LE DIABLE
Que la croyance au diable soit d’origine païenne ou qu’elle se rattache aux idées du christianisme, l’Esprit malin joue un rôle important dans les superstitions et légendes, bien des noms de lieux attestent la persistance de ces antiques récits et un grand nombre d’accidents de la nature ou d'œuvres anciennes de l’homme ont reçu leurs noms des croyances qui s’y rattachent.
A l'extrémité du lac de Retournemer, au S.-E. de la chaume de Fachepremont, s’élève la Roche du Diable, au sommet de laquelle siège le Diable pour présider l’Assemblée des Sorciers qui se tient sur jes hauteurs environnantes.
A quelque distance, le mème nom de Roche du Diable est attribué à un rocher qui s'élève à la droite de la route de Gérardmer à la Schlacht.
Les hauteurs de Grouvelin, de Balverche, de Saint-Jacques, de la Béheuille, sont les lieux de réunion des lutins, des sorciers, des démons. « La nuit, on entend des glapissements de renards, des grondements d'ours mèlés à des sifflements de dragons aux longues ailes, accompagnés d’affreux hurlements de loups-garous, de miaulements de chats sauvages et de cris funèbres de chouettes et de hiboux. » (Louis Richard.— Tradilions populaires, page 21.)
La Tête du Bouc, massif de sapins, près du Haut-des-Charmes (Vagney), a reçu son nom d’une des formes favorites de Satan. Un pâtre voyait son troupeau prendre la fuite chaque fois qu’il approchait de cette partie de la forêt. Un jour il y pénétra la hache à la main et se trouva en présence d’un géant hideux et d’une apparence formidable. Une lutte s’engagea dans laquelle le pâtre frappa son adversaire d’un coup mortel. Le lendemain, étant revenu sur le lieu du combat, il y trouva une tête de bouc fraîchement coupée.
Satan tenait aussi ses assises sur la montagne d'Ormont, près Saint-Dié, où l’on montre encore la Chaise du Diable.