‹ Le dernier ami de J.-J. RousseauChapitre 25 sur 91 · I. Le Bègue de Presle · texte numérisé non relu

I. Le Bègue de Presle

Citons le récit de son arrivée, fait par le marquis lui-même ^ :

« Lorsque Rousseau se vit dans la forêt qui descend jusques au pied de la maison, sa joie fut si grande qu'il ne fut pas possible de le retenir en voiture. « Non, dit-il, il y a si longtemps que je n'ai pu voir un arbre qui ne fût couvert de fumée et de poussière ! ceux-ci sont si frais ! Laissezmoi m'en approcher le plus que je pourrai ; je voudrais n'en pas perdre un seul. » Il fit près d'une lieue à pied de cette manière. Sitôt que je le vis arriver, je courus à lui : « Ah! monsieur, s'écria-t-il en se jetant à « mon col, il y a longtemps que mon cœur (c me faisait désirer de venir ici, et mes yeux « me font désirer actuellement d'y rester « toute ma vie.» — « Et surtout, lui dis-je, « s'ils peuvent lire jusques dans le fond de « nos âmes. » Bientôt ma femme arriva, au milieu de tous mes enfants; le sentiment les

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