CHAPITRE IV
Comment doivent se produire les mouvements séculaires s'Hs" sont dus au déplacement de l'axe. — Retard des terrains. -^ * Mouvements de sens exceptionnel, -r- Vérification. — Confirmations.
Examinons comment se ppoduîraient les mouvements séculaires s'ils étaient dus au déplace-.; ment de Taxe de rotation du globe.
Première hypothèse. — Pour simplifier, ima- " ginons d'abord que Taxe se déplace suivant un grand cercle de la sphère; — et que, durant le déplacement, les parties solides du globe ne changent pas de forme, que seules les mers tendent à fuir les pôles et à se renfler à Téqualeur.
Autour du point pris comme centre (figure 2), je décris deux circonférences: — la circonférence extérieure avec un rayon E qui représente le rayon équatorial du globe; — la circonférence in-
MOUVEMENT DES MERS
lérieure avec un rayon P qui représente ie rayon polaire.
Les deux rayons devraient être presque égaux ;
la distance qui sépare les circonférences devrait être égale à la trois-centième partie environ de l'un des rayons. Mais l'épaisseur qu'il faut né-
cessairement donner au trait d'une des circonférences, pour que ce trait soit visible, est déjà sensiblement égale à la trois-centième partie du rayon ; ainsi, les deux circonférences se confondraient en une seule de trait plus large, et Tel- Jipse que je veux tracer entre les deux ne serait pas aperçue. La différence des rayons a été considérablement exagérée.
Le diamètre EE' du cercle extérieur représente Téquateur, le diamètre P P du cercle inté: rieur représente Taxe de rotation. Ces lignes sont
le grand axe et le petit axe de Fellipse que je trace entre les deux circonférences.
L*ellipse représente la forme du globe en l'otation, forme déterminée par le niveau marin.
Si Taxe change de position et vient en P' P', Yér quateur se place suivant la ligne G G'. Une seconde ellipse est déterminée par ces deux nouveaux axes; ellipse que je ne trace pas pour ne pas com* pliquer la figure, et parce qu'on la conçoit sans qu'elle soit tracée. La seconde ellipse représente la nouvelle situation du niveau des mers*
Dans ce déplacement, tous les continents qui affleuraient la première ellipse ont éprouvé des dénivellations. Il y a eu émergence pour les terres de la portion F E' de l'ellipse, et pour celles de la portion opposée ou antipodale F E. Il y a eu im* mersion dans les portions G' P et G P. Les terres
MOUVEMENT DES MERS. 109
situées aux différents points de Tun quelconque de ces arcs ont éprouvé des dénivellations d'ampliludes inégales, car nulle part les tracés des deux ellipses ne sont parallèles. Un peu plus loin, nous étudierons ces différences d'amplitudes.
Considérons Taxe P P en voie de déplacement, et tendant à la situation P'P'. Les points situés proche des pôles et au-devant d'eux sont en voie d'émergence ; — les points situés immédiatement derrière les pôles sont en voie d'immersion. Au voisinage de l'équateur, il y a immersion pour les points desquels l'équateur se rapproche, et émergence pour ceux desquels il s'éloigne. Ainsi, tout l'arc P E' compris entre le pôle et Téquateur est en voie d'émergence , de même que tout l'arc antipodal P E. Les deux autres quarts de l'ellipse, E' P et E P, sont en voie d'immersion.
Soit un point situé au pôle du globe, au point P, et affleurant le niveau marin. Le pôle s'en ôcarte de 480 degrés; à ce moment, le point arrive à l'autre pôle. L'ellipse a tourné d'une demioirconférence, ou, si l'on veut, le cercle intérieur
a tourné en sens inverse de la même quantité. Du-
rant son déplacement, le point que nous considérons a été recouvert d'une couche d'eau dont l'épaisseur a constamment augmenté jusqu'à l'é- (juateur, où elle égalait la distance entre les deux circonférences, et constamment dimjnué depuis
MOUVEMb'NT DES MEUS. Hl
Téquateur jusqu'à Tautre pôle. Il s'agit de déterminer à quels degrés de latitude la couche liquide a gagné ou perdu le plus rapidement et le moins rapidement en épaisseur.
La courbe de la figure 3 répond complètement à celle question. Elle montre les hauteurs successives du niveau marin sur tout le trajet parcouru.
Les chiffres inscrits au bas du tableau sont ceux des degrés de latitude; Téqualeur est au milieu, les pôles aux deux bouts.
La ligne horizontale la plus inférieure représente le cercle intérieur; la ligne supérieure, le cercle extérieur. L'espace intermédiaire a été divisé en dix parties égales ; chacune des divisions équivaut environ à 2 kilomètres dans Tliypo- Ihèse actuelle.
Aux pôles, le niveau marin est à la hauteur zéro. Il s'élève avec lenteur jusque vers le 70*^ degré. Il acquiert la rapidité moyenne de croissance vers le 68* degré ; en ce point, la tangente à la courbe est parallèle à la ligne qui joint le minimum avec le naximum de la hauteur. La rapidité la plus grande est atteinte vers le 45* degré. Puis la vitesse d'élévation décroît, redevient moyenne vers le 22® degré, passe au dessous de la moyenne, et finit par être nulle à l'équateur, où, comme aux pôles, la tangente est horizontale.
lia CAUSE DES MOUVEMENTS SÉCULAIRES.
La brancîhe ascendante et la branche descendante de la courbe sont symétriques.
La courbe des niveaux a la forme d'une vague ayant son sommet à ré({uateur. Le point situé au pôle, et duquel le pôle s'écarte de 480 degrés, passe sous les hauteurs successives de la vague. Le miUeu de la hauteur totale de la vague est atteint vers le 45* degré; plus exactement, à 44^o5'42":
Les dénivellations des points de la surface terrestre qui ne sont pas situés sur le grand cercle de déplacement de Taxe, suivent la même marche. Elles ont seulement des amplitudes moindres.
Le cercle extérieur, dans la figure 4, représente le grand cercle de déplacement de Taxe. L'axe est la ligne P P'. La ligne E E' représente Féquateur.
La ligne P P' qui figure Taxe, figure également un grand cercle de la sphère, — grand cercle dont le plan est perpendiculaire au plan de Téquateur et au plan du grand cercle de déplacement de Taxe. Afin de n'être pas obligé, à chaque fois que je voudrai le désigner, de répéter cette longue suite de mots, je l'appellerai — le grand cercle polaire. Je lui donne ce nom parce qu'il passe par les pôles et parce qu'il joue le même rôle que les pôles.
Le point est un point de la surface terrestre,
MOUVEMENT DES MERS
lequel se trouve à l'intersection de l'équateur et du grand cercle polaire.
Soit un point A situé en un lieu quelconque de la surface du globe. Autour du point pris
comme centre, je trace sur le globe une circonférence passant par le point A.
Si l'axe se déplace dans le sens indiqué par la flèche, les dénivellations s'opéreront au lieu A exactement comme si le point A se mouvait dans
le sens inverse, décrivant la petite circonférence. Les émergences les plus grandes se produiront aux endroits où la petite circonférence coupe le grand cercle polaire ; les immersions maximum, aux intersections de la petite circonférence avec l'équateur. La différence entre le niveau le plus bas et le niveau le plus élevé sera mesurée par le nombre de degrés de latitude qui sépare le point — de la petite circonférence. Si celte dernière coupe le grand cercle polaire vers le 45® degré, Tamplitude totale des dénivellations du point A égalera environ la moitié des dénivellations propres à un point situé sur le grand cercle de déplacement de Taxe. Le niveau maximum est le même pour tous les points du globe. Le niveau minimum seul varie; il est indiqué par le tableau de la figure 3. Cette courbe des niveaux est applicable aux dénivellations d'un point quelconque de la surface terrestre, en convenant que la hauteur divisée en dix parties égales représente l'amplitude totale des dénivellations du point considéré.
L'équateur et le grand cercle polaire partagent la surface de la terre en quatre parties égales, antipodales deux à deux ; desquelles les unes sont en voie d'émergence et les autres en voie d'immersion.
Deux points quelconques du globe, situés aux