‹ Le dernier ami de J.-J. RousseauChapitre 49 sur 91 · Archives nationales, C. 3o8. — io · texte numérisé non relu

Archives nationales, C. 3o8. — io

l'héritage de ROUSSEAU ^^1

représentants » que l'arrivée de Thérèse parmi eux avait « ouvert leurs âmes aux douces impressions de la sensibilité ».

« Mais, disait leur pétition, quel ne fut pas notre abattement, notre consternation en réfléchissant que les restes précieux de ce grand homme (J.-J. Rousseau) n'étaient point encore dans le Panthéon Français ! Aussitôt nous arrêtâmes d'une voix unanime que nous vous en présenterions la

demande.

(( A cet effet, citoyens représentants, vous nous voyez à votre barre accompagnés de sa respectable veuve, qui forme des vœux pour le succès de notre pétition. (( Ils ne sont plus les temps des privilèges et des droits injustes où Girardin parla de s'approprier les restes inappréciables de ce grand homme... »

Thérèse garda toujours rancune à son ancien hôte. Le 27 prairial an VI, le Journal de Paris publia une lettre qu'elle avait écrite à Gorancez, l'ami de Rousseau. Elle

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y traitait encore de ses sujets familiers : la mort de son mari (se plaisant à contredire les récits qu'en avait fait Girardin, récits confirmés par les récits primitifs de Thérèse'), la conduite abominable envers la veuve de Jean-Jacques du marquis de Girardin. Celui-là justement, qui s'était évertué à lui procurer des ressources, elle proclamait qu'il l'avait dépouillée de tout.

Il se crut obligé de se défendre. Il fit insérer dans le Journal de Paris du 2 messidor an VI la note suivante :

« La veuve Rousseau à la mort de son mari, restait avec une rente viagère de 3oo livres sur Michel Rey, libraire à Amsterdam.

« Je suis parvenu à lui faire avoir en outre : i" au moyen d'une édition générale, 1.200 livres de rente sans retenue, constituée au capital de 24.000 livres sur la Société typographique de Genève ;

I. Récits rapportés plus haut de l'abbé Brizard et de l'architecte Paris,

l'héritage de ROUSSEAU iSq

« 2° 3 à 4.000 livres comptant, provenant de divers objets ;

(( 3° 700 livres de rente qu'elle a voulu elle-même constituer sur moi au capital de 14.000 livres, et qu'elle m'a ensuite forcé par ses instances et le transport qu'elle en a fait aux citoyens Bally et Duval à leur rembourser définitivement par un acte passé devant M' Gibert, notaire au Plessis- Belleville, le 6 août 1792.

Signé : René Girardin, père. »

La lettre à Gorancez fut le dernier acte public de Thérèse ; elle vieillit pauvre au Plessis, avec son John, toujours fidèle. On peut excuser son inconduite de femme grossière, mais elle aurait pu tout au moins ne pas avoir cette injustice et cette ingratitude pour René de Girardin qui avait été son protecteur dévoué de la première heure.

Elle mourut au Plessis, le 23 messidor an IX, âgée de quatre-vingts ans.

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