quintaux de fourrage, soit un déficit de
quintaux, et 28.000 quintaux d'avoine, soit un déficit de
Cette situation désastreuse, aggravée par d'énormes réquisitions militaires, produisit une conséquence fatale : malgré d'importants achats de grains dans les départements voisins (3) et de bétail dans les cantons (4) ; malvent dans les questions agricoles, dressant la liste des habitants capables de travailler aux champs, des terres ensemencées, etc.
(1) Bur. de eomplab., n° 2G, 12 juillet.
(2) Le bétail du Mont-Terrible comprenait en l'an III : 3.7Ij2 chevaux, 945 poulains, 5.965 bœufs, 7.308 vaches, 3.279 veaux, 4.578 chèvres, 17.140 moutons. Le district de Porrentruy possédait en l'an II : 2.949 chevaux, 718 poulains, 2.878 bœufs, 4.006 vaches, 1.692 veaux, 2.507 chèvres, 8.592 moutons (D'après les recensements. Bureau de police civile, n* 52).
(3) Du 15 janvier au 18 août 1793, le district de Delémont reçut du Doubs et du Jura : 3.550 quintaux de froment, 190 de méteil (froment et seigle), 514 de seigle, 636 d'orge, 596 de mélanges (?), 171 de farine. Il reçut du district d'Altkirch, du 14 au 20 décembre, o98 quintaux de froment (Distr. de Delémont, Uegisfre des grains, n° 35). (4) Le 17 octobre, par exemple, trois tonnes d'argent furent envoyées en Suisse dans ce but {Relation de Bischof, p. 27 à 60, 139, ei passim) .
gg CHAPITRE II
gré la défense de Texportalion en Suisse sous peine de mort, les denrées alteignirenl un prix inquiétant. Dès le 21 juin, dans une proclamation aux communes, Rengguer s'était plaint « du prix outré des marchandises auquel la classe indigente du peuple ne pouvait plus atteindre ». Quelques jours après, le 27, apparaissait le premier arrêté fixant le prix maximum des grains : le quintal de froment était réduit d'autorité de 28 à 25 livres (1). Des mesures analogues furent prises pour toutes les denrées de première nécessité, puis pour toutes les marchandises sans exception. Le 14 octobre, le procureur de la commune de Porrentruy dut se rendre chez tous les commerçants pour vérifier, sur leurs livres, les prix de vente de 1790, base qui servit à édicter les « tableaux du maximum » les plus minutieux, rappelant curieusement les règlements tyranniques des corporations dégénérées (2). Voilà comment l'annexion procurait aux rauraciens la liberté et la prospérité promises. Voilà ce qui explique la guerre civile qui allait ajouter ses horreurs aux dures nécessités de la Révolution française.
(1) Il avait dépassé 31 livres le 1«^ mai, {Rég. du Dép., 27 juin). •^ Le tableau du 2G novembre fixait le prix de cinq à six cents artides de tous genres : viandes, légumes, vins, cuirs, bois, fers, verres papiers, étoffes (dont on distinguait environ deux cents espèces)! Il déterminait aussi le salaire des ouvriers et le prix de location des chevaux de trait.
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