L HÉRITAGE DE ROUSSEAU I I
jugea bon que Rousseau ne fût pas son dernier époux.
La succession de Rousseau n'était pas celle d'un petit rentier, dont les quelques revenus passent à sa femme. C'était tout un héritage littéraire, qu'il fallait recueillir avec soin et diligence ; la pauvre Thérèse en était absolument incapable ; heureusement pour elle, elle trouva le marquis de Girardin qui se fit son tuteur avec beaucoup de dévouement.
Elle lui confia tous les manuscrits que Rousseau laissait dans le pavillon : une grande partie des Confessions^ les Rêveries^ la musique, etc. ; elle s'en remit à lui du soin de lui assurer une honnête aisance.
Il commença par réclamer à Marc-Michel Rey, libraire d'Amsterdam, la réversibilité sur la tète de Thérèse, d'une rente de 3oo livres due à Rousseau. Thérèse obtint en outre une pension de 600 livres de milord Maréchal^ et une autre du roi d'Angleterre que Rousseau avait toujours refusées.
Pui» le marquis de Girardin réunit les romances de ,1 ean-J acques pour faire paraître le recueil par souscription, sous le titre : Consolations aux misères de ma vie (1781). Le Journal de Paris annonça plusieurs fois cette publication dès Tannée 1779. M se consacrait en outre à une œuvre plus importante. Il s'occupait de réunir les papiers manuscrits d'Ermenonville avec ceux que Rousseau avait déjà confiés à ses amis Moultou et Dupeyrou pour publier une édition complète des œuvres. Ce fut l'édition de Genève de 1779. Boin d'Ivernois, et Bassompierre, directeurs de la Société typographique de Genève, s'entendirent avec Girardin, Moidtou et Dupeyrou, et ils passèrent un contrat avec Thérèse : celle-ci les autorisait à publier les écrits de son prétendu mari, et elle recevait en retour un capital de 24.000 livres.
Rousseau estimait qu'avec la seule rente du libraire, sa femme pourrait subsister, sans luxe, évidemment ; la pension de milord