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Où va-t-il ? Il gouverne au berceau du soleil. Mais pourquoi sur son bord ce terrible appareil?
Lord Byrori avait , dit un de ses amis qui le connaissait bien, l'ambition de se faire un nom aussi grand par ses actions , que celui qu'il s'était fait déjà par ses écrits. Peu de tems avant sa mort, il composa une ode belle et toucnante sur le 36^ anniversaire de sa naissance ^ ode qui prouve , d'une manière remarquable , cette nouvelle passion. Voici un des couplets :
Si tu regrettes ta jeunesse, pourquoi vivre P Tu es sur une terre où tu peux chercher une mort
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glorieuse: cours aux armes et sacrifie tes jours! Ne réveille point la Grèce , elle est réveillée ; mais réveille-toi toi-même !
Lord Byron s'embarqua à Livourne, et arriva à Céphalonie dans les premiers jours du mois d'août 1823 , accompagné de six ou sept amis, à bord du vaisseau anglais V Hercule y capitaine Scott, qu'il avait frété exprès pour le conduire en Grèce. Il aimait à observer la nature -, il passait la plus grande partie des nuits à contempler les objets qui se présentent dans un voyage de mer ; car il savait jouir des charmes de la douce pj^ésence de la Jiuit. Il était bien au-dessus de l'affectation des extases poé-
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tiques ^ mais on voit , dans tous ses ouvrages , combien il trouvait de délices à nourrir son imagination des beautés du monde physique. Il y a dans ses écrits, plus d'images empruntées au spectacle de la mer, que dans ceux d'aucun autre poète. Il les devait toutes à la Méditerranée et à ses rivages éclairés par le soleil du midi. Tandis que le vaisseau majestueux glissait à l'ombre de Stromboli , il contemplait le cours mélancolique des vagues , et , quoique plongé dans ses rêveries ordinaires , son œil paraissait plus tranquille , et son front pâle plus doux.
C'était un point irès-important de dé ter-
miner vers quelle partie de la Grèce lord Byron dirigerait sa course. Le pays était en proie à des divisions intestines ^ il eût craint de donner aveuglément le poids de son nom à une faction ; il voulait s'instruire. Il se détermina à relâcher àCéphalonie \ il y fut très-bien accueilli par les autorités anglaise».
Lord Byron , après quelque séjour à Céphalonie , sur les instances de Maurocordato et du héros Marc-Botzaris , vint débarquer à Missolunghi , enflammé d'une ardeur militaire qui allait jusqu'au délire : il le dit lui-même dans une de ses lettres. Après avoir , de son argent , payé la flotte
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grecque , il s'occupa de former une brigade de Souliotes. Cinq cents de ces soldats , les plus braves de la Grèce , se mirent à sa solde le i^'^ janvier 1824^ et il ne fut pas difficile de trouver un but digne d'eux et de leur nouveau chef
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Elle a donné son nom au cap qu'elle couronne. Harold , qui voit blanchir l'éternelle colonne , Reconnaît Sunium.
Autrefois Sunium , aujourd'hui le cap Coionna. Si on en excepte Athènes et Marathon, il n'y a point, dans toute l'Attique, de site qui mérite plus d'intérêt. Seize co-
lonnes sont une source inépuisable d'ëtudes pour Tartiste et pour l'antiquaire : le philosophe salue avec respect le lieu où Platon enseignait ses doctrines en conversant avec ses élèves ; le voyageur est enchanté de la beauté d'un paysage d'où l'on voit toutes les îles qui couvrent la mer Egée. Le temple de Minerve se voit d'une grande distance en mer. Je suis allé deux fois par terre et une fois par mer au cap Colonna. Du coté de la terre , la vue est moins belle que quand on s'en approche en venant des îles. La seconde fois que nous y allâmes par terre , nous fumes surpris par un parti de Maïnotes qui étaient IV^ Édit. i5
cachés dans les cavernes. Nous avons su y dans la suite ., par un prisonnier qu'ils avaient rendu anrès avoir reçu &a rançon , qu'ils avaient été détournés de nous attaquer, par la vue de deux Albanais qui m'accompagnaient , s'éîant imaginés , heureusement pour nous , que nous avions une bonne escorte de ces mêmes Arnautes ; ils ne s'avancèrent pas , et laissèrent ainsi passer, saine et sauve, notre caravane trop peu nombreuse pour opposer aucune résistance. Colonna n'est pas moins fréquentée par les peintres que par les pirates.
C'est là que l'artiste plante son pupitre, et rherche le pittoresque dans les ruines.
( LhodgsON, /aà-y Jane Grey. )