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nos véritables pères en acceplanl sous votre éf^idc des républicains amateurs delà loi et (pii ne s'en égarent que \)iu' it^norance ! » Or, maliçré tout, ces pauvres gens étaient encore sous les verrous è la lin de mai, traités comme des scélérats dans des locaux malsains (|u'on avait aménagés, on plutôt déménagés à la liàte. au chAteau et dans les couvents (1).
Le régime des détenus était d'ailleurs le môme partout : les riclies payant pour les pauvres, ils recevaient chacun une ration journalière d'une livre et demie de « pain d'égalité », d'une demi-livre de viande, et d'une quantité de légumes correspondant à la valeur de vingt-cinq centimes. Nourriture, lumière, combustible, ustensiles quelconques leur étaient fournis par l'administration, et ils ne pouvaient rien faire venir du dehors. Leur correspondance était lue d'abord par les gardiens, puis envoyée au Comité de surveillance dont les membres étaient les seules personnes qu'ils fussent autorisés à voir.
Tant de rigueurs soulevèrent de vives réclamations, et il fallut bientôt accompagner les emprisonnements de destitutions en masse.
Le Département avait donné le premier l'exemple du Epuration
générale.
« modérantisme » en nommant, le 9 mars (2), « une commission prise parmi des parents d'émigrés, tandis que la
(1) Dès le 27 mars,, avant les fournées les plus importantes, le Comité avait envoyé au Comité de sûreté générale une liste de 87 personnes détenues à la maison de réclusion de Porrentruy (District de Porrentruy, 26).
(2) Sur un arrêté des représentants Lacoste et Beaudot.
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Société populaire lui olïVait un choix de |)atrioles reconnus ». (( Fra[)pé d ctonnemcnt », le Comité lui signifia que « ce choix était erroné, incivique et susceptible d'èlre dénoncé au Comité de sûreté générale ». Même menace fut faite au District qui élargit, le 12 mars, quarante détenus, et à l'agent national de Porrentruy qui en libéra dix (( sans en avoir prévenu le Comité ». Les cinquante prisonniers furent de nouveau mis sous les verrous.
A l'égard des municipalités qui osèrent blâmer publiquement un despotisme que Timmense majorité des habitants réprouvait tout bas, les Douze ne se contentèrent pas de menaces : tout fonctionnaire qui recula devant la besogne, fut de suite cassé et rangé parmi les suspects. Citons-en deux exemples (1). Le 1*^' mars, l'agent national, le maire, un conseiller, six notables et le Comité de surveillance entier de la commune d'Aile furent destitués et remplacés. Le lendemain, toute la municipalité de Miécourt subit le même sort ; elle s'était, en effet, « rendue coupable d'un grand crime envers la République » en accordant un élogieux certificat de civisme à « un aristocrate (2) qui n'avait pas signé la réunion » ; comme « ce n'était qu'en sévissant avec vigueur qu'on pourrait arrêter les projets liberticides de la majorité de la commune », les coupables recevaient « l'injonction de montrer leur
(1) Celle de Porrentruy même était si peu exclusive qu'elle demanda, en janvier 1794, au représentant Bernard, la continuation de la pension servie aux malheureux serviteurs du prince (Iic(/. Je la Munie. y n° 71, Journalier, A.).
(2) H. Boechal.