‹ Le dernier chant du cygne sur le tumulus du gallicanisme [microforme]Chapitre 13 sur 15 · SE I PT · texte numérisé non relu

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Hélas ! où est l’évêque théologien dans cette amplification académiqne ? Depuis, il a franchi le seuil du Concile ; qu'at-il ditsion lui a montré, à la porte, .cette figure oratoire ?

Qui donc parle ainsi ? qui donc se rend coupable d’une telle dérision ? qui donc a songé à appeler et à éloigner en même temps ? Qui ? Si ce n’est l’évêque Académicien, l’auteur de la prétendue Lettre au clergé ?

St. François de Sales dit quelque part : ‘“ L’imagination est une folle, ”—il pouvait ajouter, et souvent une folle dangereuse. Heureusement que l’on a appris à s’en défier dans le cas actuel.

Toutes ces alarmes, réelles ou feintes, embellies par le tour oratoire, ne sauraient supporter le moindre examen sérieux.

L'auteur, ou plutôt l’orateur, a-til réfléchi, avant de se mettre à déclamer, à ce qui détermine la conviction?

En manière de croyance, peut-on mesurer en plus ou en moins ?

Y a-t-il lieu de faire comme un grand homme d’Eiat, juif français, à qui on demandait : ‘“ En vous convertissant, pourquoi avez-vous choisi le protestantisme de préférence au catholicisme ?” ‘‘ Cest répondit-il, que mon intérêt m’engageant à devenir chrétien, mais non parfait chrétien, je n’ai pris du catholicisme que le moins possible ? ”

L'auteur de la brochure pense-t il, par hazard, allécher le schisme en lui offrant un catholicisme tronqué ?

L'ignorance, l'erreur et la mauvaise foi, tels sont les liens qui retiennent les esprits captifs. Dans une telle captivité, le plus ou le moins à croire, n’y fait rien. Faites tomber ces obstacles, et la vérité, non pas tronquée mais toute entière —inondant les esprits de ses célestes clartés—les délivrera de leur liens ; devenus libres, ils embrasseront la vérité avec amour : Veritas liberabit vos.

Combien d'hommes, dont l’œil faible ne distingue qu’imparfaitement dans le demi-jour, voient clairement, quand le soleil se montre dans toute sa splendeur, en plein midi.

Quiconque a examiné le schisme grec, non pas en orateur

de l'académie, mais en théologien sérieux, sait fort kien que ce n’est pas l'infaillibilité, mais bien la juridiction universelle du Pape qu’il redoute.

Tout au plus lui accorde-t-il une simple primauté d’honneur, à cause de l’ancienneté de son siége ; mais ce dont il ne veut point, c’est d’une primauté de pouvoir. Done, si, dans votre zèle irréfléchi à enlever la barrière, vous consentez à lui laisser croire qu’il pourra traiter d’égal à égal, vous le verrez, dans son orgueil, s’obstiner, de plus en plus, à récuser l'autorité du Pape.

Un orateur peut trouver expédient de flatter la vanité de son adversaire, pour l’amener plus aisément à faire sa soumission ; mais la vérité n’use point de ces finesses oratoires. Le Pape a toujours dit, avec Jésus-Christ : Ego sum via, veritas, et vita : Qui manet in me, manet in veritate.

Il laissera le schisme dans son obstination, plutôt que de dissimuler une parcelle de la vérité, afin de faciliter un retour en dehors de la seule voie qui puisse conduire à la vie.

Au reste, ce n’est pas labime imaginaire, creusé par l’imagination de l’orateur, qui arrête ces brebis errantes ; non, c’est tout simplement l’orgueil révolté, c’est le non serviam du h | chef des révoltés, le père du mensonge. Quand cet orgueil Nil | tombera, par la correspondance à la grâce qui les presse d’éi | couter la voix de l’Unus pastor, elles sauront bien rentrer 14 dans l’unum ovile, sans s’'embarasser de la barrière ou de l’abime : une fois rentrées au bercail, sous la houlette du Pasteur des pasteurs, elles apprendront vite à aimer une autorité, d'autant plus rassurante, qu’elles sauront qu’elle est in-

faillible.

Oves meæ vocem meum audiunt ; el fict unus Pastor, el unum ovile: IT

qe Après le schime, vient l’hérésie. Ici encore, l'imagination bi: de l’orateur a chassé la calme raison du théologien.

bi ‘ La question est plus délicate encore en ce qui touche au tt protestantisme. Il est avant tout la négation de l’autorité de l’Eglise, etc.” Viennent ensuite de belles considérations

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auxquelles je souscris volontiers. Pourquoi faut-il que cette page soit si courte, comme un rayon fugitif de soleil dans une journée d'orage ?

Que, du moins, le Concile, pour ceux à qui le Saint-Père adressait naguère ce présent appel, ne devienne pas la plus dure des pierres d'achop-

pement.

Ne parlez donc plus de leur imposer préalablement, pour condition de

retour, l’infaillibilité personnelle et séparée du Pape! Car ce serait l'oubli de toute prudence comme de toute charite,

Les nouveaux catholiques, ai-je oui dire, sont pleins de ferveur hour ce dogme. Oui, certains nouveaux catholiques peut-être, Mais je connais, moi, d'autres convertis que l'annonce d'une définition a troublés, Je connais certains protestants désireux de venir à nous, que cela seul fait reculer. J'en connais que cette définition repousserait absolumeut,

Il faut être, ce me semble, ‘ien peu ou bien mal renseigné sur les dispositions actuelles de nos frères séparés, pour ne pas voir qu'on élèverait là, infailliblement une nouvelle barrière, peut-être à Jamais infranchissable, entre eux et nous.

Quelle chute ! quelle peur des barrières ! Quelle confiance dans ses opinions et dans la connaissance supérieure qu'il croit posséder des dispositions de 90 miliions d'hommes ! Ne pourrait-on pas lui demander aussi pourquoi cet excès de sollicitude ? Il me semblait que sollicitudo omnium ecclesiarum regardait particulièrement le Pape.

Est-ce donc que personne ne s'occupe de cette portion du troupeau depuis si longtemps hors des gras pâturages de l’Eglise ?

N'y a-t-il donc pas au mlieu de ces millions d’âmes qui souffrent, gémissent, et soupirent, un grand nombre de zélés et savants Evêques qui voient, qui observent, qui écoutent, qui entendent, qui instruisent, qui prèchent, qui écrivent, eoün qui frappent sans cesse sur ce dur rocher de l’hérésie, your en faire sortir ces eaux qui «jaillissent jusqu’à la vie éternelle ?»

Ne nous apprennent-ils pas, ces vénérables Evêques qui sup. portent le poids de la chaleur et du jour, qu’un grand nombre s'arrêtent dans les sentiers de l'erreur pour rebrousser chemin et venir se Gésaltérer à la fontaine sacrée de la vérité ?

de torente in vid bibet. Comment se fait-il donc que ces bons pasteurs se trouvent être les plus ardents à demander que le Pape soit déclaré infaillible ? Comment se fait-il donc que, bien loin d’y voir une barrière « infailliblement infranchissable, » ils y voient, au contraire, un moyen certain do salut pour ces âmes qui excitent à un si haut degré la sollicitude d’un Evêque étranger ?

Y a-t-il donc, parmi eux ‘‘ un oubli de toute prudence, de toute charité ? ” Que n’a pas dit, écrit, prêché, à ce sujet, le

savant et éloquent Archevêque de Westminster, de mème que son prédécesseur, le très-illustre cardinal de Wiseman, d'heureuse mémoire ? Et ce que ces deux grands prélats ont fait, leurs collègues ne le font-ils pas en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Suisse, en Amérique, en Canada ?

Loin de s’alarmer, ils se réjouissent dans l'espoir d’une définition qui fait trembler l'Evêque d'Orléans.

Laissons-lui donc sa fièvre tremblante, puisqu'elle lui convient ; heureusement que ce mal ne paraît pas être épidémique.

La vérité est que le souffle de Dieu a passé sur ces peuples, et qu'ils se sentent travaillés par un besoin irrésistible d’autorité certaine, indubitable, infaillible, seule capable de briser enfin ce cercle d'erreurs dans lequel ils tournent sans pouvoir y trouver la vérité et la paix.

Pourquoi ne pas laisser à ces évêques, qui ont grâce et mission, le soin d'expliquer à ces peuples la vraie signification de la définition de l’infaillibilité papale, de calmer cesinquiétudes,. s’il y en a, dc faire cesser les susceptibilités, de faire comprendre enfin que la papauté a toujours été et sera toujours la protectrice la plus puissante des peuples et des pouvoirs humains !

Comme Notre-Seigneur apparaissant à ses Apôtres, quand ELLE apparaîtra, plus radieuse que jamais, devant les nations, ELLE dira :—pax vobis,—nolite timere.

Oui, nous en avons la confiance, après le Concile qui paraît tant effrayer l’évêque d'Orléans, le Pape apparaîtra plus grand, plus glorieux que jamais. Le société humaine, ballot-

tée par les vents de l'erreur, et menacée de succomber sous les coups du socialisme, criera comme les Apôtres : præceptor perimus !—et la papauté commandera à cette tempête suscitée par les fils de satan, et fiet tranquilitas magna.

Ayez donc confiance, illustre orateur de l’Académie.

Il ne convient pas à un fils de la France chevaleresque de trembler de la sorte, à la face du monde, dans la ville de la Pucelle d'Orléans.

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