la Légion d’honneur. Au début de la guerre de 1870 il reste attaché à la division Ducrot, composée des troupes en garnison en Alsace, et assiste à la bataille de Frœschwiller, où il conquit les épaulettes de lieutenant-colonel qu’il reçut le 20 août 1870. A Sedan il fait partie de l’état-major général du {ef corps et parvient à s'évader après la capitulation. I] va offrir son concours au gouvernement de la Défense nationale, qui le nomme colonel, et lui confie les fonctions de souschef d’état-major du 16° corps (Chanzy), puis de l’armée de la Loire. Après la reprise d'Orléans par les Allemands, il passa à l’armée de

l'Est. La guerre finie, on le remit lieutenant-colonel et il fut placé à l'état:major général de l’armée de Versailles. Colonel d’état-major le 26 avril 1874, il devint chef d'état-major du 9% corps d'armée à Tours. Enfin, le 3 juin 1879, il obtient les étoiles de général de brigade. Peu après, il passe chef d’état-major du gouverneur militaire de Paris et, le 29 décembre 1881, il est nommé commandeur de la Légion d'honneur. Atteint par la limite d’âge le 9 janvier 1885, il passa au cadre de réserve et le 18 février suivant il fut admis à la retraite.

TousraiN DE Viray ou VIREY (Joseph-Maurice, comte de). — Né au château de Buttenémont, près Nancy, le 22 septembre 1798, il fut, le 15 septembre 4742, cornette, puis, le 8 décembre 1753, capitaine au régiment de cavalerie de la Reine. Le 28 avril 1768 il devint lieutenant-colonel du 1° carabiniers et eut rang de mestre-de-camp (colonel) le 21 mai 1771. Mestre-de-camp de la Reine-cavalerie le 18 avril 1776, il passait, le 43 avril 1780, au 1e chevau-légers, qui tint garnison à Epinal ; il était depuis le 1° mars 1780 brigadier de dragons. Maréchal-de-camp le 1e° janvier 1784 (général de brigade), il fut bailli d’épée du bailliage de Darney, puis admis à la retraite dès 1784. Il était chevalier de Saint-Louis depuis 1760 et avait combattu en Bohème de 1743 à}1748, avait été fait prisonnier à Berg-op-Zoom, et en Allemagne en 1757.

En mars 1789, il fut élu député aux Etats-Généraux par la noblesse des bailliages des Vosges séant à Mirecourt et siégea ensuite à l’Assemblée Constituante. Après la session, il ne reparut plus sur la scène politique.

Le comte de Toustain de Viray est mort à Buttenémont, le 4 avril 1809. ;

Son frère, Remy-Charles de Toustain, fut de 1762 à 1770 colonel de Royal-Lorraine, et devint aussi maréchal-de-camp.

TuLpan (Lucien). — Né à Neufchâteau, le 46 septembre 1830, il est conseiller à la cour d’appel de Nancy.

Son père a été conseiller général du canton de Coussey, de 1845 à 1848.

Turc (Léopold). — Né à Nancy, le 11 novembre 1797, le docteur Türck s'établit médecin des eaux de Plombières et y acquit une grande notoriété. Il marqua aussi dans le mouvement libéral sous la Restauration et la monarchie de Juillet et fut élu conseiller d’arrondissement, Commissaire de la République dans les Vosges, le 28 février

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