‹ Le dernier ami de J.-J. RousseauChapitre 30 sur 91 · I. Récit de l'architecte Paris · texte numérisé non relu

I. Récit de l'architecte Paris

plaît à contempler la nature, c'est là que tête à têfe avec elle, il en reçoit des inspirations toutes puissantes qui élève l'àme au-dessus des erreurs et des préjugés. »

Jean-Jacques dût aimer ce sentier qui de la cabane conduit derrière le petit étang « de la Fourcière » à ce grand coteau qui domine la route de Senlis, endroit poétique et solitaire, où la brise passe dans les grands pins ; le chemin tout proche se devine à peine, et l'on se croit perdu dans une forêt sauvage loin des demeures humaines.

C'était d'ailleurs le plaisir de Jean-Jacques de s'égarer ; c'est ce qui faisait du dîner de Thérèse un dîner réchauffé. 11 aimait faire le Robinson et se figurer dans un endroit désert, où personne avant lui n'était venu et d'où il ne reviendrait plus dans les lieux corrompus par la civilisation. Cependant il aimait aussi beaucoup la société de son petit gouverneur, qui lui montrait son chemin. Il était triste quand Amable ne pouvait l'accompagner, et il envisageait avec

chagrin la perspective dépasser Thiver sans sa société, quand l'enfant serait reparti à Paris avec ses parents ^

En somme Jean- Jacques fut heureux ce dernier mois de sa triste vie dans le cadre vert et frais de mon Ermenonville. 11 le fut surtout parce que la société des Girardinfut extrêmement discrète pour sa misanthropie, et le laissa tout à son aise à ses goûts de solitude. Puis il eut confiance en eux; il ne les considéra pas comme a ses ennemis », ou comme des « complices de ses ennemis», « ourdissant de terribles machinations pour lui nuire ». Il consentit de temps en temps à dîner à la table du château ; elle n'était pas réglée par l'étiquette de cour, mais par la simplicité antique. Le philosophe que M""^ d'Épinay appelait « mon ours » se montrait dans le salon d'Ermenonville, enjoué, aimable et même galant. Stanislas de Girardin l'acontc qu'un jour une de ses

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