‹ Le département du Mont-TerribleChapitre 12 sur 42 · I.K r.()iivi:nM;Mi:\ I hmikoi'.isi i; i;n 179 I \(Y · texte numérisé non relu

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carnivoros ; c'osl là, eulii), (|ii(^. rMssMsiés do smiii,^ ilsdoi- \vu\ ('\|)ir(M- M co\c de Iciii' proie |)ali)iLaiitc (l). »

Km allcndanl celle vvr de jiislice, la Sociélé moiilagnarde recherchail, à rinlérieur, rap[)licalion iiilégrale des principes nouveaux : clic veillail à ce que la cullurc des |)lanles Ictçuinineuses déjouai les trames des « monopoleurs )) ; elle provocjuail et concentrait les dons patriotiques ; elle nommait des commissaires pour les fêles civiques et procédail à une collecte pour l'achat des bustes de Marat et de Lepelletier, u martyrs de la liberté » ; elle observait et dénonçait au (Comité la conduite des municipalités ; elle était enfin la dispensatrice de ces « cerlifîcats de civisme » que devait obtenir tout citoyen pour échapper à la fatale suspicion. Quant à ses membres, ils étaient toujours soigneusement triés sur le volet : le 16 avril 1794, par exemple, deux sans culottes ayant demandé leur admission, le président du club nomma neuf membres, lesquels choisirent trois d'entre eux pour statuer ; après avis favorable de la commission, les candidats (( montèrent à la tribune pour être épurés » et ne devinrent définitivement sociétaires qu'après deux cérémonies semblables. Ceux qui n'avaient pas obtenu cette faveur insigne pouvaient prendre place aux tribunes à condition » de mellre des bandes tricolores à leur feutre », et assistaient ainsi à un spectacle plein d'intérêt que les

(1) Barthélémy répondit obligeamment à cette lettre du 2 mars qu'il avait dénoncé à l'Etat de Soleure c cette horde scélérate >i (Pap. de Barth., 442, fo* 322 et 323).

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membres du Irihunal révolutionnaire aflirmaicnl « leur servir de récréation (1) ».

Les séances des cinq autres « sociétés légales » que compta le Mont-Terrible furent moins fréquentées, car si Ton en juge par les faibles traces qu'elles ont laissées, ces u filiales » n'eurent ni influence ni initiative. ^Malgré une subvention annuelle de mille livres allouée par Bernard (2), le club de Delémont, — le moins inactif des cinq (3), — se signala seulement par de banales adresses à la Convention où il exprimait sa « satisfaction » du supplice de Marie-Antoinette, ou demandait, à propos de « la consommation prodigieuse de bœufs que nécessitaient nos armées », que « la défense de tuer les veaux imposât un carême civique aux estomacs muscadins» (4). ^^révolu"' ' L'action du tribunal révolutionnaire, — instrument de

terreur du Comité, — fut autrement efficace. Bernard l'avait créé de toutes pièces, le 7 janvier, « pour juger révolutionnairement et sans l'assistance de jurés, tous les prévenus de délit public » (5). Comme « le nombre des

(1) Lettre au Comité de Salut public, du 12 février.

(2) Arc h. Nai.y AF. II, 951, 11 janvier 1794.

(3) Les autres clubs étaient ceux de Saint-Ursanne, de Saignelégier, du Noirmont et des Piquerez.

(4) L'Assemblée renvoya gravement cette proposition au Comité d'agriculture [Procès-verbal de la Conv.^ 31 oct. 1793, p. 121 et 4 janv. 1794, p. 289. — Voir aussi: !«•• nov. 1793, p. 241 ; 27 mai et 23 sept. 1794, p. 139 et 31).

(5) Les motifs de l'arrêté sont significatifs : « Considérant que les délits contre la République, sont impunis par le peu d'énergie du tribunal criminel, et surtout par le mauvais esprit des jurés qu'il est impossible pour ainsi dire de prendre ailleurs que parmi les fanati-^ ques. . . y>

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LE GOUVEHNEMKNT TEnnoniSTE EN 1794 1 1 1

palriolcs rlnil si potiL (ju'il n'cUail même j)as suflisanl. pour In composilion (1rs nuloril/is conslitiiécs », dos juges (1(^ I.ure, .lussey, Cliamplilte et Gray avaient été adjoinis au j)i<''sidenL Moreau, seul magistrat du pays qui parut assez impartial. Ils avaient immédiatement reçu des juges de paix, afin d'en « constituer les procédures », les dénonciations dont ces derniers étaient nantis... Foyot, enfin, l'accusateur public, fut investi de la faculté de réquisitionner à sa guise la force armée du département, et même, « en cas d'insuffisance », celle des départements voisins (1).

Terrible étaitla puissance d'une semblablecommission, Terrible aussi fut son langage. Installée officiellement le 27 janvier, en présence des autorités constituées, elle déclara avoir un besoin urgent de la guillotine et requit le département « de faire travailler sans retard, jour et nuit, à sa construction ». « Les circonstances exigaient en effet impérieusement qu'elle se transportât (avec les bois de justice) dans différentes parties du département. » Deux mois après, elle écrivait encore à la Convention qu' « il fallait enfin écraser toutes les bêtes féroces, et rouler sur les ennemis de la Révolution les rochers delà montagne » (2).

Heureusement que ces menaces n'étaient employées par les membres du tribunal de Porrentruy que pour

(1) lier/, du Dép.^ 7 janvier 1794.

(2) District de Porrentruy, Trib. rév., 2 février et 28 mars 1794, Ke(j. (lu Jiép., 4 févr.

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masquer leur peu d'einpressenieut à devenir des pourvoyeurs de guillotine : ils lenaienl à promener l'instrument de terreur, mais nullement à s'en servir. Ce qui le prouve, c'est que sur quatre condamnés à mort, deux seuls furent exécutés, dont un seul (P. Christ, de Ventelincourt), pour ses opinions politiques : il avait « tenu des propos attentatoires à la souveraineté du peuple et provocatoires à la royauté en criant à plusieurs reprises : vive le roi ! en présence de la force armée » (1).

Par contre, le tribunal obéit à l'impulsion du Comité de surveillance et purgea le département des antipatriotes, en multipliant les arrestations et en remplissant les prisons au lieu du sinistre panier. Dès le 28 janvier, deux citoyens, coupables d'avoir vendu la mesure de vin trentesept livres au lieu de trente-cinq, étaient envoyés jusqu'à la paix, comme suspects, dans la maison de réclusion. Le 7 mars, quatre laufonnais se voyaient infliger trois mille livres d'amende, deux heures de poteau et six mois de détention pour avoir discrédité les assignats en les recevant à perte. Le 22 mars, un commissaire payait de six heures de poteau et de quatre ans de fers la faute d'avoir acheté des meubles à une vente dont il était chargé. Quant aux condamnés politiques proprement dits, la liste en serait interminable, et nous n'en pouvons comprendre le

(1) Les trois autres condamnés à mort furent un espion juif bavarois (qui obtint d'être envoyé à Paris), un brigadier de gendarmerie coupable d'avoir fait évader un prisonnier,, et un faux-monnayeur, condamné par contumace.

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