‹ Le déplacement polaire: preuves des variations de l'axe terrestreChapitre 8 sur 33 · ÉROSIONS · texte numérisé non relu

ÉROSIONS

Si Taxe est iixe, Texistence des continents polaires est bien difficile à expliquer.

Si Taxe, au contraire, se déplace, il est trèsnaturel que la proportion des terres soit plus grande au voisinage des pôles qu'ailleurs sur le ^lobe. A mesure du déplacement de Taxe, l«..s mers se renflent au nouvel équateur et fuient les nouveaux pôles. Ce sont des continents successifs que ronge la présence du pôle.

L'importance des continents polaires actuels peut même «donner un vague aperçu de la lente vitesse du déplacement polaire.

La différence entre le plus grand et le plus petit rayon du globe est d'environ 21 kilomètres. Cette mesure se rapporte au niveau marin. Si le pôle se transportait subitement de 90 degrés, s'il changeait de place avec l'équateur , — les terres for- . moraienl aux nouveaux pôles une saillie qui n'é- -galerait pas les 21 kilomètres, parce que cette grandeur serait diminuée de l'aplatissement de la masse solide du globe, mais la saillie serait proba- Wèment encore énorme, et un continent compact occuperait toute la calotte polaire.

On comprend par là que, si le pôle se mouvait avec une grande vitesse , les continents polaires seraient extrêmement étendus et élevés. Se mouvant avec une lenteur également extrême, le pôle n'aurait aucune terre à son voisinage.

24 TEHHES AUX POLES.

L*importance des continents polaires est proportionnée à la vitesse du déplacement du pôle. Il y a nombre de milliers d'années que Térosioii polaire agit sur les terres voisines des pôles, puisque le relief de ces terres ne parait pas exceptionnel sur le globe.

En résumé :

L'existence des terres polaires infirme la fixité de Taxe.

Leur existence, leur étendue, et lé défaut des terres dans les régions tropicales sont expliqués par le déplacement de Taxe.

Notons encore que, d'après les sondages exécutés dans les différents océans , les mers équa toriales paraissent notablement plus profondes que les mers voisines des pôles; — ceci vient à l'appui de ma théorie.

Déformation de la sphère. — Après que Huyghens et Newton eurent annoncé que la terre, que l'on croyait sphérique, était un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles, — on s'occupa , en France d'abord, de trouver l'aplatissement terrestre à l'aide démesures de degrés de méridiens.

Le problème s'annonçait assez âimple. Les méridiens du globe paraissaient devoir être deai ellipses parfaites et égales entre elles. Il ne s'a-»

COMPLICATIONS. 2u

gissâit que de connaître la forme exacte de Tune quelconque de ces ellipses. Connaissant les longueurs de deux degrés pris en des points différents de la courbe, et connaissant leur situation, on pouvait déterminer Tellipse.

On allait voir que la forme de la terre est autrement compliquée.

L'arc de Franco combiné avec Tare du Pérou donnait un aplatissement égal à la 368* partie du rayon terrestre. L'arc de France combiné avec Tare de Laponie donnait un aplatissement . du 320®. De nouveaux arcs mesurés donnaient, par de nouvelles combinaisons qu'on formait entre eux, des résultats toujours différents , et parfois accusaient des divergences considérables.

Il fallut reconnaître que notre planète n'est \ pas un simple ellipsoïde de révolution. .

La triangulation de Tlnde révéla une particu- ■ larité remarquable. La courbure de cette région est telle qu on la concevrait si le globe était, non aplati, mais allongé dans le sens des pôles; — telle encore, et ceci revient au même , qu'elle se présenterait si Téquateur passait au nord de cette presqu'île au lieu de passer au sud.

Pendant que se multipliaient les mensurations de degrés, des études plus faciles et plus nombreuses furent faites à l'aide du pendule.

Jacobi ayant démontré qu'un globe licyiidc en

2î FORME DU GLOBE.

rotation peut, à la Vigueur, être un cUipsoi trois axes inégaux, on chercha à concilier le grand nombre des observations avec la con( tion de Jacobi. Schubert proposa d'attribué Féquateur la forme d'une ellipse dont les pô aplatis chacun de 718 mètres, se fussent trou\ l'un vers l'embouchure de l'Amazone, l'autre nord de l'Australie. Le colonel Glarke proj des pôles équatoriaux aplatis chacun de 1 mètres, et les plaça : l'un au sud de l'isthmi Panama, l'antre parmi les îles de la Sonde.

On ne peut pas nier que la terre resser davantage à un ellipsoïde à trois axes inég qu'à l'ellipsoïde à équateur circulaire. Mais n est pas encore sa forme véritable. La sur terrestre est plus compliquée. Les parallèles, bablement sans en excepter aucun, sont cor l'équaleur déformés par des aplatissements ; lement, les lignes qui passeraient par tous pôles des parallèles ne paraissent pas être grands cercles de la sphère.

On s'accorde à penser que les irrégularité globe suivent cerlaines règles, qu'elles se posent symétriquement par rapport au centre sphéroïde, — à preuve, les pôles équator qu'on place aux extrémités d'un même diam terrestre (1).

IV y oyez notamment Elisée Reclus, La Terre, t. I, p..

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