‹ Le département du Mont-TerribleChapitre 9 sur 42 · A1MT1\E VI · texte numérisé non relu

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ne tut pas insensible à ces raisons, et échangea alors, avec notre ministre des relations extérieures, des dépèches fort alarmées : le 15 septembre, il prévenait Deforgues des trames « d'un dangereux parti qui, dans le Mont- Terrible, était aux gages de l'Autriche » et menaçait de déchaîner les hostilités (1) ; pendant les semaines suivantes, il signala avec humeur les marques de la mauvaise volonté des cantons (2) : « J'ai fait connaître de plusieurs côtés, mais surtout à Berne, — écrivit-il encore à Deforgues (3), le 6 novembre, — que le Département du Mont-Terrible se plaint vivement et a instruit la Convention Nationale de la différence extrême qu'on fait dans ces contrées entre les patriotes qui y sont maltraités et les royalistes qui y sont très bien accueillis. 11 sera difficile de toutes les manières, de maintenir la concorde sur cette frontière (4). »

Le rapport de L'intérêt que nous avions à rester en aix avec le Corps

Hérault de ' *

Sécheiies helvétique déjoua pourtant encore une fois les calculs du

sauvegarde les » J •

neutnaiisés. Département. Comme ce dernier avait signifié à l'abbé de Bellelay, le 1®' novembre, qu'il ne reconnaissait point sa neutralité, et ne tolérerait plus « les chants et les termes odieux sur la nation française » qu'on se permettait dans la Courtine, l'abbé Monnin lui reprocha de mépriser les

(1) Kaulek, III, 47.

(2) Ibid., 2, 3, 78,162, 168.

(3) Ministre des relations extérieures du 21 juin 1793 au 7 juin

(4) Ibid., 195.

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(Ircisiuns du (iomiU'; de Salut Public, en « violant ses |>r()|>riét('s » et en favorisant « d'atroces calomnies (1 ) » ; il adressa cnsuile ses plaintes à l>artliélcniy et au représentant du peuple Hérault de Séclielles, envoyé en mission sur les frontières helvétiques. Or, le rapport sur la Suisse, qu'Hérault envoya à Paris le 1 1 novembre, fut un véritable réquisitoii'c contre les administrateurs du Mont-Terrible : Tancien président de la (Convention condamnait les périls qu'ils faisaient courir à une neutralité « qui valait une armée de soixante mille hommes » ; il blâmait leur conduite à l'égard de Bellelay, conduite d'autant plus injustifiée qu' << on pouvait s'en rapporter à l'intérêt de l'abbé et de sa tremblante moinerie »; il dévoilait un système qui consistait « à s'agrandir et à s'enrichir, ...à s'emparer d'abord de l'abbaye pour atteindre ensuite Moutiers-Grand-Val et l'Erguel. » « La Suisse, et notamment Berne, ajoutait le dantoniste Hérault, voient avec peine ces manœuvres (2). »

Ainsi blâmé, le Directoire brûla lui même ce qu'il avait adoré, ou plutôt adora ce qu'il avait brûlé : il répandit « à profusion » dans les communes frontières une sorte de proclamation annonçant la bonne harmonie entre les deux nations, proclamation « pleine de la chaleur et de Ponction persuasive qu'un si beau sujet devait inspi^

(1) Ibld.

(2) Kaulek, III, 200. — Iléraull y vail déjà été envoyé dans le Mont- Blanc pour l'organiser.

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rer » (1). (Juant à l'abhé de Bellelay, il recrut l'assurance que ses propriétés seraient respectées.

Dtrnières Telle devait rester la situation du département jusqu'en

démarches «lu

princo-évéquo: 1797. Si Gobel et Henû'o^uer, — que le trésorier bernois

illusions et &G ' 1

^*sa (ion- '* Frisching appela sans façons (( deux drôles mûrs pour la guillotine ou mieux encore pour la corde » (2), — si les ennemis mortels du prince-évéque n'avaient pas lieu d'en être satisfaits, Joseph de Hoggenbacli au contraire pouvait la considérer comme un moindre mal, puisqu'il conservait, somme toute, ses droits souverains sur une moitié de ses Etats. Il n'eut plus de ministre à Paris, — l'abbé de Raze étant mort le 19 avril 1793, et le sieur Compagnon de Baudeville n'ayant reçu qu'une mission tout officieuse (3), — mais il put en conserver un à Vienne (M. de Blumenfeld), et faire entendre encore ses doléances de prince d'empire au sein du Corps germanique. En juillet 1793, il ordonna à son représentant d'appuyer à Dièle une supplique du président et du syndic des Etats de l'évôché (4) réclamant l'intervention de

(1) Lettre au district de Delémont, 8 décembre (District de Delémont, 30),

(2) Lettre à Barthélémy, Kaulek, III, 331.

(3) Cet attaché à la légation de la Cour palatine à Paris recueillit les papiers de Tabbé de Raze ; comme honoraires, il eut la permission de toucher l'argent que pouvait avoir laissé ce dernier {Papiers de Vabhé de Raze, 19 avril et 21 mai ; — Conf. prot., 19 août 1793).

(4) L'abbé de Bellelay et l'avocat Delefils. — Le prince s'était assuré auparavant que ladite supplique « ne portait pas atteinte à ses droits souverains *> {Conf. prol., I ijuin el 12 juillet 1*93).

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