‹ Le dernier des barons (volume 2)Chapitre 8 sur 11 · LIVRE septième · texte numérisé non relu

LIVRE septième

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Le lion blanc de March secoue sa crinière.

— Quelles nouvelles? demanda Hastings en arrivant au milieu des écuyers du Roi, tandis que résonnait encore le rire des tymbestères et que, glissant à travers les arbres, s'apercevait toujours la forme de Sybill.

— Le Roi a besoin de vous sur-le-champ , monseigneur. Un courrier vient d'arriver du Nord. Les seigneurs de Saint-John , de Rivers, de Fulke et de Scales, sont déjà auprès de Son Altesse.

— Où cela?

— Dans la grande chambre du conseiL

— TM —

Le chambellan se dirigea donc vers cet appartement fameux de la Tour Blanche, sans prévoir que plus tard s'y rattacheraient les souvenirs de sa mort (•).

Cette ibis il ne trouva pas Edouard nonchalamment couché sur des coussins, ni affublé d'une iongue robe de femme, ni promenant autour de lui son insouciant sourire. Le Roi était debout, vêtu seulement d'une tunique collante sous laquelle se dessinaient les admirables proportions d'un corps sans égal pour la force et l'activité. Devant lui, sur la longue table, reposaient deux ou trois lettres ouvertes ainsi qu'un poignard dont il s'était servi pour en couper les attaches de soie. A ses côtés étaient groupés le seigneur de Rivers, Anthony Woodville, le seigneur de Saint-John, Raoul de Fulke, le jeune et vaillant d'Eyncourt et maint autre seigneur de marque. — Dès l'abord , Hastings s'aperçut qu'il était survenu quelque grave événement; et au feu qui étincelait dans les yeux d'Edouard, à la dilatation de ses narines et à l'orgueil joyeux rayonnant sur son front, l'habile courtisan reconnut les indices de la guerre.

— Soyez le bien- venu, brave Hastings, dit le

(») Ce fut de cette salle que Hastings fut traîné à l'écbafaudy le 15 juin 1485.

Roi d'une voix qui avait dépouillé son afféterie caressante pour retentir vibrante et sonore comme un son de trompette jusqu'au fond des cœurs ; soyez le bien-venu sur le champ de bataille, comme vous l'avez toujours été au banquet. Nous recevons des nouvelles du Nord qui nous ordonnent de coiffer le heaume et de ceindre l'épée. Il s'agit d'une révolte qui demande à être étouffée par le bras d'un roi. Dans le comté d'York, quinze mille hommes sont en armes sous un chef qu'ils nomment Robin de Redesdale. — Une redevance de blé réclamée par l'hôpital Saint-Léonard, voilà leur prétexte ; mais leur but réel , c'est une traîtreuse tentative contre notre couronne. Notre frère de Gloucester nous mande en même temps que les Ecossais ont arboré la rose de Lancastre. Il serait dangereux que ces deux armées se réunissent ; — il n'y a pas temps à perdre. On selle nos destriers en ce moment, et nous nous hâtons de rejoindre l'avant-garde de nos forces royales. Nous aurons une chaude besogne , mes seigneurs ; — mais pour être digne d'un trône, il faut savoir le défendre.

— Ce sont là de fâcheuses nouvelles, dit gravement Hastings.

— Fâcheuses !.. ne parlez pas ainsi, Hastings. La guerre est la chasse des rois et des gentils-

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