I. Le Bèsue de Presle
tantes, jeune et jolie, poursuivait le « petit gouverneur » qui ne voulait pas Tembrasser. « C'est au gouverneur, dit Rousseau, à réparer les fautes de Félève. » Il embrassa la jeune femme, qui lui rendit son baiser.
Un autre jour, pendant tout le dîner, « il était inquiet, mangeait peu, ne disait rien et semblait chercher quelque chose des j'^eux. Enfin il ne put y tenir. Il demanda où était son « petit gouverneur ». On lui dit qu'il était en pénitence. « Oh ! dit-il en soupi- « rant, je vois bien que ce n'est pas lui qu'on « veut punir, c'est moi. » Aussitôt il sortit le cœur gros de larmes et alla pleurer dans sa chambre. La société fut inquiète, enfin on ne trouva rien de mieux que de rendre à l'enfant sa liberté, et de l'envoyer chercher Rousseau. Aussitôt qu'il le voit, il court à lui, il l'embrasse en le serrant dans ses bras. Il ne lui dit que ces mots : « Allons « nous promener. » Et tout fut oublié »..., même la société du château que Jean-Jacques
abandonna pour errer dans les bois avec
l'enfanta
Je crois d'ailleurs qu'il aimait autant la société du village que celle des gens du monde. Il fut très populaire à Ermenonville. Sans doute, au bout d'une génération, on l'avait tout à fait oublié; et il y a une quarantaine d'années, de vieux paysans d'Ermenonville, à qui l'on demandait s'ils avaient des souvenirs sur son séjour, ne savaient quoi répondre. Ce séjour d'un mois ne marqua que pour ceux qui le connurent personnellement : ils le trouvaient un bien brave homme, bon et aimable pour tout le monde, et que les grands seigneurs, on ne savait trop pourquoi, avaient en haute considération.Le magister du village lui-même qui possédait une haute culture intellectuelle, relativement, l'excellent Nicolas Harlet. a laissé cette simple mention dans son cahier de dépenses et de recettes : ce Aujourd luu