‹ Le dernier chant du pélerinage d'HaroldChapitre 11 sur 15 · PAGE 83, VERS II · texte numérisé non relu

PAGE 83, VERS II

^ ' Mais au moméiU fatal du divin sacrifice ,

Quand le prêtre, en ^es mains élevant le calice ,

fioit le sang adoré du martyr immortel t

Une vierge s^ élance aux marches de Tautet , etc.

En Grèce , les oraisons funèbres ou myriologies sont projioncées par des femmes. Voici, à ce sujet, les détails donnés par M. Fauriel , dans son discours préliminaire des Chants populaires de la Grèce moderne^ chants qui nous semblent démontrer jusqu'ici que si les Grecs modernes ont recouvré la valeur de leurs aïeux , ils sont loin encore de rappeler leur

i5o ^ ^OTES.

génie poétique. Il y a plus de Léonidas et de Thé* mistocle que d'Homère et de Tyrtée.

« Les chants funèbres par lesquels on déplore la » mort de ses pjroches , prennent le nom particulier » de myriolâgia, comme qui dirait discours de lamen- » talion , complçintes. Les myriologues ont , a^ee lea » autres chants domestiques des Grecs , cela de com*- » mun , qu'ils sont d'un usage également général s )> également consacré ; mais ils offirent des particu- » larités par lesquelles ils tiennent à quelques-uns » des traits les plus saillans du caractère et du génie )) national. Ten parlerai dans un autre endroit , pour » considérer l'espèce et le degré de faculté poétique » qu'ils exigent et supposent : il n'est question ici )) que de donner une idée sommaire des cérémonies » funèbres dont ils font partie , et auxquelles il faut » toujours les concevoir attachés.

)) Un malade vient^l de rendre le dernier soupir , » sa femme , ses filles , ses sœurs , celles , en un » mot, de ses plus proches parentes qui sont là , lui » ferment les yeux et la bouche , en épanchant libre- » ment, chacune selon son naturel et sa mesure de

NOTES. i5i

» tendresse pour le dëfiint , la douleur qu'elle res- » ^ent de sa perte. Ce premier devoir rempli, elles » se retirent toutes chez une de leurs parentes ou » de leurs amies les plus voisines^ Là, elles chan- » gent de vétemens , s'habillent de blanc , comme » pour la cérémonie nuptiale , avec cette différence » qu'elles gardent la tête nue , les cheveux épars et » pendans. Tandis qu'elles changent ainsi de parure, » d'autres femmes s'occupent du mort. Elles Thabil- » lent de la tête aux pieds des meilleurs vétemens )) qu'il portait avant que d'être malade ; et , dans cet )> état , elles retendent sur un lit très-bas , le visage » découvert, tourné vers l'orient, et les bras en » croix sur sa poitrine.

» Ces apprêts terminés, les parentes reviennent , )> dans leur parure de deuil , à la maison du défunt , » en laissant les portes ouvertes, de manière que » toutes les autres femmes du lieu , amies , voisines » ou inconnues , puissent entrer à leur suite. Toutes » se rangent en cercle autour du mort , et leur dou- » leur s'exhale de nouveau, et comme, la première » fois , sans règle et sans contrainte , en larmes , en

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» cris ou en paroles ; à ces plaintes spontanées et » simaltanées , succèdent bientât des lamentations )) d'une autre espèce : ce sont les myriologues. Or- » dinairement c'est la plus proche parente qui pro- » nonce le sien la première. Après elle les autres )) parentes , les amies , les simples voisines , toutes » celles en un mot des femmes présentes qui veu- » lent payer au défunt ce dernier tribut d'affection , » s'en acquittent l'une après l'autre et quelquefois » plusieurs ensemble. Il n'est pas rare que dans le » cercle des assistantes il se rencontre des femmes » étrangères à la famille, qui, ayant récemment » perdu quelqu'un de leurs proches, en ont l'ame » pleine , et ont encore quelque chose à leur dire ^ » elles voient dans le mort présent un messager qui » peut porter au mort qu'elles pleurent un nouveau. » témoignage de leurs souvenirs et de leurs regrets , » et adressent au premier un myriologue dû et des- » tiné au second. D'autres se contentent de jeter au » défunt des bouquets . de fleurs ou divers menus » objets qu'elles -le prient de vouloir bien remettre , » dans l'autre monde , à ceux des leurs qu elles y ont.

NOTES. i53

» L'efiusion des myriologues dure jusqu'au mo- » ment où les prêtres viennent chercher le corps » pour le conduire à la sépulture , et se prolonge » jusqu'à l'arrivée du convoi fîinëbre à l'église. Ils » cessent durant les prières et les psalmodies des » prêtres , pour recommencer au moment où le corps » va être mis en terre.

» Quand quelqu'un est mort à l'étranger , on place » sur le lit funèbre un simulacre de sa personne , et r> l'on adresse à cette image les mêmes lamentations » que l'on adresserait au vrai cadavre. Les mères » font aussi des myriologues sur les enfans en ba$- » âge qu'elles perdent , et ils sont souvent du pathé- » tique le plus gracieux. Le petit mort y est regretté . » sous l'emblème d'une plante délicate , d'une fleur , » d'un oiseau , ou de tout autre objet naturel assez » charmant pour que l'imagination d'ujçie mère se » complaise à y comparer sc^^nfant. .>'

» Les myriologues sont toujours chantés et com- » posés par des femmes. Les adieux des hommes » sont simples -et laconiques. Je n'ai jamais entendu » parlerdrun,myriologue prononcé par un homme.

i54 NOTES.

» Dans la Grèce asiatique , il y a des femmes myrio-

» logistes de profession , que Ton appelle au besoin

» moyennant un salaire , pour faire et chanter les

» myriologues , ou, pour mieux dire , ce qui en tient

» lieu. » 1

( Chants populaires de ia Grèce moderne. )

PAGE g5y VERS l3.

ÉToquant de ces bords le gënie exilé ,

n s*élance , il £ranchit les liauteurs de Phyle' , etc.

Phylé , ville ruinée dont on voit encore les débris 5 elle fut prise par Thra^ybule avant l'expulsion des trente tyrans.

PAGE 95 , VERS l3.

Le féroce Albanais » TÉpirote au front chauve , etc.

L'Albanie con^rend une partie de la Macédoine , rniyrie et FÉpire. Ce pays, qu'on peut apercevoir des câtes d'Italie , est un des plus beaux de la Grèce. Lord Byron dit qu^il n'est point de plume ou de pin*

NOTES. i55

ceau capables de rendre la beauté de ses sites -, nous pourrions ajouter qu'il n'y a ni plume ni pinceau ca* pables de rendre rhérôïque dévouement de ses habitans , dans les derniers temt d^ la lutte qu'ils ont soutenue , plus que tous les autres , pour l'affranchissement de la Grèce. Ils ressemblent , assure-t-on , aux montagnards d'Ecosse ; leurs vétemens , leur figure, leurs mœurs sont les mêmes. Les- montagnes de l'Albanie seraient tout-à-fait celles de la Galédonie , si le climat en était moins méridional. J'ai trouvé , ajoute lord Byron , en Albanie les femmes les plus belles que j'aie jamais vues pour la taille et pour la tournure. Elles étaient occupées à réparer un chemin dégradé par les torrens. Leur démarche est tout-à-fait théâtrale 5 cela vient , sans doute, de leur manteau qu'elles portent attaché sur une épaule. Leur longue chevelure fait penser aux Spartiates , et l'on ne peut se faire une idée du courage qu'elles, déploient dans les guerres de partisan.

i56 NOTES.

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