‹ Le département du Mont-TerribleChapitre 10 sur 42 · I.A POI.IIIOIK KXTKRIKIHK l»l MONT -TKIUUnLE · texte numérisé non relu

I.A POI.IIIOIK KXTKRIKIHK l»l MONT -TKIUUnLE

rKni|ieroiir conlre >v riisiirpalion française » ; lui-même rédigea contre la République un mémoire volumineux (1)! dont trois copies turent remises, la première à l'Electeur de M ayence, chancelier de l'Empire ; la seconde, à François de Colloredo, vice-chancelier: la troisième, au baron de Buol, ministre impérial à BAle.

Les etYorts désespérés du prince étaient évidemment inutiles, mais sa cour exilée ne s'en apercevait point. Les chanoines attendaient ^ un prochain changement des choses » qui leur rendrait leurs prébendes, et refusaient toujours de transférer le Chapitre à Fribourg-en-Brisgau. « I^a bonne façon dépenser du général Vieusseux » suffisait à les tranquilliser sur le sort de leurs concitoyens restés dans le pays, et « les tlatteuses espérances » que leur prodiguait M. de Buol chez qui ils allaient dîner, aussi bien que les généraux autrichiens qui leur otTrniont le Champagne, les persuadaient de la faillite prochaine de la Révolution [2) : u L'heureux événement de la prise de Mayence, — écrivait au prince, le *2r^ juillet 1793, le grand-doyen de Rosé, — a été annoncé ce matin à trois heures au général comte de Lichtemberg qui, étant venu en ce moment à Bàle, m'a dit en m'cmbrassant : je vous félicite, M. le grand-doven, vous serez bientôt chez vous [3) 1 »

(1) 11 y a 29 grandes pages.

(2) Lettres du grand-doyen de Rosé et du baron de Roggenbaoh, Corresp., 11, 12, 14, 20 juillet. Rép. Haur., 1703, 22 juin.

(3) Corresp , ibid.

CHAPITHK VI

illusions bien tardives ! La prise de Mayence n'anaéliora point la situation des exilés, et quelques jours après, le chanoine de Billieux eut à se plaindre au Cercle du Haut-Rhin qu' « on feignît d'ignorer que l'évôché en fît partie (l) ». D'un autre côté, les cantons éconduisirent les envoyés du prince-évéque, et le baron de Buol se déclara bientôt impuissant : « J'ai jeté tous mes poumons vis-à-vis des cantons, — affirma-t-il le 6 octobre au procureur-général Scheppelin, — pour leur faire comprendre qu'il était également de leur dignité et de leur intérêt de soutenir la neutralité telle qu'ils l'avaient [adoptée dans la Diète de Frauenfeld, en y comprenant l'évêché de Bàle;... que si la Suisse abandonnait celui-ci à son triste sort, Sa Majesté n'était plus dans le cas de respecter une neutralité que les Suisses ne respecteraient pas euxmêmes (2). »

Faut-il croire aux menaces de Buol? Si oui, il est possible qu elles aient alors été pour quelque chose dans le compromis qui sauvegarda pendant quatre années Tindépendance de la Prévôté, de l'Erguel, de Bellelay et des bords du lac de Bienne. Ouoi qu'il en soit, les espérances laissées à Joseph de Roggenbach ne le relevèrent point de sa déchéance irrémédiable. Il n'eut même point la consolation de voir les personnages de sa cour se réconcilier dans le malheur '^3), et renoncer à leur mauvais

(1) Lettre du 31 juillet, Corrcsp., II.

(2) Rapport de Scheppelin envoyé auprès^^de Buol, Rép. Haur. , 1793, 6 octobre.

(3) Voici un exemple : le 6 mai 1793, le chanoine de Reibelt ayant

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vouloir contre lui : « .l'îii on pondant mon sôjoui' à l>Alo, — (''(M'ivnil lo niairo do liicmioà r>ailli(''l<Mny, — occasion de voir raniilièr(Mnont dos grands chanoines ot dos nobles (jui m'ont (Monn»'' pai' le méconlonlomont (jn'ils ont manifesté contre leur ci-devant évèquo. . lis lui attribuent les causes de leur malheur, le taxent d'avarice, de népotisme, et ne parlent pas moins que de son abdication (1). » Ils n'eurent pas besoin de la lui arracher, car il mourut à Constance, le 9 mars 1791, laissant lo i^ouvernement entre les mains de son u Illustrissime et Hévérendissime Grand-Chapitre w. Le dernier prince-ovêque, Xavier de Neveu, curé d'Oft'enbourg, élu le 2 juin, ne devait jamais régner.

demandé au prince un certificat démentant les bruits qui couraient sur Yirvégularilé de sa conduite, S. A. consulta le grand-archidiacre De Ligertz et le ^rond-cellerier de Neveu ; ils lui conseillèrent de ne point se prononcer : « Puisqu'il s'adresse à V. A. absente depuis un an, répondirent-ils, plutôt qu'à ses confrères qui ont été témoins de ses actions, il paraît qu'il craint des éclaircissements » [Covresp., II).

(1) Pap. de Barth., 438, f° 270, 1" octobre 1793. — La lettre n'est pas signée, mais nous avons tout lieu de croire qu'elle est de S. Wildermett, maire de Bienne.

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