I. Ms. de l'abb? Brizard
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mettait guère à Thérèse de faire des opérations à titre onéreux, des libéralités en faveur d'autres que lui-même.
Dès le mois de décembre 1779, le marquis de Girardin avait engagé la compagne de Jean-Jacques à céder à Thôpital des Enfants-Trouvés le bénéfice des Consolations aux misères de ma vie. Cette idée avait médiocrement plu à Thérèse. Elle fit répondre au marquis par John :
(( J'accepte très volontiers le parti que vous me donnez à prendre, qui est de faire la cession de la gravure de la musique de feu mon mari à M. Benoît, sous les conditions que vous m'indiquez. Si cependant on peut se dispenser de donner le bénéfice pouvant résulter de ladite cession à l'hôpital des Enfants-Trouvés, je suis d'avis qu'on le fasse, aimant mieux en profiter que tout autre ; au reste je ferai ce que vous m'ordonnerez à ce sujet. »
Le marquis répliqua en conseillant à la veuve d écrire à ce graveur Benoît pour
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l'exhorter à se charger d'un ouvrage difficile, « qu'il aurait fait plus volontiers pour M. Rousseau ou pour une bonne œuvre qui remplît ses intentions. »
Elle n'était pas capable de tant de générosité. Elle avait sans doute protesté par instinct maternel, contre l'abandon de ses enfants par Jean-Jacques, mais maintenant que c'était fait, il n'y fallait plus penser. John avait besoin des revenus de Thérèse ; il sut habilement se faire céder la propriété des rentes de la veuve de Rousseau.
Elle avait acquis à défaut de second mari un chevalier servant intéressé. Sans être un jouvenceau, il était plus jeune qu'elle; l'abbé Brizard qui est passé en 1783 au Piessis, lui donne cinquante -cinq ans.
Thérèse en avait alors soixante-deux.
Brizard l'a rencontrée, par une après-midi de juillet, sur la place du village, en casaquin bleu et en tablier rouge à carreaux, allant à la fontaine avec d'autres femmes. « Elle s'exprime incorrectement, dit-il, elle
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est très simple. » Elle s'offensa beaucoup de ce que Brizard lui demanda si son mari dans la Nouvelle Héloïse n'avait pas prêté ses propres aventures à Saint-Preux.
Elle ne tarda pas à gaspiller ses revenus, fortement aidée dans cette tâche par John Bally. Ses créanciers firent bientôt opposition au paiement de ses rentes '. Elle commença à tendre la main, et à chercher à attendrir les admirateurs de Rousseau.
Quand vint la Révolution elle réussit assez bien. On se scandalisa que la veuve de Jean- Jacques fût dans la misère. Enfin, elle parut à la barre de l'Assemblée Nationale, et après de beaux discours eut une pension de la Nation.
Elle n'avait pas tardé à vilipender René de Girardin qui l'avait renvoyée de chez lui. Le curé d'Ermenonville, sans doute en mauvais rapports avec l'ancien seigneur du village, donna à Thérèse pour lui faire obte-
I. Documents communiques par M- Baudon. notaire au Plcssis-BoUeville.
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nir sa pension de l'Assemblée Nationale, un certificat de bonne vie et mœurs, très probablement dans l'intention d'être désagréable au marquis de Girardin.
Plus tard Thérèse raconta à son protecteur M. Chariot ^ qu'elle avait été calomniée et dépouillée de tout par les indignes amis de Jean-Jacques, c'est-à-dire par Girardin et les autres directeurs de l'édition de Genève.
Aussi fut-elle tout à fait d'accord avec les partisans du transfert au Panthéon des restes de son époux. Elle utilisa cette idée comme un grief nouveau contre le propriétaire d'Ermenonville. Elle lui avait confié elle-même le désir de Jean-Jacques d'être enseveli dans les jardins ; mais en germinal an IP, ses dires changèrent; elle se rendit à la barre de la Convention au milieu des membres de la Société républicaine de Franciade (Saint-Denis). Ces parfaits patriotes racontèrent aux « citoyens