‹ Le derivatif comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 15 sur 23 · FAVEL, ERNEST · texte numérisé non relu

FAVEL, ERNEST

KRNBST.

Monsieur Bonoeil ?

FAVEL

3ton jeune ami 7

KRX8ST.

Je vois que la partie ue serait pas égale au pis* tolet; mais il y a des épées... vous me comprenez...

FAVEL, regardant autour de lui.

Est-ce qu’il n'y a pas par là deux badines, deux bâtons, deux échalas, pour vous monUrer coinment ça se pratique?

Monsieur, je n’ai pas besoin...

FATBU

Qu’on vous donne des leçons de courage, je n’en doute pas. (d moitié moqueur.) Vous êtes Frran* çais! Alais je serais fâché de vous tuer.

ERNEST

• Nous verrons.

FAVEL

O mon Dieu 1 dans quelques secondes. •• une, deux, plus personne !

ERNEST

Ah ça, vous êtes donc un diable l

FAVEL

Oui, mais un bon diable, puisque je ne tiens pas à vous envoyer dans l'autre monde. Et ce que je vous dis là... ce n’est pas pour vous humilier.

ERNEST

Vous ne faites que cela depuis que vous êtes ici. Vous coupez des balles sur la lame d'un couteau, et vous me gagnez au billard.

FAVEL

Écoutez donc, mon cher, je ne puis pas, pour vous être agréable, faire fausse queue.

ERNEST

Et maintenant voua venez me dire que si je tire l’épée avec vous, je suis un homme mort.

Enterré.

ERNEST

Et vous trouvez que toutcela n’est pas humiliant pour moi...

FAVXL.

Au contraire.

MAGAiïIN THEATRAL.

EltVBST.

Comment au contraire?

FAVBL.

Assurément. Pour bien jouer au billard» bien tirer le pistolet et manier l'épée comme Sainb- Gcorges. il faut n'étre bon qu'à ça. .. il faut être un mauvais sujet comme moi...

EEKEST, souriant.

Tenex» monsieur Bonœil...

rAVBL.

Belœil...

EHNEST.

Beloeil... Vous êtes» au fond» un bon garçon, je le vois... consentez donc à ne pas briller à mes dépens. J'ai des raisons pour vous demander ça.

FAVEL

Et si j'en ai pour ne pas vous l'accorder?

EHNEST.

Vous n’aimez pas, vous, monsieur Belœil?

FAVEL

Bonœil, monsieur...

SENBST.

Pardon... moosieui Bonœil, vous o'aimez pas?

FAVEL

Vous faites tort à ma sensibilité... je suis trèssensible... les habitués de la Chaumière vous en diraient des nouvelles.

ERNEST

Eh bien, brillez à la Chaumière; mais ici...

entre jeunes gens... car vous êtes encore jeune...

FAVEL

Je m’en flatte, et le beau sexe aussi.

ERNEST

Eh bien, entre jeunes gens, on petit se faire des confidences... je suis amoureux...

FAVEL

11 n’y a pas de mal.

De madame Truchon.

FAVEL

Voilà où U y en a.

ERNEST

N’cst-ellc pas faite pour plaire? Jeune, fraîche, vive, pétulante!

FAVEL

Tout ce que vous voudrez , mais elle est mariée!

ERNEST

Mais elle n’aime pas son mari... il n’est ni beau ni spirituel.

FAVEL

Vn mari ii'cst forcé d'étro ni l’un ni Vautre; autrement le mariage serait bientôt aboli, et le mariage, jeune homme, c'est comme une monarchie... et je m'étonne que le neveu d'un préfet ne 1c respecte pas. Qui, monsieur, ça cherchant à

plaire à une femme mariée, vous faites un acte révolutionnaire; vous voulez renverser la monarchie Truchun. C’est mal, c'est très-mal. Deinauduz o monsieur votre oncle le préfet.

ER.NEST

Allons, vous plaisantez. .f* Voyons , monsieur Bonœil...

FA^ EL

Belœil...

ERNEST

Belœil... si une femme vous avait inspiré une passion, seriez-vous capable d'en triompher?

FAVEL

Oui, monsieur, je ne fais même que ça : je triomphe d'une passion par une autre... L’hiver dernier, j'ai triomphé de trois passions de l’hiver précédent par trois passions nouvelles, et cet hiver, je me propose de triompher de la même façon... Et c'est à moi que vous venez parler de triomphes... Allons donc! on m’a surnommé le grand triomphateur.

Je vois ce que c’est, monsieur; vous n'avez pas connu le véritable amour.

FAVEL

Moi! je les ai connus tous.

ERNEST

Non.

FAVEL

Si. {A part.) Je te vois venir, toi...

ERNEST

Le véritable amour est invincible.

FAVEL

C'est vrai.

ERNEST

Vous en convenez?

Oui.

ERNEST

Eh bien, c’est de cet amourdà que j’aime madame Truchon.

FAVEL

Moi aussi.

ERNEST

Vous aimez madame Truchon?

FAVEL

Je l’adore.

ERNEST

C’est impo.<isibtc.

FAVEL

Tiens! vous l'adorez bien, vous!

ERNEST

Alors monsieur, c'est un malheur pour vous» et je dois tout vous dire...

Fi VIL, li pan.

Diable! est-ce que déjà... pauvre oncle Trucbon!

IKXEST.

Sachez donc, monsieur, que je suis aimé.

FiVBL.

Moi aussi.

Vous?

EHNBST.

FiVXl.

Moi.

tnumsT.

C'est une calomnie.

FiVIL.

Et si je vous en donne la preuve...

EIUIEST.

La preuve? madame Truchon vous voit pour la première fois.

FiVEL.

C’est glorieux, n'est-ce pas, de faire tant d'effet à la première vue.

Enfin, la preuve!

FiVIL, à part.

Puisque j'ai unt fait que de commencer à mentir, continuons pour gagner mon argent. (Haut.) La preuve , c'est que dans un tète-à-tète, je lui ai fait ma déclaration... qu'elle a rougi, pâli, qu'elle a failli tomber à la renverse... que je l’ai recneilUe dans mes bras, que je lui ai dérobé un baiser... je veux bien dire dérobé!

ERNEST

Si elle s'est évanouie, c'est que votre témérité l'a indignée.

FiVEL.

Monsieur, je me connais en évanouissements... c'est moi qui viens de faire paraître la Physiologie de la femme qui se trouve mal... levons en donnerai un exemplaire.

ERNEST

Allons, allons, vous me faites des contes. Moi, monsieur, je n'invente pas, je n'imagine pu, et puisque vous me forces à ne vous rien cacher, je vous dirai que j'ai un rendez-vous.

FiVEL.

Moi aussi.

ERNEST

Vous?

Moi.

Où?

FiVEL.

ERNEST

FiVEL, Alignant II fond.

Quand?

ERNEST

FiVEL, tirant la montre.

Dans quelques instants, lorsque trois heures sonneront.

ERNEST

Vous l’avez rêvé.

FiVEL.

J'étais bien éveillé.

ERNEST

Ce serait atroce!

FiVEL , moqueur.

Vous êtes jeune...

ERNEST

Me trahir ainsi I

FiVEL.

C'est bien nouveau, n'est ce pas?

ERNEST

Mais non, c'est impossible.

Trois heures sonnent.

FiVEL.

Voici l'henre du berger... Voyez si je vous trompe...

ENSEMBLE

Air : du Chevalier du guet.

ERNEST

Oui, la voilà,

C'est bien cela.

Uélas ! pour loi Je suis trahi.

FiVEL.

Oui, la voilà.

C'est bien cela.

Mon bon ami.

Je suis chéri.

Iléon.

' i ' nsv,\,v , ,

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