L'HÉRITAGE DE ROUSSEAU LA VEUVE DE JEAN-JACQUES
Rousseau mort, il restait à René de Girardin un legs peu intéressant, la simple et vulgaire Thérèse Levasseur \ la compagne du philosophe pendant trente-quatre ans, et sa quasi-épouse. Nous avons vu que dans ses dernières paroles, il l'avait en quelque sorte confiée à la bonté de son hôte.
Toute la famille deGirardin d'ailleurs entourait Thérèse Levasseur de vénération.
C'était» l'excellente, la simple et touchante
I. Sur Thérèse, veuve de Rousseau voir l'élude de M. Lenotre, et mon article de la Revue de Paris du i5 septembre 1911 dont ce chapitre est extrait. J'ajoute une plus complète documentation à la perspicace étude de M. Lenotre, grâce aux archives privées qui m'ont été ouvertes.
Il8 LE MARQUIS RENE DE GIRARDIN
veuve '■ » du grand homme. On était trop heureux, puisque Jean-Jacques était mort, de donner un abri à sa compagne. Elle demeura dans le pavillon jusqu'au printemps de 1779, et s'installa à ce moment dans le « petit Clarens ». Goûta-t-elle beaucoup la poésie du lieu? on peut en douter ; mais elle y était plus libre et plus chez elle que dans le pavillon, qui se découvrait des fenêtres du château. Le « petit Clarens » était en quelque sorte le sanctuaire de verdure de l'auteur cVHéloïse. Girardin y plaça un autel à l'Amitié, en souvenir de lui. Ces simples vers y étaient gravés pour rappeler sa douce bonhomie :
Le bon Jean-Jacques sur ces bancs Venait admii'er la nature, Donner à ses oiseaux pâture Et jouer avec nos enfants-.
Mais de tout cela Thérèse n'eut cure, c'est dans le « petit Clarens » que Thérèse