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MIGRATION DES AIRES

Tel est le cas des îles océaniques ; leur population se compose des espèces qui peuvent franchir les mers; et aussi des habitants primitifs, profondément modifiés par un long isolemeat, par ]e passage sous divers climats, par la cohabitation avec des espèces étrangères, par la variation -de grandeur de la surface habitable.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont de grandes îles océaniques, lesquelles paraissent être restées isolées depuis des temps considérables. Les marsupiaux caractérisent aujourd'hui la faune australienne , et leurs ossements forment la plus grosse part des fossiles qu'on trouve dans les cavernes à brèches de T Australie. La faune si pauvre de la Nouvelle-Zélande est caractérisée par le kiwi, la plus petite des autruches vivantes ; aux dernières époques géologiques, ce pays possédait principalement aussi des autruches.

Migration des aires. — A mesure que se déplacent les climats sur les surfaces ininterrompues des continents, — les aires géographiques doivent tendre à se transporter afin de conserver les climats qui leur sont propres. Assurément les chaînes de montagnes, les grands fleuves, sont des obstacles à beaucoup d'espèces. Il est certain . qu'après de longs voyages, les espèces d'une aire géographique quelconque ne sont plus ce qu'elles

étaient en premier lieu. Mais, de même que les populations des îles océaniques conservent la physionomie des populations souches, — de même aussi, après un certain espace de temps, une aire émigrée doit montrer quelques-unes des caractéristiques anciennes.

On a pu reconnaître que les principaux membres des anciennes flores miocènes d'Europe vivent aujourd'hui au Japon et dans les provinces du sud-est des États-Unis d'Amérique. La faune qui vivait dans l'Amérique du Nord à l'époque pliocène ressemble beaucoup plus aux faunes post-glaciaire et récente d'Europe qu'à la faune américaine moderne (1). D'après M. Schimper(2), la flore actuelle de l'Europe est venue de l'Asie. D'après M. Huxley (3), la faune miocène d'Europe est dérivée de l'éocène supérieur asiatique, et cette dernière faune serait elle-même venue de l'éocène inférieur de la portion de l'Afrique située au sud du Sahara.

La faune des mollusques est peut - être , de toutes , celle qui varie avec le plus de lenteur, celle qui garde le plus longtemps des caractères reconnaissables. Suivant M. Woodwards (4), les

(1) Lyell, Ancienneté de Vhomme, Paris, 1870, page 484.

(2) Traité de Paléontologie végétale y !'=•' vol., page 94.

(3) Hevue des cours scientifiques, Paris, 1870, t. VII, p. 456. {\) Manuel of the Mollusca, cité par M. Gustave DoIIfus, —

Principes de Géologie transformiste, Paris, 1874, page 143.

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