‹ Le dernier ami de J.-J. RousseauChapitre 26 sur 91 · I. cité dans les Souveni?'s de Stanislas de Girardiu, p · texte numérisé non relu

I. cité dans les Souveni?'s de Stanislas de Girardiu, p

groupait autour de cette douce et tendre mère d'une manière plus heureuse et plus touchante que n'aurait pu le faire le plus habile peintre : à cette vue il ne put retenir seslarmes:(( Ah! madame, dit-il, quepourrais-je dire? vous voyez mes larmes, ce sont les seules de joie que j'aie versées depuis bien longtemps, et je sens qu'elles me rappellent à la vie. »

Le marquis faisait bâtir un chalet suisse derrière le château, autour duquel il avait créé une sorte de verger sauvage, avec des ruisseaux, des sous-bois, et de folles plantes grimpantes courant d'arbre en arbre ^ ; mais ce logis rustique n'était pas terminé ; Rousseau s'installa dans un des anciens pavillons qui se trouvaient de chaque côté du château. Il avait là quatre pièces dont les fenêtres donnaient sur la cascade la plus proche du château ; et sur une rue du vil-

I. Girardin avait baptisé la future habitation de Rousseau « le verger de Clarens » ou le « petit Clarens » en souvenir de la description de la « Nouvelle Héloïse ».

lage, la rue « Sou ville », qui existe toujours. Il manda à Thérèse de le rejoindre. Girardin renvoya chercher par deux domestiques qui firent le déménagement ; elle se rendit donc à Ermenonville deux ou trois jours après Jean-Jacques. Il s'impatientait de ne la voir point venir, et parlait d'aller la chercher lui-même. Elle arriva enfin ; il se jeta à son cou et l'embrassa tendrement, au grand attendrissement de la famille de Girardin\

Il se mit tout de suite à explorer le pays, qui, d'après les documents du temps, semble bien lui avoir plu passionnément. Son « Verger de Clarens » où il devait s'installer l'année suivante l'attendrit beaucoup. « Il s'y asseyait sur un banc de mousse pour y donner aux poissons et aux oiseaux ce qu'il appelait le diner de ses hôtes. La première fois, raconte Girardin, qu'il entra avec moi dans ce verger, et qu'il vit des

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