COTES DE FRANGE
La côte du Portugal émerge probablement aussi.. On -a cessé de construire des vaisseaux de ligne à Seixal, parce que Teau n'est plus assez profonde.
Sur les bords de la Manche, plusieurs points du rivage français s'immergent. Le monastère du Mont Saint-Michel, bâti en 709, en terre ferme, est aujourd'hui situé sur une presqu'île qui menace de devenir une île. D'après M. Bonissent, la mer gagne dans la baie de la Hougue et le havre de Carteret. A l'embouchure de la Somme, quelques tourbières ont baissé jusqu'audessous du niveau marin. Mais d'autres points du même rivage sont en voie d'émergence, comme le montrent des plages à coquilles récentes situées notablement au-dessus des plus hautes marées.
Plus loin, sur les côtes des Flandres et de la Hollande, les signes de l'immersion sont nombreux et célèbres ; il me suffira de citer l'envahissement du pays de Dordrecht par la mer et la transformation successive des marais du Zuyderzéeen lac, puis en golfe. Les digues élevées sur les côtes sont les preuves de l'affaissement du sol. Mais, chose digne de rémarque, les heux qui s'affaissent le plus sont voisins des embouchures des fleuves. Le terrain d'alluvion tasse. Aussi, avec Staring, plusieurs savants pensent-ils que la dépression des terrains est produite par le poids
des digues et des édifices, le passage des chariots, des hommes et du bétail.
Presque tous les auteurs veulent que le Holstein, le Sleswig et le Danemark soient en voie d'immersion. Le principal argument consiste en ce qu'en divers points on a découvert les restes d'une forêt qu'aujourd'hui la mer recouvre.
L'existence de forêts sous-marines ne prouve pas nécessairement une immersion récente. Ainsi, la forêt de Cromer (Norfolk) végétait à une époque extrêmement ancienne, antérieure très-probablement à la dernière époque glaciaire. Il y a des ossements de Yelephas meridionalis, de l'e/ephas antiquuSy du mammouth, du rhinocéros etruscus, de Y hippopotamus major, etc. Que sur le rivage occidental du Sleswig, au fond du port de Husum, on ait trouvé dans la forêt sous- ' marine un tombeau de l'âge de la pierre, — ne prouve pas mieux que l'immersion soit récente. L'homme existait bien antérieurement à la dernière période glaciaire ; et, durant ce qu'on appelle l'époque humaine, il s'est produit des mou- • vements séculaires du sol de sens opposés ; — à preuve la hutte de bois de Sôdertelje, proche Stockholm, dont le foyer, maintenant au-dessus du niveau de la mer, fut cependant recouvert d'une épaisseur de 18 mètres de couches marines.
Au demeurant, les Kjôkkenmôddings démon-