LES CHARGES MILITAIUES ET LA MISERE PUBLIQUE AVANT LA TERREUR
(mai-aoûll793).
• Si les rauraciens restèrent hostiles au régime français, ce ne fut pas seulement par amour de leur indépendance et par attachement envers leurs traditions ; ce fut aussi en raison des lourds sacrifices qu'on exigea d'eux et dont les conséquences n'étaient rien moins que la ruine de leur patrie.
La ûarnison ^^^ charges militaires pesèrent tout d'ahord sur eux plus que sur le reste de la nation, à cause de la situation du Mont-Terrible : avant-garde de la Républi([ue, « Thermopyles n cpii fermaient la trouée de Belfort et la Franche-Comté, il falluty entretenir une véritable armée pour en interdire l'accès aux Autrichiens campés aux portes de Baie. En juin 1793, la garnison s'éleva à 3.400 hommes, commandés par le général \^ieusseux (l) : ces troupes
(1) 11 avait remplacé le 24 mai le général Monter, et il eut pour successeurs les g-énéraux Eckmeyer (20 août), Jacob (13 sept.) et Blondeau (22 janv.) {liég . des nulor. milit. District de Delémont, 35).
Parmi les troupes du Mont-Terrible, se trouvaient le 2^ bataillon du 2 h régiment d'infanterie, 6G* bataillon du Doubs et le l""^ de la Corrèze {Arch. Nat . ^ F^ 4.400, ordre des commissaires Prieur, Guyton et Deydier).
LI-:S CIIARCKS MILITAIHKS i: !' I.A MISKKF-: i»r lU.IOlJI.: 25
élaicnl « morcelées on ([uantilé tlo petits détacheniciils » (1), (liininuécs d'un millier de malades ou de ni;\lini»rcs inaptes au service, dépourvues de chevaux, d'artillerie et de ressources linancières. Et poui'tant W'urinseï' évoluait avec 4.000 soldats dans le coude du lUiin. j)rél à Tinvasion (2) ! La conséquence en fut l'exploitation lorcée de toutes les ressources du Porrentruy : tandis que les habitants souffraient d'une discipline militaire « tellement relaxée qui ni les personnes, ni les propriétés n'étaient plus respectées » (3), ils durent faire face à des réquisitions successives et spoliatrices qui donna au pays l'aspect d'une contrée vaincue pressurée par un brutal conquérant. Ces réquisitions ayant atteint leur maximum quelques mois après, nous n'en tracerons le tableau que plus loin.
Plus dure encore fut l'obligation de contribuer à l'im- , onsciîption pot du sang. N'ayant jamais connu la guerre les raura- réiVactaires. ciens en concevaient une horreur invincible, et comme dautre part ils n'étaient point soutenus par l'amour de la patrie, marcher aux armées était pour eux marcher au supplice. Avant la réunion, nos commissaires leur
(1) Surtout depuis que la municipalité de Porrentruy s'était plaint que la ville eût à subvenir presque seule au logement des troupes (licg . (le la Munie, n° 71, 7 mai 1703),
(2) Rcg. du (Icp., 17 juin 1793.
(3) Jhid., 6 juillet. Nombreuses étaient les causes d'indiscipline : ainsi, le 20 octobre, les commissaires de la Convention ordonnèrent « de proclamer à la tète des troupes » la suspension-pour incivisme du lieutenant-colonel du 21*' régiment d'infanterie, Farincourt (^rc/i. iVa/., Fi 4.400, comme ci-dessus).
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avaient laissé l'espoir de n'être employés qu'à la défense de leurs foyers ; mais le département fut bien obligé d'appliquer les lois révolutionnaires, et dès le mois de mai 1793 fut décidée la formation d'un u bataillon des volontaires du Mont-Terrible ». D'ailleurs, on n'appelait alors sous les armes que des volontaires, et Ton semblait espérer que la persuasion suffirait : « Vous avez su alTronter la mort sous les drapeaux du despotisme — s'écria le 20 mai le Conseil général dans une circulaire aux habitants, — serez-vous moins vaillants sous l'étendard victorieux de la liberté ?,.. Quand vous vous battiez pour le soutien des usurpations de vils égoïstes (il s'agissait de nos souverains !) vous étiez restreints à la condition de simples soldats^ condamnés à plier sous le bâton féroce de barons arrogants. Aujourd'hui, la patrie équitable envers tous ses enfants vous promet de l'avancement et des récompenses (1). »
Mais l'illusion des administrateurs tomba bientôt ; malgré les efforts des commissaires envoyés, le 27 mai, dans les cantons, « pour inspirer aux citoyens l'ardeur, l'intrépidité, l'amour de la patrie », aucun guerrier ne se présenta... On recourut donc à la force et à la crainte pour susciter des « volontaires » ; le 7 juin, deux membres du déparlement furent chargés d'en hâter le recrutement en requérant au besoin l'appui des soldats de Vieusseux. Plus conciliant, le district de Delémont
(1) Police milit., n» 8.
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olVril cinquante livres à quiconque « se vouerait i\ la (1(5fense (Je la patrie ». A ce prix, on put ré'unirlcs premiers éltimcnls du halaillon, c'est-à-dire des gens (jui avaient tout à ii^agner ù se mettre à la charge de TP^tal, ou anil)ilionnaient quelque grade dans la nouvelle phalange ; car la circulaire du 20 mai disait vrai eu promettant à tous des galons : notons, par exemple, que les cent trente-six volontaires du district de Porrentruy qui se rassemblèrent le 24 juin dans Téglise du collège eurent à se diviser en huit bureaux, chaque bureau devant former une compagnie et élire par conséquent huit gradés ! (1). Celui d'Aile choisit comme officiers Caillet et Voillat, élargis depuis peu de la forteresse de Vieux-Brisach, « fiers maintenant de se promener dans les rues en habits de gardes nationaux et décorés d'épaulettes » (2).
Ces opérations étaient toutefois prématurées puisque Le Bataillon . ,. 1 irk • • desvolontairos
la Convention ne rendit que le ly juin un décret « auto- du
Mont-Terrible.
risant la formation dans le Mont-Terrible d'un bataillon de gardes nationaux volontaires... dont l'état-major ne serait organisé qu'après qu'il aurait été constaté par une revue du commissaire des guerres que le nombre des compagnies et des hommes serait complet » (3). Au reçu de ce décret, le département annula les élections du 24 juin et résolut de poursuivre la levée avec une nou-
(1) IbicL, n° 2, 23 et 25 juin.
(2) Lettre écrite de Porrentruy au prince par l'avocat Nizole, Rép, Raur., 1793, 13 juillet.
(3) Décret imprimé, Police niilil., n" 2.
velle vigueur; il envoya parloul des commissaires pour « inviter les communes à remplir leur contingent par la voie qui leur paraîtrait la plus favorable », commissaires qui « ne devraient désemparer des communes (jue leur contingent ne fût entièrement complété d'après la liste de réquisition qu'ils auraient entre les mains » (1). Le rassemblement était fixé au 18 août, à Porrentruy.
Le bataillon devait avoir un eiïectif de mille bommes (plus du tiers des rauraciensnon mariés de 18à 40ans)(2) ; or, à la date du 29 juillet, on n'avait pu encore trouver que le cinquième de cet efTectif. Dans le district de Porrentruy, il manquait 455 hommes sur 555...
La chasse aux volontaires commença donc, battue lamentable qui dut poursuivre les nouveaux Français jusqu'au fond de leurs bois et jusqu'au sommet de leurs montagnes abruptes, les poussa en grand nombre, comme les nobles et les prêtres, au delà de la frontière, et n'aboutit en somme qu'à des résultats dérisoires. Effrayées de leur responsabilité, quelques municipalités parurent alors obéir aux ordres du département et s'efforcèrent d'élever le patriotisme à la hauteur des circons. tances ; mais elles restèrent impuissantes devant la résistance farouche de leurs conscrits. Celle de Boncourt,
(1) Ibid.
(2) Le tableau de cotte catégorie de citoyens, dressé à cette époque, donne pour le district de Porrentruy 1.480 hommes. Comme celui de Delémont devait fournir 445 volontaires sur 1.000, le nombre des citoyens susdits devait s'y élever à environ 1.280 ilbid. | n«^ 2 et 8). ' f
ij:s (:ii.\n(;i:s mii.haiuks i:t i.a .Misî:nK i-i hlhjl e 29
aussi ino-énieuse que celles de l^orrcntruy (l)eL de Delémenl, olTril iiii don palrioliciuc aux voloiilaircs qu'éliraient leurs camarades : ce fut en vain, et les garçons de la commune se retirèrent sans mc^.me avoir délibéré. Les conscrits de Buix, assemblés au son de la cloche, <( répondirent unanimement qu'ils ne voulaient point fournir de volontaires », A Damphreux, la municipalité elle-même embrassa le parti de la résistance, et « délibéra unanimement qu'on ne fournirait les bommes demandés qu'après que toutes les communes du canton auraient fourni les leurs ». Celle de Courtedoux tint la même conduite ; celle des Muriaux,le4 août, déclara attendre qu'on eûtfaitledénombrement exact de tout ledépartement (2).
Dans le district de Délemont, ce fut pis encore : le Mauvîuse
volonté des
b août, aucune municipalité n'avait encore exécuté des municipalités. ordres qui étaient à ce point impopulaires que tous les commissaires nommés successivement par le district s'étaient récusés. Les instructions des administrateurs étaient pourtant fort engageantes : « Vous verrez avec reconnaissance, disait-on au commissaire Ign. Simon, que nous vous fournissons Toccasion de signaler votre zèle pour le bien de la patrie, en lui acquérant de braves défenseurs dont vous saurez animer l'ardeur... Après avoir annoncé (aux conscrits assemblés) le noble emploi
(1) La municipalité de Porrentruy accorda deux cents francs à chaque volontaire, et décida de faire une quête en leur faveur {Rég. fie la Munie, n° 27, 8 août i793).
(2) Police milit,, n" 8.
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qu'on leur destine, celui de défendre la liberté et l'égalité, vous leur proposerez de choisir un mode d'élection. Vous inscrirez sur un tableau le nom de ceux qui auront eu l'avantage d'être du nombre des élus... Une copie en sera expédiée à chacun d'eux... Si, contre toute attente quelque malheureux, sourd à la voix de la patrie, voulait faire résistance, la force armée est à votre réquisition : il ne faut point plier ! (1) »
Loin d'accourir à » la voix de la patrie », les conscrits du district, soutenus par leurs municipalités, protestèrent alors publiquement contre la violation des promesses faites naguère par les commissaires de la Convention. Les communes allemandes surtout usèrent envers les autorités constituées d'une liberté de langage peu ordinaire : il suffira de citer la réponse que firent aux instructions précédentes celles de Reinach et de Laufon. Après avoir manifesté leur extrême surprise d'ordres dont la seule lecture devant le peuple avait occasionné « une consternation générale, les alarmes les plus vives, la désolation, le désespoir, des murmures, des menaces, enfin tous les signes avant-coureurs d'une insurrection terrible », elles justifiaient ainsi la conduite des réfractaires : u La France n'a plus que des volontaires nationaux, c'està-dire des hommes qui veulent servir de leur propre volonté... Nous nous permettons de douter si le département a la faculté de forcer des hommes à s'enrôler... La
(1) Instructions du district au commissaire Ign. Simon, 5 août 1793, Police milit.y n° 2.
LKS CIIAIU.KS MILITAI MES ET LA MISLIU-: l'L'BLIQCK
première» violence dont on usera occasionnera une fuite i'énérale (\v nolre^jcunesse... On nous a dit (juc la pairie est en dani^er : cli ! citoyens, ne devons-nous pas rester chez nous et<^ar(ler nos frontières, nos propri/^tés? Est-il un poste plus dangereux que le notre?... Prévenez les horreurs d'un second Avignon ! Ih'ocurez-nous le bonheur qu'on nous a promis (l). »
A ces arguments pleins de logique, le district répondit Kmpioi .U; lu
violoMco.
par Fexécution de ses menaces. Le département lui écrivit du reste le 20 août « qu'il ne souffrirait point que de jeunes insensés abusassent plus longtemps de sa patience », et le lendemain, l'administrateur Glerget vint à Delémont requérir le général « d'arrêter et de conduire dans la maison de réclusion les maires et les officiers municipaux qui ne se seraient pas conformés à la loi du recrutement ».
Il arriva alors ce que les municipalités avaient prédit : les conscrits désertèrent. On arrêta du moins leurs parents, et le 29 août le procureur-syndic du district annonçait au département qu'il lui envoyait 28 otages (2).
Au jour fixé pour le rassemblement du bataillon, le 12 août, il ne s'était présenté h Porrentruy que des ajoulots, semblables sans doute à ceux qui avaient procédé à la distribution de galons du 24 juin. Ces premiers éléments furent dirigés tels quels sur Besanc;on, après
(1) Police milit., n° 2.
(2) Les arrestations non maintenues furent du reste bien plus nombreuses ; à Courtételle, il y en eut 7 : à Soulce, 6.
Premières
compagnies
envoyées à
Besancon
(12 août 1793).
3*2 CIIAI'ITHE 11
avoir t'ié divisés en cinq compagnies ressemblant Ibii à des squelettes. Squelettes, elles Tétaient à tons points de vue : au point de vue de l'équipement, de l'habillement et des ressources, comme à celui du nombre. Leurs trois cents vanu-pieds, sans linge, ni chaussures, étaient dépourvus de tout ce qui était nécessaire à des soldats. Réduits à mendier littéralement leur pain, ils n'obtinrent du département, lorsqu'il s'agit de se procurer des ressources, que des réponses du genre de celleci : « Formez-vous, brave jeunesse, sous les ordres de vos chefs, aux évolutions militaires, pour conserver votre liberté, et mériter le nom terrible de bataillon du Mont- Terrible (1) ! » De telles fadaises étaient moins utiles que le pain à des estomacs creux ; mais le département prétendit ne point s'être engagé à en fournir. Le malheureux bataillon dut envoyer successivement des députations à Besançon, Vcsoul, Dijon, St-Jean-de-Losne, puis Neuf-Brisach et Strasbourg, pour obtenir les effets et les vivres les plus urgents (2).
A défaut de consolations matérielles, il en eut de morales. Ou'on lise seulement ces articles du règlement provisoire : « Immédiatement avant l'inspection de la garde, — sept heures du matin et du soir, — on dira les prières du matin et du soir. — Le mot d'ordre sera un nom de saint... La sentinelle criera : Wer da ? On lui
(1) Bur. de comptab. Hég . de Corresp., n° 26, 20 août 1793.
(2) Pour tous ces détails, cf rapports du Bureau de Police milit, n° 2.
LES CHAnGES MlLI'r\IIU:S ET LA MISÈHE ITHLIOUK 33
rrj)()n(li-ii : [)ali'()uillc suisse; (1(; Sl-PiciTc ou de SUPaul. — On couslruirn imn chaïKîlIc;, cl on préviendra clia([nc soir à l'ordre de l'Iieurc où on devra dire la messe le lendemain. — Nous j)rierons le eiel de bénir nos armes, et nous mettrons en lui toute notre conliance. »
Produit d'une plus pure inspiration révolutionnaire, ';'''',''''r*"''i','" l'étendard du bataillon n'était pas moins propre à hausser les cœurs au-dessus des douloureuses réalités : fond bleu, couleur des armées de la grande Ilépublique, garni d'une bordure rouge, symbole du sang qu'il fallait verser pour elle ; dans le milieu, montagne terminée par une plaine, Elysée de l'ère nouvelle où Ton accédait par des murailles à triple étage qui hérissaient les flancs de la montagne ; au pied de celle-ci, des lettres d'or : « Premier bataillon du département du Mont-Terrible », et plus bas, dans la bordure rouge, la fière et ronflante devise : (( Non asperrima terrent )),les choses les plus rudes ne nous terrifient point ! Au sommet de la montagne, un coq, les ailes déployées, est perché sur une crosse de Bàle brisée et renversée ; à côté gisent des chaînes rompues dont les extrémités descendent le long de la montagne...
En favorisant les profonds sentiments religieux de ces Les
, . i 1- t 1 j lit déserteurs,
nauraciens, et en symbolisant sur leur drapeau la chute
d'un régime devenu odieux, on avait cru, sans doute, les
attacher à leur bataillon. Mais ils ne répondirent point à
ce calcul, et montrèrent qu'ils entendaient faire autre
chose des chaînes brisées qu'un vain signe brodé sur un Il G. - 3
34 ciiAPnni-: n
lambeau irétoffe. Le long de la route de Gray à Auxonne, — ville où ils arrivèrent le 31 aoiU, —vingt-cinq d'entre eux jetèrent les fourches qui leur tenaient lieu de fusils et s'enfuirent du côté de la Suisse. A partir du 13 septembre, jour où les 6^ 7*^^ et 8« compagnies, formées d'une centaine d'hommes levés enfin manu militari dans le district de Delémont, rejoignirent le bataillon, la désertion lit de tels vides que les capitaines se plaignirent » de ne j)lus avoir que ce que Ton confie ordinairement à un caporal », et sommèrent le département de leur envoyer de nouvelles recrues : « Avec les pouvoirs que la loi vous a confiés, vous pouvez tout, — écrivait l'un d'eux le 20 octobre... Je serais le premier (si vous faiblissiez), qui me porterais le dénonciateur à la République entière de l'indolence de vos administrés et de l'inactivité de leurs administrateurs. 11 faut que la force agisse (1) ! »
Menaces inutiles, car on ne pouvait reprocher au département de ne pas employer la force. Tout la réclamait, même la vente des denrées et l'approvisionnement des marchés publics : l'agriculteur et le commercjant n'échappaient pas plus que le conscrit à la contrainte et à la misère.
La rareté des Jamais l'agriculture n'avait été moins prospère (2) : en
(1) Lellre du capitaine Boyer, Police militaire, iio 2. Les autres capitaines étaient Piquerey, Jeannotat, Girard, Guenin, iMonnin, Theubet, Popon. Le chef de bataillon était Boutroûe.
(2) Les instruments aratoires avaient servi à l'armement des conscrits ; le 18 août, 20 communes du district de Porrentruy réclamèrent 282 faux et 154 faucilles. Le district intervenait du reste sou-
LKS (lIAlUiKS Mll.lTAII'.KS KT LA MISKIŒ PUBLIQUE 3o
iiiillol 17*j:J, !(' .M()nt-'rcMTil)lc se Irouvail à peu près ré- dcniYîfs et la
' rt'ghîrrionta-
(liiil à la famine, si bien (lue le Directoire suppliait les Uon .lu
départements limitrophes de lui venir en aide ; il s'adres- ï'*'''*,'?"7y3.*''^*^
sait aussi au (Comité de Salut Public, lui réclamant d'ur-
i^ence « un secours de mille quintaux de blé nécessaire
pour atteindre la moisson (1) ». Celle-ci se trouva par
surcroît très insuflisante ; dans le district de Porren-
Iruy, j)euplé de 23 000 habitants, elle ne donna que