TOMB IV
1848, il remplit ces fonctions avec vigueur et modération, et se démit le 21 mars, à l’arrivée de Ballon et de Quillot. Le 93 avril 1848, il fut élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 7e sur 41, par 58,203 voix et vota avec le parti républicain. Il ne fut pas réélu à l’Assemblée Législative. En 1864, il fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Plombières et siégea dans l’Assemblée départementale jusqu’en 1870, puis il se retira et fut d’abord remplacé par son gendre, M. le docteur Liétard. Le colonel du génie Corbin est son autre gendre. | Le docteur Türck est mort à Gray (Haute-Saône), le 4 juin 1887.
Vaner (Pierre-Germain).— Né à Arcis-sur-Aube (Aube), en 1781, il fut chef des corps-francs des Vosges en 1814, et défendit contre l’invasion les défilés de Maxonchamp. Il se voua ensuite à l’industrie avec ses frères, dont l’un était filateur à Vecoux, et l’autre à Remiremont. Un troisième frère, officier amputé d’une jambe à Leipzig, était associé à la maison Pellerin.
Il fut élu conseiller d'arrondissement du canton d'Epinal.
Le colonel Vadet est mort à Epinal, le 3 juillet 1870.
VALDENAIRE (Désiré-Constantin). — Né à Ventron, le 27 janvier 4827, il appartient à une ancienne famille vosgienne de l’arrondissement de Remiremont qui a déjà fourni plusieurs conseillers généraux sous la monarchie de Juillet. Notaire à Cornimont et maire de cette commune, il était depuis 1870, conseiller d’arrondissement du canton de Saulxures-sur-Moselotte, lorsqu'il a été élu, le 8 avril 1888. conseiller général par 2,072 voix contre 1,531 à M. le docteur Zeller,
VALENTIN DE LA PELOUZE (Jean-Baptiste). — Né à Bruyères, le 20 juillet 4777, il était fils de François-Thomas Valentin, commandant de la garde nationale de Bruyères et secrétaire du district sous la Révolution.
Parti avec la levée en masse en 1793, comme officier de volontaires vosgiens, il fut reçu l’année suivante élève à l'Ecole de Mars, établie dans la plaine des Sablons, à Neuilly. En 1795, il partait comme secrétaire aide-de-camp du général Férino, dont il devait plus tard devenir le beau-frère. Le 19 juin 4796, il devint chef de bureau au district de Bruyères et secrétaire de l’administration du canton de
Docelles, jusqu’en septembre 1797. Il devint alors employé à la trésorerie du payeur général des Vosges jusqu’en mars 1798, et en novembre 1799, il était nommé chef de bureau de la comptabilité à la Loterie, poste qu’il conserva jusqu’à la Restauration.
Garde national de Paris en 1798, il le redevint le 8 janvier 1814, lorsqu'on réorganisa la milice citoyenne et fut nommé sous-lieutenant du {er bataillon de la Ârs légion le 10 avril 1814, en récompense de sa belle conduite à la défense de Paris, le 30 mars 1814, où il avait ramené des tirailleurs qui battaient en retraite à l’embranchement des routes de Clichy et de la Révolte. Capitaine des chasseurs du Âer bataillon de la {re légion, il reçut l’ordre de l'Etoile, spécial à la garde nationale parisienne, et fut aussi nommé chevalier de l'Ordre du lys.
Gérant du Courrier Français, le plus important journal libéral de la Restauration, il s’y fit remarquer et encourut de nombreuses condamnations. Ce fut lui qui, en juillet 4830, prit l'initiative de la fameuse protestation des journalistes que signèrent Thiers, Ars mand Carrel, Guizot, Rémusat, et qui amena la Révolution de Juillet 4830. Il reprit le commandement de sa compagnie de chasseurs de la garde nationale dissoute depuis le 29 avril 1827 et réorganisa actl. vement la légion. Le 4 juin 1831 il fut nommé chef du 4er bataillon de la 4re légion, mais il donna sa démission en 1832 pour ne pus paraître approuver certains actes du gouvernement de Louis-Philippe.
11 mourut à Paris, le 49 février 1858.
Sa fille unique a épousé M. Reynaud de Barbarin, conseiller-maître à la cour des comptes, mort le 19 juin 1871.
Son petit-fils est M. Arsène-Denis-Olivier Reynaud de Barbarin, né à Paris, le 2 juin 1833, capitaine de vaisseau le 19 août 1877, prématurément admis à la retraite, et officier de la Légion d'honneur.
M. Félix Bouvier est son petit-neveu.
Les deux autres frères de Valentin de la Pelouze sont Valentin (Louis-Hippolyte), né à Bruyères, directeur de l’Enregistrement, mort à Bruyères, le 2 avril 1848, et Valentin (Augustin), né aussi à Bruyères, le 9 novembre 1781, percepteur de Remiremont du 12 mars 1831 à sa mort, en 1£51.
VaLeNTIN (Henri). — Né à Allarmont, le 13 janvier 1820, on le destinait à l’état ecclésiastique, mais il préféra les arts et fut élève du peintre de Mirbeck à Saint-Dié. À 19 ans, Valentin alla à Paris et bientôt ses dessins ornèrent les principaux journaux illustrés, le
Chartvart, l'Ilustratton, le Journal pour rtre, le Magasin ptltoresque. Il exposa aux salons de peinture quelques tableaux dont un se trouve à l’église d’Allarmont, mais c’est surtout comme dessinateur qu'il s’est fait connaître. Sans doute, il aurait pris rang plus tard parmi les artistes éminents, mais il mourut épuisé à 35 ans, le 14 août 1855, au couvent de Sainte-Barbe, à Strasbourg.
VALLON (Théodore-Adolphe). — Né à Châtel, le 21 mars 1830, il a été maire de Châtel, conseiller d’arrondissemeni, et est conseiller général du canton depuis le 22 mars 1885.
VALTER (Jean-Pierre). — Né à Epinal, le 25 octobre 1769, le lieutenant-colonel Valter s'était engagé à 16 ans, le 16 janvier 4785, au régiment de Noailles-Dragons (aujourd’hui 15° dragons), alors en garnison à Epinal, et fut versé, le 2Y janvier 1791, au 7° chasseurs à cheval. Avec ce régiment il fit la campagne du Rhin et fut blessé devant Francfort. Capitaine, le 10 août 4808, il fut blessé de nouveau à la bataille d’Iéna en 1806. L'année suivante, il devint aide-decamp du général Perreimond et resta auprès de lui jusqu’en 1813. Chef d’escadrons au 4° cuirassiers en 18138 et officier de la Légion d’honneur, il combattit à Waterloo en 1815, puis fut attaché à l'Ecole d'application de cavalerie, à Saumur. Lieutenant-colonel en 4824, il fut mis à la retraite quelque temps après et se retira dans sa ville natale.
I mourut à Epinal, le 20 décembre 1856.
VarRoY (Henri-Auguste). — Ministre, sénateur, député, l’ingénieur Varroy naquit le 25 mars 1826, à Vittel, où son père était juge de paix. Entré à l’Ecole polytechnique en 1844, il en sortit premier en 1846 et premier de l’Ecole des ponts et chaussées en 1849. Ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, il fut attaché de 1849 à 1860 aux travaux de navigation et de canalisation du Rhin, puis chargé de la construction du chemin de fer de Lunéville à Saint-Dié. En 1863, il fut appelé à Nancy à l’emploi de chef du contrôle de l’exploitation des chemins de fer de l’Est, et le 14 mars 1870, nommé ingénieur en chef des ponts et chaussées, Elu, le 12 février 1871, député de la Meurthe à l’Assemblée nationale, le 4er sur 9, par 64,357 voix, il vota contre la paix et siégea à la gauche républicaine. Sénateur de Meurthe-et-Moselle, le 30 janvier 1876, le 4er sur 2, par 389 voix contre 284 à M. Michaut ; réélu sénateur, le 5 janvier 1879, le 4er sur 2, par 546 voix sur 657 votants; il fut au Sénat rapporteur général
du budget à plusieurs reprises. Ministre des travaux publics, le 28 décembre 1879, dans le ministère Freycinet, il déploya dans ce poste une grande compétence; c’est à son initiative qu'est due la création de nombreux canaux dans les Vosges ; il quitta le ministère en septembre 1880, mais redevint ministre, le 30 janvier 1882 jusqu’au 7 août suivant ; sa santé ne lui permit plus d’accepter de nouveau ces fonctions.
Conseiller général de Meurthe-et-Moselle pour le canton de Nancy- Est, il fut plusieurs fois président du Conseil général. Il était chevalier de Légion d’honneur.
Varroy mourut à la Camerelle, près Epinal, le 23 mars 1885.
VaAuLOT (Claude-Ferdinand Vaullot ou).— Né à Selles (Hte-Saône), le 10 octobre 1767, il s'établit maître de forges à Mortagne, avec son beau-père, Colombier, et fut élu député des Vosges, en avril 1898, après l’annulation des élections de 1827; il fut l’un des 224 qui votèrent l’adresse de blâme au roi Charles X. Réélu député en juin 1830 et en juillet 1831, il renonça à la vie politique en mai 1834 et fut remplacé par son gendre, Auguste Doublat.
Cnseiller général des Vosges pour le canton de Brouvelieures, il le représenta jusqu’en 1839, où il céda aussi son siège à Auguste Doublat.
Vaulot mourut à Mortagne, le 22 avril 1841.
VAUTRÉ (Victur, chevalier, puis baron). — Le général Vautré naquit à Dompaire, le 10 mai 1770; il servit d’abord dans la garde constitutionnelle de Louis XVI, puis en 1792 devint lieutenant au 7e bataillon de volontaires de Paris, puis capitaine en 1798. Il combattit à l’armée du Nord et à celle des Ardennes, puis alla en Vendée concourir à la pacification du pays. À l’armée d'Italie en 1800, il y gagna le grade de chef de bataillon au 18e de ligne en 1802, combattit à Austerlitz, fut deux fois blessé à la bataille d’Heilsberg, en 1807, et nommé major. Il servit à l’armée d’Espagne en 1809, puis dans le Tyrol, où il reçut encore deux blessures. Il fut nommé colonel du % de ligne en 1809, puis du 2° en 1814 et officier de la Légion d’honneur. En 1815 il fut mis à la tête de la légion départementale de l'Isère (devenue plus tard le 22e de ligne). Créé baron le 42 mai 1816, il fut promu, la même année, maréchal-de-camp (général de brigade) le 17 juillet 1816 et commanda le département de l'Isère, où il se fit remarquer par l’ardeur de ses opinions royalistes ; il fut d’une sévérité implacable contre Didier et les conspirateurs libéraux de 1816;
fl commanda ensuite le département de l’Aveyron et celui de l’Ain, puis devint inspecteur-général de l’infanterie.
Admis à la retraite en 14832, le général baron Vautré est mort à Paris, le 146 mai 1849.
Son frére, Alexandre Vautré, est mort lieutenant-colonel du 27e de ligne pendant la campagne de Morée, le 14 février 1829.
VÉLAIN (Charles).— Né le 16 mai 1846, à Château-Thierry (Aisne), M, Vélain est un géologue de grand mérite qui est devenu chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris, à la Sorbonne. Il a publié de nombreux travaux parmi lesquels on cite : Description de la presqu'ile d'Aden el de l’ile de la Réunion, en 1879; Premières notions de géologie, en 1883; Cours élémentaire de géologie siratigraphique, en 1884; le Permien dans la région des Vosges : les roches basaltiques de la côte d'Essey, en 1885; Le Carbontfère dans la région des Vosges, en 1877; etc., etc.
M. Vélain est lauréat de l’Institut ; il est chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'instruction publique. :
Il a collaboré au présent ouvrage en écrivant, au tome TT, l’article : Géologte.
Vicror (Claude-Victor Perrin, dit) duc de Bellune, maréchal de France.— Le maréchal Victor est né à Lamarche, le 7 décembre 1764. À 147 ans, le 16 décembre 1781, il entrait au service militaire comme soldat au régiment d'artillerie d’Auxonne, devenu plus tard 4° régiment ; il y gagna le grade de sous-officier et fut libéré peu de temps avant la Révolution. Officier, puis adjudant-major au 5° bataillon des volontaires de la Drôme, le 7 août 17992, il en devint le chef et se distingua au siège de Toulon, en 1793, sous les yeux de Bonaparte, où il s’empara du Petit-Gibraltar et reçut deux blessures. Il fut nommé alors adjudant-général (colonel d'état-major) le 2 octobre 1793; général de brigade le 13 juin 1795, il combattit à l’armée des Pyrénées, où il prit d'assaut Collioure et Roses. Il passa ensuite à l'armée d’Italie où il servit sous Schérer, puis sous Bonaparte ; il se fit remarquer à Loano, à Cassaria, à Dégo, à Mondovi, à Lonato et surtout à Castiglione et à Roveredo. Il fut nommé général de division le 40 mars 1797. Il marcha alors sur Rome et s’empara d’Ancône.
Après la paix, il commanda en Vendée où il continua la pacifcation. Il retourna en Italie en 1798 et se distingua encore dans la malheureuse campagne de 1799 où périt Joubert, notamment à La Frebbia et à Bassano,
Bonaparte, retour d'Egypte, descend en Italie ; il confie à Victor la division d’avant-garde qui franchit le mont Saint-Bernard et triomphe à Montebello, puis à Marengo après une lutte acharnée. Il va ensuite commander en Hollande, puis, en 1805, devientambassadeur de France en Danemarck. Il revient prendre en 1806 sa place dans la Grande- Armée, où il est mis à la tête du 40€ corps; il est blessé à Iéna et vainqueur à Pultusk, puis fait prisonnier enlevé par des éclareurs. Commandant du 1+ corps de la Grande-Armée en 1807, il prend une large part à la bataille de Friedland et est nommé le 13 juillet 4807, en récompense de sa conduite, maréchal de France. On lui confia alors le poste de gouverneur de Berlin. À ce moment aussi il est créé duc de Bellune. En 1809 on l’envoya en Espagne, où il combattit à Somo-Sierra, à Medellin, à Talaveyra de la Reina ; il dirigea aussi le ège de Cadix. Mis à la tête du 9 corps de la Grande-Armée de 1812, i prit part à la bataille de la Moskowa. Passé en 1813 au commandement du 2 corps, il combat à Dresde, à Wachau, à Leipzig, à Hanau, et, quand l'invasion se répand sur la France, il défend l'Alsace et les Vosges avant d'aller lutter dans les plaines de Champagne, à Saint-Dizier et à Brienne. Blessé à Craonne le 7 mars 1814, il avait eu déjà la douleur de voir tuer son gendre, le général Huguet- Châtaux, au combat de Montereau le 18 février 1814. Au retour des Bourbons, il se rallia sans hésitation à Louis XVIII, fut nommé gouverneur de la 2e division militaire et suivit le roi à Gand pendant les Cent-Jours. Rentré en France après le désastre de Waterloo, il est nommé Pair de France. Puis il est un des quatre majors-généraux de la garde royale, en 1815. Gouverneur de la 16° division militaire en 1816, il fut choisi pour ministre de la guerre le 44 décembre 1821 jusqu’en octobre 1893 et eut à organiser l’armée destinée à opéreren 4183 en Espagne. Il devint même major-général de cette armée en 1893. Il fut quelque temps ambassadeur de France en Autriche, puis reprit alors ses fonctions de major-général de la garde royale, qu'il conserva jusqu’en 1830, après avoir commandé, en 1825, les troupes du camp de Reims, à l’occasion du couronnement de Charles X. Après ha révolution de Juillet, il vécut dans la retraite, tout en conservant son titre de Pair de France. Il était en outre grand-croix de la Légion d'honneur et de l’ordre de Saint-Louis.
Le maréchal Victor est mort à Paris, le 4er mars 1841. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.
Sa ville natale lui a élevé, en 1846, un monument sur une des places, avec son buste en bronze.
Viie (Philippe de). — Né à Ville-sur-Illon en 1377, il fut évèque de Toul de 1399 à 1408, et mourut à Perpignan en 1408.
Vize (Henri de). — Frère du précédent; né à Ville-sur-Illon en 1379, il fut évêque de Toul de 1409 à 1436, année de sa mort. Il mourut au château de Liverdun, le 41 mars 1456.
ViLLEMAN (Justin Vilmain, dit). — Né à Damas-aux-Bois, le 12 mars 14829, Villeman fut professeur libre et homme de lettres. Il a écrit de 1856 à 1886 des nouvelles, des études historiques ; on peut citer parmi ses œuvres : Un bapième à Plombières, en 1862; Pluton, père des Gaulois, en 1883 ; le Rameau d'or, etc.
Il est mort à Clamart (Seine), en octobre 1887.
ViILLEMIN (Jean-Antoine). — Le docteur Villemin est une des plus hautes et des plus savantes personnalités de la médecine militaire et est non moins apprécié par ses confrères de la médecine civile. Né à Prey, petit village du canton de Bruyères, le 25 janvier 1827, il fit see études au collège de Bruyères, puis partit soldat le 19 juillet 1848 et devint caporal, le 147 novembre 1849. Mais, à l’aide d’un travail opiniâtre, il parvint à achever ses études au régiment, se fit recevoir élève de l'école de médecine militaire à Strasbourg, puis docteur en médecine aide-major stagiaire, le 4 novembre 1853, et le 1er janvier 1855, il sortait, le second de sa promotion, de l'Ecole de Strasbourg et était nommé médecin aide-major de 2% classe au 11° régiment d’artillerie-monté. Aide-major de 4re classe, le 30 décembre 1858, il était placé successivement au 5°, puis au 7° d'artillerie. I] devint ensuite répétiteur à l’Ecole de Strasbourg. Médecin-major de 2° classe, le 46 mars 1862, il fut appelé peu après comme professeur agrégé à l'Ecole d'application de médecine et de pharmacie militaires au Valde-Grâce, à Paris, et il y occupa la chaire de clinique médicale, puis celle d'hygiène et de médecine légale. Médecin-major de 1r° classe, le 13 mars 1867, il reçut la croix de la Légion d’honneur, le ?4 décembre 1869. Pendant la guerre, le docteur Villemin fit preuve du plus grand dévouement dans le grand hôpital du Val-de-Grâce, encombré de blessés, et le 8 février 1874, il était promu médecin-principal de 2e classe. Sa répulation de science était des mieux établies, de nom .breux travaux, notamment sur la tuberculose, l’avaient signalé à l'attention des savants et il fut élu membre de l’Académie de médecine, Médecin-principal de {re classe, le 28 juin 1876, le docteur Villemin continua à professer au Val-de-Grâce, puis devint sous-
directeur de l’Ecole. Officier de la Légion d’honneur, le 18 janvier 1881, il a été nommé médecin-inspecteur de l’armée, le 19 mai 1885. C’est le sommet de la carrière médicale dans l’armée, puisque ce grade est assimilé à celui de général. Mais peu après, le docteur Villemin dut, à cause de l’état de ses yeux, se faire admettre par anticipation dans le cadre de réserve. Il consacre tout son temps à ses travaux scientifiques et aux séances de l’Académie de médecine, où il se montre très assidu.
A la session d’août 1888, le Conseil général des Vosges a voulu donner un témoignage particulier d'estime et de sympathie à l’un des hommes qui honorent le plus le département, en souscrivant pour la création de l'institut contre la tuberculose fondé par M. Pasteur et M. le docteur Villemin.
N à un fils, médecin aussi, qui aspire à marcher sur ses traces dans la carrière civile.
Le docteur Villemin est officier de la Légion d'honneur et de l’instruction publique. I] a été à plusieurs reprises lauréat de l’Institut et de la Faculté de médecine.
Ses principaux travaux sont : Traité d'histologie humaine, publié en 1864; Cause et nature de la luberculose, en 1865; Recherches sur la vésicule pulmonaire et l'emphysème, en 1866 ; Etudes sur la tuberculose, en 1868 ; De la propagation de la phthisie, en 1869 ; Cause ef nature du scorbut, en 1874; Scrofulisme et Tuberculose, en 1881, etc.
Vinor (Nicolas-Joseph). — Né à Epinal, le’ 4 juillet 1829, il s’est voué aux études astronomiques et est professeur de l’Association philotechnique. Il a fondé, en octobre 1862, le Journal du Ciel, qu'il dirige encore aujourd’hui, et publié en 1852 un volume de Récréalions mathémaliques. Il a été nommé en janvier 1882 directeur de l'Observatoire populaire d'astronomie. ;
M. Vinot est officier de l'instruction publique.
VioMÉNIL (Charles-Joseph-Hyacinthe du Houx, comte, puis marquis de). — Maréchal de France. Né à Ruppes, le 22 août 1734, d’une famille militaire, il fut très jeune officier, prit part aux guerres de Flandre et combattit à Lawfeld, au siège de Berg-op-Zoom; il entra ensuite à Lunéville à l'Ecole des Cadets, fondée par Stanislas, pour compléter son instruction. Aide-de-camp de Chevert, il fit avec lui la guerre de Sept-Ans et y mérita, à 26 ans, la croix de Saint- Louis. Colonel en second des volontaires du Dauphiné, en 1761, il
servit en Allemagne, puis contribua puissamment, en 1768, à la conquête de la Corse. Brigadier d'infanterie en 1770, il devint, en 47714, colonel de la légion de Lorraine et en 1772 colonel du 3° régiment de chasseurs à cheval. Maréchal-de-camp le 4° mars 1780, Vioménil fit la guerre d'Amérique avec La Fayette et Rochambeau et s’y distingua. À son retour, il fut nommé gouverneur de la Martinique et des îles du Vent en 1789; en 1791, rentré en France, il émigra aussitôt et servit dans l’armée de Condé, dont il commanda l'avant-garde en 1793 et reçut le grand-cordon de Saint-Louis. Passé au service de la Russie, il fut lieutenant-général de cavalerie, puis au service du Portugal il y fut maréchal-général, mais dut se réfugier en Angleterre en 1808 après la victoire des Français.
Vioménil revint en France en 1814; le 4 juin il était nommé pair de France et chargé, en 1815, d’organiser à Vincennes les volontaires royaux. Après le retour de Napoléon, il suivit Louis XVIII à Gand et après les Cent-Jours fut nommé gouverneur de la 22e division militaire à Bordeaux. Il y réprima avec sévérité la résistance aux Bourbons et présida à l’exécution des deux généraux Faucher, les jumeaux de La Réole. Le 10 janvier 1816 il passa à la 139 division militaire à Rennes, où il poursuivit le procès du général Travot. Maréchal de France le 3 juillet 1816, créé marquis en 1817, commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 30 septembre 1820, il siégea constamment à la Chambre des Pairs.
Le maréchal de Vioménil mourut à Paris, le 5 mars 1827, dans son hôtel de la rue de la Chaise et fut inhumé au cimetière du Calvaire, au Mont-Valérien. Son gendre, le comte René de la Tour-du-Pin- Montauban, lieutenant-général, lui succéda comme pair de France, et mourut en juin 1837.
Son frère, Antoine-Charles Duhoux, baron de Vioménil, né à Fauconcourt en 4748, devint lieutenant-général, gouverneur de La Rochelle: il fut blessé mortellement en défendant les Tuileries contre le peuple le 10 août 1792 et succomba quelques jours après. Un autre frère, Antoine-Louis Duhoux de Vioménil, maréchal-de-camp le 4er mars 1791, mourut en émigration. Un quatrième frère, Charles- Gabriel, devint maréchal-de-camp, le 18 novembre 1814.
VosGIEN (Donat). — Il était avocat au bailliage d’Epinal lorsqu’il fut élu maire d’Epinal en février 4790. Le 3 septembre 1791 il fut élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 7e sur 8, par 309 voix contre 101 à Lepaige. Après la clôture de la session, il rentra
— SU — dans la vie privée et ne reparut plus sur la scène politique. Il fut nommé ensuite juge au tribunal civil de la Meurthe.
Son frère aîné, Louis-Dagobert Vosgien, avocat, procureur du roi et de la maréchaussée à Epinal, fut élu le 11 juin 1790, administrateur des Vosges ; le 4er juillet suivant, il était élu président du Directoire du département par 17 voix, contre 17 à François de Neufchâtean, au bénéfice de l’âge. Le 3 novembre 1790, il donna sa démission pour se consacrer aux fonctions de président du tribunal du district d'Epinal, auxquelles il venait d'être élu.
VouLor (Félix). — Né à Belfort, le 27 avril 1898; auteur d'un ouvrage en deux volumes : Les Vosges avant l'hislotre. Il est conservateur du musée départemental, à Epinal, depuis 1878.
Voyaux DE FRaNous. — Né à Tendon, le 6 janvier 1760, il fut ordonné prêtre à Paris après avoir fait ses études de théologie à Toul, à Saint-Dié et à la Sorbonne. Docteur en Sorbonne et directeur du séminaire des Trente-Trois, il émigra en Angleterre au moment de la Révolution. En 1814, il fut nommé chanoine du chapitre de Saint-Denis, puis aumônier de l’ambassade de France à Londres. Il mourut à Londres, le 46 novembre 1840, laissant une partie de sa fortune à son pays natal pour y fonder un hospice, une école de filles, etc.
VuUILLAUME. — N6 à Mattaincourt, il rapporta d'Italie, où il avait travaillé à Crémone, avec Stradivarius, chez le fameux luthier Amati, l’art de fabriquer des violons et le fonda à Mirecourt en 1662. Son petit-fils, Jean, né à Mirecourt en 1700, mort en 1740, fut aussi un luthier distingué.
Un de ses descendants, Jean-Baptiste Vuillaume, né à Mirecourt en 1798, vint à Paris en 1818, étudier l’art du luthier avec Chanot et Savart, et fonda, en 1827, une maison importante d’instruments de musique, qui remporta de nombreux succès à toutes les expositions; il fut décoré de la Légion d’honneur en 1851. Il mourut à Paris, aux Ternes, en 1875. |
VuiLLEMIN (Claude).— Né à Mont-lés-Lamarche, le 23 juillet 1743, il se fit moine cordelier. Passionné pour l’étude des chartes et la bibliographie, il fut chargé par l’abbesse de Remiremont, en 1778, de classer les archives du chapitre et consacra dix ans à ce travail, qui tient 23 grands volumes in-folio, Emigré sous la Révolution, il se
réfugia en Suisse, puis en Autriche, En 1803, il rentra en France, fut nommé curé de Saint-Nabord et passa en 1812 à la cure de Contrexéville. Il mourut dans cette ville, le 15 septembre 1821. Il a également rédigé une Description de la chapelle ronde de
Nancy et réuni de nombreux documents pour l’histoire de la Lorraine.
VUILLEMIN (Jean-François). — Né aux Forges, près d’Epinal, le 12 janvier 1819, M. F. Vuillemin a publié, en 1848, une très bonne Biographie vosgienne, à laquelle celle publiée en 1866 par l'imprimeur Humbert et la présente ont beaucoup emprunté, Il a également écrit, en 1873, une notice sur La défense de Rambervillers ei le combal de la Bourgonce.
Employé à la recette générale des Vosges, de 1835 à 1840, surnuméraire de 1840 à 1843, il a été nommé percepteur de Nossoncourt le 2 novembre 1843, de Jeanménil le 44 mars 1851 et de Xaffévillers le fer mai 18714. Il a été admis à la retraite le 28 mai 1879.
VuILLEMIN (Marie-François-Louis-Charles). — Fils du précédent, il naquit à Nossoncourt, le 12 juillet 4848, entra à l'Ecole polytechnique en 1868, et en sortit sous-lieutenant d’artillerie de marine, le 40 août 1870; il fit toute la campagne contre l'Allemagne, rentra après la guerre à l'Ecole d’application, devint lieutenant le 10 août 4872 et fut promu capitaine d'artillerie de marine le 91 juillet 1875. Auteur de nombreux et remarquables travaux sur la mécanique, la géographie et l’art de l’artillerie, il a été nommé professeur à l'Ecole d'artillerie de la marine, à Lorient, et y a reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur et les palmes d'officier d'académie. Chef d’escadron d'artillerie de marine, le 8 décembre 1885, il a été nommé sous-inspecteur des fabrications et placé à l’usine du Creusot. ;1 est en outre officier de l’ordre royal du Cambodge.
WaAïIDMANN (Marc-Joseph).— Le colonel Waidmann ou Weidmann, dit Chasseur, est né à Remiremont, le 13 octobre 1893. Elève de l’Ecole polytechnique en 1843, sous-lieutenant du génie le 1er octobre 1845, élève à l’école d'application de Metz, il devint lieutenant du génie le 4er octobre 1847 et fut placé au 4° régiment. Capitaine du génie le 30 octobre 1850, il fut longtemps attaché à l’école d'ap-
plication de Metz, puis passa à la tête d’une compagnie de sapeurs au 3 régiment, où il reçut la croix de la Légion d’honneur le 12 aoùt 1862 ; il fut ensuite employé aux fortifications de Paris (rive gauche). Chef de bataillon du génie le 25 décembre 1867, il fut attaché à la direction du génie au ministère de la guerre, qu’il ne quitta plus jusqu'à sa retraite. Il fut nommé successivement officier de la Légion d'honneur le 8 décembre 1870, promu lieutenant-colonel le 21 septembre 1872, et enfin colonel du génie le 17 novembre 1876 et chef du bureau du matériel du génie au ministère de la guerre. ]I fut admis à la retraite le 43 octobre 1883 et nommé commandeur de la Légion d’honneur le 28 décembre 1883.
WELCHE (Nicolas). — Né à Senones, le 6 février 1769, il fut élu le 12 avril 1797, administrateur du département des Vosges, devint chef de division au ministère de l’intérieur sous le ministère de François de Neufchâteau, en 1798, et fut nommé, le 25 avril 4800, secrétaire-général de la préfecture des Vosges jusqu’en 1815. Maire de Nancy sous la monarchie de Juillet, il fut élu député des Vosges en octobre 1816 et réélu en novembre 1820, mais il échoua en février 1824. Un biographe parlementaire de 1820, dit de lui : « C’est un homme de moyen âge et d’une taille moyenne. Ce qu'il y a de plus franc au monde, les opinions du côté gauche sont empreintes sur sa physionomie. Il parle d’un accent doux et mesuré; il est poli et ferme. Dieu nous conserve aux élections futures des députés aussi français que ce Welche ! » Il fut aussi conseiller général de la Meurthe.
Il mourut à Nancy en 1844.
Son fils, M. Charles Welche, fut également maire de Nancy et il en exerçait les fonctions le 12 août 4870, au moment de l'occupation par les Prussiens. Préfet de la Haute-Garonne en 1873, puis préfet du Rhône, il fut élu conseiller d’Etat par l’Assemblée nationale en
Il fut nommé ministre de l’intérieur le 23 novembre 1877 dans le cabinet de résistance essayé par le maréchal de Mac-Mahon, mais il fut remplacé à ce poste le 13 décembre suivant. M. Charles Welche est commandeur de la Légion d’honneur depuis le 14 août 1876.