‹ Le dernier chant du pèlerinage de Childe-HaroldChapitre 7 sur 13 · PAGE 44, VERS · texte numérisé non relu

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Albauo l'entendit , en de'couvrant l'abiiiae , Saluer l'océan d'un adieu si sublime.

Nous faisons allusion ici à ces dernières stropbes du IV chant de Childe-Hai old ^ un des plus magnifiques morceaux de

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poésie que les teras modernes aient produits ; les voici :

Déroule tes vagues d'azur, majestueux Océan ! Mille flottes parcourent vainement tes routes immenses ; Thomme, qui couvre la terre de ruines, voit son pouvoir s'arrêter sur tes bords ; tu es le seul auteur de tous les ravages dont l'humide élément est le théâtre ! Il n'y reste aucun vestige de ceux de l'homme ; son ombre se dessine à peine sur ta surface , lorsqu'il s'enfonce , comme une goutte d'eau, dans te-s profonds abîmes, privé de tombeau , de linceul, et ignoré !

i6o NOTES.

Ses pas ne sont point imprimés sur tes domaines,

qui ne sont pas une dépouille pour lui Tu te

soulèves et le repousses loin de toi! Le lâche pouvoir qu'il exerce pour la destruction de la terre, n'excite que tes dédains ; tu. le fais voler avec ton écume jusqu'aux nuages, et tu le rejettes, en te jouant, aux lieux où il a placé toutes ses espérances; son cadavre gît sur la plage, près du port qu'il voulait aborder.

Que sont ces armemens redoutables qui vont foudroyer les villes de tes rivages , éporvanter les nations et faire trembler les monarques

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dans leurs capitales i* Que sont ces citadelles mouvantes, semblables à d'énormes baleines, et dont les mortels qui les construisent sont si fiers, qu'ils osent se parer des vains titres de seigneurs de l'Océan et d'arbitres de la guerre? Que sont - elles pour toi ? un simple jouet. Nous les voyons, comme ta blancbe écume, se fondre dans les ondes amères qui anéantissent également Torgueilleuse Armada ou les débris de Trafalgar.

Tes rivages sont des empires qui changent sans cesse, et tu restes toujours le même! Que sont devenues la Styrie, la Grèce, Rome et Carthage? Tes flots battaient leurs frontières au jour de la liberté, et plus tard, sous le règne des tyrans,

i6a NOTES.

leurs peuples, esclaves ou barbares, obéissent à des lois étrangères. La destinée fatale a converti

des royaumes en déserts Mais rien ne change

en toi , que le caprice et tes vagues ; le tems ne grave aucune ride sur ton front d'azur : tel que tu vis Taurore de la création , tel tu es encore aujourd'hui !

Glorieux miroir où îe Tout-Puissant aime à se contempler au milieu des tempêtes, calme ou agité, soulevé par la brise, par le zéphyr ou par l'aquilon, glacé vers le pôle, bouillonnant sous la zone torride, tu es toujours sublime et sans limites; tu es l'image de l'éternité, le trône de l'Invisible: ta vase féconde, ellc-mcme, produit les monstres de

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Tabîme! Chaque région t'obéit : tu t'avances, terrible, impénétrable et solitaire!

Je t'ai toujours aimé, Océan, et les plus doux plaisirs de ma jeunesse étaient de me sentir sur ton sein, errant à l'aventure comme tes flots. Dès mon *;nfance , je jouais avec tes brisans ; rien n'égalait le charme qu'ils avaient pour moi. Si la mer irritée les rendait plus terribles , mes terreurs me charmaient encore; car j'étais comme un de tes enfans : je me confiais gaîmcnt à tes vagues, et je jouais avec ton humide crinière , comme je le fais encore en ce moment

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