‹ Le département de Vosges: description, histoire, statistiqueChapitre 38 sur 101 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

393, 10e ligne. Ajouter : pour le canton de Vitlel.

405, 2 et 3° ligne. Lire : février 1824, novembre 1829.

436, Hénin. — Dans les actes notariés à Coussey, le nom s’écrit Hennin. — Gérard est un prénom. Le prince d'Hénin (Gérard - Simon), marié à une holla , la baronne de Brienen, habite Paris. L’aîné de ses quatre enfants, le comte d’Alsace (Liétard), qui porte aussi le titre de prince d’Hénin, marié à la vicomtesse de Ganet, est propriétaire actuel du château de Bourlémont; c’est aussi lui qui s’est présenté aux élections du conseil général contre M. de Ponlevoy; il est officier de dragons démissionnaire et ancien officier d'ordonnance du général de Galliffet. Ses deux sœurs ont épousé : l’une le comte de Beaumont, l’autre un Carayon-Latour.

480, Mougin. Supprimer : « il fut élève à l'Ecole polytechnique ».

501, Richard (Constant). Lire : 15 juin 1878, au lieu de {er juin.

539, Détieux. Supprimer : Victor.

Voir à la fin du volume la table des noms classés en catégories :

Administration, Agriculture, Armée, Arts, Clergé, Commerce, Industrie, Jurisprudence, Lettres et collaborateurs du « Département des Vosges », Magistrature, Marine, Politique, Sciences.

MŒURS, TRADITIONS, LÉGENDES

PAR

Encarp GAZIN.

C’est une vérité devenue banale que de dire que notre siècle est celui de l’érudition historique; il semble qu'ayant déjà vécu de longues périodes, notre France prenne plaisir à jeter un coup-d’œil sur son passé et à voir comment vivaient ses premiers enfants, quels étaient leurs usages, leurs mœurs, leurs croyances. Ces études ont pu d’abord paraître puériles même à des esprits sérieux : sans doute, bien des traditions primitives ont je ne sais quoi de naïf et de simple, d’un naïf qui fait sourire aujourd'hui; mais si l’on se pénètre bien de cette idée que l’histoire ne commence et ne finit nulle part, que le chène se trouve dans le gland, on sera peut-être moins porté à trouver dénuées d’intérèt nos humbles recherches. Tout se tient dans l’humanité, ce n’est qu’à pas biens lents qu’elle a marché dans la voie du progrès, apprenant toujours, suivant la belle parole de Pascal, sans jamais cesser d’être elle-mème; quand elle a rejeté ses idées de la veille, elle relève cependant du passé et l’on a dit avec raison que la cité des vivants ne vit et ne respire que par les souffrances et les travaux des morts. — Les croyances se transforment plutôt qu’elles ne disparaissent et l’on n’éclaire bien le présent qu’à la lueur de l’antiquité.— Aussi bien, de grands écrivains de notre époque ont démontré victorieusement l’utilité de ces études; les usages mêmes qui se sont perdus ont été un instant la vie de l'humanité et c’est à ce titre que nous les recueillons avec la piété que recommandait déjà Ovide aux chercheurs et aux archéologues de son temps :

Et pius est patriæ facta referre labor.

(Tristes, IT, 822).

Notre pays, par sa configuration même, a eu ses légendes au moins aussi nombreuses qu'ailleurs : plus près des phénomènes de la nature, du sein de leurs grands bois pleins de terreurs, au fond de leurs fraîches vallées, nos pères ont dû trouver mille explications ingé-

nieuses des choses terribles et gracieuses qu’ils avaient sous les yeux, et chaque commune, chaque chaume a ses traditions et ses curieux récits. Un champ de découvertes aussi vaste n’est pas resté longtemps inexploré : de savants chercheurs ont recueilli avant nous le folk-lore Vosgien, et c’est moins un travail original que nous avons la prétention de donner qu’un résumé de leurs doctes et consciencieux travaux. Au premier rang de ces érudits locaux, nous citerons M. Louis Richard, qui fut bibliothécaire de la ville de Remiremont et membre de la Société d'Emulation, dont les livres méthodiques, composés avec une rare sobriété, conserveront toujours une grande valeur; M. Charles Charton, auteur de‘tant de solides mémoires dispersés dans les différents volumes de l’Annuaire des Vosges, des Annales de la Société d'Emulation et d’un livre qui est comme la condensation de toutes ses recherches, les Vosges pitloresques et hisluriques ; M. Jouve, auteur d’un grand nombre d'ouvrages relatifs au département et à qui nous devons la description des Vosges dans la publication intitulée « la Lorraine »; Xavier Thiriat, si bien placé pour connaître tous les récits chers aux montagnards des arrondissements d’Epinal et de Saint-Dié. A côté de ces laborieux écrivains et d’autres que nous nommerons à leur place, personne ne sera étonné de rencontrer l'illustre Dom Calmet, dont la sagace et infatigable activité a touché à tout ce qui concernait la Lorraine en grand historien qui ne dédaigne aucune source d'informations, aucun détail, et qui sait combien l’histoiredes mœurs éclaire celle des faits proprement dits.

Pour mettre un peu d'ordre dans ces notes, forcément disparates, et les relier par un lien nécessaire en vue de faciliter les recherches et de donner à notre travail l’unité qu’il comporte, nous avons cru bon d'étudier d’abord les légendes relatives aux êtres créés par l’imagination humaine et aux lieux qu’ils habitent, et ensuite les mœurs, croyances et usages relatifs aux différentes circonstances de la vie, tombés en désuétude ou encore acceptés dans nos villages d’aujourd'hui.

Sans doute, cette division ne saurait être bien rigoureuse, et parfois même nous n’aurons pu l’établir, à cause du caractère mème si complexe de nos recherches, où tout se mêlera quelquefois forcément un peu, mais il suffit de l’avoir indiquée et de nous y conformer dans la limite du possible; ce n’est pas, du reste, une œuvre d’art que nous entendons faire, mais un travail de conscience, une sorte de résumé tenu à jour des mémoires parus et dont les auteurs, que nous aurons toujours soin de citer, nous ont été si utiles, et, pour parler des vi-

vants, si obligeants, si empressés à nous prêter un concours aussi dévoué que nécessaire. MM, Alban Fournier, Jules Garnier, Méline, instituteur à Thiéfosse, doivent, à ce titre, recevoir ici tous nos remerciements.

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