ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE
PAR
HENRI GANIER.
Nous n’avons pas la prétention, dans les quelques lignes qui suivent, de faire pour le Département des Vosges une étude raisonnée des temps préhistoriques, encore moins de nous lancer dans une description analytique des monuments de ces âges disparus. Nous ne discuterons pas les théories diverses qui sont nées de l’étude de ces vestiges.
Nous nous contenterons de les énumérer au fur et à mesure dans cette course archéologique ; et nous ne chercherons pas à faire une sélection des monuments élevés indubitablement par la main de l’homme, de ceux qui doivent leur existence à un bouleversement ou à un jeu de la nature, mais qui ont été utilisés par les premiers habitants de notre région. :
. Le savant, le curieux ou le touriste qu1 voudra contrôler de visu notre nomenclature, éprouvera peut-être à l’aspect de tel ou tel mégalithe quelque doute sur son origine, mais en tout cas, il trouvera une compensation dans la contemplation de sites du plus attachant intérèt. |
Cette étude comprend tout ce que les habitants de nos Vbsges « avant l’histoire », c’est-à-dire jusqu’à l'aurore de lapparition des Romains dans les Gaules, ont laissé de traces de leur passage. Dolmens, menbhirs, pierres à sacrifice, monolithes naturels utilisés, tumuli, mardelles ou vestiges d’habitations, hauts lieux, enceintes sacrées ou fortifiées, refuges, etc.
Le pays des Vosges et la chaîne de montagnes qui donne son nom . à notre Département occupent dans les âges géologiques des Gaules la plus haute antiquité. Alors que les cratères des Pyrénées et de l'Auvergne étaient encore en pleine activité, les ballons vosgiens s’étaient déjà affaissés sous l’influence séculaire des temps, les vallées s'étaient relevées par les comblements, les neiges éternelles avajent disparues, les derniers glaciers s'étaient retirés laissant seuls comme
témoins de leur passage quelques blocs erratiques parsemés sur les flancs de nos monts ou au seuil des vallées.
La période de siècles que comprend l’étude de ces vestiges antiques est incalculable, elle commence à l’époque de la pierre éclatée, ou paléolithique, comprend la période néolithique, les âges du bronze et du fer.
Les contemporains de l'homme de Moustier, de Solutré, de la Madelaine ont habité les Vosges et ont laissé des traces de leur industrie.
Les peuples de l’époque du bronze et du fer ont couvert le sol de nos forêts de tumuli, de mardelles, que d’habiles savants ont exploités avec succès. Les Annales de la Société d’émulation des Vosges, les publications de sa sœur cadette la Société philomatique de St-Dié, renferment de nombreuses études sur les monuments antiques des Vosges. Les noms de MM. Jollois, Gravier, Edouard Ferry, Renauld, Maud’heux, Voulot sont bien connus des archéologues de notre pays et de tous ceux qui aiment à fouiller le sol pour lui arracher le secret des premiers pas de l’homme, de ses premières industries dans la lutte pour l'existence.
L'ordre dans lequel nous allons indiquer tous les monuments n'est pas un ordre méthodique, ce n’est pas un classement par époque ni genre. C’est une nomenclature sans commentaires, un itinéraire par arrondissement et par canton destiné à faciliter les recherches, à permettre à tous ceux qui aiment cette étude si nouvelle et si attachante du préhistorique de touchér et de voir, laissant ainsi à chacun le soin d'analyser, de comparer, de critiquer et de conclure.
Heureux si cette rapide course dans les souvenirs du passé pouvait amener quelques recrues au camp des chercheurs et donner naissance à quelque passion nouvelle pour nos chers mégalithes.
Nous commencerons notre étude par l'arrondissement de St-Dié dans lequel nous comprendrons cette portion qui, aujourd’hui, fait partie des pays d'Empire, c’est-à-dire le canton de Schirmeck, et successivement nous passerons en revue les arrondissements de Remiremont, Epinal, Mirecourt et Neufchâteau.