‹ Le déplacement polaire: preuves des variations de l'axe terrestreChapitre 16 sur 33 · PHÉNOMÈNES ACTUELS · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES ACTUELS

D'après M. Payer, le glacier Dove, dans la Terre de Wilczek, au nord de la Nouvelle-Zemble, est aussi large que celui de Humboldt.

Le Groenland et les autres terres arctiques se montrent couvertes d'un épais manteau de glace et de neige, qui coule lentement et se renouvelle sans cesse. En été, les neiges fondent sur les points bas, jusqu'à des altitudes qui varient entre 100 et 500 mètres. Les glaciers plongent dans la mer; parfois, ceux du Groenland arrivent vers un escarpement, au fond d'un fjord, et là, rompus, ils présentent une épaisseur verticale que Rink a vu s'élever à 600 mètres. Des roches aiguës trouent le manteau, et fournissent de rares moraines. L'épaisse masse glacée comble les accidents du terrain, et se meut par-dessus les vallées et. les cîmes secondaires à peu prés comme si elles n'existaient pas.

Dans l'Amérique du Sud, la haute chaîne des Andes ne contient que de rares petits glaciers depuis le Venezuela jusqu'au centre du Chili. Plus au sud les glaciers abondent ; ils descendent jusqu'à la mer dès le AT degré de latitude, au golfe de Penas.

On n'a pas étudié les glaciers des terres voisines du pôle antarctique. Il ne reste à signaler dans l'hémisphère austral que les glaciers de la Nouvelle-Zélande; ils sont à peu près à la même

lalituile que les Alpes, et, sur la côte occidentale, s'abaissent jusque beaucoup plus près du niveau de la mer. L'un d'eux, celui de Waiau, descendu du monl Cook, la plus haule montagne de l'ile, se termine à 212 mètres d'altitude. Il est silné par'i3''3ij' de latitude.

L'hémisphère sud est plus froid que l'hémisphère nord ; en oufre, il neige abondamment sur les faces occidentales des montagnes de la Palagonie et de la Nouvelle-Zélande.

Les glaciers du GroëTiland et des terres voisines du pôle nord coulent comme ceux des Alpes, — rongent leur lit et transportent des blocs de la même manière. Il paraîtrait seulement que le nevé de la partie supérieure s'étend davantage en proportion de leur longueur totale. La boue et les autres produits de l'érosion forment le long des côtes des bancs vaseux où fourmillent les mollusques.

Quand leS glaciers plongent dans la mer, ila continuent â glisser sur la roche ; mais un moment arrive où la tendance de la glace à surnager produit une rupture; alors se détachent des portions parfois énormes de la partie inférieure i glaciers, qui, chargées encore de pierres et boue, oscillent, flottent et dérivent entraînées par le vent et les courants; ce soi\l\es glaces flottantes.

La partie immergée d'un bloc de glace pure estdesept àhuit fois plus volumineuse que la partie qui dépasse le niveau de la mer. Si le bloc de glace renferme des pierres, la portion immergée augmente dans une proportion rapide. On a vu ties glaces flottantes longues et larges de plusieurs kiloraètres, et dont la hauteur au-dessus de la mer dépassait 60 mètres. On conçoit avec quelle puissance ces masses, qui tiennent des blocs en- Ehâssés, peuvent labourer et buriner le fond de la mer lorsqu'elles viennent échouer sur un hautfond.

Les glaces flottantes produites près du pôle nord arrivent en grand nombre dans l'océan Atlantique par la mer de Baffln et le détroit de Davis ; filles suivent le courant d'Hudsoii et se dirigent ^ers l'île de Terre-Neuve. Quelques-unes voguent ■ians les parages de l'Islande. Quelques autres pénètrent par le détroit de Behring dans l'océan Pacifique. Elles diminuent à mesure qu'elles •'oiivent une mer et une atmosphère plus chaudes ; Wuvent elles chavirent et laissent tomber leurs pierreux. Échouées, elles fondent, et quand inution les fait de nouveau flotter, elles int jusqu'à un fond plus élevé, ou reprenchemin de la haute mer.

Dans l'hémisphère nord, on a rencontré des flottantes jusqu'à la latitude des Açores,

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nu •iO' dogré. Dans riiémisphére sud elles apparaissent jusque vers le cap de Bonne-Espérance, à 5 degrés plus prés de l'èquateur. Les glaces llotlanles venues du pôle sud sont au moins aussi noaibreuses et aussi chargées de débris rocheux que celles venues du pôle nord. On peut en induire que les terres du pôle sud sont vastes et leurs ftlaciers importants.

Il est des glaces flottantes qui ne provienaenl pas des glaciers.

Dans la mer Baltique et dans le golfe du Saint- Laurent, à chaque printemps, la surface glacée de la mer se brise, les glaçons se heurtent, se chevauchent ; quelques-uns portent des pierres et de la terre, parfois des blues puissants ; ils les cha^ rient et les- répandent où ils fondent. Le docteur Forchhammer (1), dont les observations ont porté sur l'entrée de la Baltique, a constaté que des glaces s'y forment au fond de l'eau, comme dans les tleuves, qui, lorsqu'elles sont assez volumineuses pour ilotter, montent à la surface chargi de snbles, de graviers, de pierres et de plantes marines. Il rapporte qu'un navire coulé en 1807 dans la rade de Copenhague, fut vu en 1844^ lorsqu'on ei tentait le sauvetage, tout couvert di roches entassées. De semblables accuniulalions

(!) Lykll, Prinripe^ ilc Gêologii'. Php!?. 187rl, I. I, jj, TiOS;

de Liocs se produiraient sur lous les navires sombres dans le Sund. Ces faits font comprendre comment le long des rivages de la Baltique s'étend ' une ligne de blocs, comparable à une ceinture de coraux, mais moins régulière ; entre cette ligne et j

la lerre est un espace de mer tranquille dont profilent les petites barques pour la navigation oôtiêre.

Dans les mers polaires, les débâcles et les tempêles agissent sur des glaçons plus épais. Ils s'emp'ienl où l'orage les pousse, contre les banquises oudans les baies. Les trlaces Hollanles ainsi for- "loea contiennent souvent des couches alternées fle neige et de glace compacte. Elles ont moins " "nportance géologique que celles des espèces Précédentes, parce qu'elles ne Iransporlentpresque pas de matériaux rocheux.

Sur les hauts-fonds où échouent les glaces flotlanles, on voit les blocs transportés répartis par "•"tlpe de grosseur : les plus petits parviennent j'Jsque dans les eaux les moins profondes.

Phénomènes glaciaires anciens. — Supposons H^e le climat du Groenland se réchauffe, — que •^Utement les glaciers diminuent, qu'ils disparaissent au bout de quelques centaines de siècles après avoir subi de^ oscillations semblables à Wlles des glaciers actuels des Alpes; — a^e la

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144 LEîS PÉRIODES GLACIAIRES.

végétation, à mesure du recul des glaces, se spit emparée du terrain ; que la pluie , les torreais , les fleuves se soient livras à leur tâche habituelle d'érosion ; — et qu'alors, pour la première fois, des géologues viennent étudier ce pays : — ils pourront y reconnaître l'existence, et, jusqu'à un certain point, l'importance des anciens glaciers. Ils retrouveront des débris de moraines ; ils verront de gros blocs dont la nature indique le gise- ' ment primitif, et dont la distribution lointaine, régulière et les formes anguleuses marquent qu'ils n'ont pu être transportés que par des glacier&; ils trouveront des pierres polies ou striées; ils ver- " ront des roches moutonnées, creusées de cuves, burinées de stries. Ils ne découvriront pas ces traces d'actions glaciaires partout où les glaciers ont passé, parce que la végétation, les agents atmosphériques, les érosions des eaux courantes, les éboulements des terrains, en auix)nt fait disparaître la plus grande partie; les roches s'usent à l'air et perdent leur poli et leurs stries, les eaux minent les moraines ; les témoins les plus persistants sont encore les gros blocs dispersés qu'on nomme les erratiques. Mais il suffira qu'ils aient la preuve que quelques glaciers ont été d'une longueur énorme, que quelques vallées ont été absolument comblées de glace et que les blocs ■ erratiques les ont franchies par le travers, — pour ^

qu'ils puissent conclure que le pays tout entier b subi UD froid et une action glaciaire considérables.

L'étude que nos géologues supposés ne pourraient faire au Groenland que dans un temps si éloigné , a été faite à une époque récente dans d'autres régions du globe.

Les Alpes ont été couvertes d'un manteau de glace égal peut-être en épaisseur à celui du Groenland. Le petit glacier de la source du Rhône, long aujourd'hui de 6 kilomètres à peine, s'est étendu dans tout le Valais, a franchi le lac de Genève et le lac de Neuchàtel, a dépassé le lieu où Berne est bâtie , et a porté des roches jusque plus loin que Soleure. Le bloc erratique qu'on appelle le bloc de Charpenlier, provient d'une sommité située sur la rive gauche du Rhône près de sa source; il est à Steinhof, â -16 kilomètres plus iJoin que Soleure, à 240 kilomètres du point de départ; c'est une masse de gt-anite talqueux dont le volume dépasse 1,700 mètres cubes. Dos blocs de granité pris au flanc oriental du mont Blanc ont été trouvés sur le mont Chasseron, à l'ouest du lac de Neuchàtol, à une hauteur de 1,440 mètres au-dessus du niveau do la mer.

Le glacier de la vallée du Rhin, plus vaste encore que celui de la vallée du Rhône, s'étendait au delà du lac de Constance. Du côté de l'Italie, SI

d'autres glaciers dcpassaienl les lacs Majeur, it Côme et de Garde.

Les pierres à stries el à poli caractéristique l'action glaciaire sont nombreuses dans les mo raines, extrêmes de ces grands glaciers. Lyell(l examinant des parties de la moraine de Mazzè, at sud d'Ivrce, où abondaient les fragments de cal caire et de serpentine, aperçut des marques indii cutables sur le tiers du nombre total des caillou do toute espèce. Les fragments de quartz n'élaiei jamais striés; ceux de granités, de mica, i scliisles , de diorite, l'étaient rarement; ceux serpentine étaient marqués dix-neuf fois sur vin; L'examen de débris d'anciennes moraines de S leure lui donna des résultats semblables. Lyt attribue la fréquence relativement considérah des cailloux striés dans les moraines des grant glaciers, à la distance parcourue par les pierres à l'énorme pression subie.

Les stries des roches calcaires se conserva bien sous une couche de terre végétale. On a ] en observer jusqu'en des points très-élevés e les montagnes qui bordent les vallées des Alp<

Les autres signes : roches moutonnées, i ves, etc., sont plus rares, mais ne font pas absi lument défaut (2).

eiennetê tie. l'hùnimc, Paris, 1870, pages 336 Bl 3M. 'ez la noie 11, page itàk.

La péninsule Scandinave, l'Ecosse, le pays de (nlles, présenLent au moins au même degré que m Alpes les traces de l'aclion glaciaire. Beaucoup Sautres pays les présentent à divers degrés. J'en fennerai l'énuniération tout à l'heure.

|11 importe de distinguer les traces laissées par I glaciers proprement dits, — des terrains et B marques d'origine marine , que l'on croît coniiporaines do l'extension des glaciers. Il fut un ïps où l'on attribuait aux glaces lloltantes la jeure partie des traces dues aux gîaciers ter- Ires. Les glaciers gigantesques impliquent un là intense et de longue durée, sévissant loin I points actuels des pôles. Les terrains formes I les glaces llotlanle?, lesquelles voguent à si nde distance des régions polaires, ne nécessit pas, à beaucoup prés, des modifications cliiériques aussi considérables. Aujourd'hui les ses flotlanles apportent au voisinage de Terreive les débris des terres arctiques ; les bancs rerre-Neuve sont à la même latitude que le i de la France. On faisait intervenir des moulents séculaires à grande amplitude , on les pliquait, on les multipliait, et tout paraissait tiqué.

yell avait donné l'exemple. Il avait émis l'idée Jes erratiques provenus du Valais avaient été

portés sur le Jura par les glaces flottantes. L mer aurait alors atteint un niveau qui dépassa Taltitude des blocs trouvés sur le Ghasseron. pouvait objecter l'absence de coquilles marine dans la région. Mais cette objection n'avait qu la force d'une preuve négative; on pensait qu les mers froides renfermaient peu de mollusques les coquilles pouvaient avoir été détruites, o exister en petit nombre et demeurer cachées. L docteur Torell ne devait que plus tard constate Texubérance de la vie des mollusques dans le boues glaciaires des mers arctiques. Heureuse ment M. Guyot et quelques autres géologues étu dièrent minutieusement la nature de chacun de erratiques , sa situation , et le lieu de sa prove nance. Les glaces flottantes auraient distribué le blocs un peu au hasard. Or, les blocs sont range suivant un ordre parfait, suivant Tordre que seul les glaciers peuvent donner. Lyell vint d'Angle terre, vérifia les observations des géologues suis ses, puis, avec une bonne foi profondément res pectable, il imprima dans toutes les éditions d ses ouvrages qu'il s'était trompé.

Dans les vallées de l'Ecosse sont des terrains caractère glaciaire d'une grande épaisseur. Pré cisément à cause de leur puissance on les ava: attribués aux glaces flottantes. Agassiz et M. R< bert Ghambers montrèrent, par l'étude des bloc

irrntiquea el des sillons des roches, c[uo l'Ecosse tvait été B siirmoulée en glace » (1). M. Jamieson ril sur les côtes est et ouest, que les pointes de Wches saillanles et les mamelons isolés étaient folis et marqués de stries sur la face qui regarde intérieur du pays, et étaient restés intacts sur la qui regarde la mer; il ne s'agissait donc pas tes glaces flottantes. D'après M. Jamieson l'ÉiBse était alors plus émergée qu'aujourd'hui (2). ., Geikîe examina les matériaux qui composaient B terrains glaciaires, et trouva qu'ils consistaient dans tous les cas, en débris des roches qui lonjsntle même bassin hydrographique » (3).

La péninsule Scandinave offre, jusqu'à des hau- Ifiors de 1,800 mètres, des traces considérables 'Rclion glaciaire. On pensa aux apports des glaces flottantes venues du pèle pendant une ira- Mrsion du pays. Le professeur Kjerulf, de Ghrisinnia, s'appuyant sur l'origine des erratiques et les directions des stries, démontra que la Norvège la Suéde avaient été couvertes d'un manteau âeglacc, semblable à celui qui couvre aujourd'hui le Groenland.

Un terrain de structure glaciaire est certaine- Œent d'origine marine s'il contient des coquillages

4tllLïïi.L, Éléments de Géologie, Paris, G" éJ., t. 1, p, 244. "jLïRLL, Ani:!cttneli ih rhoiame, Paris, 1870, poge 207. *lLïEtL, Aiirieimeh' <lo Tliomme, Parie, 1«70, pflge 274.

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d'espèces arctiques, . — ou sf les matériaux qui le composent proviennent d'une terre éloignée, séparée du gisement actuel par une mer profondé.

La stratification n'est pas une preuve. Un grand nombre de terrains morainiques, d'origine purement terrestre , sont plus ou moins stratifiés. La moraine de Mazzé est stratifiée (1). Les terrains glaciaires de Saint-Ombre, près de Ghanibéry, présentent fréquemment des lits alternés de gravier, de cailloux, de sable et de limon. Les moraines immergées par les mouvements séculaires, puis émergées, montreront plus sûrement encore l'apparence stratifiée. Tel est le cas des moraines les plus basses des côtes anglaises : beaucoup d'entre elles offrent des coquilles sur leur face supérieure.

Les couches contournées et pliées sont un sign< qu'on croyait spécial aux formations marines. Lei glaces flottantes, en échouant sur des couchoi planes et peu résistantes, peuvent y produire dei plis par le simple fait de la pression. Si des frag ments de glace s'enfoncent dans le terrain, et vien nent à être recouverts par de nouvelles couche: de sable et de limon, on comprend qu'après leu fusion lente, les glaces laisseront les couches di versement contournées. Mais les glaciers exercen

(1) Lyell, Ancienneté de l'homme, Paris, 1870, page 339.

is des pressions contre leurs moraines teres; et, Irés-loin t!e la mer, dans lo nord de l'Asie et de l'Amépique, on trouve des len-oins qui contiennent des masses puissantes de glai:e à une certaine profondeur.

On ne connaît que de très-rares lerrains gladont l'origine marine soit certaine. Ils sont iTine faible hauleur au-dessus du niveau acla mer. Ils ont la même structure que les terrains morainiqucs proprement dils. Les coquilles qu'ils renferment n'indiquent générale- Kent pas un climat bien rigoureux. Ils ont pu se fermer longtemps avant ou longtemps après le moment où le froid sévissait avec sa plus grande inteDsilé sur les rivages qu'ils occupent.

Des blocs erratiques sont disséminés à la surùœ (les plaines Lasses de la Russie, do la Po- -hgna, de l'Allemagne du nord, du Danemark, jfaûord de la Hollande, et de la côte du Norfolk *il-Angleterre. Les erratiques de la Russie et iwie partie de la PoJogne sont venus des montagnes de la Laponie et de la Finlande. Ceux des attires pays sont originaires des montagnes de la Norvège et de la Suéde. D'après BoetJingk, les iiiintagnes de la Laponie ont également envoyé usinasses pierreuses sur divers rivages de l'o- *^n Glacial arctique. Certains blocs ont été feiroiivés à une distance de 1,600 kilomètres de

leur lieu de départ. Les plus petits sont allés plus loin du point d'origine. On trouve aux menu endroits de la boue, des graviers, et quelquefo des coquilles d'espèces récentes.

Il n'est pas douteux qu'ils aient été portés pî les glaces flottantes ; mais il est très- douteux qi ces glaces aient été fournies par des glaciers, ( il est très-douteux que les transports aient él effectués au moment du plus grand froid. Encor aujourd'hui , les glaces do la Baltique soulever et transportent des blocs. « Le^ professeur d Baer (1) rapporte, dans une communication fait par lui à ce sujet à l'Académie de Saint-Péters bourg, que, pendant l'hiver de 1837 à 1838, u bloc de granit, pesant un million de livres, fi amené par la glace, de la Finlande à l'île de Hoc kland, et que, vers les années 1806 et 1814, deu blocs énormes furent transportés par des glac^ empilées sur la côte méridionale de la Finlande. Si, le climat restant le même , la mer Baltiqt pouvait élargir lentement ses rivages, elle sèm^ rait à nouveau ses bords de blocs erratiques, ju qu'aussi loin qu'elle arriverait à s'étendre ; ^ se retirant, elle en abandonnerait une gran( partie.

Quand même le fond de la Baltique, le fond

(1) Lyell, Principes de Géologie, Paris, 1873, t. I, p. ^

lES ANCIENS. lâM

îa mer Blanche et celui de la mer du Nord auraient été à sec au moment du plus grand froid, il suffit que postérieurement ces mers aient pu lentement s'étaler sur les moraines des glaciers et gagner les limites extrêmes marquées par les* blocs, pour que ceux-ci aient été distribués ainsi qu'on le remarque. Il n'est même pas nécessaire de supposer un climat plus froid que le climat actuel. Les erratiques de la région dont nous venons de nous occuper, ne prouvent pas la submersion du nord de l'Europe au moment du froid le plus intense.

Peul-ètre les glaces lloftantes ont-elles strié et ppli les roches autrement que les glaciers. La comparaison n'a pas pu être faite, parce qu'on ne WBnait pas de marques qu'on puisse rapporter avec certitude aux glaces flottantes. Il est probable que ces dernières ont produit des traces nombreuses et accumulé des masses de débris à l'épo^e des grands glaciers ; — mais les productions glaciaires d'origine marine ne sont guère "isibles sur les terres actuellement émergées. Plus loin, nous examinerons quel devait être le "iveau de la mer au moment de la plus grande fftension des glaciers, terrestres.

Ainsi, les Alpes, l'Ecosse, la péninsule scan- "linave ont, a une certaine époque, été couvertes

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